Texte : Lâcher prise pour être heureux - d'après Rosette Poletti


Lâcher prise, c'est renoncer à tout contrôler,
A vouloir le bien de l'autre,
C'est renoncer à prouver quoi que ce soit,
C'est accepter que l'autre est l'autre,
Et que moi-même, je suis qui je suis, et non pas qui j'avais rêvé d'être.

Lâcher prise, c'est faire confiance,
C'est signer un chèque en blanc sur l'avenir, sur cette vie et sur ce qui lui fait suite.
C'est cesser de faire le procès de la vie qui ne nous donne pas ce que nous en attendions.
En fait, lâcher prise, c'est commencer à être vraiment heureux car le bonheur, c'est comme un sillage : il suit fidèlement celui qui ne le poursuit pas. Si on s'arrête pour le contempler, pour le saisir, il s'évanouit aussitôt.

A partir du moment où l'on peut lâcher prise, où l'on ne désire plus être heureux à tout prix, on découvre que le bonheur, c'est cette capacité de garder les mains ouvertes plutôt qu'agrippées sur ce que nous croyons nous être indispensable.

Texte : Faim et gaspillage - Père André-Marie


La misère dans le monde atteint un tel degré
Que le gaspillage des pays riches devient un crime contre l'humanité.
Il est temps de mettre le monde repu et malade
En perfusion de partage et d'amour.
Cette guerre de la faim tue 40 000 enfants tous les jours.

Texte : Clan ou Equipe ? - Jean Rodhain

Sept ou huit personnes se dévouent au travail.
Leur zèle est brûlant, ils ne compte ni le temps, ni la peine.

Ils travaillent sans compter,
mais n'admettent personne d'autre au chantier, que les élus choisis :
c'est un clan.

S'ils embauchent largement, même l'ouvrier de la onzième heure,
s'ils recherchent des idées partout,
accueillent des collaborations plus jeunes,
associent sans compter le timide et l'hésitant :
c'est une équipe.

Ils gardent jalousement leurs documents,
leurs secrets, leurs recettes.
Un rien les froisse.
Un nouveau ou une nouveauté les font se barricader.
Ils sourient entre eux et ironisent
sur le compte de tous ceux qui n'ont
pas le gabarit de leur cervelle ou de leur myopie :
ce n'est qu'un clan.

Ils vont de l'avant.
Ils sont assez souples pour faire table rase
de leurs méthodes et de leurs expériences
devant une situation nouvelle :
c'est une équipe.

Ils ont peur de partager un dossier, une idée, une initiative.
Leur équipe, leur service, leur méthode
sont un piédestal jalousement défendu.
Ce n'est plus une équipe.
C'est un champ clos. C'est clôturé.
C'est un huit clos. C'est un enfer.
Ils ont beau s'entendre entre eux, c'est un clan fermé.
C'est le contraire d'une équipe
parce que c'est exactement en dehors de la charité.

Sur le plan international ou sur le plan d'un bureau local,
vous trouverez ces deux mentalités.
Elles ont un point commun : le dévouement.
Ce qui ne veut rien dire, car s'ils ne se dévouaient pas,
ces gens-là s'ennuieraient ou orienteraient leur dévouement instinctif
vers les vieux chiens ou les chats abandonnés.
Le vrai mérite commence lorsqu'on renonce à soi, à son triomphe,
à ses prétentions, à se chercher soi-même.

Concrètement, pensez-vous à des expériences vécues ?
Y aurait-il intérêt à en discuter en équipe,
pour réviser la vie de l'équipe ?
Quel passage souhaitons-nous particulièrement retenir
et mettre en valeurs aujourd'hui, pour l'année ?


Texte : Juger les fautes d'autrui - Les Pères du désert


Un jour un frère commit une faute à Scété. Il y eut un conseil et on envoya chercher abba Moïse. Mais il ne voulait pas venir. Le prêtre lui envoya donc dire : " Viens, car tout le monde t’attend. " Alors, s’étant levé, il s’en alla prendre une corbeille percée, la remplit de sable et l’emporta sur son dos. Les autres, sortis à sa rencontre, lui dirent : " Qu’est-ce que ceci, Père ? " L’ancien leur dit : " Mes péchés coulent à flot derrière moi et je ne les vois pas, et je viens aujourd’hui pour juger des fautes d’autrui. " Ayant entendu cette parole, ils ne dirent rien au frère mais lui pardonnèrent.

Texte : Etre jeune - Douglas MacArthur


La jeunesse n'est pas une période de la vie,
Elle est un état d'esprit, un effet de la volonté, une qualité de l'imagination,
Une intensité émotive, une victoire du courage sur l'amour du confort.

On ne devient pas vieux pour avoir vécu un certain nombre d'années,
On devient vieux parce qu'on a déserté son idéal.
Les années rident la peau, renoncer à son idéal ride l'âme.
Les préoccupations, les doutes, les craintes et les désespoirs
Sont les ennemis qui, lentement, nous font pencher vers la terre
Et devenir poussière… avant la mort.

Jeune est celui qui s'étonne et s'émerveille.
Il demande comme l'enfant insatiable : "Et après ?"
Il défie les évènements et trouve la joie au jeu de la vie.

Vous êtes aussi jeune que votre foi. Aussi vieux que votre doute.
Aussi jeune que votre confiance en vous-même.
Aussi jeune que votre espoir. Aussi vieux que votre abattement.

Vous resterez jeune tant que vous resterez réceptif.
Réceptif à ce qui est beau, bon et grand.
Réceptif aux messages de la nature de l'homme et de l'infini.

Si un jour, votre cœur est mordu par le pessimisme et rongé par le cynisme,
Puisse Dieu avoir pitié de votre âme de vieillard.

Texte : Satan déconfit - Pères du désert


Pour tenter Saint Antoine au désert, à qui même les bêtes féroces se pressaient pour écouter ses enseignements, Satan de déguisa en séraphin pour le tenter :
"Je suis l'ange du Seigneur qui m'envoie vers toi, car il est émerveillé de ta sainteté !
- Tu dois te tromper de destinataire ! répondit en riant Saint Antoine. Pour ma part, je n'ai vraiment rien fait qui mérite un tel honneur !"
Et Satan de repartir, l'oreille basse. Il ne revint plus jamais tenter le saint.

Texte : Que valons-nous ? - Yvette Chabert

Nous ne valons pas par notre situation,
Notre pouvoir, notre célébrité,
Notre argent ou notre compétence…

Nous valons par notre accueil,
Notre écoute, notre ouverture aux autres,
Notre tendresse humaine.

Texte : Le pot fêlé - Anonyme

Une vieille dame chinoise possédait deux grands pots, chacun suspendu au bout d'une perche qu'elle transportait, appuyée derrière son cou. Un des pots était fêlé, alors que l'autre, en parfait état, rapportait toujours sa pleine ration d'eau. A la fin de la longue marche quotidienne du ruisseau vers la maison, le pot fêlé n'était plus qu'à moitié rempli d'eau.

Deux années passèrent, durant lesquelles la vieille dame ne rapportait qu'un pot et demie d'eau. Bien sûr, le pot intact était très fier de ses accomplissements. Mais le pauvre pot fêlé, lui, avait honte de ses propres imperfections et se sentait triste car il ne pouvait faire que la moitié du travail pour lequel il avait été créé.

Il s'en confia à la vieille dame, mais celle-ci sourit et lui fit remarquer toutes ces fleurs qui poussaient sur son côté du chemin et rien sur l'autre : "j'ai bien vu ta fêlure et l'eau qui s'écoulait doucement, alors j'ai semé des graines de fleurs à cet endroit, et tu les as arrosées chaque jour. J'ai ainsi pu cueillir de superbes fleurs pour décorer la table. Sans toi, il n'y aurait pu avoir cette beauté pour agrémenter la nature et la maison."

Nous avons tous nos propres fêlures, nos propres manques. Ce sont eux qui rendent nos vies ensemble si intéressantes, si enrichissantes à trouver ce qu'il y a de bon en eux.

A toi, ami fêlé, passe une superbe journée... et prend le temps de sentir les fleurs qui poussent sur ton côté du chemin.

Texte : L'homme - Charles Singer

Entre les mains du potier,
l’argile est modelée,
et de la glaise inerte surgit l’objet,
précieux comme un vivant.

Ainsi, pétri de terre,
l’homme au matin des temps,
sort des mains de Dieu,
il dit le sacré de la terre,
la porte du divin.

Texte : Tu seras un homme, mon fils - Rudyard Kipling

Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir
Ou perdre d'un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir ;

Si tu peux être amant sans être fou d'amour,
Si tu peux être fort sans cesser d'être tendre
Et te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;

Si tu peux supporter d'entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d'entendre mentir sur toi leurs bouches folles
Sans mentir toi-même d'un seul mot ;

Si tu peux être digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois
Et si tu peux aimer tous tes amis en frères
Sans qu'aucun d'eux soit tout pour toi ;

Si tu sais méditer, observer et connaître
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur ;
Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser sans n'être qu'un penseur ;

Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu sais être bon, si tu sais être sage
Sans être moral ni pédant ;

Si tu peux rencontrer triomphe après défaite
Et recevoir ces deux menteurs d'un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,

Alors les rois, les dieux, la chance et la victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis
Et ce qui vaut mieux que les rois et la gloire,
Tu seras un homme, mon fils.

Texte : Harmonie - Sagesse d'Orient

Quand la chaussure s'ajuste bien, on oublie le pied.
Quand la ceinture s'ajuste bien, on oublie la taille.
Quand toutes choses sont en harmonie, on oublie le moi.

Quand le moine se rend à la taverne, la taverne devient sa cellule.
Quand l'ivrogne va en cellule, la cellule devient sa taverne.

Texte : L'habitude - René Sully-Prudhomme

L'habitude est une étrangère  qui supplante en nous la raison :
C'est une ancienne ménagère qui s'installe dans la maison.

Elle est discrète, humble, fidèle, Familière avec tous les coins ;
On ne s'occupe pas d'elle, Car elle a d'invisibles soins :

Elle conduit les pieds de l'homme Sur le chemin qu'il eût choisi,
Connaît son but sans qu'il le nomme, Et lui dit tout bas : « Par ici ».

Travaillant pour nous en silence, d'un geste sûr, toujours pareil,
Elle a l'œil de la vigilance, les lèvres douces du sommeil.

Mais imprudent qui s'abandonne à son joug une fois porté !
Cette vieille au pas monotone endort la jeune liberté ;

Et tous ceux que sa force obscure a gagnés insensiblement
Sont des hommes par la figue des choses par le mouvement.

Texte : Les grand'mères - Anonyme

Un petit Genevois de huit ans, interrogé sérieusement par sa directrice d'école sur ce qu'il pensait des grand'mères :

"Une grand'mère est une femme qui n'a pas d'enfant, c'est pour cela qu'elle aime les enfants des autres".
Et de poursuivre " Les grand'mères n'ont rien à faire, elles n'ont qu'à être là.
Quand elles vous emmènent en promenade,
Elles marchent lentement, sans écraser les belles feuilles, ni les chenilles.
Elles ne disent jamais : " Avance plus vite ! "
En général, elles sont grosses, mais pas trop pour pouvoir attacher nos souliers.
Elles savent qu'on a toujours besoin d'un second morceau de gâteau ou du plus gros.
Une vraie grand'mère ne frappe jamais un enfant, elle se met en colère en riant.
Les grand'mères portent des lunettes et parfois elles peuvent même enlever leurs dents.
Quand elles nous lisent des histoires, elles ne sautent jamais un bout
Et elles n'ont rien contre si on leur réclame la même histoire plusieurs fois.
Les grand'mères sont les seuls adultes qui ont toujours le temps.
Elles ne sont pas aussi fragiles qu'elles le disent, même si elles meurent plus souvent que nous.
Tout le monde devrait essayer d'avoir une grand'mère surtout ceux qui n'ont pas la télé."

Texte : Tu crois ? J'y crois pas ! - D'après Bruno Latour

- "De la difficulté de parler de sa foi" -

Comment parler de sa foi ? Cette foi qui bouleverse son cœur et sa vie, mais si difficile à exprimer aujourd'hui, sans se faire étiqueter d'hurluberlu, de doux rêveur, de gogo attardé, de fanatique ou d'intégriste…

On a honte de ne pas oser parler de sa foi,
On a honte de vouloir en parler quand même !
On a honte aussi de refuser les conseils des " pros " suggérant des mots lourds, indigestes, lestés du poids des erreurs du passé, ou incompréhensible aujourd'hui.
Comment dire sa passion pour la messe du dimanche ? Elle ne dit plus rien à personne !

On a honte de la haine incrédule ou de l'indifférence amusée des autres,
Ceux qui se moquent de ceux qui s'y rendent !
On a honte quand on y va,
On a honte quand on n'ose pas dire qu'on y va…
On grince des dents parfois sur ce qui s'y dit à l'intérieur,
Mais on bouillonne de rage quand on entend ce qui s'en dit à l'extérieur…
La Parole, le Verbe de Dieu, son message, si extraordinairement sublime pour qui le connaît, le reconnaît… si léger, aérien, plein d'espoir pour notre monde désenchanté, paraît aujourd'hui affreusement embarrassé et écrasé sous le poids d'institutions pesantes, de droit d'un autre âge, de psychologie complexe, de rituels incompréhensibles ! L'expression jadis libre et inventive, féconde et salvatrice, aujourd'hui se dessèche sur la langue. Comment parler de ce qui, pour soi, a tellement de sens, sans que cela paraisse insensé pour l'autre :

Pour celui qui ne croit en rien
Pour celui qui croit en l'homme, ou au progrès, ou à la science…
Pour celui qui croit en quelque chose de supérieur sans savoir vraiment quoi
Pour celui qui croit en un Dieu autre que celui de la Révélation
Pour celui qui ne croit qu'aux bienfaits de la croyance en Dieu
Pour celui qui croit en Dieu mais pas en l'église
Pour celui qui croit en Dieu et en l'église, mais pas au pape
Pour celui qui croit ceci mais qui refuse cela
Pour celui qui croit/ne croit pas… en tout/ou partie… de ceci/cela… avec en plus/en moins cela/ceci…
Quand on se décide enfin à en parler, un peu comme on se jette à l'eau… aussitôt on boit la tasse ! La bouche rejette crapauds et algues gluantes…

Ah ! Avoir les pieds légers pour ne pas laisser de traces sur le sable,
Avoir les mains si habiles pour ne pas faire sentir le scalpel sur la peau,
Des mots si choisis que, malgré leur étrangeté, on les trouverait toujours justes…
Mais il est trop tard pour revenir en arrière ! On s'est lancé, il faut nager ou couler…

Ne pas prendre les rites pour de la foi,
Ni réduire la foi en une successions de rites…
Ne pas confondre la croyance en Dieu avec l'exigence de la Révélation…
Avant même d'aller au cœur du sujet, on choque ! Autant ceux de l'extérieur que ceux de l'intérieur car, bien sûr, chacun a "sa" foi de charbonnier qu'il ne faut pas écorner ! On pense alors lâchement qu'on aurait mieux fait de se taire, ou de rabâcher des clichés, ou de se moquer, comme tout le monde !

Mais comment taire ce bouillonnement intérieur qui transforme le métal en or pur ? Comment ne pas partager cette formidable espérance dans un monde actuel si désenchanté et si chercheur de sens ?
Laisser la place à tous les abus sectaires, fondamentalistes etc. si dangereusement attirants avec leurs certitudes absolues ?
- Surtout pas !
Alors on essaie de parler le plus simplement et subtilement possible des choses religieuses, pour qu'elles aient l'air moins compliquées, moins archéologiquement lettrées, ou au contraire magiques, fantastiques, parsemées de signes et de miracles, ou - pire - niaises, bondieusistes, simplistes et misérabilistes à en pleurer de pitié…

Ne pas mélanger les époques chrétiennes (et leur cortège de grandeurs et de bassesses).
Ne pas sortir les Écritures - leurs mots, leurs images - de leur contexte géographiques, historiques et donc limitées par les connaissances d'alors…
Ne pas faire, avec les mots des Écritures, de nouveaux Dieux sacrés intouchables et non traduisibles en langage compréhensible pour aujourd'hui…
Dire le "message" plus que le rite ou le mot… au besoin, consolidé par une référence.
Comme il est difficile de parler simplement de choses simples, claires, limpides lorsqu'elles ont été alourdies, lestées par des siècles de nécessaires précisions complexes et multiples, appesanties par des rites d'un autre âge si difficiles à comprendre au premier abord, et pourtant si justes dans leur pérennité millénaire…

Mais aussi, comme il est difficile d'entendre simplement un message simple, clair, limpide, lorsqu'on a entendu pendant des décennies :

Un unique mode de pensée " politiquement correct " sur la religion, cet " opium du peuple " destiné à asservir les masses…
Un rappel incessant et appuyé des excès et abus de l'église dans un temps où on se préoccupait beaucoup plus des rites que de la Révélation…
Ou le constat - malheureusement réel - que de tous temps, les religions ont été la motivation affichée d'atroces conflits tous plus sanglants les uns que les autres…
Là, comme partout, le respect de l'autre, de son vécu, de sa pensée, de son expression librement développée… généreront une qualité d'échange nécessaire pour que celui-ci soit fructueux, productif d'horizons nouveaux, d'idées innovantes, de pistes encourageantes, pour l'un autant que pour l'autre.

Il ne s'agit pas de convaincre, mais d'abord écouter l'autre, pour comprendre ce qu'il ressent réellement derrière peut-être des clichés annoncés ; puis simplement d'exprimer, témoigner de son vécu, de sa réalité ressentie personnellement, explicitée avec ses mot à soi, justement choisis, du mieux que l'on peut, en toute simplicité, mais également en toute intelligence… Et revenir toujours à l'essentiel !
Ainsi, celui qui parle devient celui qui écoute, et vice-versa. L'échange se fait harmonieusement, probablement avec des divergences d'idées, mais sans agressivité, dans le respect des idées de chacun, prenant le meilleur des idées de l'autre pour progresser, s'élever, se " spiritualiser " ensemble - quelle que soit sa (non)croyance d'ailleurs !

Texte : La foi ne se mesure pas - Hubert Cornudet

Il n'y a pas d'appareil à mesurer la foi.
Ne jugeons pas la relation des autres à Dieu, et la nôtre propre.
Il y a là un danger spirituel entretenu par les donneurs de leçon en tout genre.
La foi ne se confond pas avec des exercices de dévotion religieuse
et, en même temps, une foi qui ne se célèbre pas est en risque d'anémie.
Paradoxe chrétien par excellence, cet inconfort dans la vie de foi fait notre grandeur.

Nous ne progresserons dans la vie spirituelle qu'en nous détachant de tout esprit de mesure avec Dieu :
la mise à mort de Jésus-Christ et l'événement de sa croix ne sont-ils pas littéralement insensés ?
Dépassons, traversons cette question du sens dans nos vies et dans l'histoire.
Ne coupons pas les cheveux en quatre ! Faisons confiance simplement.
Ayons chevillé au corps cette espérance que nous sommes dans la main de Dieu
et redressons la tête puisque nous sommes sauvés !

Texte : La famille - Jean Paul II (Karol Vojtyla)

Jean-Paul II : "La famille"

La famille est sans doute la réalité où l'interaction de la responsabilité personnelle avec les conditions sociales apparaît le plus. L'évolution récente de la société européenne a rendu plus difficile l'équilibre et la stabilité des familles. Dans cette situation, il faut que les européens se ressaisissent et redonnent à la famille sa valeur première dans la vie sociale. Qu'ils sachent créer les conditions qui favorisent sa stabilité, qui permettent d'y accueillir et d'y donner la vie généreusement. Que l'on reprenne conscience de la dignité des responsabilités exercées par chaque être humain dans son foyer pour le soutien et le bonheur d'autrui. La famille comme telle, est un sujet de droit, cela doit être admis plus nettement.
_______________________________
(Extrait de son discours au Conseil de l'Europe en 1998)


Texte : Faim et gaspillage - Père André-Marie

La misère dans le monde atteint un tel degré
Que le gaspillage des pays riches devient un crime contre l'humanité.
Il est temps de mettre le monde repu et malade
En perfusion de partage et d'amour.
Cette guerre de la faim tue 40 000 enfants tous les jours.


Texte : Ils vivent à nos portes - Albert Hari

Ils vivent à nos portes,
Dans notre rue,
Dans le métro…
Dans tous ces lieux
Où nous ne faisons que passer.
Ils ont élu domicile.
Savons-nous Leur apporter la chaleur
D'un regard, un mot,
Un geste de réconfort ?

Texte : Faire son examen de conscience - D'après Robert Guelluy


Ce n'est pas :
Une subtile analyse de soi-même, avec plein de motivations douteuses et d'excuses complaisantes
Une introspection minutieuse : l'amélioration de son introspection n'a jamais amélioré sa vie intérieure.
Une impression de ce qu'on ressent sur soi-même
Une amertume coupable et décourageante
Un manque d'humilité qui nous fait voir avec aigreur et découragement notre péché comme irrémédiable.
Un décevant sentiment d'échec, d'impuissance…

C'est :
Une constatation objective et réelle de ce qui n'est pas "vrai" en soi.
Sa vision, dans la prière, sans amertume et sans découragement, dans le détachement, dans le mouvement d'amour pour Dieu.
C'est l'accueil de son péché.
C'est à faire avec Dieu : ne pas nous mettre au centre de notre monde intérieur, mais y laisser Dieu.

Son but :
Nous éduquer à nous voir en esprit de vérité, en toute lucidité, avec de justes perspectives (ni trop, ni trop peu), selon le point de vue de Dieu.
Nous rappeler que le Créateur, c'est Dieu ! Nous ne sommes que ses créatures, à son image et à sa ressemblance pourtant.
Moins vivre en nous-mêmes et pour nous-mêmes, mais nous donner un peu plus…
Nous souvenir que Jésus a souffert horriblement pour le pardon que nous sollicitons.
Nous fier entièrement au pardon que Dieu va nous donner, dans la confiance totale, sans doute, ni hésitation, ni découragement : mon péché, si énorme soit-il, n'est qu'une goutte d'eau s'anéantissant dans le brasier immense de l'amour de Dieu, comme le dit Thérèse de Lisieux…

Texte : Etre et Faire - Philippe Mac Leod


Nous ne jurons pas que par l'efficience, le concret, le résultat à tout prix sans nous préoccuper de la valeur des fruits que nous produisons. Evoquer l'être est souvent compris comme une atteinte à l'activité humaine. Et si nous cessions de vouloir l'action à tout prix, l'engagement, la résistance ? Et si nous contentions d'être, tout simplement, présent aux autres ?

Être : une exigence ! Adhérer plus fortement, plus étroitement à ce principe de croissance inscrit en nos cœurs et qui consiste à, accéder à une présence toujours plus vraie, plus vivante et plus réelle. L'être ignore la stagnation. C'est une tension vers la présence, un élan inachevé vers la plénitude du réel.

J'entends toujours les mêmes objections : la responsabilité, l'engagement, le service du prochain… comme si le souci de l'être pouvait entraîner une sorte d'indifférence au monde et aux autres. Il creuse un certain détachement, une distance qui inspire la suspicion, mais qui très vite s'affirme comme un espace de clarté et de vérité où chaque chose reprend sa place et sa taille.

Nous préférons la visibilité, l'immédiateté du geste. Au risque de la turbulence et de la perte du sens. Nous ne jurons que par l'efficience, le concret, le résultat à, tout prix, sans nous préoccuper du goût et de la valeur nutritive des fruits que nous produisons. Pire que Thomas, nous ne croyons finalement qu'au tangible, au palpable, à la monnaie sonnante et trébuchante.

Évoquer l'être est souvent compris comme une atteinte à l'activité humaine. Nous ne mesurons pas combien l'écoute, l'attention aux autres comme à soi-même nécessite de présence active. Que l'on examine seulement la qualité de notre attention : Quelle absence, la plupart du temps, quel vide à la fin d'une journée !

Pourtant, si nous vivions davantage dans l'être, notre vie aurait plus de sens. Etty Hillesum (1914-1943) a vécu une conversion fondamentale. Au cœur de la seconde Guerre mondiale, cette jeune femme juive a préféré la conscience de la vie. Elle notait dans ce son journal : "Mon faire consistera à être." Cet enracinement paradoxal dans l'être lui a permis de se tenir debout, toujours présente aux autres, jusqu'aux heures décisives d'Auschwitz. Alors que l'action n'était plus une priorité, le jaillissement spontané d'elle-même à l'être l'avait rendu à sa vérité.

"Être présent à cent pour cent" écrit-elle encore, Une quête de stabilité intérieure, une soif de réalité, en réaction à l'extrême dispersion de la vie. Le problème de nos existences n'est pas tant le manque de sens que l'inconsistance de nos intérêts, de nos soucis, des menus plaisirs que nous poursuivons et qui nous émiettent. C'est l'essentiel que nous avons perdu, comme un squelette qui nous manque cruellement quand nous cherchons à nous redresser.

Il serait vain de vouloir ranimer le dilemme désuet de l'être et du faire, l'opposition artificielle entre Marthe et Marie, l'engagement et le recueillement, mais il faut nous méfier des fusions aussi rapides que superficielles, où l'on croit dépasser les contraires en les niant. L'équilibre est dans la hiérarchisation des valeurs, selon un axe bien net : être d'abord, être uniquement, totalement, afin que le faire devienne l'expression naturelle de ce que nous sommes.

Ces deux valeurs demeurent complémentaires, mais l'une doit dépasser l'autre. Si l'on persiste à les croire d'égale importance, il y aura nécessairement illusion. Car elles exercent une lutte qui nous échappe, où le paraître finit toujours par l'emporter. A nous donc de choisir à laquelle donner la primauté qui orientera toute notre existence. Or l'extériorité ne peut pas avoir la primeur sur toute une vie, Le besoin de visibilité, de reconnaissance à tout prix, devient alors une tyrannie qui ruine toute profondeur, et finalement toute crédibilité.

Texte : Dix millions d'étoiles - François Plouidy


A ma fenêtre, je mettrai la petite bougie de la fraternité
et je serai proche de tous ceux-là
qui sont seuls au fond de leur solitude.

A ma fenêtre, je mettrai la petite bougie de l'espoir
et je serai proche de tous ceux-là
qui ont perdu confiance et ne croient plus en l'avenir.

A ma fenêtre, je mettrai la petite bougie de la solidarité
et je serai proche de tous ceux-là
qui refusent la misère et luttent contre toute exclusion.

A ma fenêtre, je mettrai ces petites bougies
et je serai proche de tous ceux-là
qui, à leurs fenêtres, ont posé leurs petites bougies
comme dix millions d'étoiles dans la nuit .

Texte : Une étoile dans le coeur - Anonyme


Il y a une étoile dans le coeur de chaque homme.
Mais l'étoile s'éteint en tant de coeurs
sous le froid de la solitude, du mépris, du rejet.

L'étoile brille à nouveau
quand des frères et des soeurs
sont relevés dans leur humanité,
quand leur dignité est à nouveau reconnue.
Alors, la nuit perd de son pouvoir sur la terre.

L'étoile brille à nouveau
quand le dialogue est renoué,
quand la fraternité grandit,
quand les mains s'ouvrent
pour le partage.
Alors, le jour commence à danser sur la nuit.

L'étoile brille à nouveau
quand, humblement, avec persévérance,
quelques fragments de lumière
jaillissent de nos lèvres et de nos mains.
Alors, le sourire de Dieu commence à renaître.

Texte : Une étoile dans ton ciel - Robert Riber


Il y a toujours une étoile dans ton ciel,
Si tu sais regarder, si tu veux regarder.
Même au plus profond de la nuit,
Quand tout semble perdu, que tu te crois abandonné,
Lève les yeux, regarde et avance.

Il y a toujours une étoile dans ton ciel,
Allez, rien n'est jamais fini,
Tout peut recommencer si tu le veux ;
Les possibles sont à portée de cœur.
Si tu sais garder l'espérance,
Lève les yeux, regarde et avance.

Il y a toujours une étoile dans ton ciel.
Bien sûr, de temps en temps la nuit l'emporte,
Mais tu le sais, ce n'est que pour un temps ;
Rien ne peut résister aux soleils à naître,
Tu verras, ils embraseront ta nuit de lumière.
Lève les yeux, regarde et avance.

Il y a toujours une étoile dans ton ciel,
Comme une invitation à te lever pour partir,
Comme un signe qui jamais ne se lasse.
Allons, redresse-toi, tu n'es pas seul.
Regarde, il est là celui que tu attendais.

Texte : Instants d'éternité - Thérèse de Lisieux


Il n'y a que ce qui est éternel qui peut nous contenter.
Pourquoi chercher du bonheur sur la terre ? Je vous avoue que mon cœur en a une soif ardente, mais il voit bien, ce pauvre cœur, que nulle créature n'est capable d'étancher sa soif.
Les jours les plus radieux sont suivis de ténèbres. Seul le jour de la première, de l'unique, de l'éternelle communion du Ciel sera sans couchant !
Voyons la vie sous son jour véritable… C'est un instant entre deux éternités.
Chaque instant, c'est une éternité, une éternité de joie pour le Ciel, une éternité de voir Dieu face à face, de n'être qu'un avec lui…
Le temps n'est qu'un mirage, un rêve. Déjà Dieu nous voit dans la gloire, il jouit de notre béatitude éternelle…
La vie n'est qu'un rêve, bientôt nous nous réveillerons et quelle joie. Plus nos souffrances sont grandes, plus notre gloire sera infinie.

Texte : La lézarde - D'après Jacques Salomé


Dans tous les murs, il y a une lézarde.
Dans toute lézarde, très vite, il y a un peu de terre.
Dans cette terre, la promesse d'un germe fragile, l'espoir d'une fleur.
Et dans cette fleur, la certitude ensoleillée d'un pétale de bonheur.

Oui, le bonheur est en germe même dans les murs les plus hostiles.
Le bonheur peut naître d'une fissure, d'une rupture, d'un abandon.
Il peut naître aussi d'une ouverture, d'un mouvement ou d'un élan de tendresse;
Le bonheur a de multiples visages.

Texte : Je fais un rêve - Martin Luther King


Je fais aujourd'hui un rêve !
Le rêve qu'un jour tout vallon sera relevé,
Toute montagne rabaissée,
Tout éperon deviendra une plaine…
Et la gloire du Seigneur sera révélée
À tous les êtres faits de chair, tout à la fois.
Telle est mon espérance…

Avec une telle foi, nous pourrons distinguer,
Dans des montagnes de désespoir,
Un caillou d'espérance…
Avec une telle foi, nous pourrons travailler ensemble,
Prier ensemble, lutter ensemble,
Aller en prison ensemble,
Nous dresser ensemble pour la liberté…

Quand nous ferons en sorte
Que la cloche de la liberté puisse carillonner
Dans chaque village et chaque hameau,
Dans chaque état et chaque cité,
Nous pourrons hâter la venue du jour
Où tous les enfants du Bon Dieu,
Les Noirs et les Blancs,
Les Juifs et les Gentils,
Les catholiques et les Protestants,
Pourront se tenir par la main
Et chanter les paroles du vieux "spiritual" noir :
"Libres enfin ! Libres enfin !
Merci Dieu Tout Puissant,
Nous voilà libres enfin !"

Texte : Mon rêve - Martin Luther King


Un jour les enfants apprendront
des mots qu'ils ne comprendront pas.
Les enfants de l'Inde demanderont :
"Qu'est-ce que la Faim ?"
Les enfants d'Alabama demanderont :
"Qu'est-ce que c'est que la ségrégation ?"
Les enfants d'Hiroshima s'étonneront :
"Qu'est-ce que c'est, la bombe atomique ?"
Les enfants des écoles demanderont :
 "Qu'est-ce que c'est, la guerre ?"

Alors, tu leur répondras, tu leur diras :
"Ce sont des mots que l'on n'emploie plus,
comme diligence, galères ou esclavage.
Des mots qui ne veulent plus rien dire.
C'est pourquoi on les a retirés du dictionnaire."


Texte : Aujourd'hui - Martin Luther King


Aujourd'hui, dans la nuit du monde
et dans l'espérance de la Bonne Nouvelle,
j'affirme avec audace ma foi dans l'avenir de l'humanité.
Je refuse de croire que les circonstances actuelles
rendent les hommes incapables de faire une terre meilleure.
Je refuse de partager l'avis de ceux qui prétendent
que l'homme est à ce point captif de la nuit sans étoile,
du racisme et de la guerre
que l'aurore radieuse de la paix et de la fraternité
ne pourra jamais devenir une réalité.
Je crois que la vérité et l'amour sans condition
auront le dernier mot effectivement.
La vie, même vaincue provisoirement,
demeure toujours plus forte que la mort...

Texte : L'arc-en-ciel - Renée Capiten


Je croyais que chaque jour le matin était clair
Et l'aurore espérance...
Je croyais que le soleil brillait toujours de tout son or
Et que le ciel se devait d'être bleu...
Je croyais que le printemps voulait dire renaissance
Et que chaque nuit la lune nous éclaire...

Et pourtant...
Un jour le matin a été noir
Et l'aurore fut crépuscule...
Un jour le soleil s'est voilé d'ombre
Et le ciel se mit en pleurs...
Un jour le printemps a pris des couleurs d'automne
Et la nuit perdit sa couronne...

Alors je me suis dit :
C'est toi seule qui fais le matin clair
Et le soleil brillant,
Et puis le ciel bleu au printemps...
Dis-toi que l'arc en ciel ne naît qu'avec la pluie,
Et ainsi chaque jour sera éclaircie !

Texte : La fête du 60ème à Concarneau - François Plouidy


C'était à Concarneau...
C'était le 21 octobre...
Ce jour-là, nous étions ensemble,
Il n' y avait plus ni accueillants ni accueillis.
Nous étions tous ensemble à la fête de famille,
Unis, heureux et fraternels.

Ce jour-là, ensemble, nous avons vibré
Aux danses, aux saynètes, aux mimes et aux chansons,
Si longuement, si amoureusement préparées tout au long de l'année...
Qui disaient la quête de bonheur, le désir de fraternité,
La volonté d'une société plus juste et d'un avenir ouvert pour tous.

Ce jour-là, ensemble, nous avons tissé
La toile de l'accueil et de la convivialité,
La toile du " vivre-ensemble " et de l'Evangile partagé.

Au soir de ce jour-là, nous sommes repartis,
Décidés, les uns et les autres, à bâtir ensemble un avenir,
Un avenir pour les petits, les exclus, les rejetés,
Un avenir pour tous : notre avenir.

Texte : Escale en enfance - Anonyme


Arrête -toi, écoute seulement,
Dans les grands pins chante le vent.
Il transporte aussi des senteurs
De goëmons, de terre, puis de fleurs
S'il se bouscule en tes cheveux
Laisse-toi prendre à tous ses jeux
Et redeviens le tout petit
Reporte-toi au temps jadis.

Tes yeux découvraient mille choses
Ton cœur tout neuf faisait la pose
Avec l'oiseau, avec le chien,
Tu te trouvais heureux d'un rien.
Le monde n'était que lumières
Alors, le soir dans tes prières
Tu remerciais la terre entière.
Rêve d'enfant tout palpitant
Fais de sentier, de pâquerettes et fleurs des champs
D'étoiles, de roses, de tourterelles,
Et puis bien sûr de caramels.

Le temps a forcé ton allure
Ton cœur aussi s'est fait plus dur,
Bien souvent il s'est vite essoufflé
De tant cogner il a saigné.
Les fleurs tu ne les vois plus
Et Blanche-Neige a disparu
Tes rêves sont plus terre-à-terre
Ils sont même devenus austères
Faut bien remplir ses feuilles d'impôts
Sans oublier son numéro.

Arrête-toi pour les enfantines chimères
Même si elles sont éphémères
Rien ne vaut une escale
A la source de cristal
De notre cœur de gosse
Quand chaque jour était joyeux,
Et blanc comme une noce.

Texte : Un enfant aux yeux clairs - Jean-François


J'aimerais être encore cet enfant là.
Il sommeille en moi comme en chacun de vous.
Je l'entends parfois me parler
Avec ces mots simples et si doux
Du passé, de l'avenir...
Cet enfant me regarde tendrement
Et me dit : "ne m'oublie pas !"
Quand je le regarde sur cette photo.

J'espère être encore cet enfant-là.
Le soir en m'endormant, j'écoute battre son cœur.
Il est amoureux de la vie et ne connait pas le mal.
Un champ de blé, une fleur, un lac... tout et rien l'émerveille.

L'enfant aux yeux clairs, au cœur pur,
Je le vois en chacun d'entre vous,
Mais vous l'avez oublié, tout seul,
Dans un coin, avec sa bonté et son innocence.

Ecoutez-le la prochaine fois
Quand il viendra frapper à votre porte
Et dites-lui d'abord :
"Entre ! je t'attendais."

Texte : Parabole du papillon - Anonyme


Un homme observait un papillon s’efforçant de sortir de son cocon par le petit trou prévu à cet effet. Après un long moment d'attente, rien ne se passait ! C’était comme si le papillon abandonnait : le trou demeurait toujours aussi petit. On aurait dit que le papillon avait fait tout ce qu’il pouvait, et qu’il n'avait plus de force.

Alors l’homme décida d’aider le papillon : il prit un canif et ouvrit délicatement le cocon. Le papillon sortit aussitôt, mais son corps était maigre et engourdi ; ses ailes étaient peu développées et bougaient à peine. L’homme continua à observer, pensant que, d’un moment à l’autre, les ailes du papillon s’ouvriraient et seraient capables de supporter le corps du papillon pour qu’il prenne son envol. Il n’en fut rien ! Le papillon passa le reste de son existence à se traîner par terrre avec son maigre corps et ses ailes rabougries. Jamais il ne put voler.

Ce que l’homme - avec son geste de gentillesse et son intention d’aider - ne comprenait pas, c’est que le passage par le trou étroit du cocon était l’effort nécessaire pour que le papillon puisse transmettre le liquide de son corps à ses ailes de manière à pouvoir voler. C’était le moule à travers lequel la vie le faisait passer pour grandir, se muscler et se développer.

Parfois, l’effort est exactement ce dont nous avons besoin dans notre vie. Si l’on nous permettait de vivre notre vie sans rencontrer d’obstacles, nous serions limités. Nous ne pourrions pas être aussi forts que nous le sommes. Nous ne pourrions jamais voler de nos propres ailes...

J’ai demandé la force... Et la vie m’a donné les difficultés pour me rendre fort.
J’ai demandé la sagesse... Et la vie m’a donné des problèmes à résoudre.
J’ai demandé la prospérité... Et la vie m’a donné un cerveau et des muscles pour travailler.
J’ai demandé de pouvoir voler... Et la vie m’a donné des obstacles à surmonter.
J’ai demandé l’amour... Et la vie m’a donné des gens à aider dans leurs problèmes.
Je n’ai rien reçu de ce que j’ai demandé... Mais j’ai reçu tout ce dont j’avais besoin.

Texte : Les Quatre vents de l'esprit - Victor Hugo


Chaque enfant qu'on enseigne est un homme qu'on gagne.
Quatre-vingt-dix voleurs sur cent qui sont au bagne
Ne sont jamais allés à l'école une fois,
Et ne savent pas lire, et signent d'une croix.
C'est dans cette ombre-là qu'ils ont trouvé le crime.
L'ignorance est la nuit qui commence l'abîme.
Où rampe la raison, l'honnêteté périt.

Texte : Veux-tu simplement m'écouter ? - Anonyme


Quand je te demande de m'écouter
et que tu commences à me donner des conseils,
je n'ai pas de réponse à ma demande.
Quand je te demande de m'écouter
et que tu commences à me dire pourquoi je ne devrais pas ressentir cela,
je ne me sens pas respecté.

Quand je te demande de m'écouter
et que tu commences à vouloir faire quelque chose pour résoudre mon problème,
je ne me sens pas aidé, aussi étrange que cela puisse paraître.
Ecoute, tout ce que je te demande, c'est que tu m'écoutes.
Non pas que tu parles ou que tu fasses quelque chose :
je te demande simplement de m'écouter.

Les conseils sont bon marché.
Pour deux euros, j'aurai dans le même journal
le courrier du cœur et mon horoscope.
Je veux agir par moi-même, je ne suis pas impuissant,
peut-être un peu découragé ou hésitant,
mais non impotent.

Quand tu fais quelque chose pour moi,
que je peux et ai besoin de faire moi-même,
je me sens dévalorisé et je ne progresse pas.
Mais quand tu acceptes comme un simple fait
que je ressente ce que je ressens (peu importe la rationalité),
je peux arrêter de chercher à te convaincre.

Je peux alors essayer de commencer à comprendre
ce qu'il y a derrière mes sentiments apparemment irrationnels.
Lorsque je vois clair, les réponses deviennent évidentes
et je n'ai pas besoin de conseil.
Les sentiments qui semblaient irrationnels deviennent intelligibles
quand nous comprenons ce qu'il y a derrière.

Peut-être est-ce pour cela que la prière marche, parfois, car Dieu ne parle pas.
Il ne donne pas de conseils à ceux qui n'en demandent pas.
Il n'essaye pas d'arranger les choses sans se soucier de ma liberté.
Alors, s'il te plaît, écoute-moi.
Et quand tu voudras que je t'écoute, demande-le-moi et je t'écouterai.

Texte : Ecouter : un art ! - François Plouidy


Ecouter, dit le Petit Larousse, c'est "prêter l'oreille pour entendre".
J'apprête mon oreille... je la rends prête...
Je m'aprête à capter le chant des oiseaux,
Le bruit de la mer.
Je me prépare à entendre la voix d'un ami,
La voix du Seigneur.

Si je ne me suis pas préparé,
Si je n'ai pas apprêté mon oreille,
Si je ne me suis pas rendu attentif, tout centré sur l'écoute,
Si je ne prête qu'une oreille distraite,
Je reste en dehors,
Je n'entre pas dans le secret,
Je rate la rencontre...

Car écouter, c'est bien plus que recevoir des sons.
C'est "sentir le coeur et voir l'âme des choses...
A celui qui sait écouter, est donné de ne plus vivre à la surface :
Il communie à la vibration intérieure de tout être vivant". (A. Grommelaere)

Alors, comme le chante le Père Rimaud, avant toute rencontre avec la nature,
avec un frère, une soeur, avec une personne blessée,
Que je puisse entendre l'invitation du Seigneur :
"Prête l'oreille de ton coeur"

Texte : Ecoute-moi s'il te plait ! - Jacques Salomé


Ecoute-moi, s'il te plaît, j'ai besoin de parler !
Accorde-moi seulement quelques instants
Accepte ce que je vis, ce que je sens
Sans réticence, sans jugement

Ecoute-moi, s'il te plaît, j'ai besoin de parler !
Ne me bombarde pas de conseils et d'idées
Ne te crois pas obligé de régler mes difficultés
Manquerais-tu de confiance en mes capacités ?

Ecoute-moi s'il te plaît, j'ai besoin de parler !
N'essaie pas de me distraire ou de m'amuser
Je croirais que tu ne comprends pas
L'importance de ce qui vit en moi.

Ecoute-moi, s'il te plaît, j'ai besoin de parler !
Surtout, ne me juge pas, ne me blâme pas
Voudrais-tu que ta moralité
Me fasse crouler de culpabilité ?

Ecoute-moi, s'il te plaît, j'ai besoin de parler !
Ne te crois pas obligé d'approuver
Si j'ai besoin de me raconter
C'est simplement pour être libéré.

Ecoute-moi, s'il te plaît, j'ai besoin de parler !
N'interprète pas et n'essaie pas d'analyser
Je me sentirais incompris et manipulé
Et je ne pourrais plus rien te communiquer.

Ecoute-moi, s'il te plaît, j'ai besoin de parler !
Ne m'interromps pas pour me questionner
N'essaie pas de forcer mon domaine caché
Je sais jusqu'où je peux et veux aller.

Ecoute-moi, s'il te plaît, j'ai besoin de parler !
Respecter les silences qui me font cheminer
Garde-toi bien de les briser
C'est par eux, bien souvent, que je suis éclairé.

Alors maintenant que tu m'as bien écouté
Je t'en prie, tu peux parler !
Avec adresse et disponibilité
A mon tour, je t'écouterai...

Texte : Ecouter, c'est... - Maurice Bellet


Écouter, c'est mettre l'autre au centre.
Quand je parle, je suis le centre ;
quand j'écoute, je m'empare de mon centre de gravité,
et je le place pour un moment sur un autre.

Écouter, c'est dire à l'autre :
tu peux, avec moi, être qui tu veux, et comme tu veux : je ne te lâcherai pas !

L'écoute est sans méthode et sans règles,
mais pourtant, selon les règles fondamentales, l'écoute c'est :
* Laisser dire ce qui se dit, ne rien écarter,
* Être présent entièrement, non pas seulement de tête,
* Ne faire précéder son écoute de rien,
* S'abstenir de tout jugement, de tout ce qui définirait l'autre,
* Laisser l'autre parler sa langue, et se tenir d'abord en sa demande,
* Oublier tout savoir,
* Renoncer à tout pouvoir,
* Ne rien vouloir pour l'autre,
* Ne se prévaloir d'aucune fonction,
et ainsi s'effacer entièrement.

Texte : A l'écoute - Charles Singer


Se mettre à l'écoute de quelqu'un,
C'est d'abord repousser tout ce qui rend l'oreille distraite,
Faire taire les tumultes intérieurs…
Éloigner les interférences qui dispersent l'attention
Et parasitent la parole que l'autre m'adresse.
C'est faire le silence. Comme pour dire :
"Voici ! Maintenant, il n'y a plus que toi.
Il n'y a plus d'autre son que la musique de ta parole. "

Se mettre à l'écoute de quelqu'un,
C'est s'arrêter,
Enfin rester en place,
Stopper le tournis et l'agitation,
Comme pour dire :
"Voici ! Maintenant, c'est toi le centre !. "

Se mettre à l'écoute de quelqu'un,
C'est se détourner de soi
Et se tourner vers l'autre.
Arriver au face à face
Comme pour dire : "Me voici !
Il n' y a plus d'autre intérêt pour moi !
Maintenant, je suis prêt à percevoir
Jusqu'au murmure de ta parole. "

Écouter quelqu'un,
C'est se mettre en position d'attente.
Accueillir celui qui est là devant soi ;
L'accueillir avec son sac débordant
Du linge plus ou moins sale de sa vie.
C'est accepter qu'il entre chez moi,
Qu'il franchisse même les portes les plus secrètes.

C'est recevoir l'autre , ses rêves et ses désirs.
C'est prévoir qu'il dérange les étagères
Si rigoureusement rangées de mon existence.
C'est lui donner la place.
C'est lui présenter les clés de la maison comme pour dire :
"Ta présence met tout à l'envers ;
J'en prends le risque. Je t'écoute… "

Texte : Nous y sommes ! - Fred Vargas


Nous y voilà, nous y sommes. Depuis cinquante ans que cette tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l'incurie humaine, nous y sommes. Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l'homme sait le faire avec brio, lui qui ne perçoit la réalité que lorsqu'elle lui fait mal. Telle notre bonne vieille cigale à qui nous prêtons nos qualités d'insouciance. Nous avons chanté, dansé. Quand je dis "nous", entendons un quart de l'humanité tandis que le reste était à la peine.

Nous avons construit la vie meilleure, nous avons jeté nos pesticides dans l'eau, nos fumées dans l'air, nous avons conduit trois voitures, nous avons vidé les mines, nous avons mangé des fraises du bout monde, nous avons voyagé en tous sens, nous avons éclairé les nuits, nous avons chaussé des tennis qui clignotent quand on marche, nous avons grossi, nous avons mouillé le désert, acidifié la pluie, créé des clones, franchement on peut dire qu'on s'est bien amusés.

On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles, comme faire fondre la banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous la terre, déplacer le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces vivantes, faire péter l'atome, enfoncer des déchets radioactifs dans le sol, ni vu ni connu. Franchement on s'est marrés. Franchement on a bien profité. Et on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu'il est plus rigolo de sauter dans un avion avec des tennis lumineuses que de biner des pommes de terre. Certes.

Mais nous y sommes…  à la Troisième Révolution ! Elle a ceci de très différent des deux premières (la Révolution néolithique et la Révolution industrielle, pour mémoire) : on ne l'a pas choisie. "Est-on obligés de la faire, la Troisième Révolution ?" demanderont quelques esprits réticents et chagrins.
- "Oui ! On n'a pas le choix, elle a déjà commencé, elle ne nous a pas demandé notre avis. C'est Mère Nature qui l'a décidé, après nous avoir aimablement laissés jouer avec elle depuis des décennies.

La mère Nature, épuisée, souillée, exsangue, nous ferme les robinets de pétrole, de gaz, d'uranium, d'air, d'eau. Son ultimatum est clair et sans pitié : "Sauvez-moi, ou crevez avec moi - à l'exception des fourmis et des araignées qui nous survivront, car très résistantes, et d'ailleurs peu portées sur la danse ! - Sauvez-moi, ou crevez avec moi."

Evidemment, dit comme ça, on comprend qu'on n'a pas le choix, on s'exécute illico et, même, si on a le temps, on s'excuse, affolés et honteux. D'aucuns, un brin rêveurs, tentent d'obtenir un délai, de s'amuser encore avec la croissance. Peine perdue. Il y a du boulot, plus que l'humanité n'en eut jamais. Nettoyer le ciel, laver l'eau, décrasser la terre, abandonner sa voiture, figer le nucléaire, ramasser les ours blancs, éteindre en partant, veiller à la paix, contenir l'avidité, trouver des fraises à côté de chez soi, ne pas sortir la nuit pour les cueillir toutes, en laisser au voisin, relancer la marine à voile, laisser le charbon là où il est, (attention, ne nous laissons pas tenter, laissons ce charbon tranquille) récupérer le crottin, pisser dans les champs (pour le phosphore, on n'en a plus, on a tout pris dans les mines). S'efforcer. Réfléchir, même. Et, sans vouloir offenser quiconque avec un terme tombé en désuétude : être solidaire, avec le voisin, avec l'Europe, avec le monde.

Colossal programme que celui de la Troisième Révolution. Pas d'échappatoire, allons-y ! Encore, faut-il noter, que récupérer du crottin - et tous ceux qui l'ont fait le savent - est une activité foncièrement satisfaisante. Ce qui n'empêche en rien de danser le soir venu car ce n'est pas incompatible. A condition que la paix soit là, à condition que nous contenions le retour de la barbarie, une autre des grandes spécialités de l'homme : sa plus aboutie peut être !

A ce prix, nous la réussirons, la Troisième révolution. A ce prix nous danserons - autrement sans doute ! - mais nous danserons encore.

Texte : Doutes - Armand Guézingar


J'ai dit à Dieu que sa venue parmi nous à Noël ne valait pas grand-chose
Dans un monde de consommation effrénée.
Je lui ai dit aussi que son Saint-Esprit n'était pas très efficace
Avec toutes ces guerres, ces gens qui meurent de faim,
Ce gaz carbonique en trop dans l'atmosphère…

Mais Dieu m'a répondu :
C'est à toi que j'ai remis mon Esprit.
Qu'en as-tu fait ?
Qui fera la justice si tu ne commences pas à être juste ?
Qui fera la vérité si tu n'es pas vrai toi-même ?
Qui fera la paix si tu n'es pas en paix avec toi-même et avec tes frères ?
Qui fera la joie si toi-même tu n'es pas joyeux ?
C'est toi que j'ai envoyé porter la Bonne Nouvelle !

Texte : Pour pratiquer le don de soi - Guy Gilbert


Pour pratiquer le don de soi, il faut d'abord s'aimer soi-même suffisamment. Ceci est un accomplissement prioritaire. On s'accomplit ensuite vraiment dans les autres. C'est grâce à l'autre qui t'arrive, et dans lequel tu t'investis, que tu parviens à sortir de tes propres problèmes.

Plus on se replie sur soi-même et moins on arrive à s'accomplir. Il faut lutter sur soi-même, par un combat intérieur, physique, psychologique, effectif. C'est primordial de garder un espace de liberté pour s'épanouir, mais c'est toujours le don aux autres qui t'accomplit.

Texte : Le don de soi - Dalaï Lama


Lorsque nous donnons, nous répondons aux besoins des plus défavorisés ; ce faisant, nous contribuons à diminuer leurs souffrances, autant qu'il nous est possible. Leur mieux-être nous procure un sentiment de satisfaction et une joie immense. Et c'est cette joie qui, en générant paix et sérénité, participe à nous rendre et à les rendre plus heureux. Notre bonheur est étroitement associé à celui des autres.

Imaginez, éprouvez, visualisez ce que représente une personne qui souffre. Analysez les raisons de sa souffrance. Essayez d'établir un lien avec cette personne. Comprenez que ses capacités à souffrir sont semblables aux vôtres. Que son désir de se libérer de cette émotion est identique au vôtre. Des lors vous choisirez de l'aider, vous en aurez envie, afin qu'elle ne subisse plus cette détresse. La compassion et l'amour qui résulte de cette décision se déploieront alors dans votre esprit. Vous pourrez ensuite les vivre dans vos vies quotidiennes.

Acrostiche : Votre don agit : efficacité, proximité - Chantal Le Goff


Volonté d'agir
On ne peut que l'accepter
Tant il est important d'aider l'autre
Reconnaissons qu'un petit geste peut être efficace pour l'autre
Espérons que nous ferons de plus en plus pour ceux qui souffrent

Donnons de notre temps
Offrons notre sourire à ceux qui ne l'ont plus
Ne les oublions pas

Agissons tous ensemble
Généreux, nous pouvons le devenir
Immobilisme ne rime à rien
Tant de personnes souffrent

Eduquons les plus jeunes
Formons les à devenir meilleurs entre eux
Faisons d'eux de futurs bénévoles
Instruisons-les à ce qu'ils comprennent ce qu'est la solidarité
Car l'avenir leur appartient
Aider l'autre dans ce monde devenu fou
C'est nécessaire pour tous
Idéaliser ne sert à rien
Tant de personnes se murent dans leur silence
Essayons de les sortir de là et avec eux, agissons

Pour que leur avenir redevienne meilleur
Relevons-nous ensemble de la misère
Oublions la fierté de bien des gens
Xénophobes, nous n'avons pas le droit de l'$etre, aimons-nous avec nos différences
Illustrons nos actions par notre bénévolat partout dans le monde
Même s'il est difficile de se rendre compte de ce qui se passe à l'autre bout de la terre
Imaginons nous un instant mourir de faim, de froid...
Tant il y a d'enfants, de femmes et d'hommes pour qui c'est la réalité de tous les jours
Efforçons-nous d'agir ensemble, de les aider et nous ne pourrons qu'être meilleurs

Texte : Donner - Anonyme


Donner mon temps
pour écouter et pour parler.
Une parcelle de temps seulement, j'en ai conscience,
parce qu'il faut bien donner ailleurs
afin de nouer le dialogue avec d'autres !
Cette parcelle, la donner pleinement,
Pas du bout de l'agenda,
mais avec la totale présence
à celui qui est en face de moi.

Donner mon amour
pour établir des liens uniques.
Des morceaux d'amour seulement, en attendant,
parce qu'en moi l'égoïsme tient encore son marché !
Cet amour par morceaux, le donner pleinement,
pas du bout de la vie,
mais avec mon total désir de tout offrir.

Donner mon argent
pour aider et rester solidaire.
Des piécettes ou des chèques seulement,
Attitude bancale, j'en ai bien conscience,
parce qu'il faut bien en conserver
pour les miens et pour moi !
Ces piécettes, les donner pleinement,
pas du bout de l'aumône,
mais avec la totale volonté de mener la justice
jusqu'à la répartition des biens.

Donner,
avec conviction,
sans restrictions,
avec la joie de commencer à tout donner
et à me donner enfin moi-même
à l'image de celui qui a donné sa vie
pour le bonheur du monde !

Texte : Se désarmer - Athenagoras Ier


La guerre la plus dure, c'est la guerre contre soi-même.
Il faut arriver à se désarmer.
J'ai mené cette guerre pendant des années, elle a été terrible.
Mais je suis désarmé. Je n’ai plus peur de rien, car l'amour chasse la peur.
Je suis désarmé de la volonté d'avoir raison, de me justifier en disqualifiant les autres.
Je ne suis plus sur mes gardes, jalousement crispé sur mes richesses.
J'accueille et je partage.
Je ne tiens pas particulièrement à mes idées, à mes projets.
Si l'on m'en présente de meilleurs, ou plutôt non, pas meilleurs, mais bons, j'accepte sans regrets.
J'ai renoncé au comparatif. Ce qui est bon, vrai, réel est toujours pour moi le meilleur.
C'est pourquoi je n'ai plus peur. Quand on n'a plus rien, on n'a plus peur.
Si l'on se désarme, si l'on se dépossède, si l’on s'ouvre au Dieu-homme qui fait toutes choses nouvelles, alors, Lui, efface le mauvais passé et nous rend un temps neuf où tout est possible.

Texte : Les choses - Bouddha

Le Bouddha disait :
On ne possède pas les choses :
On les tient seulement un instant entre les mains.
Dès qu'on veut les posséder, elles nous possèdent.

Quand on veut s'approprier les choses, on les gâche.
Quand on les libère, on en est maître pour toujours.
Si tu veux être heureux, ne t'attache pas aux choses.
Alors, tu les posséderas.

Texte : Non à la désespérance ! - Marie-Claude Morvan


Le temps est à la morosité !
Tous les clignotants sont rouges.

Les crises se succèdent, les inégalités se creusent.
Les droits de l'homme sont bafoués un peu partout dans le monde.
L'insécurité grandit, le climat se dégrade.
Un tsunami économique balaie la planète et dévaste tout sur son passage.

Nous pourrions allonger à l'infini cette liste déjà bien longue.
Mais faut-il pour autant sombrer dans la désespérance ?

Non ! Non ! Voyez !
Décembre est tout entier illuminé par la Fête de Noël,
Des lumières sont partout, dans les rues, les devantures, les magasins…
Une certaine fièvre anime les cœurs.
Où que l'on soit, cette ambiance étrange et parfois fantastique nous saisit…

Plus fantastique encore ce tout premier Noël
Où toute l'histoire de l'humanité a basculé :
Dieu, le Tout-Autre, l'extrême Transcendance,
Montre enfin son Visage tant attendu :
Il devient homme en Jésus Christ.
Lui, l'unique Lumière, remplit tout de sa Présence lumineuse.

Le fantastique, l'inouï, le voilà : Dieu s'incarne,
Il prend un corps, pour venir vivre chez l'homme…

Dieu habite en l'homme…
Dieu est amour…
Tout alors devient possible !

Citation : Le désert - Charles de Foucault


Il faut passer par le désert et y séjourner pour recevoir la grâce de Dieu,
Et il est si doux et si saint de se sentir dans la solitude en face des choses éternelles...

Prière : La danse de la vie - Madeleine Delbrêl


S'il y a beaucoup de saintes gens qui n'aiment pas danser,
Il y a beaucoup de saints qui ont eu besoin de danser,
Tant ils étaient heureux de vivre :
Sainte Thérèse d'Avila avec ses castagnettes,
Saint Jean de la Croix avec un Enfant Jésus dans les bras,
Et Saint François, devant le pape.

Si nous étions contents de vous, Seigneur,
Nous ne pourrions pas résister
A ce besoin de danser qui déferle sur le monde,
Et nous arriverions à deviner
Quelle danse il vous plaît de nous faire danser
En épousant les pas de votre Providence.

Car je pense que vous en avez peut-être assez
Des gens qui, toujours, parlent de vous servir
Avec des airs de capitaines,
De vous connaître avec des airs de professeurs,
De vous atteindre avec des règles de sport,
De vous aimer comme on s'aime dans un vieux ménage.

Un jour où vous aviez un peu envie d'autre chose,
Vous avez inventé Saint François,
Et vous en avez fait votre jongleur.
A nous de nous laisser inventer
Pour être des gens joyeux qui dansent leur vie avec vous.

Faites-nous vivre notre vie,
Non comme un jeu d'échecs où tout est calculé,
Non comme un match où tout est difficile,
Non comme un théorème qui nous casse la tête,
Mais comme une fête sans fin où votre rencontre se renouvelle,
Comme un bal, comme une danse,
Entre les bras de votre grâce,
Dans la musique universelle de l'amour.
Seigneur, venez nous inviter.

Texte : Danser sa vie - Conte d'Islam


De passage dans un petit village d'Anatolie, le célèbre imam tant attendu était, dans la mosquée, prêt à répondre à la question :
"Comment être pleinement heureux dans toute sa vie ?"

Dans un un silence respectueux, il monte en chaire ; tous ont les yeux levés sur lui.
Sans un mot, il regarde longuement l'assemblée qui le boit des yeux, et il commence à murmurer à bouche fermée une mélodie lancinante.
Bientôt les croyants fredonnent à sa suite la mélodie.
Il chante. Tous chantent.
Il descend de la chaire et amorce doucement une danse souple et rythmée.
Certains se lèvent et lui emboîtent le pas.
Au bout de quelques minutes, c'est toute l'assemblée qui danse, totalement engagée dans le balancement des corps, le mouvement des pieds, le chant de la mélodie.
Tous, comme un seul corps uni, où les "moi" individuels disparaissent et où les vides intérieurs se creusent, remplis de la même présence d'Allah le Miséricordieux.
L'imam remonte enfin lentement en chaire.
Un grand calme s'est fait dans la mosquée.
Une paix physiquement perceptible emplit les coeurs.
Et dans le silence vibrant encore d'harmonie, l'imam fait passer son regard sur les visages qui le boivent des yeux :
"Je crois avoir bien répondu à votre question.
Là est le bonheur."

Texte : Le fardeau - Parabole africaine


Sur un sentier raide et pierreux
J'ai rencontré une petite fille
Qui portait sur le dos son jeune frère.
"Mon enfant, lui dis-je,
Tu portes un lourd fardeau."
Elle me regarda et dit :
"Ce n'est pas un lourd fardeau, Monsieur,
C'est mon frère !"

Je restai interdit.
Le mot de cet enfant
S'est gravé dans mon cœur.
Et quand la peine des hommes m'accable
Et que tout courage me quitte
Le mot de l'enfant me rappelle :
"Ce n'est pas un fardeau que tu portes,
C'est ton frère."

Texte : Le chat et l'ashram - Conte Bouddhiste


Dans un ashram (sorte de communauté en Inde), le gourou aimait beaucoup son chat.
Mais il se promenait pendant l'office et perturbait le recueillement des fidèles.
Le gourou demanda qu'on attache son chat pendant l'office du soir, ce qui fut fait.
Des années plus tard, le gourou mourut et on continua d'attacher le chat.
Le chat mourut et on trouva un autre chat qui fut fidèlement attaché pendant l'office du soir.
Cela continua pendant des siècles.
Des traités très sérieux existent dans cet ashram sur la nécessité d'attacher un chat pour le bon déroulement de l'office du soir !

Combien de "chats attachés" avons-nous ainsi dans nos vies ?

Texte : La jarre et la citrouille - Anonyme


Un jour, un potier trouva un rameau de citrouille portant un fruit qui commençait tout juste à pousser.
Par jeu, il mit la petite citrouille dans une jarre et l'y laissa.
Quand vin le temps de la récolte, la citrouille avait grossi autant que la jarre le lui avait permis.
Les parois de terre cuite avaient limité le potentiel du fruit et lui avaient aussi imposé leur forme.

Nos jarres sont nos jugements ou nos croyances sur ce qu'on est, ce qu'on peut ou ne peut pas faire.
Nous devons parfois les briser pour libérer notre potentiel !

Texte : Etre un bon compagnon pour soi-même - Jacques Salomé


Vous êtes "au coeur" de toutes vos relations... cela ne veut pas dire "au centre".
Vous êtes responsable de l'estime, de l'amour et du respect que vous vous portez.
Vous êtes garant aussi de l'amélioration possible de la qualité de vos relations... cela ne veut pas dire que vous êtes garant de tout la relation.

Vous avez la charge - ou le plaisir- de votre épanouissement, de votre bonheur.
Ne comptez plus sur l'autre pour vous prendre en charge, pour assurer et combler vos besoins, pour apaiser vos désirs ou protéger vos peurs.
Cela viendra aussi mais en bonus, en offrande dans l'inespéré de l'imprévisible...

Osez vous définir et marquer sans cesse la différence quand l'autre tente de le faire à partir de sa vision, de ses croyances ou de ses peurs à lui.
Expérimentez en créant du réel au-delà de vos certitudes et de vos habitudes.
Vous ne vivez rien que vous ne puissiez résoudre.

Prenez soin de vous réellement, journellement.
Vous êtes Extraordinairement unique et exceptionnel même si vous l'avez oublié...

La pire des solitudes n'est pas d'être seul, c'est d'être un compagnon épouvantable pour soi-même.
La solitude la plus violente, c'est de s'ennuyer en sa propre compagnie.
Alors, n'hésitez plus, soyez un bon compagnon pour vous.
Votre vie vous le rendra bien.

Texte : La rentrée - Marie-Claude Morvan


Septembre… la rentrée… la reprise d'activités…
Qui ne les aborde avec des sentiments mêlés ?
Les projets plein la tête, savoir les mettre en route pour les voir aboutir…
Le désir de donner le meilleur de soi-même…
L'appréhension, peut-être, devant la fatigue à venir, les soucis non prévus
Une certaine lassitude à voir que les choses avancent si peu
L'immensité de la tâche…

Nos inquiétudes, nos contrariétés, nos peurs
Plombent inutilement nos actions, nos paroles, nos initiatives…
Alors, pour la rentrée, faisons notre « examen de confiance » !
Nous sommes aimés par-dessus tout
Nous ne serons jamais abandonnés quoi qu'il arrive, y compris et surtout dans l'épreuve
À nous de nous laisser conduire par l'Esprit saint, comme un enfant…

Confiance, Espérance et Amour de Dieu se conjuguent
Pour nous faire aller toujours plus loin dans la sereine certitude que le Seigneur est bien là, présent dans notre vie.
Nous ne sommes pas « tout-puissants », nous ne pouvons tout faire par nous-mêmes…
Alors, remettons-nous en totalement à Dieu car, comme l'a dit saint François de Sales :
«La providence divine sur nous est à la mesure de la confiance que nous y plaçons.»

Texte : Compassion d'enfant - Anonyme


Un vieux monsieur, voisin d'un petit garçon de 5 ans, venait de perdre sa femme.
Lorsque le garçonnet vit le vieil homme pleurer dans la cour, il s'approcha de lui, s'assit sur ses genoux et resta là sans bouger.
Lorsque sa mère demanda à son fils ce qu'il avait dit au voisin pour le consoler, l'enfant répondit : " Rien, je l'ai seulement aidé à pleurer."

Texte : Avec les doigts du cœur - Robert Riber


Quand la souffrance touche le corps,
C'est le cœur qui est le plus touché.
Quand la douleur blesse le corps,
C'est le cœur qui est le plus blessé.
Quand la lèpre défigure un corps,
C'est toujours le corps qui est défiguré.

Aujourd'hui, sur nos routes d'hommes,
Ils sont légion les lépreux du monde.
Mais, il suffit de si peu de chose,
Rien ou presque rien, tu sais...

Si tu veux relever ton frère,
Touche-le avec les doigts du cœur
Et son visage s'illuminera.
Touche-le avec les mots du cœur,
Même s'il est abattu.
Tu verras, il se lèvera.

Texte : Les portes de la communication - Bernard Werber


Entre ce que je pense,
Ce que je veux dire,
Ce que je crois dire,
Ce que je dis,

Ce que vous voulez entendre,
Ce que vous entendez,
Ce que vous croyez en comprendre,
Ce que vous voulez comprendre
Et ce que vous comprenez,

Il y a au moins neuf possibilités
De ne pas nous comprendre.
Mais, s'il vous plaît,
Essayons quand même !

Prière : Regarde avec ton coeur - Anonyme


Regarde avec ton coeur
Ce monde en train de naître lentement.
Peu à peu émerge une Terre nouvelle
Où l'amour est plus fort que la haine.

Regarde avec ton coeur cet univers
Où tout semble condamné à mourir,
Comme la belle nature en automne.
Et voilà déjà après l'hiver
Les signes du printemps.

Regarde avec ton coeur les hommes ;
Ils s'efforcent de poser dans les larmes
Les fondements d'un monde meilleur.
Et déjà brille dans leurs yeux
Un avenir de justice et de Paix.

Regarde avec ton coeur les peuples
De toutes races, langues et cultures.
Certains essaient d'abattre
Ces murs de haine
Que d'autres ont édifiés par peur.
L'amour seul aura le dernier mot.

Regarde avec ton coeur tous les baptisés,
Ils sont nombreux sur les registres,
Mais leur foi d'hommes s'est endormie.
Réveille, Seigneur, la volonté des croyants.
Redonne-leur le dynamisme de Ton Esprit.

- "Prières pour les incontournables de la vie" (Ed. du Signe, 2001) - 

Texte : Grain de folie - Charles Singer


Ils se dressent, même en pleine misère, pour refuser que le monde soit mis en morceaux.
Ils se lèvent, même en pleine oppression, pour tailler à chacun une liberté.
Ils croient que la solidarité est capable de soulever les montagnes de l'inertie et des lenteurs.

Ils croient que l'homme est fait pour construire, puisque Dieu l'a fait créateur, et que rien, jamais,
si les hommes s'unissent pour lutter, ne pourra changer le monde en vaste terrain abandonné à la misère publique.
Ils croient à la réussite du monde, et, pour le prouver, ils donnent leur temps et leur vie à l'image du Christ de Nazareth.
Ils disent: le Christ nous a sauvés, il faut continuer ce qu'il a commencé !

Ils croient que la bienveillance peut vaincre le mépris.
Ils croient qu'aucune existence n'est condamnée à être une longue traversée solitaire.
Ils croient que le don de soi, mystérieusement, soulève le monde hors de sa gangue d'égoïsme,
et que toute crucifixion, mystérieusement, arrache le monde à l'attraction du mal
pour le placer définitivement sur la trajectoire du salut.

Ils disent que l'Evangile répandu par Dieu est une irrésistible puissance de libération.
Ils croient que le soleil peut surgir de l'échec.
Ils croient que Dieu, posé dans la terre, déposé dans la mort humaine,
transforme les tombes des hommes en lieu de passage, en champ de plantation, vaste et fertile !
Ils croient que, du silence du sépulcre, jaillit le cri de victoire.
Ils affirment que, dans l'absence et le vide de la tombe, Jésus de Nazareth commence la musique de la vie éternelle !

Ils sont fous ! Je suis de ce peuple-là :
Nous croyons que Jésus, le Christ, mort et ressuscité, est l'avenir de la terre et des vivants de tous les temps.

Texte : L'acte de choisir - John C. Haughey


En dépit de toutes les apparences contraires, on ne devient pas une personne en grandissant physiquement, en s'étendant dans l’espace, en s’approfondissant par la réflexion. On devient soi-même avant tout en choisissant. C'est essentiellement dans 1’acte de choisir que l'esprit humain s'affirme et s'incarne. Nos choix expriment la conscience que nous avons de nous-mêmes et en même temps rendent possible cette prise de conscience. En revanche, ceux qui ne choisissent pas, ou choisissent à moitié, connaissent la condition immature de gens qui se contentent de suivre la musique qu'on leur joue. Ils dansent si quelqu'un leur joue de la flûte et pleurent si quelqu'un d'autre décide qu'un chant de deuil est maintenant de circonstance.

Qui n'est pas vraiment apte à se décider soi-même ne tardera pas à s'apercevoir que son milieu, sa famille, ses propres goûts ou tout autre facteur extérieur à lui, usurpent la fonction que son propre esprit devrait assumer. Des hommes ont lutté pendant des siècles contre l'esclavage, fermement convaincus que cette forme de contrainte imposée était un mal ; or, à l'époque actuelle, quelle ironie !, nombre de personnes qui pourraient faire autrement consentent à se soumettre à l'esclavage volontaire de l'indécision.

Texte : La charité - François Plouidy


Pourquoi le Secours catholique ?...
- Pour allumer le feu de la charité!, disait le Père Rodhain.

La charité ! Faire la charité ! Ah non , pas de çà !" direz-vous...
La charité, c'est la condescendance,
la supériorité dédaigneuse qui se penche avec commisération sur le sort des pauvres !
Faire la charité , c'est comme qui dirait jeter un os à un chien !

Eh bien, vous avez tout faux !
La charité... Caritas en latin... Agapè en grec...
c'est l'Amour avec un grand A.
l'Amour même qu'est Dieu
c'est l'Amour de Dieu qui passe par les mains, les lèvres, le coeur des hommes.
Et l'Amour de Dieu est attention, respect, délicatesse, bonté, douceur, paix , joie ...
La charité, c'est Dieu qui aime à travers nous !

Texte : Réussir le changement - Anonyme


On parle beaucoup de changement, mais réaliser un changement est chose plus difficile. Trois conditions en "P" pour passer du désir de changer à un réel changement : Protection, Permission, Puissance.

D'abord, pensez à quelque chose que vous voulez changer dans votre vie. Vérifiez que l'idée de mettre en œuvre ce changement ne déclenche pas en vous ou chez les autres une peur exagérée. Si vous avez bien réfléchi aux conséquences de ce nouveau comportement et que vous n'avez trouvé aucun inconvénient majeur, dites-vous par exemple :

  • "Je suis en sécurité",
  • "C'est prudent", il n'y aura pas de conséquences néfastes",
  • "C'est légitime",
  • "Je vais réussir",
  • "J'en suis serein et j'assure…"

Vous vous sentez alors en protection et capable et libre de faire ce que vous avez prévu. Vous vous dites :

  • "J'ai choisi librement",
  • "Je vais réussir",
  • "J'en suis capable",
  • "J'en ai besoin",
  • "C'est bon pour moi et les autres",
  • "Je me sens heureux quand j'y pense…"

Vous vous donner la permission d'aller de l'avant et enfin envisager clairement la démarche, vous vérifiez que vous avez tenu compte de votre environnement et de vos propres capacités, vous ressentez le désir et la motivation nécessaires pour pouvoir réaliser votre décision. Vous vous dites alors :

  • "Le contrat est clair",
  • "C'est utile",
  • "Je suis motivé,
  • "j'en ai envie et je le fais".

Vous sentez en vous la puissance de mettre en œuvre votre décision. Ainsi, avant de vous lancer dans un changement important, vérifiez bien que vous respectez les "3 P": Protection, Permission, Puissance.

Texte : Faire carrière - D'après Robert Guelluy


Suis-je capable :

De faire carrière, non pas à mon avantage, mais en travaillant de toutes mes forces avec une âme libre, sans être désemparé par l'insuccès, ni grisé par la réussite ?
D'accepter l'échec sans être vexé ou découragé, sans m'embourber en moi-même, sans que mon élan soit brisé ?
D'être enthousiaste sans être fiévreux, énergique sans être forcené, constant sans être entêté ?
De ne plus m'attribuer le bien que je fais, annexant ainsi les dons de Dieu ?
D'accepter paisiblement d'être estimé moins qu'un autre ?
de reconnaître tout autre, quel qu'il soit, comme mon égal dans le droit d'aimer et d'être aimé, car c'est si facile d'aimer avec condescendance, soulignant ainsi ma supériorité ?
De me taire, de supporter paisiblement la contradiction ?
De me supporter moi-même, avec toutes mes insuffisances ?


Texte : Les superlatifs de la vie - Anonyme


Le plus beau jour de sa vie : aujourd’hui.
La plus grande distraction : le travail.
Le plus grand handicap : la peur.
La meilleure amie de l’homme...
Ou La meilleure façon de grandir...
Ou La plus grande part du bonheur : l’humilité.
La chose la plus facile : se tromper.
Les meilleurs professeurs : les enfants.
Le plus grand défaut : l’égoïsme.
Le plus grand besoin : le bon sens.
Le plus grand destructeur de vie : le découragement.
Le sentiment le plus dangereux : l’envie.
Le plus beau cadeau : le pardon.
La plus belle chose au monde : l’amour.

Texte : Petites béatitudes - Joseph Folliet


Bienheureux ceux qui savent rirent d'eux-mêmes,
Ils n'ont pas fini de s'amuser.

Bienheureux ceux qui savent distinguer une montagne d'une taupinière,
Il leur sera épargné bien des tracas.

Bienheureux ceux qui savent se taire et écouter,
Ils en apprendront des choses nouvelles !

Bienheureux ceux qui sont attentifs à l'appel des autres, sans toutefois se croire indispensables,
Ils seront ferments de foi.

Heureux êtes-vous si vous savez regarder sérieusement les petites choses,
Et paisiblement les choses sérieuses,
Vous irez loin dans la vie.

Heureux êtes-vous si vous savez admirer un sourire et oublier une grimace,
Votre route sera ensoleillée.

Heureux êtes-vous si vous savez vous taire et sourire
Même lorsqu'on vous coupe la parole ou qu'on vous marche sur les pieds,
L'Evangile commence à pénétrer votre coeur.

Bienheureux surtout vous qui savez reconnaître le Seigneur
En tous ceux que vous rencontrez,
Vous avez trouvé la vraie lumière,
Vous avez trouvé la véritable sagesse.

Texte : Heureux les pauvres - Paul Coutal


Heureux les pauvres ! oh ! pas n'importe lesquels,
Mais les pauvres de cœur !
Ceux dont le cœur est vide de tout,
Mais débordant de l'essentiel : de l'amour du Seigneur.

Cœur humble et disponible comme celui d'un enfant,
Cœur libéré, cœur ouvert et accueillant, cœur avide de donner,
De tout donner quand on n'a plus rien :
Donner son temps, son sourire, sa peine,
Donner sa joie aussi, donner la parole, céder le pas…
Donner sa main surtout, à celui qui la prend.

Heureux les pauvres
Qui n'ont que leur cœur à donner !

Texte : Béatitude pour aujourd'hui - Jean-Charles Thomas


Heureux ceux qui vont à la rencontre De ceux dont l'Église est loin :
Non-croyants, Croyants d'autres traditions religieuses,
Pauvres et étrangers, Hommes et femmes d'autres cultures.

Heureux ceux qui acceptent d'aimer
Même ceux qui refusent de les aimer.

Heureux ceux qui acceptent d'exposer leurs idées
Tout en acceptant que les autres n'y adhèrent pas.

Heureux ceux qui suscitent dans l'Église et la société
Des lieux et temps où chacun puisse être reconnu et prendre la parole.

Heureux ceux qui, sans craindre les épreuves, s'enracinent dans la durée et la patience,
Sans jamais se lasser de faire des petits pas pour rencontrer enfin les autres.

Heureux ceux qui ont un souci de cohérence
Entre leur propre vie et le combat qu'ils mènent.

Heureux ceux qui s'en remettent à Dieu chaque jour dans la prière.
Heureux ceux qui espèrent toujours :
Ils trouveront la route qui conduit au cœur des autres et de Dieu.

Texte : Quelle terre ? Quels enfants ? - Jean-Claude Pierre

A la fin des années soixante, alors que les sociétés occidentales commençaient à prendre en compte les phénomènes de pollution, un américain, Barry Commoner, publiait un ouvrage retentissant : Quelle Terre laisserons-nous à nos enfants ? (1)

Cette interrogation n’a rien perdu de sa pertinence, et force nous est de reconnaître que notre « modèle de développement » dégrade la planète selon un rythme qui s’accélère et dans des proportions encore jamais atteintes.

Erosion des sols, accumulation des déchets toxiques à longue durée de vie, surexploitation des forêts et des océans, réduction de la biodiversité, dérèglement du climat…, autant de « bombes à retardement » que nous léguons aux générations futures, c’est-à-dire…à nos enfants.

Si l’on ajoute à ces legs d’un type nouveau le gaspillage insensé des ressources non renouvelables, on ne peut que demeurer confondus par l’insoutenable légèreté avec laquelle nous nous comportons.

Enfants, nos livres d’histoire nous apprenaient que louis XV se plaisait à répéter : « Après nous le déluge ! » Et nos maîtres n’avaient, alors, aucune difficulté à nous convaincre de l’irresponsabilité de ce monarque imprévoyant, cynique et jouisseur…

Soyons lucides et, à notre tour, posons-nous la question de savoir si, demain, nos héritiers, confrontés aux conséquences de notre désinvolture, ne seront pas, eux aussi, fondés à nous juger avec la plus extrême sévérité. Mais posons-nous, également, comme nous y invite Pierre Rabhi, (2) cette autre question : « Quels enfants laisserons-nous à la Terre ? » Nouvelle et grave question qui vient compléter celle que nous proposait Barry Commoner, voici près de quarante ans, déjà, et à laquelle nous ne semblons guère pressés de répondre.

Problème, en effet, que celui de savoir avec quelle armature intellectuelle et morale nos successeurs pourront faire face aux redoutables défis qui les attendent. Et problème qui, là encore, nous renvoie à nos propres responsabilités…

Nos pratiques, nos comportements, nos propos, leur ouvrent-ils la voie ?

Pourront-ils s’appuyer sur nos expériences pour mettre en œuvre un véritable développement « durable et solidaire », c’est-à-dire pour considérer la nature avec respect et mettre un terme à l’effarante montée des inégalités qui minent nos sociétés, générant frustrations et humiliations ?

Nos modes de vie les incitent-ils à privilégier les valeurs de l’ « être » sur celles de l’ « avoir », à s’engager dans des voies nouvelles de simplicité et de frugalité ? Par nos pratiques de consommateur, cherchons-nous à éveiller leur sens critique ? seront-ils amenés à magnifier encore davantage qu’aujourd’hui les formes de compétition qui conduisent à dominer et à exclure ou s’attacheront-ils, au contraire, à promouvoir des modes de coopération, de solidarité, de partage ? Seront-ils encore davantage que nous le sommes, fascinés par la science et la technique ou sauront-ils prendre la hauteur qui leur sera si nécessaire pour en assurer vraiment la maîtrise ?

Accèderont-ils à une réelle prise de conscience planétaire les amenant à considérer que tous les hommes, issus d’une seule « matrie » - la Terre – sont frères et que l’on se doit, de ce fait, d’établir avec eux des relations en tous points équitables…

La frénésie consommatrice, dont la fête de Noël, par un étrange retournement de valeurs, est devenue le symbole le plus emblématique, nous donne de multiples occasions de nous poser des questions de cet ordre.

Et elles nous conduisent, n’ayons pas peur des mots, à rappeler que, si éduquer c’est aussi « élever », il va bien falloir nous référer à des valeurs universelles qui relèvent davantage de l’éthique et de la morale que des « lois du marché ».

- Jean-Claude Pierre est le porte-parole du réseau "Cohérence" -

Texte : Une bonne action - Anonyme


Il s'appelait Fleming, c'était un pauvre fermier écossais.
Un jour, alors qu'il tentait de gagner la vie de sa famille, il entendit un appel au secours provenant d'un marécage proche. Il laissa tomber ses outils, y courut et y trouva un jeune garçon enfoncé jusqu'à la taille dans le marécage, apeuré, criant et cherchant à se libérer. Le fermier sauva le jeune homme de ce qui aurait pu être une mort lente et cruelle.

Le lendemain, un attelage élégant se présenta à la ferme.
Un noble, élégamment vêtu, en sorti et se présenta comme étant le père du garçon que le fermier avait aidé.
- "Je veux vous récompenser", dit le noble, "car vous avez sauvé la vie de mon fils".
- "Non, je ne veux pas de paiement pour cela !", répondit le fermier écossais.

A ce moment, le fils du fermier vint à la porte de la cabane.
- "C'est votre fils ?" demanda le noble.
- "Oui", répondit fièrement le fermier.
- "Permettez-moi alors d'offrir à votre fils la même éducation qu'au mien."
Le fermier accepta.

Le fils du fermier Fleming alla dans les meilleures écoles et fut diplômé de l'Ecole de Médecine de l'Hôpital Sainte Marie de Londres. Il fut connu du monde entier car le Docteur Alexander Fleming avait découvert la pénicilline.

Des années plus tard, le fils du noble qui avait été sauvé du marécage a eu une pneumonie.
Qui lui sauva la vie cette fois ? - La pénicilline !
Comment s'appelait le noble ? - Sir Randolph Churchill.
Son fils sauvé de la pneumonie ? - Sir Winston Churchill.

Citation : J'ai vu une bête - Proverbe tibétain


Un jour, en marchant dans la montagne, j'ai vu une bête.
En m'approchant, je me suis aperçu que c'était un homme.
En arrivant près de lui, j'ai vu que c'était mon frère !
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Texte : Le prochain - Robert Guelluy


Le prochain est un être concret, réel, c'est avec tous ses défauts que Dieu aime et se fait présent à nous, d'une présence exigeante en même temps que prête à nous enrichir.

On considère autrui comme inconditionnellement aimé de Dieu,
On est attentif à sa dignité de personne humaine,
On reconnait en chacun les dons de Dieu,
On respecte Dieu chez autrui, on y voit autre chose qu'un instrument, même de Dieu...
On respecte en autrui les lenteurs de Dieu, le mystère de ce que Dieu attend précisément de lui,
Respecter en lui le Seigneur, pour ne pas le traiter comme une chose.

Texte : L'argent - Anonyme


L'argent peut acheter :
une maison, mais pas un foyer ;
une horloge, mais pas le temps ;
un lit, mais pas le sommeil ;
des livres, mais pas l'intelligence ;
des diplômes, mais pas la culture ;
une situation, mais pas le respect ;
des aliments, mais pas l'appétit ;
des médicaments, mais pas la santé ;
du sang, mais pas la vie ;
des tranquillisants, mais pas la paix ;
un spectacle, mais pas la joie ;
le plaisir, mais pas l'amour ;
un esclave, mais pas un ami ;
une femme, mais pas une épouse ;
des indulgences, mais pas le pardon ;
la terre, mais pas le ciel.

Texte : L'arbre - François Plouidy


L'arbre, l'hiver, sous le ciel gris,
Élève ses branches froides et dénudées...
Les feuilles du printemps, avec les jours, ont jauni,
Et à l'automne, sont tombées.

L'arbre, l'hiver, sous le ciel gris,
A couleur de noir.
De lui, à tout jamais, croit-on, a fui la vie.

Ainsi, sur la croix, tel un arbre nu,
Les bras levés, les os disloqués,
Le cœur pareil à la cire,
Christ est mort...

Ainsi de la vie de celui, qu'en des temps troublés,
Des forces de nuit ont tué le bonheur
Et l'espoir en demain.

Mais l'arbre...au printemps,
Sous le ciel bleu, a reverdi
Comme une poussée de soleil.

Ainsi, le mort du Golgotha :
Comme l'arbre du printemps,
En lui, à tout jamais, la vie a refleuri.

Ainsi de tout homme qui paraît mort.
Du tréfonds de son être, peut éclater la vie
D'un nouveau printemps, sous la douceur d'un soleil.

Texte : Fleuris là où Dieu t'a planté - Jean-Claude


A 10 ans, j'ai rêvé
D'être de la race de ces chênes
Qui sont la fierté de nos forêts.
Un chêne aux larges bras
Qui aurait bravé orages et tempêtes.
Un chêne robuste et feuillu
Qui serait le bienvenu
Des aventuriers inconnus.
Oui, j'avais rêvé d'être ce chêne
Si vaste et si touffu
Qu'un enfant pourrait s'y cacher
Sans risquer d'être vu.

A 20 ans, je rêvais d'être un peuplier
Haut et droit au bord de la rivière.
Un peuplier tout simple,
Comme il en pousse dans nos vallées fertiles.
Un peuplier planté au milieu d'autres arbres,
Non plus unique en son genre,
Mais un peuplier montant vers le ciel
Où le vent fait chanter son feuillage.
Je rêvais de ce peuplier fragile et frêle
Mais aux racines profondes
Qu'aucune bourrasque n'ébranle.

Ainsi va la vie, les années ont passé.
Du chêne au peuplier que je n'ai point été,
Du chêne au peuplier je n'ai pas de regret.
Ce que la vie m'a fait, je le découvre aujourd'hui.
Je suis simplement ce pommier
Qu'un matin on a greffé.
Un printemps, il a fleuri.
Peut-être donnera-t-il du fruit ?

Voilà ce qu'un jour, j'ai compris de la vie :
Ne t'inquiète pas d'être chêne ou peuplier.
Une seule chose te suffit :
Fleuris là où Dieu t'a planté.

Texte : Le rêve de trois arbres - Angela Hunt


Il était une fois, sur une montagne, trois arbres qui partageaient leurs rêves et leurs espoirs.
Le premier dit: "Je voudrais être un coffre au trésor, richement décoré, rempli d'or et de pierres précieuses. Ainsi tout le monde verrait ma beauté". .
Le deuxième arbre s'écria: "Un jour, je serai un bateau solide et puissant, et je transporterai les reines et les rois à l'autre bout du monde. Tout le monde se sentira en sécurité à mon bord".
Le troisième arbre dit: "Je veux devenir le plus grand et le plus fort des arbres de la forêt. Les gens me verront au sommet de la colline, ils penseront au ciel et à Dieu, et à ma proximité avec eux; je serai le plus grand arbre de tous les temps et les gens ne m'oublieront jamais".

Les trois arbres prièrent pendant plusieurs années pour que leurs rêves se réalisent. Et un jour, survinrent trois bûcherons.
L'un d'eux s'approcha du premier arbre et dit: "Cet arbre m'a l'air solide, je pourrais le vendre à un charpentier". Et il lui donna un premier coup de hache. L'arbre était content, parce qu'il était sûr que le charpentier le transformerait en coffre au trésor.
Le second bûcheron dit en voyant le second arbre: "Cet arbre m'a l'air solide et fort, je devrais pouvoir le vendre au constructeur de bateaux". Le second arbre se réjouissait de pouvoir bientôt commencer sa carrière sur les océans.
Lorsque les bûcherons s'approchèrent du troisième arbre, celui-ci fut effrayé, car il savait que si on le coupait, ses rêves de grandeur seraient réduits à néant. L'un des bûcherons s'écria alors: "Je n'ai pas besoin d'un arbre spécial, alors, je vais prendre celui-là". Et te troisième arbre tomba.

Lorsque le premier arbre arriva chez le charpentier, il fut transformé en une simple mangeoire pour les animaux. On l'installa dans une étable et on le remplit de foin. Ce n'était pas du tout la réponse à sa prière.
Le second arbre qui rêvait de transporter des rois sur les océans, fut transformé en barque de pêche. Ses rêves de puissance s'évanouirent.
Le troisième arbre fut débité en larges pièces de bois, et abandonné dans un coin.
Les années passèrent et les arbres oublièrent leurs rêves passés.

Puis un jour, un homme et une femme arrivèrent à l'étable. La jeune femme donna naissance à un bébé et le couple l'installa dans la mangeoire qui avait été fabriquée avec le premier arbre. L'homme aurait voulu offrir un berceau pour le bébé, mais cette mangeoire ferait l'affaire. L'arbre comprit alors l'importance de l'événement qu'il était en train de vivre, et su qu'il contenait le trésor le plus précieux de tous les temps.

Des années plus tard, un groupe d'hommes monta dans la barque fabriquée avec le bois du second arbre; l'un d'eux était fatigué et s'endormit. Une tempête terrible se leva, et l'arbre craignit de ne pas être assez fort pour garder tout son équipage en sécurité. Les hommes réveillèrent alors celui qui s'était endormi; il se leva et dit: "Paix !" Et la tempête s'arrêta. A ce moment, l'arbre su qu'il avait transporté le Roi des Rois

Enfin, quelqu'un alla chercher le troisième arbre oublié dans un coin; il fut transporté à travers les rues, et l'homme qui le portait se faisait insulter par la foule. Cet homme fut cloué sur les pièces de bois élevées en croix, et mourut au sommet de la colline. Lorsque le dimanche arriva, L'arbre réalisa qu'il avait été assez fort pour se tenir au sommet de la colline et être aussi proche de Dieu que possible, car Jésus avait été crucifié à son bois.

Chacun des trois arbres a eu ce dont il rêvait, mais d'une manière différente, de ce qu'ils imaginaient. Nous ne savons pas toujours quels sont les plans de Dieu pour nous. Nous savons simplement que ses voies ne sont pas les nôtres, mais qu'elles sont toujours meilleures si nous lui faisons confiance.

Texte : Que fais-tu Grand-mère ? - Anonyme


Que fais-tu grand-mère?
J'apprends la patience et l'ennui,
Le goût de l'instant, la joie de chaque jour,
J'apprends que la tristesse du cœur est nuage,
Et nuage aussi le plaisir…

Que fais-tu grand-mère, assise-là, dehors, toute seule?
Eh bien, vois-tu, j'apprends.
J'apprends le petit, le minuscule, l'infini,
J'apprends les os qui craquent, le regard qui se détourne.
J'apprends à être transparente.
À regarder au lieu d'être regardée.
J'apprends le goût de l'instant quand mes mains tremblent,
La précipitation du cœur qui bat trop vite.
J'apprends à marcher doucement,
A bouger dans les limites plus étroites qu'avant
Et à y trouver un espace plus vaste que le ciel.

Comment est-ce que tu apprends tout cela, grand-mère ?
J'apprends avec les arbres, et avec les oiseaux.
J'apprends avec les nuages.
J'apprends à rester en place et à vivre dans le silence.
J'apprends à regarder les yeux ouverts et à écouter le vent.
J'apprends la patience et aussi l'ennui:
J'apprends que la tristesse du cœur est un nuage,
Et nuage aussi le plaisir:
J'apprends à passer sans laisser de traces, à perdre sans retenir et à recommencer sans me lasser.
J'apprends à me réjouir au début du printemps et à la fin de l'automne,
A voir un arc-en-ciel dans une goutte de pluie
Et une vie entière dans une gouttelette de soleil qui scintille sur une pierre.
J'apprends que les chemins se divisent et se perdent,
Que les regrets sont de petites pierres pointues qui blessent les mains qui les enserrent
Et qu'il est meilleur que nos mains restent ouvertes…
J'apprends mes erreurs, mes chagrins, mes oublis,
Et toutes les joies qui se faufilent, poissons d'argent dans la masse de notre vie.

Grand-mère, je ne comprends pas : pourquoi apprendre tout cela ?
Parce qu'il me faut apprendre à regarder les os de mon visage et les veines de mes mains,
A accepter la douleur de mon corps, le souffle des nuits et le goût précieux de chaque journée.
Par ce qu'avec l'élan de la vague et le long retrait des marées,
J'apprends à voir du bout des doigts et à écouter avec les yeux.
J'apprends qu'il n'est pas de temps perdu ni de temps gagné,
Mais que l'infini est là, dans chaque instant… Cadeau trop souvent refusé dans le torrent des jours.
J'apprends qu'il faut aimer, que le bonheur des autres est notre propre bonheur,
Que leurs yeux se reflètent dans nos yeux et leurs cœurs dans nos cœurs.
J'apprends à marcher sur des sentiers étroits sans peur,
A regarder les montagnes qui se profitent au loin et que je n'attendrai pas:
J'apprends les milliers de pas qui ont marché avant moi sur ces même sentiers.
J'apprends les vieilles traces et les jeunes nuages.
J'apprends qu'il faut se tenir prêt à partir quand le vent souffre:
Qu'on avance mieux en se donnant la main:
Que même un corps immobile danse quand le cœur est tranquille.
Que la route est sans fin, est pourtant toujours exactement là.

Et avec tout ça, pour finir, qu'apprends-tu grand-mère ?
J'apprends, dit la grand-mère à l'enfant, j'apprends à être vieille.

Texte : L'amour maternel de Dieu - Maurice Zundel


Il y a dans l'amour maternel quelque chose de merveilleux. Mais l'amour maternel de la Très Sainte Vierge, qui est incomparable, qui est unique, qui nous enveloppe tous personnellement, nous appelant chacun par notre nom, cet amour nous révèle l'Amour maternel de Dieu, puisqu'il en procède.

Tout ce qu'il y a de maternité dans le coeur de Marie jaillit du coeur de Dieu, qui est encore infiniment plus maternel qu'elle-même, et justement, pour que nous apprenions que Dieu est notre Mère, que nous Le connaissions au féminin, pas seulement au masculin : car Dieu est aussi féminin qu'il est masculin, comprenant dans son éminence tous les aspects de l'Être !

Marie nous révèle Dieu au féminin. Elle nous révèle la Maternité de Dieu. Elle nous permet de prier Dieu au féminin, comme une maman ! C'est vrai ! Dieu est plus mère que toutes les mères ! Et nous pouvons l'appeler Maman !

Finalement, quand nous ne savons plus que dire, quand la prière est dans notre bouche comme du sable, il reste ce cri, ce cri... ce cri qui dit tout, qui appelle tout, et qui donne tout : Maman !...

Ce cri qui peut jaillir de notre coeur vers Marie, car dans notre inconscient, c'est une femme qui, justement est pour nous la révélation de cette Maternité de Dieu : ce cri va jaillir de notre coeur vers Marie, et à travers le coeur de Marie, il montera comme une fusée vers le coeur de Dieu, qui est encore infiniment plus Mère que toutes les mères !

Texte : L'amour divin - Robert Guelluy


L'amour divin n'est pas du sentiment, il n'est pas instable comme le sentiment :
Il est actif, efficace, présent, agissant.
Dieu nous aime non parce que nous sommes aimables,
mais nous sommes aimables parce que Dieu nous aime
Il est spontané, premier : toutes nos initiatives ne sont que des réponses, créant le dialogue.
Il est concret : Dieu aime chacun de nous, d'un amour qui va jusqu'au plus infime détail,
Avec la même attention que si chacun était à ce moment, son unique objet d'amour.
Conscient de cet amour là, on ne se sent plus jamais seul, lui donne plus d'élan, plus de force et plus de paix que n'importe quel impératif.

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