Prière : Il n'y a pas de morts - Michel Quoist

Comme si les morts existaient !
Il n'y a pas de morts,
Seigneur,
Il n'y a que des vivants,
sur notre terre,
et au-delà.
La mort existe,
Seigneur.
Mais elle n'est qu'un moment,
Un instant,
une seconde,
un pas,
Le pas du provisoire
au définitif,
Le pas du temporel
à l'éternel.
Ainsi meurt l'enfant
quand naît l'adolescent.
La chenille
quand s'envole le papillon.
Le grain
quand s'annonce l'épi...

Texte : Le droit d'être enfant - Philippe Simon

Et si on décidait de relâcher la pression sur nos enfants ?
L'école maternelle n'est pas le lieu des compétitions.
Un enfant un peu turbulent, un peu coquin,
n'est pas un futur voyou.

Au cours préparatoire, l'enfant qui lit moins vite
n'est pas condamné à l'échec scolaire.
Un enfant de 6e a encore le droit
de jouer avec ses poupées ou ses voitures.

De grâce, sauvons l'enfance de nos enfants.
Laissons-les grandir à leur rythme.
Protégeons-les des agressions de la société de consommation,
des classements divers et variés, des discours défaitistes...

L'enfant du XXIe siècle reste un enfant
avec ses besoins de jeu, de temps passé avec ses parents,
de rêverie, de découverte, d'enthousiasme...

- Lu dans "Ouest-France" - 

Citation : Poutre et paille - Antoine, Bénévole

S'occuper de ma poutre
avant de m'occuper
de la paille de mon manager :
C’est le début de la fraternité
dans mon entreprise.
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Texte : Paradoxes (2) – Bob Morrehead

Two small visits to my photostream
- Photo "Two small visits..." de Manu -

Le paradoxe de notre temps
est que
Nous avons trop,
nous fumons trop,
nous nous dépensons
inconsidérément,
nous rions trop peu,
conduisons trop vite,
nous nous mettons
trop en colère,
nous nous levons
trop tard et fatigués,
nous pensons trop peu,
regardons trop la telé
et méditons trop rarement.

Nous avons multiplié
nos possessions
mais réduit nos valeurs.
Nous parlons trop,
aimons trop rarement
et haïssons trop souvent.
Nous avons appris
comment gagner notre vie
mais pas la vie.
Nous avons ajouté
des années à la vie,
pas de la vie aux années...

Texte : Education et instruction - Victor Hugo

Les parents donnent l'éducation.
L'état doit l'instruction.
L’enfant veut être élevé par la famille
et instruit par la patrie.
Le père donne à l’enfant
sa foi ou sa philosophie ;
l’état donne à l’enfant
l’enseignement positif.

De là cette évidence
que l’éducation peut être religieuse
et que l’instruction doit être laïque.
Le domaine de l’éducation
c’est la conscience,
le domaine de l’instruction
c’est la science.

Plus tard, dans l’homme fait,
ces deux lumières se complètent
l’une par l’autre.

Citation : Des gestes tout simples - Pape François

Il est nécessaire de poser des gestes d’humilité,
de fraternité, de pardon, de réconciliation.
Ces gestes sont les prémices et la condition
pour une paix vraie, solide et durable. 


Prière : C'est Simon ! - Charles Delhez

La chapelle du Hénan à Pont-Aven.
- Photo "La chapelle du Hénan" de Ronan Davalan -

Chaque jour, on voyait un vieux bonhomme tout voûté pénétrer dans l’église du village, sur le coup de midi, quand sonnait l’angélus. Il n’y restait pas longtemps, mais il n’aurait jamais manqué ce rendez-vous.

La sacristine, qui habitait sur la place, le voyait entrer et sortir presque aussitôt. Inquiète, elle avertit Monsieur le Curé. Intrigué, il décida de se poster derrière une colonne et d’observer : notre ami entrait, allait jusque devant l’autel, faisait une génuflexion pleine de dignité et s’en retournait.

Plusieurs jours de suite, le curé observa le même rite. Il interpella enfin le mystérieux visiteur :
"Que fais-tu là ?
- Je viens faire ma prière, Monsieur le Curé.
- Elle n’est pas très longue…
- Je sais. Je ne suis pas capable de mieux, mais elle Lui suffit.
- Tu n’as même pas le temps de réciter un Ave Maria ?
- Oh non ! Je dis simplement : 'Bonjour Jésus, c’est Simon !"

Un jour, on ne vit plus Simon. La vieillesse gagnait du terrain... On l’avait emmené dans un hospice. Là, il était bien soigné, mais personne ne venait le voir. Pourtant, il avait l’air heureux, surtout vers midi. A cette heure-là, chaque jour, son visage rayonnait. Sans doute s’agenouillait-il dans l’église de son cœur et redisait-il la même prière : "Bonjour Jésus, c’est Simon !"

Ce jour-là, c'était le dimanche de Noël. Midi approchait. Simon était endormi sur son lit. Au milieu du sommeil, il se mit à sourire. Il rêvait. Il vit quelqu'un de beau et lumineux s’approcher de lui. Lentement. Paisiblement. Le regard plein d’amitié. Et puis, d’un geste de la main, cet inconnu le salua et lui dit : "Bonjour Simon, c’est Jésus !"
De ce rêve-là, Simon ne s’est jamais réveillé...

Citation : Jeune est celui... - Douglas Mac Arthur

Jeune est celui qui s’étonne et s’émerveille.
Il demande comme l’enfant insatiable.
Et après ?
Il défie les événements
et trouve la joie au jeu de la vie.
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Citation : On est chez soi - Etty Hillesum

Seul au monde
- Photo "Seul au monde" par Alpha du Centaure - 

Partout où s'étend le ciel,
on est chez soi ;
en tout lieu de cette terre,
on est chez soi,
lorsqu'on porte tout en soi !
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Cri de pauvre : Le monde à table - d'après Hervé Bertho

"Aujourd'hui, on n'a plus le droit 
d'avoir faim ni d'avoir froid" nous disait Coluche.
La faim est un des plus grands scandales
de notre monde si riche où croissent les milliardaires,
au défi du bon sens.

Un enfant meurt de faim toutes les dix secondes !
850 millions de terriens meurent de faim chaque année,
alors que 557 millions d'obèses
jouent avec la mort pour avoir trop mangé !
Voilà le grand déséquilibre du monde.

La faim n'est plus seulement due
à l'ignorance ou aux incidents climatiques,
mais principalement à la cupidité,
l'incurie et l'indifférence.
Pourtant, si les citoyens, leurs organisations
et leurs gouvernements reconnaissent la faim
comme le principal problème
que doit affronter l'humanité,
nous aurions les moyens d'assurer réellement
et concrètement l'alimentation mondiale.

 Le monde est en crise, des réponses sont urgentes.
Ventre affamé n'a pas d'oreille !
On meurt aussi des conséquences :
pensée délirante, ignorance, fanatisme,
guerres, migrations sauvages, terrorisme et autres maux
se nourrissent de la colère
de ceux qui ne se nourrissent pas.
Les gens heureux n'ont pas d'histoires
tandis que les hordes de la pauvreté sont promptes
à se mobiliser autour des délires des espoirs malmenés.

Pourtant, on sait produire, et même produire trop !
Et c'est au détriment des paysans, de là-bas ou d'ici !
Le malheur des uns s'ajoute alors au malheur des autres.
Qui inversera la tendance ?
Le problème de la faim est politique,
son éradication aussi !
Mettons donc le monde à table !
L'alimentation doit être reconnue
comme un REEL droit de l'Homme.
__________
-Pour lire le texte au complet sur Ouest France -

Citation : Abreuver la terre - Anonyme

Peu importe la forme, la couleur,
ou la profondeur du réservoir,
pourvu que l'eau déborde
et abreuve la terre...
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Texte : Sois "amour" en toi - Père André-Marie

Les Uros, Lac Titicaca, Perou
- Photo "Les Uros..." de Alexandre Peplaw -

Si tu n’es pas "amour" en toi,
tout ce que tu feras,
verras, penseras, inventeras
sera handicapé, "orphelin"
de ce qu’il doit être vraiment :
un abandon de l’être au présent.

L’amour n’est jamais petit ou grand.
Laisse cette dimension-là
aux émotions, aux événements.

L’amour est.
Il ne se mesure pas.
Il est tout entier dans ce qu’il est.
Il est comme le vent,
comme le temps et l’air ;
ne l’enferme pas dans tes rêves.

Texte : Douceur de vivre, amour de soi - Christian Bobin

L'amour de soi est à l'amour de Dieu
ce que le blé en herbe est au blé mûr.
Il n'y a pas de rupture de l'un à l'autre
- juste un élargissement sans fin,
les eaux en crue d'une joie qui,
après avoir imprégné le cœur,
déborde de toutes parts et recouvre la terre entière.

L'amour de soi naît dans un cœur enfantin.
C'est un amour qui coule de source.
Il va de l'enfance jusqu'à Dieu.
Il va de l'enfance qui est la source,
à Dieu qui est l'océan.

Quant à la douceur de vivre,
elle est inchangée avec les siècles.
Elle est faite du calme d'un entretien,
du repos d'un corps,
d'une couleur d'un mois d'août.
Elle est faite du pressentiment que l'on vivra toujours,
dans l'instant même où l'on vit.

L'amour de soi est le premier tressaillement de Dieu
dans la jubilation d'un cœur.
La douceur de vivre est l'avancée
d'une vie éternelle dans la vie d'aujourd'hui.

Texte : Transmission - François-Xavier Bellamy

Grande responsabilité !
- Photo "Grande responsabilité" de Etienne Valois - 

Des philosophies ont produit un phénomène inouï,
inédit dans l'histoire humaine :
deux ou trois générations se sont interdit
de transmettre leur culture aux suivantes,
marquées par cette idée profondément fausse
selon laquelle nos enfants seraient plus libres,
plus heureux, plus eux-mêmes,
si nous évitions de les "polluer"
par ce que nous-mêmes avons vécu.
Je ne crois pas que les parents
aient soudainement démissionné :
simplement, ils se sont sentis coupables.

Prenez l'exemple de la foi :
d'un seul coup, on a expliqué aux parents
que transmettre ce en quoi ils croyaient,
c'était aliéner la liberté de leur enfant.
Dans l'Eglise aussi, cet effondrement intérieur
a fait, en quelques génération, tant de déshérités.
Mais un enfant est-il plus libre quand il n'a rien reçu ?
Bien au contraire : en étant privé de culture,
il est privé de lui-même,
des moyens de former une pensée vraiment personnelle.

La crise (ainsi) engendrée révèle ce mystère
au cœur de la nature humaine,
qui est celui de la médiation :
pour être nous-mêmes,
nous avons besoin de la rencontre avec l'autre ;
nous avons besoin que nous soient transmis
une langue, un patrimoine culturel, un héritage,
dans lesquels nous trouvons notre propre liberté,
notre propre singularité.

... En transmettant un savoir,
l'enseignant transmet simplement
de quoi devenir vraiment humain.
A l'inverse, quand la culture n'est plus transmise,
il ne reste en l'homme que la barbarie.

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