Texte : Comment dire ? – Jeanne Signard

Conciliabules devant un paradis !
- Photo "Conciliabule devant un paradis !" de Chris230 -

Mes pensées et mes sentiments,
mes désirs et mes rêves les plus fous,
mes doutes et mes raisons d’espérer
sont bien au chaud au fond de moi,
dans leur absolue nudité.
Avant de les laisser s’envoler,
il faut les habiller de mots.
Ma « garde-robe » est plus ou moins riche !
La libre pensée se trouve un peu corsetée
dans les mots les plus justes.
Comment avec des mots communs à tous
vais-je exprimer ma pensée ou mon sentiment personnel ?

Devant les réactions provoquées
par la parole que nous avons risquée,
il nous est arrivé de reconnaître, d’un ton déçu :
« Ce n’est pas ce que je voulais dire ».
Heureuse êtes-vous si, par une écoute active,
quelqu’un vous permet de reformuler votre vraie parole.
Il est douloureux d’échouer à se faire comprendre des autres.
La tentation est alors grande
de se retirer de la conversation
en lançant un « Je me comprends ! » boudeur.
De là à décréter : « Personne ne peut me comprendre  »,
il n’y a qu’un pas, suivi bientôt d’un retrait définitif :
« je n’ai rien à dire  ». 

N’oublions pas que la difficulté de communiquer
est la condition normale en humanité
et la communication réussie, la miraculeuse exception.
Il dépend de nous que ce miracle survienne
plus souvent au cours de nos conversations.
La parole reçue et la parole dite
ne coïncident jamais tout-à-fait
et nous ne pouvons pas faire autrement.
Inutile de nous en prendre aux autres
puisque nous avons déjà transformé
notre pensée avant de l’exprimer !
A nous de faire de cette infirmité de la communication,
un atout pour déployer et enrichir nos échanges.

Les explications parfois nécessaires,
outre qu’elles dissipent les malentendus
approfondissent la réflexion
et ouvrent de nouvelles avenues à la pensée.
Innombrables sont les trésors enfouis
dans les plis de nos pensées et de nos désirs !
Quand la confiance a balayé toutes nos peurs,
nous pouvons nous ex-pli-quer,
c’est-à-dire exposer ce qui se cache
dans les plis de nos pensées et de nos cœurs.
Alors se vérifie, devant Dieu et entre nous,
le verset 15 du Psaume 18 :
« Accueille les paroles de ma bouche,
le murmure de mon cœur  ».

Texte : L'important - Anonyme

C'est quoi l'important ?
L'important , c'est d'accrocher des rires
aux branches sèches de la vie.
C'est quoi la vie ?
La vie, c'est chercher son étoile
dans le fouillis du ciel.
C'est quoi le ciel ?
Le ciel, c'est ce qu'on ne peut voir
qu'en fermant les yeux.
C'est quoi les yeux ?
Les yeux, c'est l'endroit
où s'embrasent nos rêves.
C'est quoi les rêves ?
Les rêves...
C'est ce qui est important !

Citation : Le vrai Dieu - Etty Hillesum

Il faudrait montrer aux hommes le vrai Dieu
Celui qui, par pudeur et par respect,
s´est dépouillé de sa puissance …
qui, étant tout amour, s´est fait toute faiblesse,
le Dieu qui nous attend en silence
et dont nous sommes responsables sur la terre.
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Prière : Heureux celui qui attend - Anonyme

Heureux celui qui attend de fêter Noël :
il se réjouit des cadeaux qu'il va recevoir,
Il écrit des cartes d'invitation
pour rassembler tous ceux qu'il aime
Et partager avec un joyeux moment.

Heureux ceux qui attendent la venue d'un ami.
Ils se préparent et décorent la maison,
Ils guettent et restent éveillés,
Ils ouvrent leur cœur pour l'accueillir,
Ils le reçoivent et c'est la fête !

Heureux sommes-nous en ce temps de Noël.
Jésus naît au milieu des hommes !
C'est Dieu lui-même qui vient : quelle fête !
Préparons-nous à l'accueillir !
Réjouissons-nous ! C'est Noël !
C'est le temps de la fête !

Citation : Epreuves - Anonyme

Ceux qui bénissent Dieu
dans leurs épreuves
seront bénis de Dieu
par leurs épreuves.
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Texte : Savoir être accueilli - Pierre-André Mauduit

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- Photo de Bernat Casero -

Il faut savoir se laisser accueillir.
Mais c’est plus facile d’être celui qui accueille.
On est le maître,
on fixe le tempo et les coutumes.
On dirige...

Se laisser accueillir, par contre,
c’est accepter de s’abandonner à l’attention de l’autre,
être un peu gauche
et attendre que l’on nous dise ce qu’il faut faire.
On est déplacé, gêné.

Parfois même,
ne parlant pas la langue de notre hôte,
nous cherchons comment lui rendre
la politesse de son hospitalité.
Et nous redevenons comme de petits enfants
dans nos gestes et dans nos paroles.

Texte : C'est par la prière - Alexis Carel

C'est par la prière
que l'homme va à Dieu
et que Dieu entre en lui.

II est absurde de prier le matin
et de se conduire le reste de la journée
comme un barbare.

De très courtes pensées ou invocations mentales
peuvent maintenir l'homme en présence de Dieu.
Toute la conduite est alors inspirée par la prière.
Ainsi comprise la prière devient une manière de vivre.

Texte - La joie est un regard - Bertrand Vergely

La joie est un regard divin posé sur le monde,
tout comme un regard divin posé sur le monde
est toujours un regard joyeux…
Tout être est porté par la vie.
Tout être est donc, à ce titre,
porté par un élan d'éternité,
le souffle de ce qui est
étant antérieur à tout ce qui est.

Quand on ne voit plus que soi,
on tend à oublier ce souffle.
On ne finit par ne plus voir qu'une vie
allant irréductiblement vers la mort
et donc vers l'échec.

La joie réside dans une mémoire de l'éternité.
Nous sommes vivants. Réels.
Pourquoi la vie qui nous a rendu ainsi vivantes et réels
devrait-elle nous abandonner ?
Le réel peut-il cesser d'être réel ?

Texte : Sous et sur-développement – Karol Vojtyla

Une constatation déconcertante de la période la plus récente
devrait être hautement instructive :
à côté des misères du sous-développement
qui ne peuvent être tolérées,
nous nous trouvons devant une sorte de sur-développement,
également inadmissible parce que, comme le premier,
il est contraire au bien et au bonheur authentiques.

En effet, ce surdéveloppement,
qui consiste dans la disponibilité excessive
de toutes sortes de biens matériels
pour certaines couches de la société,
rend facilement les hommes esclaves
de la «possession» et de la jouissance immédiate,
sans autre horizon que la multiplication des choses
ou le remplacement continuel de celles que l'on possède déjà
par d'autres encore plus perfectionnées.
C'est ce qu'on appelle la civilisation de «consommation»,
qui comporte tant de «déchets» et de «rebuts». ...

Nous touchons tous de la main les tristes effets
de cette soumission aveugle à la pure consommation :
d'abord une forme de matérialisme grossier,
et en même temps une insatisfaction radicale
car on comprend tout de suite que, à moins d'être prémuni
contre le déferlement des messages publicitaires
et l'offre incessante et tentatrice des produits de consommation,
plus on possède, plus aussi on désire,
tandis que les aspirations les plus profondes
restent insatisfaites, peut-être même étouffées.

«Avoir» des objets et des biens ne perfectionne pas l'homme
si cela ne contribue pas à la maturation
et à l'enrichissement de son « être »,
c'est-à-dire à la réalisation de la vocation humaine en tant que telle.

Citation : Service - Anonyme

Le plus grand malheur
qui puisse nous arriver,
c'est de n'être utile à personne,
que notre vie ne serve à rien.
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Texte : La tendresse - Maurice Bellet

De quel amour aime donc la tendresse ?
Cet amour est le pur laisser-être
qui coïncide avec la volonté
et la poussée la plus pressante du désir
que l'autre soit, et sorte du piège de tristesse
et avance gaiement sur sa voie ;
mais c'est désir sans hâte et comme sans désir,
poussée qui ne pèse rien,
appel qui sait demeurer en silence.

C'est l'espace offert et le temps libre,
afin qu'il y ait place et temps pour la Voie.
C'est préférer que l'autre soit, plutôt que non.
C'est l'émerveillement qu'il soit, tel qu'il est.
C'est croire en lui plus qu'il n'y croit lui-même.
C'est espérer avec foi que sa voie s'ouvre devant lui
et qu'il y sera bon et puissant.
C'est l'aimer ni de tête, ni de cœur,
ni de vouloir - mais avant !

Puisque si quelqu'un aime ainsi,
son amour est lui-même, tout entier là.
Et c'est lui-même tout entier là, s'effaçant,
pour que demeure seulement, à qui la désire, la Voie.

Texte : La marge - François Marie Guyot

Les contacts avec tous ces paumés,
ces exclus, ces rejetés, ces sans-noms,
sans-papiers, sans-paroles,
alcooliques ou drogués,
que j’ai hébergés chez moi par milliers,
ont été pour moi l'occasion ...
d'une nouvelle formation à la vie,
qui consiste à accepter les gens tels qu’ils sont
et les événements tels qu’ils se présentent.

La solution est de se tenir juste un peu
à l’écart de telles situations.
On devrait réapprendre à vivre dans notre société,
lui sourire, y être « bon vivant » et savoir parfois,
lorsqu'on n’est pas d’accord,
laisser naître en nous des indignations d’amour
pour se mettre en marge.
En ce qui me concerne,
je crois que la marge prend souvent toute la page.


Citation : Vivre et penser - Abbé Joly

C'est à travers une façon de vivre
qu'on opte pour une manière de penser.
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Texte : Paradoxes (3) – Bob Morrehead

Manifestation de Sanofi Toulouse
- Photo "Sanofi Toulouse" de MetroNews Toulouse -

Le paradoxe de notre temps
est que nous mangeons très vite,
mais digérons trop lentement,
les humains ont une plus grande taille
mais des caractères plus "petits",
des très grands profits
mais des relations superficielles.

Nous jouissons de deux revenus
mais nous divorçons.
Nos maisons sont luxueuses
mais nos foyers détruits.

De nos jours nous appliquons
une morale sur mesure,
mais nous multiplions les flirts
sans lendemain.

On prend des médicaments pour tout,
ça nous remonte le moral et nous apaise,
mais nous tue à petit feu.
Aujourd'hui, seule l'apparence compte :
le "contenant" au détriment du contenu.

Nous tendons vers la paix dans le monde,
mais engageons des guerres domestiques.
Nous avons de la nourriture en abondance,
mais moins de nutriments,
et plus de pauvres affamés ...

Citation : - André Marie

Il y a ce que tu vois,
ce que tu touches
et qu’un jour,
tu ne verras plus,
ne toucheras plus.
Mais il y a aussi
cette autre partie de toi
que tu ne verras jamais,
ne toucheras jamais.
L’une est ton personnage,
l’autre, ta personne.
Laisse-les,
l’une et l’autre, exister.


Prière : Partage des fruits du monde - Caritas

Seigneur notre Dieu,
Tu nous as confié les fruits de toute la création
afin que nous puissions prendre soin de la terre
et être nourris de sa générosité.
Tu nous as envoyé ton Fils
pour partager notre chair et notre sang
et nous enseigner ta loi d’Amour.

Par sa mort et sa résurrection,
nous sommes devenus une seule famille humaine.
Jésus a montré une grande attention
à ceux qui n’avaient pas de nourriture,
allant jusqu'à transformer cinq pains et deux poissons
en un banquet qui a rassemblé cinq mille personnes
et bien plus encore.

Nous nous présentons devant Toi, Seigneur notre Dieu,
conscients de nos fautes et de nos défaillances,
mais remplis d’espérance, pour partager la nourriture
avec tous les membres de la grande famille humaine.

Dans ta sagesse, inspire les responsables
des gouvernements et des entreprises,
ainsi que tous les citoyens du monde,
afin qu’ils trouvent des solutions justes et solidaires
pour mettre un terme à la faim
en s’assurant que tous les peuples
aient droit à l’alimentation.

Ainsi, nous Te prions, Seigneur notre Dieu,
pour que, quand nous serons devant Toi,
nous puissions nous présenter
comme « une seule famille humaine »
avec « de la nourriture pour tous ».
Amen


Citation : Le meilleur instrument - Stevie Wonder

L'oeil sur le manche
- Photo "L'oeil sur le manche" de Erminig Gwenn -

Le Mahatma Gandhi a libéré un continent.
Martin Luther King a libéré un peuple.
Nelson Mandela a libéré un pays.
Qu'ont-ils de commun,
sinon d'avoir choisi l'amour comme instrument ?
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Texte : La vie est courte - Maurice Zundel

Qu'est-ce que nous faisons de notre vie ?
Nous nous cherchons, nous nous fuyons,
nous nous rencontrons par intermittence
et n'arrivons jamais à boucler la boucle,
à nous définir nous-mêmes,
à savoir qui nous sommes...

On n'a pas le temps, la vie passe si vite,
on est occupés par les soucis matériels
ou par les divertissements...
Et finalement la mort arrive,
et c'est devant la mort qu'on prend conscience
que la vie aurait pu être quelque chose
d'immense, de prodigieux, de créateur.

Bible : Cadeau ! - Paul de Tarse

Qu'as-tu
que tu n'aies reçu ?

- Première lettre aux Corinthiens, 4,7 -
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Texte : La pauvreté se cache - Annick Lhuillier

l'enfant
- Photo "L'enfant" de Fabien Lemetayer -

En France aujourd'hui,
on ne reconnaît plus un pauvre dans la rue,
ni à son aspect, ni à son comportement, ni à son image,
à part peut-être certaines personnes
dégradées par une longue période de galère...

Il est honteux aujourd'hui de ne pas avoir ‘réussi’ sa vie ;
alors, tant qu’on peut cacher sa misère,
on garde un semblant de dignité,
jusqu'au jour fatidique où tout le monde sait
qu’il y a des problèmes à la maison…
et c’est la déchéance :
les regards de pitié ou de méfiance,
les silences pesants,
les questions indiscrètes soupçonneuses…
ajoutant un peu plus encore aux sentiments d’abandon,
de solitude et d’isolement déjà ressentis.

Ainsi, de nombreux vrais pauvres (en particulier les seniors)
ne quémandent jamais une aide
et préféreront se priver plutôt qu’être ‘assistés’:
Un suicide sur trois concerne un senior aujourd'hui.

D'autres vivent très mal le fait d’être à la charge de la société
par manque de revenus issus d’un travail honnête.

On voit aussi certaines mamans,
pour compenser les privations (ou hontes)
qu’elles pensent faire subir à leurs enfants,
les gâter à outrance par des achats compulsifs de compensation,
mettant ainsi plus encore en péril leur budget déjà si précaire.

Seul une approche bienveillante et discrète
permet de débusquer cette pauvreté cachée,
pourtant bien trop réelle.




Citation : Le bonheur - Gustave Thibon

Le bonheur ne se rêve pas.
Il est partout à condition
de tout accueillir
comme don de Dieu.
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Texte : Le bonheur est insouciant - Bertrand Vergely

Le bonheur est insouciant.
Comment pourrait-il en être autrement ?
Quand on est heureux, on ne pense à rien.
Ou bien on n'est pas heureux et on ne le sera jamais.

L'état heureux ne supporte pas le moindre recul
ni le moindre partage avec quoi que ce soit.
Pour tout donner, il exige que l'on donne tout,
le bonheur résidant dans ce don.
Divin oubli de soi.

Difficile au demeurant.
Car il signifie que pour être heureux
il faut l'être deux fois, voire trois.
Il faut d'abord savoir être heureux
en accueillant le bonheur que la vie donne.
Il faut également savoir aussi s'abandonner
à ce bonheur en s'y livrant totalement.
Ce qui est du grand art.
La sagesse orientale s'y emploie
en enseignant à lâcher prise.
La mystique d'Occident parle, elle d'abandon.
Dans tous les cas, la leçon est belle. ...

Toutefois, si le bonheur est insouciant,
tout ce qui est insouciant n'est pas forcément heureux.
Il existe une fausse manière de se détacher du monde,
qui consiste à se moquer de tout.
Esprits irresponsables refusant d'assumer
leurs actes dans l'existence,
ils comptent sur un miracle, le hasard, la bonne fortune,
la bonne volonté d'autrui pour pouvoir se tirer d'affaire. ...

La providence existe,
mais pas sous la forme que l'on imagine souvent.
Ainsi, il est providentiel que les hommes soient seuls,
livrés à eux-mêmes.
c'est ainsi qu'ils deviennent des adultes
responsables, libres et créateurs.

Texte : Oser parler – Jeanne Signard

Entre ce que je pense,
ce que je ressens
et ce que je vais dire,
il y a le discernement de ce qu’il convient que je dise
dans le respect de moi-même et des autres.

Vais-je ouvrir, ou entrouvrir les barrières de mon jardin secret ?
N’en ai-je pas perdu les clefs ?
Si je "prends la parole" trop vite, là sur le chaud,
n’est-ce pas plutôt la parole qui va me prendre
et m’emporter au-delà ou à côté de ma pensée ?
Et avant de parler, vais-je trouver les mots pour le dire ?

Certaines personnes ne peuvent penser qu’en parlant.
On les appelle des verbomoteurs.
D'autres ne peuvent parler qu’après avoir donné forme à leur pensée.
Certains verbomoteurs feraient bien d’en profiter aussi
pour ajuster leur parole à leur pensée
et ainsi éviter les diarrhées verbales
qui trop souvent polluent la conversation
et confisquent tout le temps de parole.

Sans compter que ce manque de contrôle
peut laisser s’échapper une parole inconvenante
qui conduit souvent son auteur à s’en mordre les doigts.
Parfois nous aimerions pouvoir dire avec le psalmiste :
"Mes pensées n’ont pas franchi mes lèvres." (ps 16,3)

Citation  : Heureux l'homme - Raoul Follereau

Heureux l'homme
qui réunit dans un même combat
ses rêves d'enfant,
ses ambitions de jeunesse
et a volonté d'homme.
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Texte : Conte de la Création - Bruno Ferrero

Écureuil roux / European Red Squirrel
- Photo "Ecureil roux" de Jean-Jacques Boujot - 

Le septième jour, Dieu, ayant achevé la création, déclara que ce jour serait fête. Tous les êtres nouvellement créés décidèrent d’offrir à Dieu le plus beau cadeau qu’ils pourraient trouver.

Les écureuils apportèrent des noix et des noisettes, les lapins des carottes et des radis tendres, les brebis de la laine moelleuse et chaude, les vaches du lait mousseux et riche en crème…

Des milliards d’anges formèrent une couronne et chantèrent une sérénade céleste.

L’homme attendait son tour, préoccupé.  « Que pourrai-je bien lui offrir, moi ? Les fleurs ont leur parfum, les abeilles du miel, et même les éléphants ont proposé d’offrir à Dieu une douche pour la rafraîchir… »

L’homme s’était déplacé en bout de file et continuait à réfléchir. Toutes les créatures défilaient devant Dieu et déposaient leurs cadeaux.

Lorsqu’il ne resta plus que l’escargot, la tortue et ce fainéant de paresseux devant lui, l’homme fut pris de panique. Son tour arriva.

Alors, il fit ce qu’aucun animal n’avait osé faire. Il courut vers Dieu, sauta sur ses genoux, l’embrassa et dit : « Je t’aime ! »

La face de Dieu s’illumina, et toute la création comprit que c’était l’homme qui avait offert le plus beau des cadeaux. Elle explosa en un alléluia cosmique.

Texte : L'amour, une route - Michel Quoist

L'amour n'est pas tout fait.
Il se fait.
Il n'est pas robe ou costume prêt-à-porter,
mais il est pièce d'étoffe à tailler,
à monter et à coudre.
Il n'est pas appartement, livré clef en main,
mais il est maison à concevoir, à bâtir,
à entretenir, et souvent à réparer.
Il n'est pas sommet vaincu,
mais il est départ de la vallée,
escalades passionnantes,chutes dangereuses
dans le froid de la nuit
ou la chaleur du soleil éclatant.

Il n'est pas un solide ancrage au port du bonheur,
mais levée d'ancre et voyage en pleine mer,
dans la brise ou la tempête.
Il n'est pas un "oui" triomphant,
énorme point final qu'on écrit en musique,
au milieu des sourires et des bravos,
mais il est multitude de "oui" qui pointillent la vie,
parmi une multitude de "non"
qu'on efface en marchant.

Ainsi être fidèle vois-tu, ce n'est pas :
ne pas s'égarer, ne pas se battre, ne pas tomber,
c'est toujours se relever et toujours marcher.
C'est vouloir poursuivre jusqu'au bout
le projet ensemble préparé et librement décidé.
C'est faire confiance à l'autre
au-delà des ombres de la nuit.
C'est se soutenir mutuellement
au-delà des chutes et des blessures,
C'est avoir foi en l'Amour tout-puissant,
au-delà de l'amour.


Texte : La source de la vie - Bertrand Vergely

Tout être humain a des racines ontologiques
et pas seulement terrestres.
Il ne le comprend qu'en prenant conscience
que pour être lui même, il faut être, tout court.

"Etre" veut dire
que l'on accepte de recevoir en soi
la source de toute vie, dont la sienne,
en se laissant habiter par cette source.

Celle ci n'est pas seulement ce courant de vie
récapitulant toute l'évolution.
Elle va au delà de ce courant,
dans les profondeurs de l'origine,
qui relève d'un immense amour
pour la vie et les hommes.

La plongée en soi-même
révèle l'être des profondeurs.
En le faisant surgir,
elle fait monter une immense paix.
Pour soi, pour le monde.
Paix de savoir qu'existe une vie
plus profonde que les apparences.
Paix de se sentir vivre pour la première fois,
de découvrir que cette paix parle aux autres.
Comme si le monde l'attendait secrètement,
et s'il était heureux de pouvoir se dire :
"Enfin, un homme en paix."

C'est en appelant à exister la profondeur de soi
qu'on la fait apparaître.
Cela s'appelle prier ou méditer.
En se liant d'une façon fondamentale
à la vie fondamentale qui vit en soi,
on transforme non seulement sa vie,
mais le monde.

Texte : Les 3 730 puits – Jean Rodhain

Niger puits
- Photo "Niger puits" de Etrenard - 

Pour une conférence internationale sur les problèmes de l’eau, les Nations unies avaient demandé au Secours Catholique un bilan de ses Microréalisations ayant trait à ces problèmes de l’eau.

Il s’agit d’un énorme travail. De 1961 à 1976 notre programme "Micro réalisations" a totalisé plus de 3 730 puits creusés et aménagés. Imaginez une entreprise de travaux publics chargée d’un tel nombre de chantiers éparpillés du Sahel au Pérou, des Indes au Chili : d’excellents ingénieurs calculeraient l’outillage, le personnel, les capitaux, les bureaux d’études nécessaires pour mener à bien une pareille entreprise...

Or, en réalité ces 3 730 réalisations dépendent d'un minuscule et unique bureau avec un secrétariat réduit à l’essentiel. Tout se traite par lettres, contacts, explications, persuasions, rapports. C’est le maximum de réalisations avec le minimum d’équipement. Et voilà le premier étonnement devant cet énorme travail.

Mais en plus, il s’agit avant tout d’un travail éducatif. Les 3 730 dossiers concernant ces chantiers sont variés : il y a les puits pastoraux réservés aux troupeaux et les puits villageois destinés à la vie quotidienne. Mais ce qui domine dans cette documentation, c’est le souci des besoins locaux. Voici à titre d’exemple quelques extraits d’un rapport reçu en 1971 de la Haute-Volta :

« Avant d’entreprendre de creuser un puits, il faut absolument que les villageois le demandent. Alors, un sourcier se rend sur place pour tâcher de découvrir à la baguette les nappes d’eau souterraine. On questionne sur les anciens emplacements de puits éboulés, le pourquoi de leur éboulement. On interroge sur la quantité d’eau qu’on en retirait, sur le nombre de personnes qui buvaient. Si les puits ont tari, on demande quelle en fut la cause. Quelquefois les anciens hésitent ou répondent à côté des questions ou taisent les endroits exacts des anciens puits... Il s’agit de ne point heurter les mentalités».

« Il faut ensuite déjouer les intérêts contradictoires des divers quartiers de ce village ; chacun désire obtenir son puits devant sa cour... On cherche divers endroits d’eau probable. On doit alors obtenir qu’un seul endroit soit retenu et accepté comme valable pour tout le village ».

« On passe au second point : les anciens, les jeunes gens doivent engager leur parole, tous ensemble, cour par cour, qu’ils sont d’accord pour creuser et mener le travail à son résultat. Si cette palabre ne débouche pas sur une entente sans réticences, il vaut mieux surseoir jusqu'à plus ample informé. On marque simplement d’un caillou les divers endroits où il parait probable d’obtenir de l’eau et on attend »... « Si un village se décide et engage sa parole à creuser jusqu'au bout, reste à chercher à proximité les matériaux : gravier, sable, gravillons, cailloux...

Lorsque le village annonce que tout se trouve à pied d’œuvre, alors seulement les jeunes gens viennent se munir du matériel acheté grâce au Secours Catholique : tire-font, cordes, poulie, ciment, fer, buses, outils divers... On leur confie un âne, une charrette, à charge pour eux de s’en occuper pour transporter l’eau indispensable au béton... et ils iront parfois jusqu'à des dizaines de kilomètres quérir l’eau qui leur permettra à leur tour de buser leurs puits ».

« Un  puisatier est choisi localement ; il est nourri et logé par le village qui creuse le puits, devient l’animateur, et la rapidité du travail dépend beaucoup de son autorité naturelle. Les anciens, à l’ombre d’un hangar de paille, encouragent de leur présence. Les jeunes hommes ou jeunes gens creusent et le puisatier ne bétonne en descendant que les parois qui risqueraient de s’ébouler. Garçonnets, fillettes et jeunes filles approvisionnent en gravier, gravillons, cailloux et nourriture ; car la tâche s’avère rude ».

Ainsi l’histoire de ces milliers de puits est une histoire au ras du sol où chaque ligne est un geste exactement adapté à la vie quotidienne. On peut faire le bilan total des services rendus par l’eau à l’hygiène et à la santé de tant de villages. Mais il ne s’agit pas d’un tour de force technique. Il s’agit d’être attentif à des besoins précis ....

Au moment de présenter aux Nations unies le bilan de ces 3.730 puits, devant les dimensions singulières de ce travail, comment ne pas rappeler que le capital - énorme - ainsi accumulé pour ces Micro-réalisations a été réuni jour par jour par chaque don, même le plus petit... Ce sont vos envois fidèlement poursuivis qui ont permis ces chantiers, entrepris et poursuivis. Le Seigneur a promis qu’un seul verre d’eau ne resterait pas sans récompense. Alors ces eaux jaillissantes, elles seront finalement vos joies.

Citation : L'envie - Gustave Thibon

L’envie, ce vice mal avoué.
Tout le monde est envieux,
plus ou moins,
mais personne ne l’avoue
car c’est se reconnaître inférieur.
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Prière : Dieu n'a pas d'autres mains - Anonyme

Dieu n’a pas d’autres mains
que nos mains pour faire le bien.

 Dieu n’a pas d’autres yeux
que nos yeux pour regarder avec amitié.

Dieu n’a pas d’autre bouche
que notre bouche pour dire
les paroles de la réconciliation.

Dieu n’a pas d’autres oreilles
que nos oreilles pour écouter les plaintes.

Dieu n’a pas d’autres apôtres
que nous pour donner son royaume
aux hommes d'aujourd'hui.

Texte : Vous avez dit Souffrance ? - Etty Hillesum

Je sais comment libérer peu à peu
mes forces créatrices
des contingences matérielles,
de la représentation de la faim,
du froid et des périls.
Car le grand obstacle,
c’est toujours la représentation
et non la réalité.

La réalité, on la prend en charge
avec toute la souffrance,
toutes les difficultés qui s’y attachent,
on la prend en charge,
on la hisse sur ses épaules
et c’est en la portant
que l’on accroît son endurance.

Mais la représentation de la souffrance,
- qui n’est pas la souffrance,
car celle-ci est féconde
et peut vous rendre la vie précieuse –
il faut la briser.
Et en brisant ces représentations
qui emprisonnent la vie derrière leurs grilles,
on libère en soi-même la vie réelle
avec toutes ses forces,
et l’on devient capable
de supporter la souffrance réelle,
dans sa propre vie
et dans celle de l’humanité.

Citation : Oublier la mort - Jean Leonetti

Notre société a tellement peur de sa fragilité
qu'elle finit par l'oublier en oubliant la mort,
en effaçant les rituels, en effaçant le deuil.
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Texte : La foi - Xavier Grall

le voilier et le soleil couchant
- Photo "Le voilier et le soleil couchant" de Nadine P'tite nad 2A -

La foi est porte ouverte,
seuil franchi,
affranchissement,
bruit des pas sur la route,
bonne brise,
voilier filant aux îles.

Mes Divines,
la foi est aventure,
vent claquant,
souffle,
envolée de colombes,
voile gonflée.
Partez, partez,
au nom de Dieu.

Texte : Les questions - André-Marie

Nous n’aimons pas les questions
Encore moins les remises en question
Qui nous obligent à aller plus loin,
A quitter une situation pour migrer
Dans un lieu nouveau d’idées neuves.

Là, nous ne trouvons plus les repères
Qui nous permettaient de vivre
Sans questionnements, sans la peur
D'une remise en ordre de notre « ego »
Et de tout ce qui lui permet d’exercer
En nous la tyrannie de son pouvoir.

L’essentiel n’est pas la question.
Les enfants en posent sans cesse
Et jamais n’écoutent la réponse.
L’essentiel est d’être en questionnement.

Bible : Abondance - Saint Jean

Les yeux de la bonne humeur
- Photo "Les yeux de la bonne humeur" de Jean-François - 

Jésus dit :

Je suis venu pour qu’ils aient la vie,
et qu’ils l’aient en abondance.
____________________
- Evangile de Jean 10,10 - 

Texte : Bonheur au quotidien - Anonyme

Elle aimait passionnément la vie
et semait son sourire constamment autour d'elle.

C'est qu'elle ne quittait jamais la maison
sans mettre une poignée de haricots dans sa poche.
Elle les prenait avec elle pour goûter
plus intensément les beaux moments de la vie.

Oui, pour chaque petite belle chose qui lui arrivait,
elle mettait un haricot de la poche droite
dans la poche gauche.

Par exemple,
une rencontre heureuse dans la rue,
un morceau de pain excellent,
un moment de calme,
le rire d’une personne,
un bon café,
le gazouillement d’un oiseau…
Tout ce qui touchait ou réjouissait son cœur !
Parfois, le même jour,
deux ou trois haricots changeaient de côté.

Puis chaque soir, assise dans sa maison,
elle comptait les haricots de la poche gauche.
Elle en faisait une vraie célébration !
Et elle revoyait, devant ses yeux,
toutes les belles choses
qu'elle avait rencontrées au cours de sa journée,
et ces souvenirs la réjouissaient à nouveau… 
Et même lorsqu'elle n'avait retrouvé qu'un seul haricot,
 la journée était bonne !

Texte : Les fleurs et le deuil - Christian Bobin

fleurs_juillet_2007_045
- Photo "fleurs_juillet_2007_045" de Leontonton33 -

Quand tu es morte, je suis devenu un drogué des fleurs.
J'en mettais partout dans ma maison.
Le monde, dont ta mort m'avait détaché,
tournait lentement comme une boule noire dans le noir
mais il y avait cette insolence colorée des fleurs,
ce démenti jaune, blanc, rouge, bleu, rose
au néant monocorde...

Le poing de marbre s'est retiré de ma poitrine.
Je suis revenu au monde
comme l'enfant presse son visage contre la vitre.
Le monde n'aime pas la mort.
Il n'aime pas non plus la vie.
Le monde n'aime que le monde.
Il a donc repris toute sa place.

Presque : je n'oublie pas
ce que m'ont dit les fleurs en ton absence.
Car j'ai fini par les entendre.
La vie est à peu près cent milliards de fois
plus belle que nous l'imaginons
- ou que nous la vivons.
Je vois la vigne vierge à la fenêtre.
Des souffles colorés traversent le pré
Les fleurs sont les premières gouttes de pluie de l'éternel.

Texte : Il y a les saints - Jacques Gauthier

Il y a les saints inconnus
qui sont connus de Dieu seul.

Il y a les saints du quotidien
qui ne sont d'aucun calendrier.

Il y a les saints anonymes
qui ne sont pas élevés sur les autels.

Il y a les saints du jour
pour ceux qui sont dans la nuit.

Il y a les saints de passage
pour ceux qui sont dans le désert.

Il y a les saints de coeur
pour ceux qui sont dans le désespoir.

Il y a les saints de parole
qui disent le Nom Divin.

Il y a les saints de silence
qui donnent la présence.

Il y a les saints de désir
qui enfantent l'autre.

Il y a les saints désencombrés
qui possèdent l'unique nécessaire.

Il y a les saints lumineux
qui brûlent de tout envahir.

Il y a les saints limpides
qui laissent chanter la source.

Prière : Il n'y a pas de morts - Michel Quoist

Comme si les morts existaient !
Il n'y a pas de morts,
Seigneur,
Il n'y a que des vivants,
sur notre terre,
et au-delà.
La mort existe,
Seigneur.
Mais elle n'est qu'un moment,
Un instant,
une seconde,
un pas,
Le pas du provisoire
au définitif,
Le pas du temporel
à l'éternel.
Ainsi meurt l'enfant
quand naît l'adolescent.
La chenille
quand s'envole le papillon.
Le grain
quand s'annonce l'épi...

Texte : Le droit d'être enfant - Philippe Simon

Et si on décidait de relâcher la pression sur nos enfants ?
L'école maternelle n'est pas le lieu des compétitions.
Un enfant un peu turbulent, un peu coquin,
n'est pas un futur voyou.

Au cours préparatoire, l'enfant qui lit moins vite
n'est pas condamné à l'échec scolaire.
Un enfant de 6e a encore le droit
de jouer avec ses poupées ou ses voitures.

De grâce, sauvons l'enfance de nos enfants.
Laissons-les grandir à leur rythme.
Protégeons-les des agressions de la société de consommation,
des classements divers et variés, des discours défaitistes...

L'enfant du XXIe siècle reste un enfant
avec ses besoins de jeu, de temps passé avec ses parents,
de rêverie, de découverte, d'enthousiasme...

- Lu dans "Ouest-France" - 

Citation : Poutre et paille - Antoine, Bénévole

S'occuper de ma poutre
avant de m'occuper
de la paille de mon manager :
C’est le début de la fraternité
dans mon entreprise.
__________________


Texte : Paradoxes (2) – Bob Morrehead

Two small visits to my photostream
- Photo "Two small visits..." de Manu -

Le paradoxe de notre temps
est que
Nous avons trop,
nous fumons trop,
nous nous dépensons
inconsidérément,
nous rions trop peu,
conduisons trop vite,
nous nous mettons
trop en colère,
nous nous levons
trop tard et fatigués,
nous pensons trop peu,
regardons trop la telé
et méditons trop rarement.

Nous avons multiplié
nos possessions
mais réduit nos valeurs.
Nous parlons trop,
aimons trop rarement
et haïssons trop souvent.
Nous avons appris
comment gagner notre vie
mais pas la vie.
Nous avons ajouté
des années à la vie,
pas de la vie aux années...

Texte : Education et instruction - Victor Hugo

Les parents donnent l'éducation.
L'état doit l'instruction.
L’enfant veut être élevé par la famille
et instruit par la patrie.
Le père donne à l’enfant
sa foi ou sa philosophie ;
l’état donne à l’enfant
l’enseignement positif.

De là cette évidence
que l’éducation peut être religieuse
et que l’instruction doit être laïque.
Le domaine de l’éducation
c’est la conscience,
le domaine de l’instruction
c’est la science.

Plus tard, dans l’homme fait,
ces deux lumières se complètent
l’une par l’autre.

Citation : Des gestes tout simples - Pape François

Il est nécessaire de poser des gestes d’humilité,
de fraternité, de pardon, de réconciliation.
Ces gestes sont les prémices et la condition
pour une paix vraie, solide et durable. 


Prière : C'est Simon ! - Charles Delhez

La chapelle du Hénan à Pont-Aven.
- Photo "La chapelle du Hénan" de Ronan Davalan -

Chaque jour, on voyait un vieux bonhomme tout voûté pénétrer dans l’église du village, sur le coup de midi, quand sonnait l’angélus. Il n’y restait pas longtemps, mais il n’aurait jamais manqué ce rendez-vous.

La sacristine, qui habitait sur la place, le voyait entrer et sortir presque aussitôt. Inquiète, elle avertit Monsieur le Curé. Intrigué, il décida de se poster derrière une colonne et d’observer : notre ami entrait, allait jusque devant l’autel, faisait une génuflexion pleine de dignité et s’en retournait.

Plusieurs jours de suite, le curé observa le même rite. Il interpella enfin le mystérieux visiteur :
"Que fais-tu là ?
- Je viens faire ma prière, Monsieur le Curé.
- Elle n’est pas très longue…
- Je sais. Je ne suis pas capable de mieux, mais elle Lui suffit.
- Tu n’as même pas le temps de réciter un Ave Maria ?
- Oh non ! Je dis simplement : 'Bonjour Jésus, c’est Simon !"

Un jour, on ne vit plus Simon. La vieillesse gagnait du terrain... On l’avait emmené dans un hospice. Là, il était bien soigné, mais personne ne venait le voir. Pourtant, il avait l’air heureux, surtout vers midi. A cette heure-là, chaque jour, son visage rayonnait. Sans doute s’agenouillait-il dans l’église de son cœur et redisait-il la même prière : "Bonjour Jésus, c’est Simon !"

Ce jour-là, c'était le dimanche de Noël. Midi approchait. Simon était endormi sur son lit. Au milieu du sommeil, il se mit à sourire. Il rêvait. Il vit quelqu'un de beau et lumineux s’approcher de lui. Lentement. Paisiblement. Le regard plein d’amitié. Et puis, d’un geste de la main, cet inconnu le salua et lui dit : "Bonjour Simon, c’est Jésus !"
De ce rêve-là, Simon ne s’est jamais réveillé...

Citation : Jeune est celui... - Douglas Mac Arthur

Jeune est celui qui s’étonne et s’émerveille.
Il demande comme l’enfant insatiable.
Et après ?
Il défie les événements
et trouve la joie au jeu de la vie.
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Citation : On est chez soi - Etty Hillesum

Seul au monde
- Photo "Seul au monde" par Alpha du Centaure - 

Partout où s'étend le ciel,
on est chez soi ;
en tout lieu de cette terre,
on est chez soi,
lorsqu'on porte tout en soi !
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Cri de pauvre : Le monde à table - d'après Hervé Bertho

"Aujourd'hui, on n'a plus le droit 
d'avoir faim ni d'avoir froid" nous disait Coluche.
La faim est un des plus grands scandales
de notre monde si riche où croissent les milliardaires,
au défi du bon sens.

Un enfant meurt de faim toutes les dix secondes !
850 millions de terriens meurent de faim chaque année,
alors que 557 millions d'obèses
jouent avec la mort pour avoir trop mangé !
Voilà le grand déséquilibre du monde.

La faim n'est plus seulement due
à l'ignorance ou aux incidents climatiques,
mais principalement à la cupidité,
l'incurie et l'indifférence.
Pourtant, si les citoyens, leurs organisations
et leurs gouvernements reconnaissent la faim
comme le principal problème
que doit affronter l'humanité,
nous aurions les moyens d'assurer réellement
et concrètement l'alimentation mondiale.

 Le monde est en crise, des réponses sont urgentes.
Ventre affamé n'a pas d'oreille !
On meurt aussi des conséquences :
pensée délirante, ignorance, fanatisme,
guerres, migrations sauvages, terrorisme et autres maux
se nourrissent de la colère
de ceux qui ne se nourrissent pas.
Les gens heureux n'ont pas d'histoires
tandis que les hordes de la pauvreté sont promptes
à se mobiliser autour des délires des espoirs malmenés.

Pourtant, on sait produire, et même produire trop !
Et c'est au détriment des paysans, de là-bas ou d'ici !
Le malheur des uns s'ajoute alors au malheur des autres.
Qui inversera la tendance ?
Le problème de la faim est politique,
son éradication aussi !
Mettons donc le monde à table !
L'alimentation doit être reconnue
comme un REEL droit de l'Homme.
__________
-Pour lire le texte au complet sur Ouest France -

Citation : Abreuver la terre - Anonyme

Peu importe la forme, la couleur,
ou la profondeur du réservoir,
pourvu que l'eau déborde
et abreuve la terre...
___________________


Texte : Sois "amour" en toi - Père André-Marie

Les Uros, Lac Titicaca, Perou
- Photo "Les Uros..." de Alexandre Peplaw -

Si tu n’es pas "amour" en toi,
tout ce que tu feras,
verras, penseras, inventeras
sera handicapé, "orphelin"
de ce qu’il doit être vraiment :
un abandon de l’être au présent.

L’amour n’est jamais petit ou grand.
Laisse cette dimension-là
aux émotions, aux événements.

L’amour est.
Il ne se mesure pas.
Il est tout entier dans ce qu’il est.
Il est comme le vent,
comme le temps et l’air ;
ne l’enferme pas dans tes rêves.

Texte : Douceur de vivre, amour de soi - Christian Bobin

L'amour de soi est à l'amour de Dieu
ce que le blé en herbe est au blé mûr.
Il n'y a pas de rupture de l'un à l'autre
- juste un élargissement sans fin,
les eaux en crue d'une joie qui,
après avoir imprégné le cœur,
déborde de toutes parts et recouvre la terre entière.

L'amour de soi naît dans un cœur enfantin.
C'est un amour qui coule de source.
Il va de l'enfance jusqu'à Dieu.
Il va de l'enfance qui est la source,
à Dieu qui est l'océan.

Quant à la douceur de vivre,
elle est inchangée avec les siècles.
Elle est faite du calme d'un entretien,
du repos d'un corps,
d'une couleur d'un mois d'août.
Elle est faite du pressentiment que l'on vivra toujours,
dans l'instant même où l'on vit.

L'amour de soi est le premier tressaillement de Dieu
dans la jubilation d'un cœur.
La douceur de vivre est l'avancée
d'une vie éternelle dans la vie d'aujourd'hui.

Texte : Transmission - François-Xavier Bellamy

Grande responsabilité !
- Photo "Grande responsabilité" de Etienne Valois - 

Des philosophies ont produit un phénomène inouï,
inédit dans l'histoire humaine :
deux ou trois générations se sont interdit
de transmettre leur culture aux suivantes,
marquées par cette idée profondément fausse
selon laquelle nos enfants seraient plus libres,
plus heureux, plus eux-mêmes,
si nous évitions de les "polluer"
par ce que nous-mêmes avons vécu.
Je ne crois pas que les parents
aient soudainement démissionné :
simplement, ils se sont sentis coupables.

Prenez l'exemple de la foi :
d'un seul coup, on a expliqué aux parents
que transmettre ce en quoi ils croyaient,
c'était aliéner la liberté de leur enfant.
Dans l'Eglise aussi, cet effondrement intérieur
a fait, en quelques génération, tant de déshérités.
Mais un enfant est-il plus libre quand il n'a rien reçu ?
Bien au contraire : en étant privé de culture,
il est privé de lui-même,
des moyens de former une pensée vraiment personnelle.

La crise (ainsi) engendrée révèle ce mystère
au cœur de la nature humaine,
qui est celui de la médiation :
pour être nous-mêmes,
nous avons besoin de la rencontre avec l'autre ;
nous avons besoin que nous soient transmis
une langue, un patrimoine culturel, un héritage,
dans lesquels nous trouvons notre propre liberté,
notre propre singularité.

... En transmettant un savoir,
l'enseignant transmet simplement
de quoi devenir vraiment humain.
A l'inverse, quand la culture n'est plus transmise,
il ne reste en l'homme que la barbarie.

Citation : Interprétations - Jean-Louis Gagnon

Si au lieu d'interpréter les faits,
on se contentait d'en tenir compte,
tout irait moins mal
dans les familles et les états.
____________________


Texte : La recette du bonheur en dix points - Pape François

1. Vivre et laisser vivre, c’est le premier pas vers la paix et le bonheur.

2. Se donner aux autres. Quelqu'un d’isolé court le risque de devenir égoïste. Et l’eau stagnante est la première à se corrompre.

3. Se mouvoir avec bienveillance et humilité ...  les aînés ont cette sagesse, ils sont la mémoire d’un peuple. Et un peuple qui ne se soucie pas de ses personnes âgées n’a pas d’avenir.

4. Jouer avec les enfants : le consumérisme nous a amené l’angoisse de perdre la saine culture du loisir comme lire, profiter de l’art…  (Par exemple) jouez-vous avec vos enfants ? ... Les enfants sont la clé d’une culture saine. C’est difficile pour les parents qui vont travailler tôt et reviennent quand leurs enfants sont endormis. C’est difficile, mais il faut le faire.

5. Passer ses dimanches en famille ... on ne travaille pas le dimanche. Le dimanche, c’est pour la famille.

6. Aider les jeunes à trouver un emploi. Nous devons être créatifs ... Faute d’opportunités, ils peuvent tomber dans la drogue. Et le taux de suicide est très élevé chez les jeunes sans travail. L’autre jour, j’ai lu ... qu’il y a 75 millions de jeunes de moins de 25 ans sans emploi. Et il ne suffit pas de les nourrir, il faudrait inventer pour eux des formations d’un an pour être plombier, électricien, couturier… La dignité permet de ramener du pain à la maison.

7. Prendre soin de la création ... Nous ne le faisons pas. C'est un de nos plus grands défis.

8. Oublier rapidement le négatif : le besoin de dire du mal de l’autre est la marque d’une faible estime de soi : je me sens tellement mal qu'au lieu de me relever, j’abaisse l’autre. Il est sain d’oublier rapidement le négatif.

9. Respecter ceux qui pensent différemment : on peut témoigner avec l’autre, du moment que les deux progressent dans ce dialogue. Mais la pire chose est le prosélytisme religieux, cela paralyse : je ne dialogue pas avec toi pour te convaincre, mais chacun dialogue à partir de son identité. L’Église grandit par attraction, non par prosélytisme.

10. Rechercher activement la paix. A notre époque, les guerres sont nombreuses ... La guerre détruit. Et l’appel à la paix a besoin d’être crié. La paix évoque parfois le calme, mais la paix n’est jamais la quiétude, c’est toujours une paix active.

Citation : Education - Nelson Mandela

Il est difficile d'expliquer à quelqu'un qui a les idées étroites
qu'être "éduqué" ne signifie pas seulement
savoir lire et écrire et avoir une licence,
mais qu'un illettré peut être un électeur bien plus "éduqué"
que quelqu'un qui possède des diplômes.
_______________________


Texte : Qui suis-je ? - André-Marie

Lorsque, récemment,
on me posait la question de savoir qui j’étais,
je me suis permis de répondre :
« Le fils d’un papa et d’une maman,
eux- mêmes enfants d’un autre papa
et d’une autre maman... »

Prenant ma calculette,
j’ai remonté vingt-deux générations
pour découvrir que plus de huit millions
d’êtres humains ont existé à l’époque
pour que je puisse aujourd'hui être ici.

Nous sommes vraiment tous
les compagnons du même voyage !

Texte : La nuit - Paul Eluard

La nuit n'est jamais complète.

Il y a toujours,
Puisque je le dis,
Puisque je l'affirme
Au bout du chagrin
Une fenêtre ouverte,
Une fenêtre éclairée.

Il y a toujours
Un rêve qui veille,
Un désir à combler,
Une faim à satisfaire,
Un cœur généreux,
Une main tendue,
Une main ouverte,
Des yeux attentifs,
Une vie à se partager.

Prière : J'ai douté - Un jeune Scout de France

Orange Sky
- Photo "Orange sky" du Bureau of Land Management -

Dieu, ils ont dit que tu existes,
pourquoi pas ?
Ils ont dit que c'est normal de douter,
car c'est cela la foi.
J'ai discuté avec les autres autour de moi :
certains disent que tu n'es que sornettes,
tandis que d'autres croient dur comme fer en toi,
et moi que crois-je ?
Oh, dur casse-tête !

Dieu, j'ai douté, j'ai cru, et j'ai renié.
Puis, j'ai ouvert les yeux et j'ai vu !
La joie, le bonheur,
la tristesse et le malheur,
ainsi que tous ces gens qui,
croyants ou non, étaient là.

Je les ai vu faire ce pas.
Ce pas vers l'autre
qui nous fait sortir du rang.
Et c'est dans ces personne que je t'ai vu,
tous ces visages inconnus
qui donnent ce qu'ils ont.

Trop de choses encombrent ma vie
pour pouvoir me remplir de toi,
il faut que je me vide
de tout ce qui est inutile.
Tu pourras alors prendre toute la place,
on me trouvera en toi,
et toi en moi,
et ce sera ma façon
de témoigner de ta présence.

Parabole : Un sac trop lourd - Anonyme

Un jour, un homme revient du travail
et il trouve un énorme sac de pommes de terre
qui gêne le passage à l'entrée de sa maison.
Son petit garçon est là,
tout content d'accueillir son papa
 mais le sac est en travers,
bien plus gros que l'enfant....

Le père dit à l'enfant : « Déplace le sac,
pour que l'on puisse ouvrir complètement la porte !  "
Le petit tente de bouger ce sac, mais il n'y arrive pas
« Je ne peux pas, papa, c'est trop lourd ! »
- Si, tu le peux, lui répond son père,
allez, déplace le sac ! »

L'enfant essaie à nouveau,
mais ne réussit toujours pas à bouger
 l'énorme sac d'un seul millimètre.
« Je ne peux pas, papa », se plaint-il à nouveau.
- « Si, tu peux ! », insiste le père.

L'enfant fournit un dernier effort,
mets tout son poids pour tenter de déplacer le sac,
en vain ! « Papa,  j'ai essayé de toutes mes forces,
j'ai vraiment fait tout mon possible,
mais ce sac est vraiment trop lourd pour moi ! »

- Non, mon chéri, tu n'as pas fait tout ton possible !
L'enfant regarde son père, intrigué
- Tu n'as pas fait tout ton possible, explique le père,
tu ne m'as pas appelé à l'aide !

Alors l'enfant comprend !
Il est passé à côté de ses vraies possibilités,
il n'a pas pensé qu'avoir un père, c'est
multiplier ses capacités.
Oui, avoir un père bienveillant permet de se dépasser
et de ne plus buter sur ses propres limites.
Et avoir "Le Père" donne des ailes !

Citation : Complaisance - Helen Keller

La porte du temps... The gate of the time...
- Photo "La porte du temps" de Michel Schmid -

Lorsqu'une porte du bonheur se ferme,
une autre s’ouvre ;
mais parfois on observe si longtemps
celle qui est fermée
qu’on ne voit pas
celle qui vient de s’ouvrir à nous.
____________________________
(Helen Keller est née sourde, muette et aveugle)


Prière : Du temps - Christine Reinbolt

Dès le matin, je cours après le temps !
Je m'agite et je m'affole, Je me hâte, je suis inquiète,
Je suis toujours pressée, débordée, surchargée,
Je n'ai pas une minute pour souffler !

Dans le tourbillon de ma précipitation,
Mon temps s'envole, il m'échappe, je ne peux le retenir,
Et, quand vient le soir,
Il ne me reste que fatigue et épuisement
après cette longue course à la poursuite du temps.

Apprends-moi, Seigneur, à m'accorder du temps :
du temps pour respirer et goûter au bonheur d'exister ;
du temps pour m'asseoir et me reposer ;
du temps pour contempler et réfléchir
du temps pour écouter et parler.

Apprends-moi à prendre du temps pour toi :
du temps pour m'imprégner de silence et de paix ;
du temps pour déposer devant toi mes soucis et mes questions ;
du temps pour me laisser pénétrer par ta Parole ;
du temps pour prier et méditer.

Comme Marie, assise à tes pieds,
apprends-moi, Seigneur, à choisir la meilleure part,
celle du temps que je t'offre à toi, aux autres et à moi-même.

Texte : Petites et grandes joies - Anselm Grün

Cerisier
- Photo "Cerisier" par Ouistitis

Nous ne pouvons modifier nos émotions par la force, ni les programmer. Mais il dépend de nous de nous mettre en route vers la source de joie qui coule au fond de notre âme. A chacun sa porte d'entrée. Pour l'un, ce sera la beauté de la nature, pour un autre, la musique, pour un autre encore, la prière et le silence.

Evidemment, nous ne devons point nous contraindre à toujours être joyeux. Il suffit de croire que la "joie imprenable" demeure au fond de notre être. Alors, dans les périodes de deuil ou d'angoisse, nous saurons qu'elle ne nous abandonne pas.

Notre tâche, c'est de parvenir toujours au contact de celle-ci en nous ouvrant aux petits bonheurs du quotidien : la joie de vivre, de travailler, de faire des rencontres, de bavarder avec quelqu'un, de partager un repas.

Car il importe de savoir que le fait de goûter à une multitude de petites joies, parfois invisibles au quotidien, est le chemin vers la "joie parfaite", cette haute expérience dont parle Jésus. Lorsque la joie nous traverse, notre coeur se dilate.

C'est alors que nous nous ouvrons, non seulement à Dieu, mais aussi aux êtres humains autour de nous, à la beauté de la nature, et aux nombreux présents que Dieu et les hommes nous offrent chaque jour. Pour notre bonheur.


Texte : Une civilisation - Aimé Césaire

Une civilisation qui s'avère incapable
de résoudre les problèmes
que suscite son fonctionnement
est une civilisation décadente.

Une civilisation qui choisit de fermer les yeux
à ses problèmes les plus cruciaux
est une civilisation atteinte.

Une civilisation qui ruse
avec ses principes
est une civilisation moribonde.

Citation : Reflet - Anonyme

Comme la lune dans les ténèbres,
le chrétien reflète la lumière du soleil,
pour aider les autres
à voir leur chemin dans la nuit.
______________________


Texte : Le bonheur - Pape François

Petite vague d'été
- Photo "Petite vague d'été" de Ouistitis - 

Quand nous recherchons le succès, le plaisir, la possession égoïste et que nous en faisons des idoles, nous pouvons, certes, expérimenter des moments d'ivresse, une fausse impression de satisfaction ; mais, à la fin, nous devenons esclaves, nous ne sommes jamais satisfaits, nous sommes poussés à vouloir toujours plus. Et c'est vraiment triste de voir une jeunesse "repue" mais molle. ...

Aspirez-vous vraiment au bonheur ? A une époque où l'on est attiré par tant d'apparences de bonheurs, on risque de se contenter de peu, ou d'avoir une idée de la vie "en miniature". Au contraire, aspirez à de grande choses ! Élargissez vos cœurs ! ...

Si vraiment vous laissez émerger les aspirations les plus profondes de votre cœur, vous vous rendrez compte qu'il y a une soif inextinguible de bonheur en vous, et c'est cela qui vous permettra de distinguer et de refuser les nombreuses offres "à bon prix" que vous rencontrerez autour de vous. ...

Si nous ouvrons la porte au Christ, si nous le laissons entrer dans notre histoire, si nous partageons avec lui nos joies et nos souffrances, nous ferons l'expérience d'une paix et d'une joie que seul Dieu, amour infini, peut nous donner.

Texte : Tout le monde chantait - Charles Péguy

De mon temps tout le monde chantait.
Dans la plupart des corps de métiers
on chantait.
Aujourd'hui on renâcle.

Dans ce temps-là on ne gagnait pour ainsi dire rien.
Les salaires étaient d’une bassesse dont on n’a pas idée.
Et pourtant tout le monde bouffait.
Il y avait dans les plus humbles maisons
une sorte d’'aisance dont on a perdu le souvenir.

Au fond on ne comptait pas.
Et on n’avait pas à compter.
Et on pouvait élever des enfants.
Et on en élevait.
Il n’'y avait pas cette espèce
d'’affreuse strangulation économique
qui à présent d'’année en année
nous donne un tour de plus.

On ne gagnait rien ;
on ne dépensait rien ;
et tout le monde vivait.

Texte ; Mimétisme de l'enfance - Anonyme

Prendre un enfant par la main pourrait chanter ce potier
- Photo de Yvan Berthon -

Les enfants deviennent ce qu'ils vivent
Quand un enfant vit sous la censure, il apprend à critiquer.
Quand un enfant vit sous les coups, il devient violent.
Quand un enfant vit dans l'hostilité, il devient rebelle.
Quand un enfant vit dans la moquerie, il devient timide.
Quand un enfant vit dans la honte, il se culpabilise.

Quand un enfant vit dans la tolérance, il devient patient.
Quand un enfant vit dans l'équité, il apprend la justice.
Quand un enfant vit dans la sécurité, il acquiert la foi.
Quand un enfant vit dans l'approbation, il acquiert l'estime de soi.
Quand un enfant reçoit des encouragements, il devient confiant.
Quand un enfant reçoit des félicitations, il devient reconnaissant.
Ne négligeons pas la qualité de l'éducation de nos enfants.

Texte : Justification - Plume Latraverse

Vis sans avoir toujours à te justifier sur tout !
Parce que tes vrais amis n'en ont pas besoin,
tes ennemis ne te croiront pas
et les imbéciles ne comprendrons pas.
Exige beaucoup de toi et attends peu des autres.
Ainsi beaucoup d'ennuis te seront épargnés.


Prière : Refus de la misère – Joseph Wresinski

Pour ces millions d’enfants
tordus par les douleurs de la faim,
n’ayant plus de sourire,
voulant encore aimer.
Pour ces millions de jeunes qui,
sans raison de croire, ni d’exister,
cherchent en vain un avenir
en ce monde insensé.
Toi notre Père nous te prions
envoie des ouvriers pour faire ta moisson.

Pour ces millions d’hommes,
de femmes et d’enfants
dont le cœur à grands coups
bat encore pour lutter.
Dont l’esprit se révolte
contre l’injuste sort qui leur fut imposé.
Dont le courage exige le droit
à l’inestimable dignité.
Toi notre Père nous te prions
envoie des ouvriers pour faire ta moisson.

Pour ces millions d’enfants,
de femmes et d’hommes
qui ne veulent pas maudire
mais aimer et prier, travailler et s’unir,
pour que naisse une terre solidaire.
Une terre, notre terre,
où tout homme aurait mis
le meilleur de lui-même
avant que de mourir.
Toi notre Père nous te prions
envoie des ouvriers pour faire ta moisson.

Pour que tous ceux qui prient
trouvent écho près de Dieu
et reçoivent de lui
la puissance d’écarter la misère
d’une humanité dont l’image est la sienne.
Toi notre Père nous te prions
envoie des ouvriers pour faire ta moisson.

Texte : Paradoxes (1) – Bob Morrehead

conjonction / conjunction
- Photo "Conjonction" de Olivier Bacquet -

Nous sommes allés sur la lune
et en sommes revenus,
mais avons du mal à traverser la rue
pour rencontrer un nouveau voisin.

Nous avons conquis l’espace sidéral
mais pas notre espace intérieur.
Nous avons fait de grandes choses
mais pas les meilleures choses.

Nous purifions l’air,
mais polluons les âmes.
Nous avons conquis l’atome,
mais pas vaincu nos préjugés.

Nous écrivons plus,
mais apprenons moins.
Nous planifions plus,
mais accomplissons moins.

Nous avons appris à nous précipiter,
mais pas à attendre.
Nous construisons plus d’ordinateurs
pour obtenir plus d’informations
pour produire plus de documents que jamais,
mais nous communiquons de moins en moins. ...

Citation : Régularité - Anthony Trollope

Une toute petite tâche quotidienne
et quotidiennement accomplie,
donne de meilleurs résultats
que de sporadiques travaux d'Hercule.
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Texte : Parabole du menuisier - Anonyme

Un jour que le menuisier était absent,
tous les outils de l'atelier firent grève :
C'en est trop ! Ce n'est plus supportable !
car la vie y était devenue impossible :
L'un se plaignait de la scie
qui grinçait trop des dents,
L'autre ne supportait plus le rabot
qui avait le caractère trop tranchant.
Un autre encore reprochait au marteau
d'être devenu assommant.
Et enfin, beaucoup reprochaient aux clous
d'avoir des blagues très piquantes !
et au ciseau d'agir cruellement...
La mésentente était réelle, il fallait agir
et décider de l'exclusion de ces gênants !

Mais le menuisier revint dans l'atelier
avant qu'une décision n'ait été prise.
Il  prit la scie, la fit grincer,
sur une planche de bois toute neuve
qu'il avait ramenée.
Puis le rabot, qui put trancher,
Et le marteau, qui put taper,
avec les clous qui ont percé...
Toute la journée, il travailla,
et pour finir en toute beauté,
Il cisela devant, derrière, sur les côtés.
Il utilisa tous les outils
les uns après les autres, toute la journée.

Le soir, en contemplant son oeuvre,
très satisfait, il félicita tous ses outils :
Regardez ce que nous avons fait ensemble,
ce magnifique mobilier de salon
destiné à recevoir les hôtes de la maison.
Vous pouvez être fiers,
vous avez parfaitement travaillé !

Tout penauds, les outils comprirent
qu'il leur fallait, comme disait le poète,
se laver les yeux avant de regarder autrui.
"L'habitude est un bois mort" nous dit Péguy.
Or il y a toujours de la nouveauté
dans la manière de regarder les autres,
à ne pas toujours voir un rival à abattre,
un concurrent qui fait de l'ombre à nos projets,
mais une personne complémentaire à notre vie.

Nos différences sont autant de richesse
quand nous savons les mettre en commun.
Oui, pour faire un beau meuble,
il faut tous les outils de l'établi.
Et il faut toutes les couleurs de l'arc-en-ciel,
tous les métiers, tous les niveaux,
tous les caractères, toutes les personnalités,
pour faire un groupe, un peuple, une nation
harmonieux et en paix !

Citation : L'horizon - Maurice Barrès

Horizon In Flames - Free HDR Tutorial - EXPLORE #05!
- Photo "Horizon In Flames" de Tommy Clark - 

L'horizon qui cerne cette plaine
c'est celui qui cerne toute vie.
Il donne une place d'honneur à notre soif d'infini
en même temps qu'il nous rappelle nos limites.
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Cri de pauvre : Jugement – Anonyme


Il y a celui que je suis.
Il y a celui que je montre.
Il y a celui que tu crois connaître.
Et il y a celui que tu juges sans connaître.
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Texte : L'ange au magasin - Anonyme

Un jeune homme entre en rêve dans un magasin.
Derrière le comptoir, se tient un ange.
Le jeune homme lui demande :
"Que vendez-vous ?"
L'ange lui répond :
"Tout ce que vous désirez".

Alors le jeune homme commence à énumérer :
"J'aimerais bien
la fin des guerres dans le monde,
la fin des bidonvilles,
l'intégration de tous les marginaux dans la société,
du travail pour tous les chômeurs,
plus d'amour
et de vie communautaire dans l'Eglise..."

L'ange lui coupe la parole :
"Excusez-moi, Monsieur,
vous m'avez mal compris.
Ici, nous ne vendons pas de fruits,
nous ne vendons que des graines.

Citation : La dictature parfaite - Aldous Huxley

Playa near Macuto, Vargas
- Photo "Playa near Macuto" de Oenvoyage -

La dictature parfaite serait une dictature
qui a les apparences de la démocratie,
une prison sans murs dont les prisonniers
ne songeraient pas à s'évader.
Un système d'esclavage où,
grâce à la consommation et au divertissement,
les esclaves auraient
l'amour de leur servitude
_____________________________
- écrit en 1932 -


Citation : Une vie bonne - Luc Ferry

Pour vivre une vie bonne,
il vaut mieux bien penser, sans doute,
mais il faut aussi vivre sa pensée,
ne pas en rester à la seule théorie.
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Texte : Détachement de soi - Philippe Jacottet

L'attachement à soi
augmente l'opacité de la vie.
Un moment de vrai oubli
et tous les écrans,
les uns derrière les autres,
deviennent transparents,
de sorte qu'on voit la clarté
jusqu'au fond
aussi loin que la vue porte ;
et du même coup,
plus rien ne pèse.
Ainsi, l'âme est vraiment
changée en oiseau. ...

Citation : Cette vie belle - Etty Hillesum

auschwitz birkenau
- Photo "Auschwitz Birkenau" par Oscar Moya -

J'ai déjà subi mille morts
dans mille camps de concentration.
Tout m'est connu,
aucune information nouvelle
ne m'angoisse plus.
D'une façon ou d'une autre,
je sais déjà tout.
Et pourtant,
je trouve cette vie belle
et riche de sens.
A chaque instant.
________________________
- décédée au camp d'Auschwitz en 1942 -



Citation : Etre heureux - Paul Dochier

Si tu veux être heureux,
rends quelqu'un heureux !
___________________
- Paul Dochier était le moine médecin de Tibhirine -


Prière : Notre-Dame de tous les jours - Anonyme

Notre-Dame des tâches monotones,
Notre-Dame des lessives sans fin,
Notre-Dame des jours sans joie,
Notre-Dame des nuits sans repos,
Notre-Dame des lendemains incertains,
Notre-Dame des fins de mois sans argent,
Notre-Dame des années sans vacances...

Ménagère sans façon, voisine sans histoire,
disponible à toute heure et tenace à la tâche :
de ton Noël de mal logée
au dénuement de nos taudis,
de tes angoisses de mère
à nos tracas pour les enfants,
de tes menus services
aux gestes de notre entraide...
de ta vie pauvre mais joyeuse
à nos envies, à nos calculs,
Je te salue Marie...

Mère de l'humanité,
tu veilles au berceau du monde qui se construit.
Cette humanité là,
c'est encore ton Fils qui grandit...

De ton immense joie, à l'aube de Pâques,
en ton profond amour, au matin de chaque jour,
nous reconnaissons Jésus-Christ
Pour notre résurrection et notre vie.

Citation - Théorie et pratique - Albert Einstein

La théorie, c'est quand on sait tout
et que rien ne fonctionne.
La pratique, c'est quand tout fonctionne
et que personne ne sait pourquoi.
Ici, nous avons réuni théorie et pratique :
Rien ne fonctionne...
et personne ne sait pourquoi !
____________________


Cri de pauvre : Souliers - Helen Keller

J'ai pleuré
parce que je n'avais pas de souliers,
jusqu'au jour où j'ai vu quelqu'un
qui n'avait pas de pieds.
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Texte : Pour que la paix revienne - Pierre Guilbert

Untitled
- Photo de Julien F - 

Si tu crois qu'un sourire est plus fort qu'une arme
Si tu crois à la puissance d'une main offerte,
Si tu crois que ce qui rassemble les hommes
est plus important que ce qui les divise,
Si tu crois qu'être différent
est une richesse et non un danger,
Alors la paix viendra.

Si tu sais regarder l'autre avec un brin d'amour,
Si tu sais préférer l'espérance au soupçon,
Si tu estimes que c'est à toi de faire
le premier pas plutôt qu'à l'autre,
Si le regard d'un enfant parvient à désarmer ton cœur,
Si tu peux te réjouir de la joie de ton voisin,
Alors la paix viendra.

Si pour toi l'étranger est un frère qui t'est proposé,
Si tu sais donner gratuitement un peu de temps par amour,
Si tu sait accepter qu'un autre te rende service,
Si tu partages ton pain et que tu saches
y joindre un morceau de ton cœur,
Si tu crois qu'un pardon va plus loin qu'une vengeance,
Alors la paix viendra.

Si tu sais chanter le bonheur des autres
et danser leur allégresse,
Si tu sais accepter la critique et en faire ton profit
sans la renvoyer et te défendre,
Si pour toi l'autre est d'abord un frère,
Alors la paix viendra.

Si la colère est pour toi une faiblesse
et non une preuve de force,
Si tu préfères être lésé que de faire tort à quelqu'un,
Si tu crois que l'amour est la seule force de dissuasion,
Si tu crois que la paix est possible,
Alors la paix viendra.


Citation : Egalité devant la loi - Anatole France

La Loi, dans un grand souci d'égalité,
interdit aux riches comme aux pauvres
de coucher sous les ponts,
de mendier dans les rues
et de voler du pain.
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Texte : La marche - Jean-Yves Leloup

La marche est l'occasion d'une imagination créatrice,
dont on manque dans notre quotidien
et qui nous permet de trouver
une nouvelle issue à des situations
qui nous paraissaient complexes ou insolubles.

Marcher dans la nature nous révèle
qu'on n'est pas là que pour travailler,
réussir ou consommer,
mais aussi pour contempler.
Dans la vie, on est souvent
dans l'intelligence qui calcule et qui mesure.

Quand on marche,
on est dans l'intelligence qui célèbre.
On n'a plus envie de savoir,
juste envie de remercier
pour la beauté de ce que l'on voit :
l'animal; la lumière, la personne, le paysage.
On contemple, on rêve.

Le paradis perdu,
c'est la communion de tous les êtres.
La chute,
c'est être tombé d'un état de communion
à celui d'une consommation qui consume.

Texte : La pauvreté consentie - Un bénévole

La pauvreté consentie,
celle qui nous donne la paix de l'âme,
la joie profonde et vraie,
la plénitude de la vie dans l'instant,
cette pauvreté là n'est pas la misère,
bien au contraire !

un jour, on finit par admettre
après bien des expériences
heureuses et malheureuses,
qu'au fond, on ne "pèse pas bien lourd",
on est loin de valoir autant
qu'on se l'était imaginé au fil des ans.

On est de simples êtres humains,
comme tous les autres, ni plus, ni moins,
avec nos doses d'erreurs autant que de génie.

Alors seulement,
nos objectifs s'éloignent de plus en plus
de tout ce qui touche à la mondanité,
la vanité, ou la reconnaissance sociale,
à la course au succès ou la célébrité...

Alors seulement,
les liens se tissent d'âme à âme,
des liens indéfectibles, intemporels,
puisque les masques sont abandonnés !

Alors seulement,
on est capable d'accueillir nous aussi
avec une grande bienveillance,
les pauvretés d'autrui.

Texte : Des vacances toutes simples - Gérard

Cette année, j’ai prévu de partir en vacances
huit jours à Béhuard, cité mariale de l’Anjou
où j’espère fêter le 15 août
pour rejoindre tous les pèlerins qui affluent
pour fêter Marie lors de la messe en plein air.
J’y amènerai mon pliant et, à cette messe particulière,
je prierai pour vous et pour les miens.

Pour le déjeuner, j’inviterai,
un jour ma tante Germaine,
un jour mes cousins,
un autre ma filleule.
Je préparerai le repas et, s’il fait beau,
nous déjeunerons dehors,
devant la maison aux volets bleus...
moment convivial qui me rapprochera de ma famille
que je ne vois qu’une ou deux fois par an.

Le soir venu,
après avoir reconduit mes invités à Angers,
je m’installerai dehors fumant un cigare
auprès du tilleul centenaire.
Dans l’air parfumé du soir
en regardant le ciel unique, bleu clair,
au-dessus de la Loire,
je songerai, réfléchirai peut-être,
et puis je fredonnerai certainement
la chanson de Brassens :
      « auprès de mon arbre,
      Je vivais heureux,
      Je n’aurais jamais dû le quitter des yeux » !

Je goûterai, à cet instant,
un moment de plénitude et de grâce
où je remercierai le Seigneur et mes parents
de m’avoir donné la vie...

Et je retournerai à Quimper
« le cœur léger et le bagage mince »
vous retrouver, bien ressourcé
pour une nouvelle année.

Citation : La simplicité - Garry Winogrand

L'extraordinaire
nous attire un instant,
la simplicité
nous retient plus longtemps,
parce que c'est en elle seule
que réside l'essentiel.
_____________________


Texte : Jardinage - Xavier Grall

TGO (Très Grosse Orange)

Ah, oui, c'est important, un jardin !
Je ne sais si nos réformateurs de tout poil,
nos psychosociologues de tout crin
y ont jamais songé.
Il leur suffirait pourtant de se balader
dans la banlieue parisienne.
Près de Trappes,
ces masures de briques atroces
ouvrent du moins sur la fertilité
de jardins délicieux,
de potagers adorables.

Fonction sociale du jardinage.
Je jurerais, moi,
que les ouvriers qui vivent là sont,
au bout du compte, moins malheureux
que ceux que l'on fourgue présentement
dans les HLM les plus modernes,
les plus confortables.

Vieux roulier de la SNCF,
quand tu trouves ton lopin
après ton labeur écrasant,
tu retrouves l'oiseau dans le cerisier,
ton plaisir dans ta plate-bande
et ta vérité d'homme créé
dans la fécondité de ta propre création.
Et tu retrouves alors,
si modeste soit ton domaine,
ta liberté dans ce repos.

Les révolutionnaires
devraient être plus simples.
"A chaque homme, son jardin."
Telle devrait être la première
de leurs revendications.

Texte : De l'Amour divin - Hans Urs von Balthasar

Celui qui porte déjà en lui
d'une manière quelconque,
peut-être inconsciemment,
une parcelle du mystère de l'amour divin
sait que seul l'amour peut finalement
donner un sens à l'existence.
Et les chrétiens n'en ont pas le monopole.

Car le monde dans sa totalité
appartient déjà au royaume de Dieu
qui n'est pas de ce monde.
Le monde qui passe,
dans lequel nous vivons,
est incorporé dans le grand royaume
qui demeure où vit Dieu qui est tout en tout.

Citation : Pour un vrai dialogue - Dominique Pire

Le dialogue consiste pour chacun
à mettre provisoirement entre parenthèses
ce qu’il est et ce qu’il pense
pour essayer de comprendre et d’apprécier,
même sans le partager,
le point de vue de l’autre.
____________________________


Citation : Regard - Gilbert Cesbron

Mon Chou
- Photo "Mon Chou" par Matthieu Luna -

Le bonheur ne réside pas dans les choses,
mais dans la manière de les regarder.
____________________________


Prière : Le soleil et les volets – François Brune

Dieu n’est qu’Amour,
son amour rayonne sans cesse,
comme le soleil rayonne sans cesse.
Mais le soleil ne peut ouvrir vos volets.

Tout ce qu'il peut faire,
c'est laisser filtrer un peu de lumière
à travers les fentes de vos volets
pour vous donner envie de les ouvrir.

Mais c’est à vous d’ouvrir vos volets.
L’Amour de Dieu ne peut pénétrer en vous
et vous transformer
que si vous voulez bien le laisser faire.

car Dieu n’est qu’amour
mais l’amour ne peut nous dispenser
de l’effort de l’accueillir,
c’est n’est pas une exigence de la Justice de Dieu
mais une question d’efficacité

Ainsi, si l'homme souffre,
ce n'est pas l'effet de la volonté
ni d'une décision issue de la justice de Dieu
mais d'un refus de l'amour.

Citation : Avidité – Gandhi

Le monde est assez grand
 pour satisfaire les besoins de tous
 mais il sera toujours trop petit
 pour satisfaire l'avidité de quelques uns.
_________________________


Texte : L'amour est comme le nuage... - Paulo Coelho

Le principal but de la vie, c'est aimer. Le reste est silence.
Nous avons besoin d'aimer.
Même si cela nous mène au pays où les lacs sont faits de larme. ...
Notre seul et vrai choix, c'est de nous livrer au mystère de cette force incontrôlable. ...
parce que la nature est la manifestation de l'Amour de Dieu.
Malgré tout ce que nous faisons, elle nous aime encore.
Aussi, respectons et comprenons ce que la nature nous enseigne.

Nous aimons parce que l'Amour nous libère.
Et nous nous mettons à dire les mots
que nous n'avions même pas le courage de nous murmurer. ...
Nous prenons la décision que nous laissions pour plus tard.
Nous apprenons à dire "non" sans considérer ce mot comme maudit.
Nous apprenons à dire "oui" sans en redouter les conséquences.
Nous oublions tout ce qu'on nous a appris sur l'Amour,
parce que chaque rencontre est différente et porte en elle ses angoisses et ses extases.

Nous chantons plus fort quand la personne aimée est loin
et nous murmurons des poèmes quand elle est près de nous.
Même si elle n'écoute pas ou n'accorde pas d'importance à nos cris et à nos murmures.

Nous ne fermons pas les yeux sur l'Univers pour nous plaindre de le trouver sombre.
Nous gardons les yeux bien ouverts, en sachant que sa lumière
peut nous pousser à faire des choses insensées.
Cela fait partie de l'Amour.

Notre cœur est ouvert à l'Amour et nous l'offrons sans crainte,
parce que nous n'avons plus rien à perdre.
Alors nous découvrons, en rentrant chez nous, que quelqu'un était là à nous attendre,
cherchant la même chose que nous
et souffrant des mêmes angoisses et des mêmes inquiétudes.

Parce que l'Amour est comme l'eau qui se transforme en nuage :
il est haut dans le ciel et voit tout de loin, conscient qu'il devra un jour regagner la terre.
Parce que l'Amour est comme le nuage qui se transforme en pluie :
il est attiré par la terre et fertilise le champ.

Amour n'est qu'un mot, jusqu'au moment où nous décidons
de le laisser nous posséder de toute sa force.
Amour n'est qu'un mot, jusqu'à ce que quelqu'un vienne lui donner un sens.
Ne renonce pas.
En général, c'est la dernière clé du trousseau qui ouvre la porte.

- Extrait de son livre : "Le manuscrit retrouvé" -



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