Texte : La vie dans le bon sens - Entendu par un bénévole

Auto abandonado
- photo "Auto abandonado" de Luis Parravicini -

Un jour que je n'ai pas choisi, je reçois une voiture
en plus ou moins bon état,  mais c'est la mienne,
c'est "ma bagnole" et j'y tiens, quelle qu'elle soit...
Au moins, elle, personne ne l'a rejetée
avant que je m'en serve !

Quand le moment vient pour moi de prendre enfin ma route,
c'est plus facile si je connais le code de la route,
si j'ai appris avant à rouler avec,
par une pratique avec des conducteurs confirmés.
C'est mieux aussi si j'ai du carburant,
si j'ai veillé au bon entretien dans la durée,
vérifié tous les niveaux, les pneus, et le reste,
et si j'ai bien bouclé ma ceinture de sécurité.
Je dois me décider : ou rester, et stagner, ou partir...
Et, pour choisir d'aller à droite ou à gauche,
c'est préférable d'avoir choisi une destination
que je conserve bien en tête,
et d'avoir bien calé mon GPS ou ma carte routière.

Alors seulement j'ai une réelle chance d'arriver à bon port !
Pourtant, aujourd'hui, la tendance générale est plutôt le contraire :

Quand ça va mal pour moi, je suis tout étonné et tout désabusé...
Je suis perdu ? - la faute aux autres !
le code de la route ? - pour les ringards :
moi, je suis plus malin, je conduis "à l'instinct",
Les gendarmes ? - des harceleurs !
Le carburant ? - pourquoi travailler pour l'acheter ?
j'en "trouverai" bien assez chez un "gogo" généreux ou naïf...
(Oui, ça existe encore, Madame !)
Le check-up annuel ? - je n'ai vraiment pas le temps, ce sera pour plus tard.
Ma destination ? - je la change constamment...
D'ailleurs, en faut-il une, absolument ?
Moi, je tourne en rond, volontairement, c'est plus marrant !
L'itinéraire ? - c'est selon le moment et c'est comme j'ai envie,
ou comme on nous a dit, hier à la télé... ou ce qui fait le buzz sur internet...

Et un jour, je m'étonne d'être perdu, désemparé, abandonné,
ou violenté, ou blessé, cassé, handicapé ?
Est-ce la faute à Dieu ? au voisin ? à l'étranger ?
Si je commençais par rendre à César ce qui est à César
Et à Dieu ce qui est à Dieu ?
Si je ne mettais pas trop vite ma voiture,
ou les autres, ou le monde, ou l'avenir... "à la casse" ?

Pour moi, désormais,
c'est aujourd'hui que tout commence,
je me décide enfin  à prendre ma route dans le bon sens,
avec ma "bagnole" telle qu'elle est, mais dont je prends grand soin
pour qu'elle puisse me mener là où j'ai fermement et mûrement décidé.

1 commentaire:

emylia c a dit…

Merci, voici une très belle métaphore de la vie.

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