Texte : La pauvreté consentie - Un bénévole

La pauvreté consentie,
celle qui nous donne la paix de l'âme,
la joie profonde et vraie,
la plénitude de la vie dans l'instant,
cette pauvreté là n'est pas la misère,
bien au contraire !

un jour, on finit par admettre
après bien des expériences
heureuses et malheureuses,
qu'au fond, on ne "pèse pas bien lourd",
on est loin de valoir autant
qu'on se l'était imaginé au fil des ans.

On est de simples êtres humains,
comme tous les autres, ni plus, ni moins,
avec nos doses d'erreurs autant que de génie.

Alors seulement,
nos objectifs s'éloignent de plus en plus
de tout ce qui touche à la mondanité,
la vanité, ou la reconnaissance sociale,
à la course au succès ou la célébrité...

Alors seulement,
les liens se tissent d'âme à âme,
des liens indéfectibles, intemporels,
puisque les masques sont abandonnés !

Alors seulement,
on est capable d'accueillir nous aussi
avec une grande bienveillance,
les pauvretés d'autrui.

Texte : Des vacances toutes simples - Gérard

Cette année, j’ai prévu de partir en vacances
huit jours à Béhuard, cité mariale de l’Anjou
où j’espère fêter le 15 août
pour rejoindre tous les pèlerins qui affluent
pour fêter Marie lors de la messe en plein air.
J’y amènerai mon pliant et, à cette messe particulière,
je prierai pour vous et pour les miens.

Pour le déjeuner, j’inviterai,
un jour ma tante Germaine,
un jour mes cousins,
un autre ma filleule.
Je préparerai le repas et, s’il fait beau,
nous déjeunerons dehors,
devant la maison aux volets bleus...
moment convivial qui me rapprochera de ma famille
que je ne vois qu’une ou deux fois par an.

Le soir venu,
après avoir reconduit mes invités à Angers,
je m’installerai dehors fumant un cigare
auprès du tilleul centenaire.
Dans l’air parfumé du soir
en regardant le ciel unique, bleu clair,
au-dessus de la Loire,
je songerai, réfléchirai peut-être,
et puis je fredonnerai certainement
la chanson de Brassens :
      « auprès de mon arbre,
      Je vivais heureux,
      Je n’aurais jamais dû le quitter des yeux » !

Je goûterai, à cet instant,
un moment de plénitude et de grâce
où je remercierai le Seigneur et mes parents
de m’avoir donné la vie...

Et je retournerai à Quimper
« le cœur léger et le bagage mince »
vous retrouver, bien ressourcé
pour une nouvelle année.

Citation : La simplicité - Garry Winogrand

L'extraordinaire
nous attire un instant,
la simplicité
nous retient plus longtemps,
parce que c'est en elle seule
que réside l'essentiel.
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Texte : Jardinage - Xavier Grall

TGO (Très Grosse Orange)

Ah, oui, c'est important, un jardin !
Je ne sais si nos réformateurs de tout poil,
nos psychosociologues de tout crin
y ont jamais songé.
Il leur suffirait pourtant de se balader
dans la banlieue parisienne.
Près de Trappes,
ces masures de briques atroces
ouvrent du moins sur la fertilité
de jardins délicieux,
de potagers adorables.

Fonction sociale du jardinage.
Je jurerais, moi,
que les ouvriers qui vivent là sont,
au bout du compte, moins malheureux
que ceux que l'on fourgue présentement
dans les HLM les plus modernes,
les plus confortables.

Vieux roulier de la SNCF,
quand tu trouves ton lopin
après ton labeur écrasant,
tu retrouves l'oiseau dans le cerisier,
ton plaisir dans ta plate-bande
et ta vérité d'homme créé
dans la fécondité de ta propre création.
Et tu retrouves alors,
si modeste soit ton domaine,
ta liberté dans ce repos.

Les révolutionnaires
devraient être plus simples.
"A chaque homme, son jardin."
Telle devrait être la première
de leurs revendications.

Texte : De l'Amour divin - Hans Urs von Balthasar

Celui qui porte déjà en lui
d'une manière quelconque,
peut-être inconsciemment,
une parcelle du mystère de l'amour divin
sait que seul l'amour peut finalement
donner un sens à l'existence.
Et les chrétiens n'en ont pas le monopole.

Car le monde dans sa totalité
appartient déjà au royaume de Dieu
qui n'est pas de ce monde.
Le monde qui passe,
dans lequel nous vivons,
est incorporé dans le grand royaume
qui demeure où vit Dieu qui est tout en tout.

Citation : Pour un vrai dialogue - Dominique Pire

Le dialogue consiste pour chacun
à mettre provisoirement entre parenthèses
ce qu’il est et ce qu’il pense
pour essayer de comprendre et d’apprécier,
même sans le partager,
le point de vue de l’autre.
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Citation : Regard - Gilbert Cesbron

Mon Chou
- Photo "Mon Chou" par Matthieu Luna -

Le bonheur ne réside pas dans les choses,
mais dans la manière de les regarder.
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Prière : Le soleil et les volets – François Brune

Dieu n’est qu’Amour,
son amour rayonne sans cesse,
comme le soleil rayonne sans cesse.
Mais le soleil ne peut ouvrir vos volets.

Tout ce qu'il peut faire,
c'est laisser filtrer un peu de lumière
à travers les fentes de vos volets
pour vous donner envie de les ouvrir.

Mais c’est à vous d’ouvrir vos volets.
L’Amour de Dieu ne peut pénétrer en vous
et vous transformer
que si vous voulez bien le laisser faire.

car Dieu n’est qu’amour
mais l’amour ne peut nous dispenser
de l’effort de l’accueillir,
c’est n’est pas une exigence de la Justice de Dieu
mais une question d’efficacité

Ainsi, si l'homme souffre,
ce n'est pas l'effet de la volonté
ni d'une décision issue de la justice de Dieu
mais d'un refus de l'amour.

Citation : Avidité – Gandhi

Le monde est assez grand
 pour satisfaire les besoins de tous
 mais il sera toujours trop petit
 pour satisfaire l'avidité de quelques uns.
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Texte : L'amour est comme le nuage... - Paulo Coelho

Le principal but de la vie, c'est aimer. Le reste est silence.
Nous avons besoin d'aimer.
Même si cela nous mène au pays où les lacs sont faits de larme. ...
Notre seul et vrai choix, c'est de nous livrer au mystère de cette force incontrôlable. ...
parce que la nature est la manifestation de l'Amour de Dieu.
Malgré tout ce que nous faisons, elle nous aime encore.
Aussi, respectons et comprenons ce que la nature nous enseigne.

Nous aimons parce que l'Amour nous libère.
Et nous nous mettons à dire les mots
que nous n'avions même pas le courage de nous murmurer. ...
Nous prenons la décision que nous laissions pour plus tard.
Nous apprenons à dire "non" sans considérer ce mot comme maudit.
Nous apprenons à dire "oui" sans en redouter les conséquences.
Nous oublions tout ce qu'on nous a appris sur l'Amour,
parce que chaque rencontre est différente et porte en elle ses angoisses et ses extases.

Nous chantons plus fort quand la personne aimée est loin
et nous murmurons des poèmes quand elle est près de nous.
Même si elle n'écoute pas ou n'accorde pas d'importance à nos cris et à nos murmures.

Nous ne fermons pas les yeux sur l'Univers pour nous plaindre de le trouver sombre.
Nous gardons les yeux bien ouverts, en sachant que sa lumière
peut nous pousser à faire des choses insensées.
Cela fait partie de l'Amour.

Notre cœur est ouvert à l'Amour et nous l'offrons sans crainte,
parce que nous n'avons plus rien à perdre.
Alors nous découvrons, en rentrant chez nous, que quelqu'un était là à nous attendre,
cherchant la même chose que nous
et souffrant des mêmes angoisses et des mêmes inquiétudes.

Parce que l'Amour est comme l'eau qui se transforme en nuage :
il est haut dans le ciel et voit tout de loin, conscient qu'il devra un jour regagner la terre.
Parce que l'Amour est comme le nuage qui se transforme en pluie :
il est attiré par la terre et fertilise le champ.

Amour n'est qu'un mot, jusqu'au moment où nous décidons
de le laisser nous posséder de toute sa force.
Amour n'est qu'un mot, jusqu'à ce que quelqu'un vienne lui donner un sens.
Ne renonce pas.
En général, c'est la dernière clé du trousseau qui ouvre la porte.

- Extrait de son livre : "Le manuscrit retrouvé" -



Citation : Cabane ou palais - Billy Graham

Le monde n'est pas une demeure permanente.
Que vous construisiez une cabane ou un palais,
quel qu'en soit le prix,
ce ne sera jamais qu'une habitation temporaire.
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Texte : Le lieu où nous vivons - Christian Bobin

PARIS VUE SUR LES TOITS
- Photo "Paris vue sur les toits" de Steve Lorillere -

Nous vivons dans des villes,
dans des métiers, dans des familles.
Mais le lieu où nous vivons en vérité
n'est pas un lieu.

Le lieu où nous vivons vraiment
n'est pas celui où nous passons nos jours,
mais celui où nous espérons
sans connaître ce que nous espérons,
celui où nous chantons
sans comprendre ce qui nous fait chanter.



Citation : Etre libre - Nelson Mandela

Etre libre,
ce n'est pas seulement
se débarrasser de ses chaînes,
c'est vivre d'une façon
qui respecte et renforce
la liberté des autres.
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Cri de pauvre : Galère de mère - entendu par un bénévole

Nous étions trois enfants
mais mon père est parti quand j'avais 2 ans.
Heureusement, ma mère travaillait
elle avait même deux emplois :
le premier à plein temps durant la semaine,
le second toute la journée du dimanche ;
Il lui en a fallu du courage,
mais ça lui permettait de boucler ses fins de mois...

Mais nous, le dimanche, que faisions-nous ?
Non pas nos devoirs, comme c'était prévu,
mais des bêtises, des disputes et des révoltes,
et, en plus, à l'adolescence,
des "magouilles et des bons plans"
avec les copains de la cité...

A l'école, dans le quartier, et même au commissariat,
on lui disait tout le temps :
"Il faut tenir vos enfants !
- mais comment faire, quand je suis au travail ?
- "Yaqua" les faire garder !
- cela me coûterait plus cher que ma paye !
- "Yaqua"ne pas travailler !
- et vivre à la rue ? les laisser mourir de faim ?
- "Yaqua"les abandonner à la DASS !
- pour qu'ils soient marqués à jamais,
  se sentant abandonnés, indignes d'être aimés ?
  tout ça à cause d'un père qui n'a pas voulu assumer ?
- Alors, fallait pas avoir d'enfants !
- comment pouvais-je prévoir que mon mari me quitterait
  et saurait s'arranger pour s'éviter la pension alimentaire ?"

Pourtant,
malgré tous ses efforts maternels, ses sacrifices,
et des années d'humiliations et de privations,
j'ai fini par y vivre... dans la rue
moi, son plus jeune enfant (les deux autres, c'est pas mieux) !

Et, en réfléchissant, je me dis aujourd'hui :
où est la justice dans tout ça ?
où sont les "droits de l'homme",
surtout ceux de la femme,
toutes ces mères, seules, sans aide, sans appui,
sans une minute de disponible
pour se faire des amis bienveillants,
pour trouver des conseils avisés,
pour réfléchir au moyen de s'en sortir...
et sans moyens suffisants, même en travaillant,
pour élever dignement leurs enfants ?

Pourquoi ne pas assurer un revenu décent
à la mère qui élève seule ses enfants ?
pour qu'au moins elle puisse à la fois
les nourrir ET avoir le temps nécessaire
pour les élever normalement :
éviter ainsi que ce soit la rue qui le fasse à sa place...

Cela diminuerait les placements si coûteux à la Dass,
les problèmes des banlieues, de l'insécurité,
et ce fléau de la petite (et la grande) délinquance...
A mon avis, on y gagnerait largement au change !

Texte : Amour de la vie - Etty Hillesum

La vie est une chose merveilleuse et grande :
après la guerre, nous aurons à construire
un monde entièrement nouveau
et, à chaque nouvelle exaction,
à chaque nouvelle cruauté,
nous devrons opposer
un petit supplément d’amour et de bonté
à conquérir sur nous-mêmes.

Nous avons le droit de souffrir,
mais non de succomber à la souffrance.
Et si nous survivons à cette époque
indemnes de corps et d’âme,
d’âme surtout,
sans amertume, sans haine,
nous aurons aussi notre mot à dire
après la guerre...

- décédée en 1943 dans le camp d'Auschwitz - 

 

Citation : Jeunesse - Douglas Mac Arthur

Les années rident la peau ;
renoncer à son idéal ride l’âme.
Les préoccupations, les doutes,
les craintes et les désespoirs
sont les ennemis qui, lentement,
nous font pencher vers la terre
et devenir poussière avant la mort.
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Texte : Le fruit défendu ? - d'après Adrien Candiard

Prickly Pear Fruit, So Ripe!
- Photo "Prickly Pear Fruit, So Ripe!" de cobalt123 -

Selon la Bible,
tout a commencé avec un fruit
qu’il ne fallait pas manger.
Car si les fruits, c’est bon,
certains sont du poison.
"Attention, ce fruit est dangereux,
en manger te ferait du mal.
Tu mourras, non pas par punition,
mais parce que tu es incapable
tout simplement de le digérer..."

Comme Adam et Ève,
nous agissons toujours
avec la même confusion :
nous croyons qu’il est possible
d’être heureux et menteur,
d'être en paix sans pardonner,
d'être libre sans aimer...


Braver l'interdit,
ou vouloir tout sans restriction
laisse souvent un goût amer !
Combien de fois encore
devrons-nous nous intoxiquer,
avant de choisir enfin
l’abondance des fruits de l’amour ?

Texte : A quoi ça sert ? - Anonyme

A quoi ça sert,
ça n'avance à rien !
Que vaut cette minuscule
goutte d'eau d'amour
dans une mer d'indifférence,
dans un torrent de haine ?

Combien de fois
n'avons-nous pas entendu
ou prononcé nous-mêmes
ces paroles désabusées ?
Et cela nous aigrit,
nous démobilise encore plus.

Résultat :
nous irons grossir
la foule des abstentionnistes,
des attentistes...

"Pratique la justice
et ma justice se révèlera."
Si petit soit-il,
mon engagement sera porteur
et signe
de l'engagement de Dieu.

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