Texte : Comment dire ? – Jeanne Signard

Conciliabules devant un paradis !
- Photo "Conciliabule devant un paradis !" de Chris230 -

Mes pensées et mes sentiments,
mes désirs et mes rêves les plus fous,
mes doutes et mes raisons d’espérer
sont bien au chaud au fond de moi,
dans leur absolue nudité.
Avant de les laisser s’envoler,
il faut les habiller de mots.
Ma « garde-robe » est plus ou moins riche !
La libre pensée se trouve un peu corsetée
dans les mots les plus justes.
Comment avec des mots communs à tous
vais-je exprimer ma pensée ou mon sentiment personnel ?

Devant les réactions provoquées
par la parole que nous avons risquée,
il nous est arrivé de reconnaître, d’un ton déçu :
« Ce n’est pas ce que je voulais dire ».
Heureuse êtes-vous si, par une écoute active,
quelqu’un vous permet de reformuler votre vraie parole.
Il est douloureux d’échouer à se faire comprendre des autres.
La tentation est alors grande
de se retirer de la conversation
en lançant un « Je me comprends ! » boudeur.
De là à décréter : « Personne ne peut me comprendre  »,
il n’y a qu’un pas, suivi bientôt d’un retrait définitif :
« je n’ai rien à dire  ». 

N’oublions pas que la difficulté de communiquer
est la condition normale en humanité
et la communication réussie, la miraculeuse exception.
Il dépend de nous que ce miracle survienne
plus souvent au cours de nos conversations.
La parole reçue et la parole dite
ne coïncident jamais tout-à-fait
et nous ne pouvons pas faire autrement.
Inutile de nous en prendre aux autres
puisque nous avons déjà transformé
notre pensée avant de l’exprimer !
A nous de faire de cette infirmité de la communication,
un atout pour déployer et enrichir nos échanges.

Les explications parfois nécessaires,
outre qu’elles dissipent les malentendus
approfondissent la réflexion
et ouvrent de nouvelles avenues à la pensée.
Innombrables sont les trésors enfouis
dans les plis de nos pensées et de nos désirs !
Quand la confiance a balayé toutes nos peurs,
nous pouvons nous ex-pli-quer,
c’est-à-dire exposer ce qui se cache
dans les plis de nos pensées et de nos cœurs.
Alors se vérifie, devant Dieu et entre nous,
le verset 15 du Psaume 18 :
« Accueille les paroles de ma bouche,
le murmure de mon cœur  ».

Texte : L'important - Anonyme

C'est quoi l'important ?
L'important , c'est d'accrocher des rires
aux branches sèches de la vie.
C'est quoi la vie ?
La vie, c'est chercher son étoile
dans le fouillis du ciel.
C'est quoi le ciel ?
Le ciel, c'est ce qu'on ne peut voir
qu'en fermant les yeux.
C'est quoi les yeux ?
Les yeux, c'est l'endroit
où s'embrasent nos rêves.
C'est quoi les rêves ?
Les rêves...
C'est ce qui est important !

Citation : Le vrai Dieu - Etty Hillesum

Il faudrait montrer aux hommes le vrai Dieu
Celui qui, par pudeur et par respect,
s´est dépouillé de sa puissance …
qui, étant tout amour, s´est fait toute faiblesse,
le Dieu qui nous attend en silence
et dont nous sommes responsables sur la terre.
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Prière : Heureux celui qui attend - Anonyme

Heureux celui qui attend de fêter Noël :
il se réjouit des cadeaux qu'il va recevoir,
Il écrit des cartes d'invitation
pour rassembler tous ceux qu'il aime
Et partager avec un joyeux moment.

Heureux ceux qui attendent la venue d'un ami.
Ils se préparent et décorent la maison,
Ils guettent et restent éveillés,
Ils ouvrent leur cœur pour l'accueillir,
Ils le reçoivent et c'est la fête !

Heureux sommes-nous en ce temps de Noël.
Jésus naît au milieu des hommes !
C'est Dieu lui-même qui vient : quelle fête !
Préparons-nous à l'accueillir !
Réjouissons-nous ! C'est Noël !
C'est le temps de la fête !

Citation : Epreuves - Anonyme

Ceux qui bénissent Dieu
dans leurs épreuves
seront bénis de Dieu
par leurs épreuves.
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Texte : Savoir être accueilli - Pierre-André Mauduit

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- Photo de Bernat Casero -

Il faut savoir se laisser accueillir.
Mais c’est plus facile d’être celui qui accueille.
On est le maître,
on fixe le tempo et les coutumes.
On dirige...

Se laisser accueillir, par contre,
c’est accepter de s’abandonner à l’attention de l’autre,
être un peu gauche
et attendre que l’on nous dise ce qu’il faut faire.
On est déplacé, gêné.

Parfois même,
ne parlant pas la langue de notre hôte,
nous cherchons comment lui rendre
la politesse de son hospitalité.
Et nous redevenons comme de petits enfants
dans nos gestes et dans nos paroles.

Texte : C'est par la prière - Alexis Carel

C'est par la prière
que l'homme va à Dieu
et que Dieu entre en lui.

II est absurde de prier le matin
et de se conduire le reste de la journée
comme un barbare.

De très courtes pensées ou invocations mentales
peuvent maintenir l'homme en présence de Dieu.
Toute la conduite est alors inspirée par la prière.
Ainsi comprise la prière devient une manière de vivre.

Texte - La joie est un regard - Bertrand Vergely

La joie est un regard divin posé sur le monde,
tout comme un regard divin posé sur le monde
est toujours un regard joyeux…
Tout être est porté par la vie.
Tout être est donc, à ce titre,
porté par un élan d'éternité,
le souffle de ce qui est
étant antérieur à tout ce qui est.

Quand on ne voit plus que soi,
on tend à oublier ce souffle.
On ne finit par ne plus voir qu'une vie
allant irréductiblement vers la mort
et donc vers l'échec.

La joie réside dans une mémoire de l'éternité.
Nous sommes vivants. Réels.
Pourquoi la vie qui nous a rendu ainsi vivantes et réels
devrait-elle nous abandonner ?
Le réel peut-il cesser d'être réel ?

Texte : Sous et sur-développement – Karol Vojtyla

Une constatation déconcertante de la période la plus récente
devrait être hautement instructive :
à côté des misères du sous-développement
qui ne peuvent être tolérées,
nous nous trouvons devant une sorte de sur-développement,
également inadmissible parce que, comme le premier,
il est contraire au bien et au bonheur authentiques.

En effet, ce surdéveloppement,
qui consiste dans la disponibilité excessive
de toutes sortes de biens matériels
pour certaines couches de la société,
rend facilement les hommes esclaves
de la «possession» et de la jouissance immédiate,
sans autre horizon que la multiplication des choses
ou le remplacement continuel de celles que l'on possède déjà
par d'autres encore plus perfectionnées.
C'est ce qu'on appelle la civilisation de «consommation»,
qui comporte tant de «déchets» et de «rebuts». ...

Nous touchons tous de la main les tristes effets
de cette soumission aveugle à la pure consommation :
d'abord une forme de matérialisme grossier,
et en même temps une insatisfaction radicale
car on comprend tout de suite que, à moins d'être prémuni
contre le déferlement des messages publicitaires
et l'offre incessante et tentatrice des produits de consommation,
plus on possède, plus aussi on désire,
tandis que les aspirations les plus profondes
restent insatisfaites, peut-être même étouffées.

«Avoir» des objets et des biens ne perfectionne pas l'homme
si cela ne contribue pas à la maturation
et à l'enrichissement de son « être »,
c'est-à-dire à la réalisation de la vocation humaine en tant que telle.

Citation : Service - Anonyme

Le plus grand malheur
qui puisse nous arriver,
c'est de n'être utile à personne,
que notre vie ne serve à rien.
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Texte : La tendresse - Maurice Bellet

De quel amour aime donc la tendresse ?
Cet amour est le pur laisser-être
qui coïncide avec la volonté
et la poussée la plus pressante du désir
que l'autre soit, et sorte du piège de tristesse
et avance gaiement sur sa voie ;
mais c'est désir sans hâte et comme sans désir,
poussée qui ne pèse rien,
appel qui sait demeurer en silence.

C'est l'espace offert et le temps libre,
afin qu'il y ait place et temps pour la Voie.
C'est préférer que l'autre soit, plutôt que non.
C'est l'émerveillement qu'il soit, tel qu'il est.
C'est croire en lui plus qu'il n'y croit lui-même.
C'est espérer avec foi que sa voie s'ouvre devant lui
et qu'il y sera bon et puissant.
C'est l'aimer ni de tête, ni de cœur,
ni de vouloir - mais avant !

Puisque si quelqu'un aime ainsi,
son amour est lui-même, tout entier là.
Et c'est lui-même tout entier là, s'effaçant,
pour que demeure seulement, à qui la désire, la Voie.

Texte : La marge - François Marie Guyot

Les contacts avec tous ces paumés,
ces exclus, ces rejetés, ces sans-noms,
sans-papiers, sans-paroles,
alcooliques ou drogués,
que j’ai hébergés chez moi par milliers,
ont été pour moi l'occasion ...
d'une nouvelle formation à la vie,
qui consiste à accepter les gens tels qu’ils sont
et les événements tels qu’ils se présentent.

La solution est de se tenir juste un peu
à l’écart de telles situations.
On devrait réapprendre à vivre dans notre société,
lui sourire, y être « bon vivant » et savoir parfois,
lorsqu'on n’est pas d’accord,
laisser naître en nous des indignations d’amour
pour se mettre en marge.
En ce qui me concerne,
je crois que la marge prend souvent toute la page.


Citation : Vivre et penser - Abbé Joly

C'est à travers une façon de vivre
qu'on opte pour une manière de penser.
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Texte : Paradoxes (3) – Bob Morrehead

Manifestation de Sanofi Toulouse
- Photo "Sanofi Toulouse" de MetroNews Toulouse -

Le paradoxe de notre temps
est que nous mangeons très vite,
mais digérons trop lentement,
les humains ont une plus grande taille
mais des caractères plus "petits",
des très grands profits
mais des relations superficielles.

Nous jouissons de deux revenus
mais nous divorçons.
Nos maisons sont luxueuses
mais nos foyers détruits.

De nos jours nous appliquons
une morale sur mesure,
mais nous multiplions les flirts
sans lendemain.

On prend des médicaments pour tout,
ça nous remonte le moral et nous apaise,
mais nous tue à petit feu.
Aujourd'hui, seule l'apparence compte :
le "contenant" au détriment du contenu.

Nous tendons vers la paix dans le monde,
mais engageons des guerres domestiques.
Nous avons de la nourriture en abondance,
mais moins de nutriments,
et plus de pauvres affamés ...

Citation : - André Marie

Il y a ce que tu vois,
ce que tu touches
et qu’un jour,
tu ne verras plus,
ne toucheras plus.
Mais il y a aussi
cette autre partie de toi
que tu ne verras jamais,
ne toucheras jamais.
L’une est ton personnage,
l’autre, ta personne.
Laisse-les,
l’une et l’autre, exister.


Prière : Partage des fruits du monde - Caritas

Seigneur notre Dieu,
Tu nous as confié les fruits de toute la création
afin que nous puissions prendre soin de la terre
et être nourris de sa générosité.
Tu nous as envoyé ton Fils
pour partager notre chair et notre sang
et nous enseigner ta loi d’Amour.

Par sa mort et sa résurrection,
nous sommes devenus une seule famille humaine.
Jésus a montré une grande attention
à ceux qui n’avaient pas de nourriture,
allant jusqu'à transformer cinq pains et deux poissons
en un banquet qui a rassemblé cinq mille personnes
et bien plus encore.

Nous nous présentons devant Toi, Seigneur notre Dieu,
conscients de nos fautes et de nos défaillances,
mais remplis d’espérance, pour partager la nourriture
avec tous les membres de la grande famille humaine.

Dans ta sagesse, inspire les responsables
des gouvernements et des entreprises,
ainsi que tous les citoyens du monde,
afin qu’ils trouvent des solutions justes et solidaires
pour mettre un terme à la faim
en s’assurant que tous les peuples
aient droit à l’alimentation.

Ainsi, nous Te prions, Seigneur notre Dieu,
pour que, quand nous serons devant Toi,
nous puissions nous présenter
comme « une seule famille humaine »
avec « de la nourriture pour tous ».
Amen


Citation : Le meilleur instrument - Stevie Wonder

L'oeil sur le manche
- Photo "L'oeil sur le manche" de Erminig Gwenn -

Le Mahatma Gandhi a libéré un continent.
Martin Luther King a libéré un peuple.
Nelson Mandela a libéré un pays.
Qu'ont-ils de commun,
sinon d'avoir choisi l'amour comme instrument ?
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Texte : La vie est courte - Maurice Zundel

Qu'est-ce que nous faisons de notre vie ?
Nous nous cherchons, nous nous fuyons,
nous nous rencontrons par intermittence
et n'arrivons jamais à boucler la boucle,
à nous définir nous-mêmes,
à savoir qui nous sommes...

On n'a pas le temps, la vie passe si vite,
on est occupés par les soucis matériels
ou par les divertissements...
Et finalement la mort arrive,
et c'est devant la mort qu'on prend conscience
que la vie aurait pu être quelque chose
d'immense, de prodigieux, de créateur.

Bible : Cadeau ! - Paul de Tarse

Qu'as-tu
que tu n'aies reçu ?

- Première lettre aux Corinthiens, 4,7 -
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Texte : La pauvreté se cache - Annick Lhuillier

l'enfant
- Photo "L'enfant" de Fabien Lemetayer -

En France aujourd'hui,
on ne reconnaît plus un pauvre dans la rue,
ni à son aspect, ni à son comportement, ni à son image,
à part peut-être certaines personnes
dégradées par une longue période de galère...

Il est honteux aujourd'hui de ne pas avoir ‘réussi’ sa vie ;
alors, tant qu’on peut cacher sa misère,
on garde un semblant de dignité,
jusqu'au jour fatidique où tout le monde sait
qu’il y a des problèmes à la maison…
et c’est la déchéance :
les regards de pitié ou de méfiance,
les silences pesants,
les questions indiscrètes soupçonneuses…
ajoutant un peu plus encore aux sentiments d’abandon,
de solitude et d’isolement déjà ressentis.

Ainsi, de nombreux vrais pauvres (en particulier les seniors)
ne quémandent jamais une aide
et préféreront se priver plutôt qu’être ‘assistés’:
Un suicide sur trois concerne un senior aujourd'hui.

D'autres vivent très mal le fait d’être à la charge de la société
par manque de revenus issus d’un travail honnête.

On voit aussi certaines mamans,
pour compenser les privations (ou hontes)
qu’elles pensent faire subir à leurs enfants,
les gâter à outrance par des achats compulsifs de compensation,
mettant ainsi plus encore en péril leur budget déjà si précaire.

Seul une approche bienveillante et discrète
permet de débusquer cette pauvreté cachée,
pourtant bien trop réelle.




Citation : Le bonheur - Gustave Thibon

Le bonheur ne se rêve pas.
Il est partout à condition
de tout accueillir
comme don de Dieu.
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Texte : Le bonheur est insouciant - Bertrand Vergely

Le bonheur est insouciant.
Comment pourrait-il en être autrement ?
Quand on est heureux, on ne pense à rien.
Ou bien on n'est pas heureux et on ne le sera jamais.

L'état heureux ne supporte pas le moindre recul
ni le moindre partage avec quoi que ce soit.
Pour tout donner, il exige que l'on donne tout,
le bonheur résidant dans ce don.
Divin oubli de soi.

Difficile au demeurant.
Car il signifie que pour être heureux
il faut l'être deux fois, voire trois.
Il faut d'abord savoir être heureux
en accueillant le bonheur que la vie donne.
Il faut également savoir aussi s'abandonner
à ce bonheur en s'y livrant totalement.
Ce qui est du grand art.
La sagesse orientale s'y emploie
en enseignant à lâcher prise.
La mystique d'Occident parle, elle d'abandon.
Dans tous les cas, la leçon est belle. ...

Toutefois, si le bonheur est insouciant,
tout ce qui est insouciant n'est pas forcément heureux.
Il existe une fausse manière de se détacher du monde,
qui consiste à se moquer de tout.
Esprits irresponsables refusant d'assumer
leurs actes dans l'existence,
ils comptent sur un miracle, le hasard, la bonne fortune,
la bonne volonté d'autrui pour pouvoir se tirer d'affaire. ...

La providence existe,
mais pas sous la forme que l'on imagine souvent.
Ainsi, il est providentiel que les hommes soient seuls,
livrés à eux-mêmes.
c'est ainsi qu'ils deviennent des adultes
responsables, libres et créateurs.

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