Texte : Ne te fatigue pas – Pierre Imberdis

Ne te fatigue pas à courir après du vent !
Dis, où vas-tu ?
Regarde... Tu ne sais plus ton chemin.
Tu vas, tu viens.
Tu es ici, puis là.
Tu t'essouffles !
Tes idoles d'un jour sont devenues quoi ?
Regarde : tu n'as rien dans les mains.

Non, vieux frère, calme-toi.
Là, repose-toi.
C'est dans ton cœur qu'il faut creuser.
Vas-y, creuse profond.
Un jour, tu découvriras peut-être
ce qui est important dans la vie.
Peut-être tu verras, un matin,
au bout de ton effort
l'étoile qui brille au fond de ton cœur.

Texte : Non à une économie de l'exclusion - Pape François

De même que le commandement
de “ne pas tuer”
pose une limite claire
pour assurer la valeur de la vie humaine,
aujourd'hui, nous devons dire
“non à une économie de l’exclusion
et de la disparité sociale”.
Une telle économie tue.

Il n’est pas possible que
le fait qu’une personne âgée
réduite à vivre dans la rue et meure de froid,
ne soit pas une nouvelle,
tandis que la baisse de deux points en bourse
en soit une.
Voilà l’exclusion.

On ne peut plus tolérer
le fait que la nourriture se jette,
quand il y a des personnes
qui souffrent de la faim.
C’est la disparité sociale.

Aujourd'hui, tout entre dans le jeu
de la compétitivité et de la loi du plus fort,
où le puissant mange le plus faible.
Comme conséquence de cette situation,
de grandes masses de population
se voient exclues et marginalisées :
sans travail, sans perspectives,
sans voies de sortie.

On considère l’être humain en lui-même
comme un bien de consommation,
qu’on peut utiliser et ensuite jeter.
Nous avons mis en route la culture du “déchet”
qui est même promue.

Il ne s’agit plus simplement
du phénomène de l’exploitation et de l’oppression,
mais de quelque chose de nouveau :
avec, l’exclusion reste touchée, dans sa racine même,
l’appartenance à la société dans laquelle on vit,
du moment qu’en elle
on ne se situe plus dans les bas-fonds,
dans la périphérie, ou sans pouvoir,
mais on est dehors.

Les exclus ne sont plus [considérés comme] des ‘exploités’,
mais [comme] des déchets, ‘des restes’.
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- Extrait de la nouvelle encyclique "Evangelii Gaudium" -
  Pour la lire au complet, cliquer ici.

Texte : La liberté - Jacques Prévost

- Photo "Bateau en contre-jour" de Image.com -


La Liberté,
Ce n'est pas partir,
c'est revenir,
Et agir,
Ce n'est pas prendre,
c'est comprendre,
Et apprendre,
Ce n'est pas savoir,
c'est vouloir,
Et pouvoir,
Ce n'est pas gagner,
c'est payer,
Et donner,
Ce n'est pas trahir,
c'est réunir,
Et accueillir.

La Liberté,
Ce n'est pas s'incliner,
c'est refuser,
Et remercier,
Ce pas un cadeau,
c'est un flambeau,
Et un fardeau,
Ce n'est pas la faiblesse,
c'est la sagesse,
Et la noblesse,
Ce n'est pas un avoir,
c'est un devoir,
Et un espoir,
Ce n'est pas discourir,
c'est obtenir,
Et maintenir.

Ce n'est pas facile,
C'est si fragile,
La Liberté,

Citation : Niveau de réflexion – Albert Einstein

Le monde que nous avons créé
est le résultat de notre niveau de réflexion,
mais les problèmes qu'il engendre
ne sauraient être résolus
à ce même niveau.
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Citation : Superflu et nécessaire - Annick Lhuillier

"le superflu du riche
prive le pauvre de son nécessaire"
nous disait déjà St Augustin
au IVe siècle...

Mais, aujourd'hui, en cette société
de surconsommation effrénée,
qui, du riche ou du pauvre,
a assez de courage pour se passer
de son superflu chéri ?
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Texte : Demeurer dans la paix – Yves Boulvin

Coucher de soleil sur le tas de pois
- Photo "Coucher de soleil sur les Tas de Pois" de Didier BreizHorizon" -

Suis-je conscient que, chaque jour une Paix,
une sérénité totales m’habite ?
Si vraiment je le réalise,
je ne resterai plus dans mes mouvements d’humeur,
dans mes peurs, dans mes colères...
Car au-delà, plus profondément que mes émotions,
interprétations, projections, "cinémas" mentaux…
Oui, tout au fond,
il y a une paix inébranlable, inentamée,
un endroit où je suis totalement aimé par Dieu,
à chaque instant.

Quoique je vive,
que je me sente bien ou pas, qu’il fasse beau ou pas,
que la journée se soit bien ou mal passé selon moi…
dans ma profondeur, je suis dans une Paix totale.

Le réaliser au quotidien
va me permettre de m’y ressourcer
de plus en plus souvent,
puis, quasiment d’une façon permanente :
* Je m’énerve, ou reçois des mauvaises nouvelles ?
   je reviens dans ma paix intérieure.
* J’ai dit ou reçu des mots qu’il ne fallait pas
   je me mets dans la Paix.
* Je ne suis pas content de moi ?
   Je reviens à la Paix intérieure.
Quand les choses ne se passent pas comme je voudrais,
immédiatement j’analyse ce qui s’est passé,
j’en tire des conclusions, des leçons pour l’avenir,
et je me mets à nouveau dans ma Paix intérieure.

Tout au long de la journée, je vais faire ce mouvement,
et je vais me sentir mieux, pacifier mon âme
pour en faire "mon Ciel" qui m’habite en profondeur,
lieu de ma demeure, de mon repos,
là où je me ressource, où je m’établis :
mon sanctuaire intérieur.

Avec cet exercice quotidien,
je reviens peu à peu à la paix intérieure
et j’y demeure tout en vaquant à mes occupations !
Ce mouvement permanent de retour à ma nature profonde
- qui est déjà là, et totalement en Paix -
va me permettre de mieux réagir aux événements de la journée…

Ainsi, je prends "des pauses pour me positionner"
dans un silence habité et dense.
Je me pose dans cet endroit de paix,
j'arrête ma pensée un moment pour faire le vide,
mais un vide qui s’ouvre sur la présence de Dieu, sur l’infini…
Dans cette profondeur en moi, je trouve une densité,
une présence totale où je peux me ressourcer
et où j’éprouve un sentiment d’éternité…
Alors, la présence immuable et aimante de Dieu
à chaque instant en moi, dans ma profondeur,
pacifie mon âme.

Citation : Tolérance et paix - François Régis Hutin

Pour vivre ce spirituel ou cet humanisme
dont beaucoup se réclament
On ne peut en rester aux caricatures réciproques
Qui ne font que travestir ce que sont vraiment
Et ce que désirent ardemment
Les uns et les autres :
La paix.
Or la paix passe par la reconnaissance et l’accueil de l’autre.

- Lu dans Ouest France -

Citation : L'astrologie - Montesquieu

L'entêtement pour l'astrologie
est une orgueilleuse extravagance.
Il n'y a pas jusqu'au plus misérable artisan
qui ne croie que les corps immenses
qui roulent sur sa tête
ne sont faits que pour annoncer à l'Univers
l'heure où il sortira de sa boutique.
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Vidéo 4mn : Prendre un enfant par la main - Yves Duteil




Prendre un enfant par la main
Pour l'emmener vers demain,
Pour lui donner la confiance en son pas,
Prendre un enfant pour un roi.
Prendre un enfant dans ses bras
Et pour la première fois,
Sécher ses larmes en étouffant de joie,
Prendre un enfant dans ses bras.

Prendre un enfant par le cœur
Pour soulager ses malheurs,
Tout doucement, sans parler, sans pudeur,
Prendre un enfant sur son cœur.
Prendre un enfant dans ses bras
Mais pour la première fois,
Verser des larmes en étouffant sa joie,
Prendre un enfant contre soi.

Prendre un enfant par la main
Et lui chanter des refrains
Pour qu'il s'endorme à la tombée du jour,
Prendre un enfant par l'amour.
Prendre un enfant comme il vient
Et consoler ses chagrins,
Vivre sa vie des années, puis soudain,
Prendre un enfant par la main
En regardant tout au bout du chemin,
Prendre un enfant pour le sien.

Texte : La fillette aux vieux os – Jean Rodhain

Elle ramassait les vieux os.
Elle ne savait ni lire ni écrire.
Elle n’avait même pas fait sa première communion.
Elle ignorait le catéchisme, car sa famille trop pauvre,
en avait besoin pour chercher le bois en forêt
et pour garder les trois autres à la maison.

Maison, c’est une façon de parler car, après cent misères,
leur logis n’était justement qu’un cachot désaffecté
tant il était insalubre :
les quatre enfants habitaient ce cachot avec la mère et le père.
Ce père, afin de laisser aux siens un peu de pain,
demeurait parfois au lit pendant les heures du jour
pour supporter en silence la faim canine qui le tenaillait.
Jean-Marie, le plus jeune des enfants,
fut un jour surpris à l’église
grattant les bavures de cire des cierges
pour apaiser sa faim .

C’est de ce « bouge infect et sombre » que cette gamine
sortit un matin pour aller vers la forêt chercher du bois,
et quelques os, pour les revendre à Alexine Baron, la chiffonnière du pays.
Elle revint au cachot avant midi les mains vides,
mais avec une richesse à faire accourir le monde entier.

J’oubliais, en effet, de vous préciser
que cette fille sans première communion
s’appelait Bernadette Soubirous.
Et le monde entier accourt, depuis plus de cent ans, vers la grotte
et visite inlassablement le cachot « infect et sombre »
où l’enfant rentra sagement
après chacune des dix-huit conversations
face à face avec Marie, Mère du Christ.

Ainsi, pour déclencher un tel torrent de ferveur et de curiosité,
pour révéler un tel Message,
la Mère de Dieu a choisi l’enfant LA PLUS MISERABLEMENT PAUVRE
de cette pauvre bourgade !
Comment est-il possible d’arriver à Lourdes
sans être saisi et bouleversé par ce geste du Ciel
mettant le doigt sur la misère personnifiée :
cette fillette ramassant les vieux os.

Texte : Le pouvoir de l’argent – Annick Lhuillier

Aujourd'hui, l’argent est dématérialisé,
il n’est plus l’espèce sonnante et trébuchante
qu’on sort avec parcimonie de sa poche
pour monnayer une acquisition devenue nécessaire.
Il n’est plus cet objet symbolique qui facilite le troc.
C’est devenu un alignement de chiffres
dans un fichier informatique,
un bien ayant, grâce à un calcul magique,
une valeur en soi :
on le possède, on le rentabilise, on spécule dessus.

Il ne sert plus à échanger mais à enrichir ou ruiner.
Il ne permet plus de réunir
un vendeur et un acheteur,
un artisan et un client
mais il sépare et divise :
celui qui veut s’enrichir plus
et celui qui n’en a plus assez pour vivre,
celui qui a peur de le perdre
et celui qui n’arrive plus à le gagner.

L’argent, ‘la tune’ des fascinés par son pouvoir,
devient une sorte d’idole quand il est acquis
pour lui-même ou ce qu’il représente :
la notoriété, le pouvoir, la puissance,
l’anarchie individuelle...
L’envie généralisée d’en avoir toujours plus
a provoqué la crise mondiale actuelle
qui fait des ravages dans les populations du globe.
 Il a asservi la mondialisation pourtant prometteuse au départ,
et a créé des situations ingérables et particulièrement injustes.
La spéculation honteuse sur les produits alimentaires
de première nécessité qui affame des régions tout entières
en est l’exemple type.

L’argent a transformé la ‘personne’,
riche de son humanité et de son rêve d’harmonie,
en ‘consommateur’ avide et insatiable.
Aujourd'hui une grande partie de l’humanité
est littéralement asservie par son pouvoir.
Pour lui, on détruit la planète
en la vidant de ses ressources naturelles
pourtant vitales pour l'homme.
Par les scandales humanitaires et les guerres qu’il provoque,
il détruit tout un pan de l’humanité...
Aujourd'hui, l’argent n’est plus au service de l’homme,
mais l’homme devient chaque jour un peu plus
esclave de l’argent…

Citation : La vraie place de la science - Charles Morgan

Stonehenge, Dawn
- Photo "Stonehenge" de Brian - 

Un jour viendra peut-être,
qui sait si ce n'est pas aujourd'hui ?
où la science reprendra sa place normale :
source de sagesse et non de puissance,
à l'égal de la musique et de la poésie.
______________________



Bible : Bonheur de vivre - Saint Paul

Pour le reste, frères et sœurs,
soyez dans la joie,
travaillez à vous perfectionner,
encouragez-vous,
vivez en plein accord,
dans la paix,
et le Dieu d'amour et de paix
sera avec vous.
________________________
(2e épitre aux Corinthiens, chap. 13, verset 11)


Citation : Une grand-mère - Fanny Fern

Ma Grand-Mère # 80 ans
- Photo "Ma grand-mère" de Nadia Michel - 

Les oncles, les tantes et les cousins, c’est bien.
Les parents, c’est à ne pas négliger.
Mais une grand-mère les vaut tous !
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Texte : Je n'aime pas la guerre - Jean Giono

Je n'aime pas la guerre.
Je n'aime aucune sorte de guerre.
Ce n'est pas par sentimentalité.
Je suis resté quarante-deux jours
devant le fort de Vaux et il est difficile
de m'intéresser à un cadavre désormais.

Je ne sais pas si c'est une qualité ou un défaut :
c'est un fait.
Je déteste la guerre.
Je refuse la guerre pour la simple raison
que la guerre est inutile.
Oui, ce simple petit mot.
Je n'ai pas d'imagination.
Pas horrible ; non, inutile, simplement.
Ce qui me frappe dans la guerre
ce n'est pas son horreur : c'est son inutilité.
Vous me direz que cette inutilité précisément est horrible.
Oui, mais par surcroît.

Il est impossible d'expliquer
l'horreur de quarante-deux jours d'attaque devant Verdun
à des hommes qui, nés après la bataille, sont maintenant
dans la faiblesse et dans la force de la jeunesse...

Vous ne pouvez pas leur prouver l'horreur.
Vous n'avez plus rien à votre disposition que votre parole :
vos amis qui ont été tués à côté de vous
n'étaient pas les amis de ceux à qui vous parlez ;
la monstrueuse magie qui transformait
ces affections vivantes en pourriture,
ils ne peuvent pas la connaître ;
le massacre des corps et la laideur des mutilations
se sont dispersés depuis vingt ans
et se sont perdus silencieusement
au fond de vingt années d'accouchements journaliers
d'enfants frais, neufs, entiers, et parfaitement beaux.

À la fin des guerres il y a un mutilé de la face,
un manchot, un boiteux, un gazé... pour dix hommes ;
vingt ans après il n'y en a plus qu'un pour deux cents hommes ;
on ne les voit plus ; ils ne sont plus des preuves.
L'horreur s'efface.

Et j'ajoute que malgré toute cette horreur,
si la guerre était utile
il serait juste de l'accepter.
Mais la guerre est inutile
et son inutilité est évidente.
L'inutilité de toutes les guerres est évidente.

Qu'elles soient défensives, offensives, civiles,
pour la paix, le droit, pour la liberté,
toutes les guerres sont inutiles.
La succession des guerres dans l'histoire
prouve bien qu'elles n'ont jamais conclu
puisqu'il a fallu recommencer les guerres.

La guerre de 1914 a d'abord été pour nous, Français,
une guerre défensive.
Nous sommes-nous défendus ? Non !
Nous sommes au même point qu'avant.
Elle devait être ensuite la guerre du droit.
A-t-elle créé le droit ?
Non, nous avons vécu depuis,
des temps pareillement injustes.

Elle devait être la dernière des guerres ;
elle était la guerre à tuer la guerre.
L'a-t-elle fait ? Non...
elle n'a tué que des hommes inutilement.
La guerre d'Espagne n'est pas encore finie
qu'on aperçoit déjà son évidente inutilité.

Je consens à faire n'importe quel travail utile,
même au péril de ma vie.
Je refuse tout ce qui est inutile
et en premier lieu la guerre
car son inutilité est aussi claire que le soleil.

Citation : La liberté et la loi – Jean-Jacques Rousseau

Il n'y a point de liberté sans lois, 
ni avec quelqu'un au-dessus des lois. 
Un peuple libre obéit, mais il ne sert pas ; 
il a des chefs et non pas des maîtres ; 
il obéit aux lois, mais il n'obéit qu'aux lois 
et c'est par la force des lois 
qu'il n'obéit pas aux hommes.
_____________________


Cri de pauvre : Désespérance - Angelo Amatulli

J'ai voulu m'oublier,
oublier que je vivais,
Ne plus penser que j'existais.
J'ai cru pouvoir m'évader de mon corps,
Mais je ne peux m'enfouir moi-même.

J'ai cherché une terre
remplie d'arbres fruitiers,
Mais je n'ai trouvé qu'un désert aride.
J'aurais voulu que mes yeux me quittent,
Pour voyager vers un monde plus beau,
Mais mes yeux prisonniers de ma mémoire
Furent condamnés à voir la misère.

Alors j'ai étouffé ma conscience,
Mais plus forte que moi
elle revint à la vie.
J'ai voulu changer ma route,
Mais mes pieds m'ont ramené sur mes pas.

Comme je ne trouvais pas le repos,
J'ai voulu m'endormir pour toujours,
Mais lorsque j'ai fermé les yeux
pour chercher la nuit,
Un rayon de soleil m'a rempli de chaleur.
Alors j'ai ouvert les yeux
et j'ai décidé de VIVRE !


Texte : Le doute et la preuve - Anne Miranda

Brume tree
- Photo "Brume tree" de Lalie Sorbet - 

Entre certitudes et convictions étayées :
le doute.
Douter de quoi ?
De qui ?
Pourquoi ?

Douter pour agir,
comprendre, penser...
Le doute pour soi,
le doute pour les autres.
Le doute non pas pour se perdre, se fondre,
mais pour s'accorder, pour avancer.

Entre le doute et la preuve,
le questionnement.
Le questionnement, comme une porte ouverte
sur un autre possible,
ni révolutionnaire, ni polémique,
juste à l'écoute, juste attentif.

Le questionnement pour les réponses,
mais surtout pour la rencontre.
La preuve comme une quête,
le questionnement,
comme une œuvre d'humanité.

Texte : Le courage d'être heureux - Pape François

Dans la culture du provisoire, du relatif,
beaucoup prônent que l’important
c’est de jouir du moment,
qu’il ne vaut pas la peine
de s’engager pour toute la vie,
de faire des choix définitifs,
car on ne sait pas ce que nous réserve demain.

Moi, au contraire,
je vous demande d’être révolutionnaires,
je vous demande d’aller à contre-courant.
Oui, en cela je vous demande de vous révolter
contre cette culture du provisoire,
qui, au fond, croit que vous n’êtes pas
en mesure d’assumer vos responsabilités,
elle croit que vous n’êtes pas capables
d’aimer vraiment.
Ayez le courage d’« aller à contre-courant ».
Et ayez aussi le courage d’être heureux.

Texte : Finir de vivre n'est pas mourir d'avance - Paul Ricœur

La mort fait partie de la vie.
Mais il y a un danger dans notre société
c'est de considérer une tierce catégorie,
qui serait celle des mourants :
ni tout à fait vivant, ni tout à fait mort,
mais qui sont plutôt du côté des morts car on les appelle mourants.

C'est important d'associer le mot "vie" au thème de la souffrance
parce que c'est bien d'un vivant en fin de vie dont nous parlons,
et non pas de quelqu'un qui serait comme déjà mort.
La vie est aussi faite de souffrance physique et/ou psychologique...
Dans l'existence humaine, il y a nécessairement de la souffrance.
Nous avons un corps, et il est soumis à la maladie,
aux influences intérieures et extérieures, à la vieillesse,
et on ne peut pas prétendre échapper complètement à la souffrance.

Une vie qui ne connaîtra pas de malheur pourrait signifier
que l'on vit de manière très superficielle, très euphorique
et j'ajouterai même, très toxicomaniaque.
Alors comment faire disparaître la souffrance,
qu'elle soit physique ou psychologique ?
En se chargeant de médicaments,
en consommant des drogues pharmaceutiques,
dangereuses comme l'héroïne, le cannabis...

L'on ne peut pas être heureux
si l'on n'assume pas cette part de malheur.
Le bonheur n'est pas le contraire du malheur,
c'est la manière d'assumer le malheur.
C'est important de le dire car la souffrance dans la vie à mes yeux,
n'a pas le même statut que la souffrance dans les ultimes moments.
Votre discours concernant la fin de vie est de combattre la souffrance...
Lorsque l'on est certain que la mort va arriver bientôt,
la souffrance à ce moment-là, ne peut plus être un palier de l'existence,
elle ne peut plus être un malheur que l'on peut assumer.

La souffrance est vraiment quelque chose
qu'il faut combattre par tous les moyens.
La suppression de la douleur en fin de vie,
est prioritaire par rapport à la prolongation des jours.
À quoi ça sert d'ajouter des jours à la vie,
si l'on n'ajoute pas de la vie aux jours ?
Il devrait y avoir comme conséquence à ce soulagement de la douleur,
une diminution des jours à vivre.

Parce que l'objectif principal n'est pas
de prolonger la vie dans la souffrance,
mais de combattre la souffrance même si la vie doit en être écourtée.
Si ce principe est essentiel,
il ne doit pas être toujours respecté
dans le cas où le patient dit qu'il préfère souffrir un peu
pour rester lucide.

Prière : Litanie des saints anonymes - Charles Delhez

Saints et saintes de Dieu
qui n’avez pas trouvé de date dans nos calendriers,
mais qui avez reçu de Dieu une place éternelle,
priez pour nous.

Vous, les humbles laboureurs de la terre,
qui avez accueilli les fruits de la Création,
priez pour nous.

Vous, les femmes de ménage,
cuisinières et bonnes d’enfants
qui, jour après jour, avez semé la tendresse,
priez pour nous.

Et vous, travailleurs dans les usines obscures
ou à la chaîne,
toujours attentifs aux autres,
priez pour nous.

Et vous qui avez prêté une oreille attentive à toute solitude
et avez toujours accueilli les désespérés,
priez pour nous.

Vous, les simples prêtres de paroisse
et les religieuses de couvent,
qui fidèlement avez servi Dieu et témoigné de lui,
priez pour nous.

Vous, les parents, parfois incompris,
qui, à la sueur de votre front,
avez travaillé pour vos enfants,
priez pour nous.

Vous, grands-parents,
qui avez enveloppé de tendresse vos petits-enfants,
après avoir éduqué leurs parents,
priez pour nous...

Vous tous, saints et saintes,
bienheureux enfants de Dieu,
faites monter notre louange
vers le Père, par le Fils, dans l’Esprit Saint. Amen.

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