Texte : Un sourire - Jean-Claude Brinette

Un sourire,
C'est toujours un cadeau  
Il coûte un peu d 'effort
Mais donne du réconfort,
C'est une preuve d'affection,
Un peu d' compréhension.

Un sourire n'a pas d'âge  
Si un petit bébé
Est capable d' le donner,
Vous qui êtes âgés
Essayez ! Vous verrez !

Un sourire c'est joli ...
Au lieu d'être déprimé
De rester enfermé,
Sortez donc vos fossettes ...
Voyez l'effet qu' vous faites.

C'est un rayon d' soleil  
Comme un brin de lumière,
Qui descend sur la Terre,
Il apporte dans le coeur
Un instant de bonheur.

Un sourire fait du bien
Tiens ! votre sourire revient
Et il vous fait du bien.
La vie est plus facile
Lorsqu'on se sent utile ...

Texte : Ta richesse - André-Marie

Si un jour tu découvres que le monde entier
a quelque chose en commun avec toi,
tu découvriras en même temps
que tu as quelque chose à partager
avec le monde entier.

N’aie pas honte de la richesse qui est en toi,
elle peut être contagieuse.
Essaye de faire correspondre tes rêves
à ce dont la Vie rêve pour toi.
C’est de cette identité, de cette fusion,
que naîtront en toi la paix et la sérénité...

Citation : Ce qui s'oppose à la joie - Denis-Marie Ghesquières

C'est le doute qui s’oppose le plus à la joie,
ce qui nous empêche de l’accueillir.
La joie est le fruit d’un combat...
Notre combat sera donc tout d’abord celui de la confiance
et de la persévérance à croire à notre vocation à la joie.
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Texte : L'innocent - Jean Vanier

Hopes & Dreams
Photo "Hopes & dreams" de Deepak Bhatia -

L'innocent est celui
qui n'a pas commis de délit...
on l'avait accusé,
injustement et à tort,
mais il a su prouver
son innocence.

L'innocent est celui
en qui ne réside pas le mal
et il ne le fait pas
en lui aucune duplicité,
son cœur n'est pas partagé
aucun détour en lui,
ni dans sa conduite,
ni dans ses paroles.
Il n'a qu'un seul regard
celui de l'amour
mais de l'amour de don
il se répand sans compter.

L'innocent qui ne fait pas le mal
est très différent ce celui
qui croit être bon,
le vertueux,
celui qui suit la loi,
et parce qu'il la suit
se croit pur,
pur par la loi,
mais impur, peut-être,
par l'esprit.

Texte : Voici Noël ! (2) - Revue Prier

(Humblement, Dieu se fait petit enfant,
Il vient naître parmi nous.
et cherche à naître en nous.)

Si tu saisis en toi
cette pulsation merveilleuse
qui te porte à ne pas être aujourd'hui
ce que tu étais hier,
tu es en train de naître.

Si tu te sens aujourd'hui
capable d'un amour tout neuf
que tu n'espérais pas hier,
tu es en train de naître.

Si tu te fais aujourd'hui
tout petit devant Jésus
pour te laisser conduire dans sa Lumière,
tu es en train de naître.

Sois sûr
que la plus grande chose de la vie,
ce n'est pas de vivre,
c'est de naître constamment
pour ne pas être vieux.

Puisses-tu garder de cette nuit
la saveur d'une rencontre :
Dieu vient remplir tes mains de pauvre;
la nouveauté que tu espères,
il peut la faire jaillir en toi.

Puisses-tu garder de cette nuit
la confiante et humble certitude
que tu es appelé indéfiniment à être
et, tout autant, appelé
à faire naître les autres.

Et voici qu'inlassablement,
Noël après Noël, jour après jour,
Dieu frappe à ta porte
et te demande à naître en toi.


Texte : Voici Noël ! (1) - Revue Prier

Voici qu'humblement,
Dieu se fait petit enfant,
Dieu vient naître parmi nous.
Dieu cherche à naître en nous.

Il se peut que le grand problème
de notre vie
ne soit pas tellement de vivre,
mais finalement de naître !

Partout, il est dit
que nous avons le mal de vivre :
N'aurions-nous pas plutôt le mal de naître ?
c'est-à-dire de devenir
celui que nous sommes véritablement.

Nous ne sommes pas l'homme
que nous paraissons être :
célèbre ou inconnu, riche ou démuni,
habile ou maladroit...
Tout cela, c'est l'apparence des choses.
Nous sommes un homme
qui cherche à naître.

Texte : La raison et la passion - Khalil Gibran

Votre raison et votre passion
sont le gouvernail et les voiles
de votre âme navigante.

Si vos voiles ou votre gouvernail se brisent
vous ne pouvez qu'être ballottés
et aller à la dérive,
ou rester ancrés au milieu de la mer

Car la raison, régnant seule,
restreint tout élan ;
et la passion abandonnée à elle-même,
est une flamme qui brûle
jusqu'à sa propre destruction.

Ainsi, que votre âme élève votre raison
à la hauteur de la passion,
pour qu'elle puisse chanter ;

Et que la raison dirige votre passion
pour que votre passion puisse vivre
dans une quotidienne résurrection
et tel le phénix,
renaître de ses propres cendres.

Texte : Vivre et mourir - Jean Debruynne

Quand il s’agissait de vivre
il ne pensait qu’à mourir.
Quand il a fallu mourir
il réclamait de vivre.

On peut tout dire sur la mort :
elle ne dira jamais le contraire.
Mourir c’est risquer sa vie…
A l’entrée de la mort
le temps se déchausse.


Citation : Voyage - Marcel Proust

Le véritable voyage de découverte 
ne consiste pas 
à chercher de nouveaux paysages 
mais à avoir de nouveaux yeux.
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Texte : Quelle chance tu as ! - LaoTseu

Horsie
- Photo "Horsie" de Andrzej Szymański -

Il était une fois un modeste paysan de la vieille Chine.
Il était veuf et n'avait qu'un fils.
Un jour, son cheval disparut.
Tous ses voisins le plaignirent,
en disant qu'une bien triste chose était arrivée.
"Peut-être que oui, peut-être que non", répondit-il.

Trois jours plus tard, son cheval revint,
accompagné de trois chevaux sauvages.
Les voisins l'envièrent
et lui affirmèrent "quelle chance tu as !"
à quoi il répondit "Peut-être que oui, peut-être que non".

Son fils tenta de monter l'un des chevaux sauvages,
tomba et se cassa une jambe.
Les voisins dirent "quelle guigne !"
"Peut-être que oui, peut-être que non"
répondit une nouvelle fois le paysan.

Trois jours plus tard, les huissiers de l'empereur
vinrent chercher tous les jeunes hommes valides
pour les enrôler dans l'armée.
Le fils du paysan ne fut pas enrôlé.
"Quelle chance tu as !"
déclarèrent les voisins au vieux paysan...

Nous ne voyons qu'un tout petit bout de notre réalité.
Qui sait à quoi peuvent être utiles
les expériences que nous vivons ?

Prière : Prière pour notre terre - Pape François

Dieu Tout-Puissant
qui es présent dans tout l’univers
et dans la plus petite de tes créatures,
Toi qui entoures de ta tendresse tout ce qui existe,
répands sur nous la force de ton amour
pour que nous protégions la vie et la beauté.
Inonde-nous de paix, pour que nous vivions
comme frères et sœurs
sans causer de dommages à personne.

Ô Dieu des pauvres,
aide-nous à secourir les abandonnés
et les oubliés de cette terre qui valent tant à tes yeux.
Guéris nos vies,
pour que nous soyons des protecteurs du monde
et non des prédateurs,
pour que nous semions la beauté
et non la pollution ni la destruction.

Touche les cœurs
de ceux qui cherchent seulement des profits
aux dépens de la terre et des pauvres.
Apprends-nous à découvrir la valeur de chaque chose,
à contempler, émerveillés,
à reconnaître que nous sommes profondément unis
à toutes les créatures
sur notre chemin vers ta lumière infinie.

Merci parce que tu es avec nous tous les jours.
Soutiens-nous, nous t’en prions,
dans notre lutte pour la justice, l’amour et la paix.

La vie sera plus forte - Jeanne Signard

Moineaux de Paris
- Photo "Moineaux de Paris" de Alain Bachellier - 

Si ta pensée, ton désir, acceptent de reconnaître
que la cage où tu avais emprisonné tes oiseaux est vide,
d’autres oiseaux viendront picorer dans ta main.

Si tu crois que les obstacles surmontés peuvent devenir
des vaisseaux qui portent vers le grand large,
tu découvriras de nouvelles terres promises.

Si tu crois que le jour cache des constellations d’étoiles,
leur douce clarté te guidera
au cœur de la nuit la plus obscure.

Si tes mains ne se referment pas sur le don reçu,
toute rencontre sera pour toi, fête du partage.

Si tu écoutes longtemps le murmure de la source,
dans les profondeurs de ta terre sans eau,
sous ton sol craquelé, desséché,
tu découvriras l’eau vive en son jaillissement.

Si tu continues à marcher, aussi dur que soit ton chemin,
avec toi des égarés retrouveront le sens de leur marche,
des paralysés se lèveront,
des aveugles verront la fin de leur nuit.

Si, désarmé de tout pouvoir et de tout savoir,
tu fais du silence ta demeure,
les blessés de la vie y trouveront refuge.

Si tu n’oublies pas que les grains que tu as semés
germent en secret dans le ventre de la terre,
tu porteras la semence vers des contrées nouvelles.

Texte : Ne pleure pas - Pape François

Ne pleure pas sur ce que tu as perdu,
lutte pour ce que tu as.

Ne pleure pas sur celui qui est mort,
lutte pour ce qui est né en toi.

Ne pleure pas sur qui t’a abandonné,
lutte pour celui qui est avec toi.

Ne pleure pas sur celui qui te hait,
lutte pour celui qui t’aime.

Ne pleure pas sur ton passé,
lutte pour ton présent.

Ne pleure pas sur ta souffrance,
lutte pour ton bonheur.

Avec toutes les choses qui nous arrivent,
nous apprenons
que tout problème a sa solution,
il faut simplement aller de l’avant.


Texte : Nous ne sommes que de passage - Anonyme

Nous nous intéressons en ce moment à l'histoire de notre bonne vieille terre
et nous commençons tout juste à nous soucier de son avenir.
Et pourtant, la planète terre est née il y a 4,6 milliards d'années.
Face à ce chiffre vertigineux, pour mieux comprendre,
imaginons son âge, aujourd'hui, à un chiffre plus facile à évaluer,
soit 46 ans, pour examiner sa biographie :
  • Personne ne sait rien des sept premières années de son existence. 
  • Petit à petit, les premières formes de vie apparaissent 
  • mais il faut attendre 42 ans pour que la flore se développe. 
  • Les grands reptiles et dinosaures peuplent une terre déjà vieille de 45 ans. 
  • Les mammifères arrivent il y a seulement 8 mois 
  • Et l'homme en tant que tel, est survenu la semaine dernière. 
  • L'homme moderne (neandertal, homo sapiens) apparaît il y a 4 heures 
  • Il découvre l'agriculture il y a 1 heure. 
  • La révolution industrielle démarre depuis 1 minute : 
Donc, en 1 seule petite minute, les humains : nous, chacun d'entre nous !
ont bouleversé une évolution qui a mis 46 ans pour se construire.
  • Nous avons rayé de la carte des milliers d'espèces animales, 
  • nous avons perturbé la fonction climatique, 
  • nous avons pollué les mers et les océans, 
  • nous avons détruit les forêts. et surtout, 
  • nous avons affamé des millions de gens, 
  • héritiers à part entière, eux aussi, de la terre ! 
En 1 minute, nous avons menacé la vie humaine sur terre et son avenir.
Mais il nous reste encore, quelques toutes petites secondes
pour renverser le cours de nos comportements, de nos sociétés...
Ne tardons plus, c'est aujourd'hui ou jamais !!!

Citation : L'archer - Confucius

L'archer a un point commun avec l'homme de bien :
quand sa flèche n'atteint pas le centre de la cible,
il en cherche la cause en lui-même.
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Prière : L'attente de l'Avent - Jean Debruynne

La Jetée de la Compagnie - Ambiance du soir
- Photo "Ambiance du soir" de Gustave Deghilage -

Dieu, tu as choisi de te faire attendre
tout le temps d’un Avent.
Moi je n’aime pas attendre dans les files d’attente.
Je n’aime pas attendre mon tour.
Je n’aime pas attendre le train.
Je n’aime pas attendre pour juger.
Je n’aime pas attendre le moment.
Je n’aime pas attendre un autre jour.
Je n’aime pas attendre parce que je n’ai pas le temps
et que je ne vis que dans l’instant.

Tu le sais bien d’ailleurs,
tout est fait pour m’éviter l’attente :
les cartes bleues et les libres services,
les ventes à crédit et les distributeurs automatiques,
les coups de téléphone
et les photos à développement instantané,
les télex et les terminaux d’ordinateur,
la télévision et les flashes à la radio…
Je n’ai pas besoin d’attendre les nouvelles :
elles me précèdent.

Mais toi Dieu, tu as choisi de te faire attendre
le temps de tout un Avent,
parce que tu as fait de l’attente
l’espace de la conversion,
le face à face avec ce qui est caché,
l’usure qui ne s’use pas.

L’attente, seulement l’attente,
l’attente de l’attente,
l’intimité avec l’attente qui est en nous
parce que seule l’attente et que seule l’attention
est capable d’aimer.
Tout est déjà donné dans l’attente,
et pour toi, Dieu, attendre se conjugue "Prier".
Amen.

Citation : Une vraie parole d'espérance - Nelson Mandela

Toutes les composantes de la nation
travaillent à construire notre pays
et à en faire un miracle.
C'est ce qui me fait espérer
quand je vais me coucher.
Je ne doute pas un seul instant
que lorsque j'entrerai dans l'éternité,
j'aurai le sourire aux lèvres...
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Texte : Le miroir - Maurice Zundel

Jamais vous ne pourrez vous voir vous-même dans un miroir.
Un miroir peut être utile à votre toilette,
voire indispensable, mais ce n'est pas dans un miroir
que vous trouverez la révélation de vous-même.
Vous ne pouvez pas vous regarder priant dans un miroir,
vous ne pouvez pas vous voir comprenant dans un miroir.
Votre vie profonde,
celle par laquelle vous vous transformez vous-même,
c'est une vie qui s'accomplit dans un regard vers l'autre.

Dès que le regard revient vers soi,
tout l'émerveillement reflue et devient impossible.
Quand on s'émerveille, c'est qu'on ne se regarde pas.
Quand on prie, c'est qu'on est tourné vers un autre ;
quand on aime vraiment,
c'est qu'on est enraciné dans l'intimité d'un être aimé.
Il est donc absolument impossible de se voir dans un miroir
autrement que comme une caricature
si l'on prétendait y trouver son secret.

La vie profonde échappe à la réflexion du miroir ;
elle ne peut se connaître que dans un autre et pour lui.
Quand vous vous oubliez
parce que vous êtes devant un paysage qui vous ravit,
ou devant une oeuvre d'art qui vous coupe le souffle,
ou devant une pensée qui vous illumine,
ou devant un sourire d'enfant qui vous émeut,
vous sentez bien que vous existez,
et c'est même à ces moments-là que votre existence
prend tout son relief,
mais vous le sentez d'autant plus fort
que justement l'événement vous détourne de vous-même.

C'est parce que vous ne vous regardez pas
que vous vous voyez réellement et spirituellement,
en regardant l'autre et en vous perdant en lui.
C'est cela le miracle de la connaissance authentique.
Dans le mouvement de libération
où nous sortons de nous-mêmes,
où nous sommes suspendus à un autre,
nous éprouvons toute la valeur
et toute la puissance de notre existence...
Dans ce regard vers l'autre, nous naissons à nous-mêmes.

Texte : Je te souhaite assez - Anonyme

Je te souhaite assez de soleil
pour maintenir ton attitude lumineuse
peu importe que la journée soit grise et moche.

Je te souhaite assez de pluie
pour apprécier le soleil encore plus.

Je te souhaite assez de bonheur
pour maintenir ton esprit vivant et éternel.

Je te souhaite assez de douleur
de sorte que même la plus petite des joies
dans la vie puisse te sembler grande.

Je te souhaite assez de gain
pour satisfaire tes besoins.

Je te souhaite assez de perte
pour apprécier tout ce que tu possèdes.

Je te souhaite assez d’Au revoir
pour te permettre de bien te rendre
à l’Au revoir final.

Citation : Sans espoir ? - Francis Scott Fitzgerald

On devrait pouvoir comprendre
que les choses sont sans espoir
et cependant être décidé‚
à vouloir les changer.
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Texte : La voix étouffée - Martin Gray

" Assez dit ... Enough said ... Spring_Printemps 2010 @ Montreal
- Photo "Assez dit" de Guy Mayer -

Chacun sait bien
qu’il a en lui une voix qui parle,
une voix simple et claire,
qu’il étouffe trop souvent.
Parce qu’elle est exigeante,
nette comme une ligne droite.

Cette voix,
cette source qu’on obstrue,
c’est elle qui dit le juste,
elle qui donne les moyens
d’atteindre l’équilibre
et la libération de soi.
Mais nous avons peur
d’être nous-mêmes.


Citation : Bonheur, une condition ? - Arthur Rubinstein

La plupart des hommes font du bonheur une condition.
Mais le bonheur ne se rencontre
que lorsqu'on ne se pose pas de condition.
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Texte : Parole d'arbre - Ecole de la Loire de Blois

Quelle journée enchanteresse, dit l’arbre en contemplant le ciel.
L’air printanier va me faire du bien et éclore mes bourgeons.
Mes fleurs ne tarderont pas à attirer les essaims d’abeilles.

Quand les abeilles mettront leur butin dans la ruche,
auront-elles des égards pour mon tendre nectar ?
Quand les hommes se régaleront de miel,
penseront-ils à moi comme je me soucie d’eux ?

J’entends les oiseaux. Ils volent et me contemplent.
Ils savent qu’ici est le bonheur.
Ils vont tisser leurs nids de brindilles craquantes
entre mes branches inclinées pour mieux les accueillir.
Ils y cacheront leurs rendez-vous galants
et me confieront les oisillons nouveau-nés.

Mais savent-ils, les oisillons, que mes bruissements
leur enseigne l’histoire de la vie ?
Et lorsqu'ils iront pépier sur les toits des maisons,
leurs enfants entendront-ils mon hymne dans leur jeune gazouillis ?

L’été sec et chaud viendra ensuite et je me ferai protecteur.
Sous mon arbre cordial viendront s’ébattre les lapins et aussi les amoureux.
Ils prononceront les yeux mi-clos des serments que je leur inspirerai.

Les lapins diront-ils comme ils préfèrent mon ombrage généreux
aux fourrés touffus d’épines ?
Savent-ils, les couples enlacés, que leurs mots deviennent plus profonds
lorsque mes murmures font écho à leurs sens ?

Puis ils reviendront tous, les hommes et les bêtes,
à la saison des récoltes,
croquer dans les bienfaits que j’aurai mûris pour eux.

Goûteront-ils tout l’amour que j’ai mis
dans le jus et la chair de mes fruits ?
Auront-ils foi en mon inébranlable fidélité
qui veillera sur eux encore l’an prochain ?

Les abeilles, les oiseaux, les lapins, les hommes,
négligeront sans doute de me remercier.
Comme chaque année ils m’abandonneront, solitaire, aux frimas de l’hiver.
J’entrerai alors en léthargie, ressassant, mes tristesses en vagues d’amertume.
Mais dès que s’allongeront les rayons du soleil,
dès que je sentirai la tiédeur de la terre monter à mes racines,
je reprendrai goût à mon existence d’arbre.

Car voyez-vous je ne peux, en dépit des humeurs,
que chérir passionnément ma vie.
Je l’aime pour ses multiples joies et le bonheur sincère de me savoir utile.
Il me faut accepter ses détresses, bien que je rechigne à traverser leur ombre.
Car même s’il m’arrive parfois de l’oublier, c’est moi qui ai choisi de vivre cette vie.



Citation : Mon âme - Gustave Thibon

Mon âme est à l'amour
ce que les poumons sont à l'air :
l'air est inépuisable
et ne se refuse jamais le premier :
seuls les poumons peuvent défaillir
et cesser de respirer. 
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Citation : Vous avez dit "besoin" ? - Charles Ferdinand Ramuz

Dites-nous ce dont vous avez besoin !
Nous vous dirons comment vous en passer !
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Texte : la valeur du temps - Anonyme

tempus fugit
- Photo "tempus fugit" de Ferran Cerdans Serra -

Pour apprendre la valeur d'une année,
demande à l'étudiant qui a raté un examen.
Pour apprendre la valeur d'un mois,
demande à la mère qui a mis un enfant au monde trop tôt.

Pour apprendre la valeur d'une semaine,
demande à l'éditeur d'un journal hebdomadaire.
Pour apprendre la valeur d'une heure,
demande aux fiancés qui attendent de se revoir.

Pour apprendre la valeur d'une minute,
demande à celui qui a raté son train, son bus ou son avion.
Pour apprendre la valeur d'une seconde,
demande a celui qui a perdu quelqu'un dans un accident.

Pour apprendre la valeur d'une milliseconde,
demande à celui qui a gagné
une médaille d'argent aux jeux Olympiques.

Le temps n'attend personne.
Rassemble chaque instant qu'il te reste
et il sera de grande valeur.
Partage-les avec une personne de ton choix
et ils deviendront encore plus précieux.

Texte : Les défauts des autres - André-Marie

Statue de l'Agent 15 - Tom Frantzen - Place Sainctelette
- Photo "Statue de l'agent 15" de Jean Paul Remy - 

ce n’est pas toujours en dénonçant les défauts des autres
qu’on pourra les rendre meilleurs,
mais en les aimant plus, au-delà de leurs défauts.

Lao Tseu disait :
« Ce que tu n’aimes pas en moi, c’est ce qui est chez toi... » 
Tu n’as pas à changer les autres, même ceux que tu aimes,
tu as à devenir plus aimable pour ceux que tu aimes.


Texte : Suicides de jeunes - Jorge Bergoglio

L'espérance offerte par l’Évangile
est l’antidote à l’esprit de désespoir
qui semble croître,
tel un cancer dans la société
qui, extérieurement, est nantie
mais qui souvent fait l’expérience
de la tristesse intérieure et du vide.

À combien de nos jeunes
ce désespoir a fait payer son tribut ?
Puissent-ils, ces jeunes qui nous entourent ces jours-ci
avec leur joie et leur confiance,
n’être jamais privés de leur espérance !

Texte : Je doute, je doute... (1) - Jeanne Signard

duda / hesitation
- Photo "Duda / Hésitation" de Rafael Edwards -

" Voilà que je commence à douter de moi-même.
Pas la peine de rêver, Je ne serai pas capable !
- Comment le sauras-tu si tu n’essaies pas ?

- Je n’ai jamais de chance quand j’entreprends quelque chose !
- Sais-tu que la plainte est la forme bavarde du renoncement ?

- Je suis trop timide pour oser me lancer.
- Convertis ton désir en actes, cela te donnera de l’assurance.

- Je ne saurai pas comment en parler.
- Pense que les autres vont accueillir ton désir avec bienveillance
  et tu trouveras les mots pour le dire.

- Et si je me trompe, et si j’échoue ?
- Tu as le droit d’essayer et de ne pas réussir du premier coup
  et cela, sans perdre la face !

- A mon âge ? C’est trop tard !
- Si tu ne peux être le lièvre bondissant,
  réjouis-toi d’être la patiente tortue ;
  tu es plus sûre d’atteindre ton but !

- Je n’ai pas eu comme toi, la chance de…
- Arrête de regarder les chances des autres
  et fais la liste de tes propres chances... "

Texte : Liberté, Egalité, Fraternité - entendu par un bénévole

Liberté,
toi aujourd'hui si menacée, tu as besoin de tes deux amies pour être sauvée :

Egalité,
la sincère, l'authentique, la désintéressée,  celle qui laisse toute la place à la diversité des talents de chacun, qui libère la créativité au bénéfice de tous pour une vie épanouie, digne et bien remplie ;

Fraternité,
celle qui vient du coeur et qui respecte la vie, la place et la personne du frère ou de la soeur, sans jugement ni opportunisme, celle qui vient du même père - quel que soit le nom qu'on lui donne - sans pourtant prendre sa place...

Toutes les trois sont inséparables car :
Liberté sans Egalité, et c'est l'anarchie réductrice !
Liberté sans Fraternité, et c'est l'individualisme indifférent et égocentrique !
Egalité sans Liberté, et c'est la dictature la plus austère !
Egalité sans Fraternité, et c'est la glaciale démocratie calculatrice !
Fraternité sans Liberté, et c'est l'outrancier paternalisme !
Fraternité sans Egalité, et c'est le potentat le plus pervers !

La Liberté par l'Egalité dans la Fraternité,
si l'une ou l'autre ne sont ni réduites, ni caricaturées,
sont "les" valeurs indissociables pour la recherche du bien de tous et de chacun.

Texte : L'amour est immortel - Victor Hugo

Quiconque aime, sait et sent
qu'aucun des points d'appui de l'homme
n'est sur la terre.
Aimer, c'est vivre au-delà de la vie.
Sans cette foi,
aucun don parfait du cœur
ne serait possible ;
aimer, qui est le but de l'homme,
serait son supplice.
Ce paradis serait l'enfer.
Non ! disons-le bien haut,
la créature aimante
exige la créature immortelle.
Le cœur a besoin de l'âme.

Citation : Sport et férocité - George Bernard Shaw

Quand un homme
désire tuer un tigre,
il appelle cela sport.
Quand un tigre le tue,
il appelle cela férocité.
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Citation : Heu-reux ! : Tich Nhat Hanh

En nous établissant
dans l'instant présent,
nous pouvons voir
toutes les beautés
et les merveilles
qui nous entourent.
Nous pouvons être heureux
simplement en étant conscients
de ce qui est sous nos yeux.


Texte : les dix commandements du bénévole - Un choeur de bénévoles

1. Sourire ardent et bien portant, tu présenteras.

2. Ce que tu sais faire, modestement, tu proposeras
    et "pro", obligatoirement, tu deviendras.

3. Jamais, ô jamais, ton temps ne compteras.

4. Responsable de ton travail tu seras,
    souvent la solitude tu connaîtras.

5. En cas d'imprévus, point ne t'affoleras,
    si c'est loupé, tu improviseras.

6. Dans des conditions souvent précaires, tu travailleras,
    à toutes situations tu t'adapteras.

7. Patient, discret, zélé, tu seras,
    la mauvaise humeur, tu banniras.

8. A toutes les gênes, ta famille, tu habitueras,
    en espérant qu'elle supportera.

9. Aucun salaire tu ne recevras,
    bien souvent, au contraire, tu débourseras.

10. Malgré cela, bienheureux tu te diras,
      et avec le sourire, toujours, tu travailleras.

Texte : Résister - Jean Debruynne

Pollionnay (Rhône)
- Photo "Lucarne à Sarny" de Gilles Péris y Saborit - 

Résister c’est s’obstiner à regarder un bout de ciel
même s’il est gris ou noir,
Même s’il tient dans un mouchoir de poche,
incarcéré entre des murs trop hauts.

Résister, c’est ne jamais renoncer
à guetter le soleil par l’ouverture d’une bouche d’égout.
Résister, c’est être assez têtu
pour voir se lever le jour derrière les barbelés.


Texte : L'homme existe, je l'ai rencontré - Raymond Devos

Dans un petit village de Lozère
abandonné des hommes,
il n'y avait plus personne.
Et en passant devant la vieille église,
poussé par je ne sais quel instinct,
je suis entré...
Et, là, j'ai été ébloui...
par une lumière intense... insoutenable !
C'était Dieu...
Dieu en personne,
Dieu qui priait !
Je me suis dit : "Qui prie-t-il ?
Il ne se prie pas lui-même ?
Pas lui ? Pas Dieu !"

Non ! Il priait l'homme !
Il me priait, moi !
Il doutait de moi comme j'avais douté de lui !
Il disait :
" Ô homme ! si tu existes, un signe de toi !
J'ai dit : - Mon Dieu, je suis là !
Il a dit : - Miracle ! Une humaine apparition !
Je lui ai dit : - Mais mon Dieu...
comment pouvez-vous douter
de l'existence de l'homme,
puisque c'est vous qui l'avez créé ?

Il m'a dit : - Oui... mais il y a si longtemps
que je n'en ai pas vu un dans mon église...
que je me demandais si ce n'était pas une vue de l'esprit !
Je lui ai dit : - Vous voilà rassuré, mon Dieu !
Il m'a dit : - Oui ! Je vais pouvoir leur dire là-haut :
"L'homme existe, je l'ai rencontré !"



Citation : Pour la paix dans le monde - Bruno Ferrero

Vieille porte 23
- Photo "Vieille porte" de Christian Hornick - 

Un jeune étudiant,
qui avait un grand désir de s'engager
pour le bien de l'humanité,
se présenta à Saint François de Sales
et lui demanda :
" Que puis-je faire pour la paix du monde ? "
Saint François de Sales lui répondit en souriant :
" Ne claque pas la porte si fortement !… "
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Texte : La bénédiction du pauvre – Henri Nouwe

Nous voulons secourir.
Nous voulons faire quelque chose pour les gens dans le besoin.
Nous voulons offrir la consolation à ceux qui sont dans la peine
et soulager la souffrance de ceux qui sont dans la douleur.

Il n'y a évidemment rien de mal à ce désir.
C'est un désir noble et plein de grâce.
Mais, si nous ne nous rendons pas compte
que la bénédiction de Dieu nous provient
de ceux que nous voulons servir,
notre aide sera de courte durée,
et finalement nous pourrons nous sentir épuisés.

Comment est-il possible de poursuivre nos soins aux malades
quand ils ne vont pas mieux ?
Comment pouvons-nous continuer à consoler les mourants
quand leur mort ne nous fait plus mal ?
La réponse est qu'ils détiennent tous une bénédiction,
une bénédiction que chacun de nous a besoin de recevoir.

La pratique du « care » (prendre soin), c'est, finalement,
recevoir la bénédiction de Dieu
par ceux auxquels nous donnons du soin.
Qu'est-ce que la bénédiction ?
C'est un aperçu de la face de Dieu.
Voir Dieu, c'est le ciel !

Nous pouvons voir Dieu dans le visage de Jésus,
et nous pouvons voir le visage de Jésus
dans tous ceux qui ont besoin de notre care.
Nous avons tant besoin d'une bénédiction !
Ceux qui ont besoin de notre sollicitude
sont en attente de nous bénir.

Texte : La fête de tous les saints - d'après Daniel Ange


-
Aujourd'hui, nous célébrons dans une même fête
tous les gens parvenus au Royaume,
absolument tous, sans en omettre un seul.

Car les saints béatifiés cités dans les calendriers,
et dans les listes très bien documentées,
sont une infime minorité parmi cette multitude
que nul ne peut dénombrer :

Les saints anonymes enveloppés du manteau du silence.
Ceux dont nous ne connaîtrons jamais les noms sur terre.
Ceux qui, totalement cachés au yeux des hommes,
demeurent encore le secret du Père.

Je fête aussi les saints non explicitement chrétiens,
ceux qui n'ont pas eu l'occasion de rencontrer Jésus,
mais qui n'en sont pas moins sauvés par lui.

je fête les saints de ma généalogie,
sains connus ou inconnus parmi tous mes ancêtres,
ou ceux de ma famille plus proche :
ces grands-parents ou déjà parents, frères ou sœurs,
qui m'ont précédé dans le Royaume.

Ne suis-je pas l'enfant de leurs larmes,
de leur prière, de leur amour ?
Telle grâce que je reçois aujourd'hui, n'est-ce pas en réponse
à l'amour d'une grand-mère inconnue, récitant son chapelet
au soir d'une longue journée de labeur dans les champs ?

Cela aussi, c'est la communion des saints.
Mais serai-je digne des saints de ma famille ?

Citation : Cynisme - Nelson Mandela

Souvent, les révolutionnaires d’autrefois
ont succombé à l’appât du gain,
et se sont laissés prendre
à la tentation de confisquer
des ressources publiques
pour leur enrichissement personnel.
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Texte : L’art d’aider vraiment - Philippe Perdrix

Dans la cour de récréation, un enfant handicapé,
se déplaçant avec des béquilles, fait une chute.
Les autres enfants s’écartent, laissant s’approcher l’instituteur.
Celui-ci lui dit :
« Allez, relève-toi, ce n’est pas grave
- Mais tu vois bien que je ne peux pas…
- Je suis sûr que tu peux le faire ! »

L’enfant commence par se mettre en colère,
puis lentement, en maugréant, commence à se relever.
Au bout de quelques minutes, en sueur, il est debout.
« Tu vois bien que tu pouvais le faire, reprend doucement l’instituteur.
- Oui, mais ce n’est pas grâce à toi, répond l’enfant d’un ton rageur. »

Puis il réfléchit un moment et,
alors que l’enseignant retourne vers sa classe,
il reprend à voix basse :
« Si, en fait, tu m’as bien aidé ! »

Texte : Passé prison ? - Jacques Ricot

- Photo de Jason Powers -

Entre le malheur d'une victime
et celui responsable du malheur de cette victime,
il existe un lien.
Non que la victime et le bourreau
soient assimilables, bien évidemment,
mais tous deux peuvent se laisser emprisonner
dans la prison du passé.
La victime peut devenir l'esclave de sa rancune,
le bourreau, de son remord.
Le fardeau du passé obstrue l'horizon du futur
dans les deux cas.

Il existe pourtant un moyen,
mais pas toujours humainement possible,
de sortir de cet enfermement :
l'offensé peut convertir sa rancune en pardon,
et l'offenseur peut transformer son remord en repentir.
Ainsi, on peut quitter la prison du passé
et s'ouvrir à la nouveauté d'un avenir
enfin devenu possible.


Citation : Individualisme - Martin gray

Il ne peut y avoir de frontière
entre soi et les autres.
Celui qui croit être le centre du monde,
celui qui refuse de comprendre
qu’il fait partie de l’ensemble des hommes,
celui-là, un jour, connaît la douleur
et l’extrême pauvreté.
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Texte : L'assiette en bois - Anonyme

Autour de la longue table de la salle à manger,
dans la ferme familiale, les grands-parents, les enfants,
les petits-enfants prennent leurs repas à heure fixes.
Le chef de famille règne en bout de table
et veille au bon déroulement des agapes.

Il surveille tout particulièrement le grand-père
qui casse régulièrement son assiette
à cause des tremblement dus à la maladie de Parkinson.
Une fois de plus, ce jour là, l'assiette tombe et se brise en morceaux.
Excédé, le père ordonne à sa femme
de donner au grand-père maladroit une assiette en bois.
Personne n'ose contredire...

Quelques jours plus tard, le plus jeune des petits-enfants est très concentré :
son petit couteau dans une main et un rondin dans l'autre,
il est très occupé. Intrigué, le père fronce les sourcils : 
"Que fais-tu donc, avec ce morceau de bois ?
- Je creuse ton assiette pour quand tu seras vieux",
 répond l'enfant sagement.

Texte : Un cœur de grand-mère - Anonyme

Sourire de la grand-mère
- Photo "Sourire de la grand-mère" de Gongashan -

Un cœur de grand-mère,
ça veut du bonheur
du bonheur pour tous ses enfants.
ça a toujours peur,
ça tremble pour petits et grands ;
ça se laisse grignoter
par les événements.
Un cœur de grand-mère,
ça se donne sans compter :
c'est toujours un cœur de maman !

Un cœur de grand-mère,
ça n'aime pas la solitude.
C'est hospitalier,
ça aime les visites.
"Ne partez pas, vous avez le temps"
"Encore un biscuit"...
"Restez encore un instant."
ça aime qu'on lui dise
un "petit merci" en passant.
ça voudrait une bise,
mais les jeunes en ont-il le temps ?

Un cœur de grand-mère,
c'est disponible, pas pressé.
ça ne pense qu'à donner,
ça a de l'expérience.
ça doit rester longtemps,
pour donner confiance dans la vie
à ses petits enfants.

Un cœur de grand_mère,
ça ne vieillit pas.
c'est plein de finesse,
ça sait deviner,
ça voit la tristesse,
ça sait regarder
sans oser rien dire.
C'est plein de bonté,
ça vit de souvenirs.

Un cœur de grand-mère
ça ne peut pas mourir,
demain, oui, peut-être,
mais pas aujourd'hui.
ça doit être là
pour les autres fêtes
voir grands et petits,
consoler, encourager.
ça doit toujours rester,
pour aimer, pour aimer, pour aimer...


Citation : Critiquer ou agir ? - Bernard Shaw

Certaines personnes voient les choses telles qu'elles sont
et se disent "pourquoi ?"
Je rêve de choses qui n'ont jamais été
et je me dis "pourquoi pas ?"
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Les plus pauvres sont nos maîtres - Gilles Rebêche

Les plus humbles et les marginaux m'ont enseigné l'espérance.
J'ai souvent été en admiration devant leur persévérance :
ils encaissent des coups et malgré tout tiennent bon,
et continuent à avoir des projets.

Ils son très sensibles à l'expérience de la croix du Christ :
ils traversent des épreuves, sont disqualifiés,
mais la misère n'a pas le dernier mot dans leur vie.

Dans l'Eglise, "le pauvre est notre maître" disait saint Vincent de Paul.
Quand le Christ proclame "Heureux les pauvres de cœur,
car le royaume des Cieux est à eux" (Mt 5,3),
il indique que nous ne devons pas nous installer en hommes satisfaits.

Heureux sommes-nous si nous sommes humbles,
car nous reconnaissons alors
que nous sommes plus "éclopés" que "en règle",
et que nous devons toujours nous mettre en route pour chercher la sainteté.

La richesse nous renferme et nous mène à la peur de manquer.
A l'école des plus humbles, nous découvrons nos propres fragilités ;
ainsi, nous ne nous suffisons pas à nous-mêmes
mais avons besoin des autres et de Dieu.
Or, apprendre à recevoir est plus dur qu'apprendre à donner.
Enfin, en contemplant nos limites, nous comprenons la patience de Dieu,
qui ne se lasse pas de croire en nous.

Dans l'Eglise, nous devons nous convertir
en quittant la posture consistant à faire des choses "pour" les personnes,
mais apprendre à œuvrer "avec" elles, à partir d'elles et de leurs talents.
Cessons de réduire autrui à un objet de compassion,
reconnaissons-le "sujet de la foi".

Un jour, une dame africaine qui était en demande d'asile politique,
est venue à l'accueil ; sans réfléchir, on lui a parlé de la banque alimentaire.
Elle est partie en pleurs : ce qu'elle voulait, elle,
c'était offrir de son temps pour la chorale et la catéchèse...

Texte : La vie d’un nuage - Bruno Ferrero

On sait que la vie des nuages est aussi courte que mouvementée.
Or, un jour, un très jeune nuage entreprit sa première cavalcade.
Quand ils survolèrent l'immense désert du Sahara,
les autres nuages, plus expérimentés, l'encourageaient :
" Plus vite, plus vite ! Si tu traînes, tu es perdu ! "
Mais, comme tous les jeunes, le petit nuage était curieux
et il se laissa glisser à l'arrière des autres nuages qui, eux,
ressemblaient à un troupeau de bisons en pleine galopade.

" Que fais-tu, remue-toi ! " , lui cria le vent.
Mais le petit nuage avait aperçu les dunes de sable doré :
un spectacle fascinant.
Et il se laissait planer d'un vol de plus en plus léger.
Les dunes ressemblaient à des nuages d'or caressés par le vent.

L'une d'elle lui sourit. "Bonjour ! Je m'appelle Age ".
- Et moi, Une " , répondit la dune". Comment vis-tu là-dessous ? "
- " Eh bien… avec le soleil et le vent.
Il fait un peu chaud, mais on s'y fait ! Et toi, comment vis-tu là-haut ? "
- " Avec le soleil et le vent…, et de grandes courses dans le ciel.
" Ma vie à moi est très courte.
Et quand reviendra le vent, je disparaîtrai peut-être. "
- " Cela t'ennuie ? " , demanda le nuage.
- " Un peu. J'ai l'impression d'être inutile. "
- " Moi également. Je me transformerai bientôt en pluie et je tomberai.
C'est mon destin. "

La dune hésita un instant et dit :
" Sais-tu que la pluie, nous l'appelons Paradis ? "
- " Non ! Je ne savais pas que j'étais si important ! "
dit le nuage dans un beau sourire.
- "J'ai entendu raconter par quelques vieilles dunes combien la pluie était belle.
Nous nous habillons alors de parures qu'on appelle herbe et fleurs. "
- " Oui, c'est vrai, je les ai vues " , confirma la nuage.
- " Je ne les verrai sans doute jamais ", conclut tristement la dune.
Le nuage réfléchit un moment et ajouta :
- " Je pourrai te couvrir de pluie… "
- " Mais tu en mourrais… "
- " Oui, mais toi, tu fleurirais " , dit le nuage.
Et il se laissa tomber, se transformant en pluie aux couleurs de l'arc-en-ciel.
Le lendemain, la petite dune était couverte de fleurs.

Citation : Travaux efficaces - Anthony Trollope

Une toute petite tâche quotidienne
et quotidiennement accomplie,
donne de meilleurs résultats
que de sporadiques travaux d'Hercule.
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Texte : Quel est l'homme ? - Maurice Zundel

Quel est l'homme qui va transformer l'homme ?
Quel est l'homme qui est capable d'ébranler nos profondeur ?
Quel est l'homme qui nous émeut
et qui nous conduira à une véritable conversion ?

C'est toujours et uniquement celui qui se convertit lui-même,
celui qui est dans la vérité de la vie,
celui qui se situe en face de Dieu,
qui respire sa présence et qui communique son Amour.

Nous avons lu des livres en quantité.
Nous avons entendu d'innombrables sermons.
Nous sommes pleins d'idées et de conseils.
Et tout cela ne nous sert de rien !

Car, pour nous ébranler, pour nous transformer,
il faut que quelqu'un en paie le prix,
qu'il nous fasse la courte échelle
et qu'il nous élève au niveau du cœur de Dieu
où commence le dialogue qui constitue notre véritable intimité.


Citation : Réceptivité - Douglas Mac Arthur

Montagnes de Balagne
- Photo "Montagne de Balagne" de Régis Corbet -

Vous resterez jeune tant que vous serez réceptif.
Réceptif à ce qui est beau, bon et grand.
Réceptif aux messages de la nature, de l’homme et de l’infini.
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Texte : Le silence - Jeanne Signard

Le silence peut être une arme plus blessante,
plus menaçante, plus vengeresse que la parole.
Une colère parlée est plus facile à mesurer pour celui qui en est l’objet.
Mais ce silence né sur le terreau d’une contrariété que veut-il dire ?

S’agit-il d’une épée qui se prépare à un duel sanglant,
bien cachée dans son fourreau ?
Ou s’apprête-t-elle à trancher les liens d’une amitié
ou d’une collaboration que nous pensions solides ?
S’agit-il d’une lance qui s’affûte en secret
et cherche le lieu exact de sa pénétration,
ou bien d’un canon qui se prépare à détruire notre maison commune ?
Alors, surtout s’il se prolonge, on imagine le pire !

Le silence peut servir de refuge à celui qui a peur :
peur de ne pas savoir dire, peur de ne pas dire ce qu’il faut dire,
peur d’être contredit, peur de blesser, peur de dire ou d’entendre la vérité.
Silence-prison où s’amoncellent tant de paroles interdites de sortie !
Le jour où les verrous de la « porte de prison » sautent mieux vaut « dégager »

Il y a le silence boudeur de « l’enfant » contrarié
qui se retire pour n’avoir pas à formuler plus clairement son besoin ou sa pensée,
pour éviter d’avoir à s’expliquer.
Il est persuadé qu’on lui en veut et que parler ne servirait à rien,
voire aggraverait son cas.
Éternel incompris qui préfère se retirer du jeu
et qui ne pèse plus très lourd dans la balance des décisions.

Il y a les silences de plomb, lourds de sous-entendus,
d’arrières- pensées, de jugement définitifs....
Il y a le silence de mort plus souvent ressenti au sein d’un groupe,
 frappé de stupeur devant une catastrophe ou un comportement inhumain.
Manifestation de l’horreur devant l’innommable.
On est « cloué sur place » et on reste « bouche bée ou bouche close ».
Absence de tout commentaire.

Il y a le silence des rencontres légères et passagères
 qu’il faut à tout prix meubler par des « Comment ça va ? »
dans lesquels peuvent s’engouffrer toutes les plaintes
que chacun trimbale dans son sac à malheurs
et qui ne sont souvent qu’une « forme bavarde du renoncement ».

Il y a aussi le silence éloquent, parfois assourdissant.
Ce silence-là rend sourd à toutes les paroles qui vont suivre.
Il peut naître d’une remise en cause radicale,
de l’annonce d’une nouvelle inattendue qui laisse sans voix
ou de la sidération face à la beauté d’un lieu, d’un geste, d’un témoignage.

Il y a le silence habité où la complicité supplée les paroles,
impuissantes à exprimer la profondeur les sentiments ou le poids d’un vécu.
Silence de la respiration dans ses deux mouvements :
expiration où l’on se donne et aspiration où l’on se reçoit.
C’est ce silence qui ponctue nos « conversations aimantes ».

Pour goûter ce silence-là il ne suffit pas de se taire.
Il faut qu’il pénètre et s’installe au fond de nous-mêmes
pour nous disposer à accueillir et à écouter un mouvement intérieur,
une parole de Dieu ou d’un frère, d’une sœur
sans rien rejeter, humblement, avec respect.
« Une journée pleine de bruits et pleine de voix peut être une journée de silence
si le bruit devient écho pour nous de présences. » (Madeleine Delbrel)

N’oublions pas le « grand silence » du soir
qui recueille les joies de la journée en offrande vespérale
et qui transfigure les peines en perles précieuses
 Puis vient le silence profond de la nuit.

Citation : La beauté intérieure - Gaston Bachelard

La beauté intérieure du cœur
est celle qui résiste le mieux au temps.
La beauté des choses
vit dans l'âme de celui qui la reconnaît.
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Citation : Vanité au quotidien - Gustave Thibon

Tant d'efforts pour éblouir son prochain
et pour n'aboutir en fait qu'à susciter
chez les médiocres l'envie
et chez les meilleurs la pitié.
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Texte : La simplicité volontaire - Matthieu Ricard

Le mot "austérité" évoque la privation des plaisirs quotidiens,
une vie morne et des restrictions interdisant
de s'épanouir librement dans l'existence.
De plus, d'après certains économistes,
les programmes d'austérité sont généralement peu efficaces
car ils conduisent au chômage et à la récession.

La simplicité volontaire est un concept très différent.
Elle ne consiste pas à se priver de ce qui nous rend heureux
- ce serait absurde - mais à mieux comprendre
ce qui procure une satisfaction véritable
et à ne plus être assoiffé de ce qui engendre
davantage de tourments que de bonheur.
La simplicité volontaire va de pair avec le contentement.

Selon Duane Elgin,
"C'est une vie extérieurement simple et intérieurement riche".
Elle n'exige pas un retour à la nature pour ceux qui l'ont déjà quittée
et peut être pratiquée dans toutes les situations.
Simplifier notre existence, c'est avoir l'intelligence d'examiner
ce qu'on considère habituellement comme des plaisirs indispensables
et de vérifier s'ils apportent un authentique mieux-être.
La simplicité volontaire peut être ressentie comme un acte libérateur.
Elle n'implique donc pas de vivre dans la pauvreté,
mais dans la sobriété...

[Selon certains sondages récents], 74% des personnes interrogées
préféreraient une vie plus simple,
centrée sur l'essentiel et l'indispensable,
à une vie opulente liée à de nombreux avantages matériels
obtenus au prix d'un stress élevé.
La simplicité volontaire n'est pas non plus une mode
née dans les pays riches.
Cette façon de vivre, parfois associée à la sagesse,
a été louée de tout temps dans toutes les cultures.

Citation : Attitude - Jean Harang

Celui qui excuse,
  pardonne,
    partage,
      ne juge pas,
        soutient,
          vient en aide.
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Texte : Inconnus mais pas étrangers - Yvon Le Men

Mali, West-Afrika, jan./febr. 2008
- Photo "Mali" de Martha de Jong-Lantink -

Depuis longtemps nos langues nous séparent
malgré les montagnes, les plaines, les rivières
que nous avons grimpées, traversées, longées.
Depuis longtemps nos dieux nous séparent
malgré le désert, le ciel et la mer que nous avons priés.

Le pommier est-il l'étranger du pin, l'oranger celui du chêne
Le reflet du peuplier dans la rivière de Castille
est il plus clair que celui du bouleau dans un lac en Finlande ?
La neige qui tombe à Odense au Damemark le jour de Noël
est elle plus blanche que celle qui tombe
des rêves du Touareg à Bamako, le jour de l'Aïd ?

La lune que je contemple ce soir dans l'hémisphère nord
est elle plus ronde que celle que l'on ne voit pas ce soir dans I'hémisphère sud ?
Depuis longtemps nos langues nous attirent grâce aux pains,
aux chants que nous partageons autour de la même table

Et la main qui m'ouvre le chemin dans ces pays où je me perds
m'est plus proche que celle qui menace dans mon pays où l'on se perd,
dès que, de l'autre côté de la route qui relie nos villages, nos quartiers...
dans notre ville,  notre pays, ils font de l'inconnu, un étranger.

Texte : Accomplir ce qu'on peut - André-Marie

Si chacun de nous accomplissait
ce qui est en son pouvoir,
tout simplement,
en croyant amoureusement en la vie,
le monde serait changé.

N’aie pas la prétention
de chercher à refaire le monde.
Il existait depuis
des milliards d’années avant toi.

Cherche à faire le monde où tu vis :
chacun de tes actes s’y répercute,
chacune de tes larmes l’attriste,
chacun de tes sourires
le prépare à déborder de joie.

Accrédite en toi l’idée
que le bonheur est là,
que les ombres ne sont que la preuve
de l’existence de la lumière
dont la nature est de briller
comme la tienne et d’aimer. 

Citation : Rides - Sandrine Bonnaire

sandrine-bonnaire.jpg
- Photo "Sandrine Bonnaire" de Roman Vondroux / AP / SIPA -

Certains matins,
je suis comme tout le monde,
je ne me trouve pas terrible.
Mais malgré tout,
j'aime les rides
autour de mes yeux.
Ce sont celles du bonheur.
Elles racontent mon histoire.
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Texte : Le temps trop plein - Jean Debruynne

Est-ce parce qu’il est trop rempli
Que le temps de vivre est en folie ?

Est-ce parce qu’il est trop plein à craquer
D'agitation, de précipitation,
D'occasions manquées, d’événements,
d’énervements, de bavardages,
De bruits et de remue-ménage ?
Est-ce parce qu’il est trop rempli,
Que le temps de vivre nous paraît si vide ?

N’est-ce pas plutôt un bon prétexte
Pour nous cacher la peur,
Un bon alibi pour nous cacher le face-à-face,
Eviter d’avoir à nous croiser nous-mêmes,
Fuir devant son ombre,
Eviter d’avoir avec soi rendez-vous…

N’est-ce pas plutôt parce qu’il est vide
Que le temps de vivre est si rempli ?

Texte : Quelques pas vers la fraternité - Véronique Fayet

Randonnée
- Photo "Randonnée" de Raphaelle Laf Euille -

Pour vivre en frères, il faut ralentir le pas
pour se mettre au pas de l'autre ;
faire un pas de côté, parfois,
pour changer son point de vue ;
faire le premier pas pour inviter l'autre
à prendre toute sa place dans le groupe...

La fraternité est une longue marche.
Elle s'apprend ;
elle est désirée mais pas innée.
Elle suppose une prise de conscience
et une acceptation de l'égale dignité de tous...
Elle demande une décision, un effort,
une tension et une attention de tout l'être...
mais elle ouvre à des horizons
et des joies inconnus jusqu'alors.

Texte : Comme le temps passe ! - Jeanne Signard

" On ne voit pas le temps passer !"
Mais le temps ne passe pas
Il n’y a que des passants
C’est nous qui passons !

« J'ai - Je n’ai pas le temps »
Mais le temps n’est pas une chose,
qu’on a ou qu’on n’a pas !

« Je gagne du temps »
« Je perds mon temps »
Mais le temps n’est pas une loterie
Avec des gains ou des pertes !

« J’organise mon temps »
Mais le temps aime l’imprévu, l’inattendu !
Le temps est rétif !
Il se moque des agendas.

« J’occupe mon temps »
Mais le temps n’est pas un territoire
à conquérir et à occuper !

« J’ai un emploi du temps chargé »
Mais le temps n’est pas
un employé à ton service !
une bête de somme prête à porter ta charge.
Le temps refuse de marcher au pas !

« Je gère mon temps »
Mais le temps n’est pas de l’argent,
contrairement à ce qu’on en dit !
Il ne se gère pas comme un compte en banque

« Donne-moi un peu de temps ! »
Mais le temps ne m’appartient pas
Comme une chose dont on dispose à sa guise.
Le temps se donne lui-même,
à ceux qui savent l’apprivoiser

« Je cours après le temps »
« Le temps perdu ne se rattrape pas ! »
Mais le temps ne court pas.
Il s’installe dans le moment présent.
Sa maison se nomme « Paix ».
Il t’invite à y faire ta demeure.

Le temps devient alors ton meilleur ami.

Avec le temps qui s’écoule
tu deviendras ruisseau
et peut-être rivière ou fleuve.
Tu couleras alors dans la paix
vers le grand large.

Si un jour tu t’égares
dans les sentiers sinueux de la vie,
Donne le bras au temps qui passe.
Il épousera ton pas.
Il t’accompagnera, par tous les temps
Jusqu'à ta maison : le présent.

Lorsque viendra le soir tu te blottiras
dans les bras du temps.
Et quand l’heure aura sonné,
tu t’endormiras dans la nuit des temps...

Citation : Accepter les dépendances - Bernard Grasset

Accepter les dépendances
que nous impose la nature,
c'est la sagesse.
Les aimer, c'est le bonheur.
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Texte : Quelques règles de vie – Albert Einstein

Photo "Matériel pour jardiner avec les enfants" de Citizen Kids -

Apprends à tendre les bras
pour accueillir et non pour enchaîner.
Aime sans t'appuyer sur l'autre,
mais accorde lui l'appui.
Aide quelqu'un à planter des fleurs
au lieu d'attendre qu'on t'offre un bouquet.
Rappelle-toi que chacun est unique
et a une valeur infinie.

Ne cultive jamais la vengeance:
elle engendre la haine.
Seul le pardon permet à l'homme d'évoluer.
Ne juge pas.
Prends les autres comme ils sont
et non pas comme tu voudrais qu'ils soient.
Tu ne pourras jamais progresser
si tu ne passes pas
par les portes de la tolérance.

Donne l'exemple
dans la vie de tous les jours,
ceci est plus riche et plus convaincant
que tous les discours.
Accroche-toi aux nuages quand ça va mal,
même les plus gris ont une bordure d'argent.

Rien de vraiment bon ne sort de l’ambition
ou du seul sens du devoir.
On obtient de bien meilleurs résultats
en inculquant aux enfants
la dévotion et l’amour des hommes
et des réalités objectives.

Citation : Soi-même et les autres - Albert Painz

Ce que nous faisons
pour nous mêmes
disparaît avec nous.
Ce que nous faisons
pour les autres
et le monde
est immortel et demeure"
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Texte : Qui fait quoi ? - Anonyme

C’est l’histoire de quatre personnes qui s’appelaient :
« Tout le monde »,
« Quelqu'un »,
« Chacun »,
Et « Personne ».

Il y avait un important travail à faire
et Tout le monde fut sollicité pour le faire.
Tout le monde était certain
que Quelqu'un le ferait.
D'ailleurs, Chacun aurait pu le faire,
mais Personne ne le fit.

Quelqu'un se mit en colère
parce que c’était le travail de Tout le monde.
Mais Tout le monde pensait
que Chacun pouvait le faire,
C’est pourquoi Personne ne se rendit compte
que Tout le monde ne le ferait pas.

Au final, Tout le monde reprocha
à Quelqu'un
que Personne n’avait fait
ce que Chacun aurait pu faire.
Ainsi… rien ne se fit !!!

Citation : Pourquoi comment ? - Anonyme

Lors d'une grande épreuve,
le pessimiste se pose d'abord
la question du « pourquoi ».
L'optimiste, lui, se pose plutôt
la question du « comment »
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Prière : En ces temps de rentrée - Anne Mouazan

Quai bondé sur la ligne 13 à Place de Clichy (23 février 2008)
- Photo "Quai bondé" de Victor Brito -

Seigneur,
en ces temps de rentrée,
après le repos,
le dépaysement des vacances,
les ressourcements de toutes sortes,
commence une nouvelle étape de ma vie.

Voici mes projets, ma bonne volonté,
mes incertitudes,
mes craintes, mes joies,
mes peines, mes désirs,
mes limites.

Si parfois je traîne les pieds,
rappelle-moi la chance
de pouvoir espérer un avenir...
Un avenir, telle une page blanche
que je désire remplir de Vie.

Je crois, Seigneur, à ta Présence,
à ton sourire et à ta grace.
Quand je ferai acte de liberté,
quand prendra forme au fil des jours
telle ou telle décision, petite ou grande,
je sais que là où je serai,
Tu seras avec moi.

Citation : Mystère ? - Gustave Thibon

Plus une âme est éloignée du mystère originel,
plus elle est condamnée à se nourrir de chiffres :
l'inventaire remplace pour elle l'invention... 
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Texte : Dans les sous-marins - Stan Rougier

Autrefois, on mettait des petits lapins
dans les sous-marins,
et lorsque les petits lapins mouraient,
on savait qu’il fallait refaire surface.
On savait que l’oxygène
était en train de manquer :
bientôt l’équipage connaîtrait
le sort des petits lapins.

Aujourd'hui, devant tant de jeunes
qui se donnent la mort,
devant tant de jeunes
qui fuient la vie par la drogue
et s’enfoncent dans des comportements
de déprime : « Aimez- moi ou je meurs ! »,
ou de violence : « Aimez-moi ou je mords ! »,
demandons-nous si le sous-marin
de notre civilisation
n’aurait pas besoin de faire surface !

Texte : La parole aimante - Maurice Bellet.

La parole qui dit l'amour
n'est pas la parole qui en parle.
C'est la parole qui le donne.
Elle peut parler de tout autre chose.
Elle peut ne pas avoir l'air aimante.
Mais son fruit, pour qui l'écoute, est vie.
Voilà ce qui en signe la vérité.
On peut parler avec ses mains,
avec son regard,  avec son silence,
avec la simple présence.
Et même,  avec l'absence nécessaire.

Le vrai amour ne prend rien.
Il vous laisse même à votre solitude.
La bonne solitude où vous pouvez
aller par vous-même, indépendant.
Mais le vrai amour ne vous abandonne jamais.
Ainsi la parole aimante est-elle comme une demeure
Où nous pouvons habiter jusque dans l'errance.


Prière : Reste avec moi - Jules Beaulac

Il y a de ces matins de tendresse où tout,
les gens et les choses vous disent : "je t'aime..."
Il y a de ces midis de lumière
où la nature tout entière vous répète :
"c'est bon la vie..."
Il y a de ces soirées de beauté
où les étoiles elles-même vous murmurent :
"Tu n'en finiras jamais de t'émerveiller..."

On a l'impression de marcher
sur des tapis de velours,
de naviguer sur des eaux moirées
et de voler dans des ciels d'azur.
On se sent capable
de tenir l'univers dans ses bras,
d'abattre des forêts entières, de vivre mille vies.
C'est merveilleux !

Mais il y a aussi de ces nuits de grande noirceur
où l'on se répète sans cesse :
"Quand cela vat-til finir ?"
Il y a des hivers de tristesse où l'on si dit, comme Job :
"Périsse le jour où je suis né !"
Il y a de ces nuits de douleur
où l'on crie à s'époumonner :
"Je n'en peux plus !"

On a des noeuds dans l'estomac,
des questions sans réponses plein la tête,
des problèmes plein les bras.
On est sans espoir, sans élan, sans souffle.
On voudrait mourir.
On est las de traîner sa vie.
C'est terrible !

Aux jours de doux temps
comme aux jours de tempête,
"Reste avec nous !"
Pour la lumière, merci !
Que je ne t'oublie pas quand il fait beau
et que je ne t'accuse pas quand il fait mauvais.

Citation : La jeunesse - Douglas Mc Arthur

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- Photo "La joie" de Geralt - 

La jeunesse n’est pas
une période de la vie,
elle est un état d’esprit,
un effet de la volonté
une qualité de l’imagination,
une intensité émotive,
une victoire du courage
sur la timidité,
du goût de l’aventure
sur l’amour du confort.
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Texte : Partir... - Anselm Grün

Tout départ fait d'abord peur,
car l'ordre ancien, familier, doit être rompu.
Et tandis que je le romps,
je ne sais pas encore ce qui va m'advenir.
Cet inconnu suscite en moi
un sentiment d'angoisse.

En même temps, il y a dans le fait de partir,
de se remettre en route, une promesse,
la promesse du neuf,
du jamais vu, du jamais vécu.
Qui ne se remet pas constamment en route,
sa vie se sclérose.
Ce qui ne change pas vieillit
et devient étouffant.
Il y a en nous de nouvelles possibilités de vie,
qui veulent se faire jour.
Mais elles ne le peuvent
que si les schémas anciens sont défaits...

Nous ne cessons d'éprouver cette ambivalence.
Nous ne sommes pas satisfaits
de ce que nous vivons dans l'instant présent,
mais nous avons peur du départ,
de la rupture avec nos habitudes,
d'une révolution intérieure et extérieure.
Pourtant, nous ne connaîtrons la vie
que si nous sommes prêts
à nous remettre sans cesse en route...

Aujourd'hui, l'atmosphère générale
tend plutôt au renoncement résigné,
à l'apitoiement sur soi-même,
à la déprime, à la plainte.
On préfère déplorer
que tout soit tellement difficile
et que, c'est comme ça,
on ne peut rien y faire...

Rompre les barrages intérieurs.
Passer de la fermeture à la disponibilité.
Abandonner les vieilles habitudes
et les avoirs anciens.
Cela nous ouvre la possibilité de partir
vers de nouveaux modes de vie,
vers d'autres phases de notre existence.

Texte : L'amour - Maurice Zundel

fleur, iris sauvage, dans les calanques de Marseille
- Photo "Iris sauvage" de Jeanne Menj -

Est-ce que l'Amour s'impose ?
Est-ce que l'Amour peut contraindre ?
Menacer ?  ou punir ?  Non !
L'Amour ne peut que s'offrir.
L'Amour ne peut qu'attendre.

Et si l'Amour échoue
il continue à être l'Amour.
Il ne peut que mourir
pour celui qui refuse d'aimer.

Citation : Vanité artistique - Blaise Pascal

Quelle vanité que la peinture
qui attire l'admiration
par la ressemblance des choses,
dont on n'admire point
les originaux !
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Texte : Violence, sang et pauvreté - Jean Rodhain

Sur mon bureau, j'ai des photos atroces
d'une guerre atroce au Vietnam.
J'ai aussi des photos des massacres au Nigeria-Biafra.
Elles sont impubliables.
J'ai aussi un rapport sur la Palestine :
mes deux amis de la Croix-Rouge ...
sont à l'hôpital, criblés de balles…

Or, quand il y a un seul cas de variole,
on ferme les aérodromes
et on vaccine à tour de bras tous les passagers.
Danger d'épidémie.
Et la guerre - autant que la variole -
ne vous paraît-elle pas une épidémie
qui ne semble pas du tout se localiser ni s'atténuer ?

Chaque fois que la guerre avance,
qui est-ce qui recule ? C'est le développement.
Et chaque fois que des avions,
fournis à prix d'or par les pays confortables,
déversent des bombes sur un village,
qui est-ce qui paie ?
Ce sont encore les plus pauvres.

Dans les cinémas de mon quartier,
on passe trois nouveaux films.
Tous les trois font ruisseler
interminablement le sang sur l'écran :
ils ne détaillent que des crimes
commis pour l'argent.

La justice est muette.
La charité, elle, oblige à crier "casse-cou".
Quand un monde entier se prosterne devant l'or
et s'habitue à voir couler le sang,
il peut construire orgueilleusement un monde technique.
Mais alors, la Tour de Babel n'est pas loin.
La misère des pauvres criera justice.
Demain, il sera bien tard !

- Ecrit en 1986 -

Texte : Métamorphoses de vie - Christiane Singer

Ocean
- Photo "Océan" de Ouistitis - 

Dans "Les âges de la vie", j'ai tenté de montrer
ces métamorphoses de l'être au cours de la vie.
Il est évident que tout cela ne vaut
que si l'on a appris en cours d'existence, à mourir.

Et ces occasions nous sont données si souvent ;
toutes les crises, les séparations, et les maladies,
et toutes les formes, tout, tout, tout, tout
nous invite à apprendre et à laisser derrière nous.

La mort ne nous enlèvera
que ce que nous avons voulu posséder.
Elle n'a pas de prise sur le reste.
Et c'est dans ce dépouillement progressif
que se crée une liberté immense et un espace agrandi,
exactement ce qu'on n'avait pas soupçonné.

Moi j'ai une confiance immense dans le vieillissement,
parce que je dois à cette acceptation de vieillir
une ouverture qui est insoupçonnable
quand on n'a pas l'audace d'y rentrer.

Citation : De grandes choses - Charles Montesquieu

Pour faire de grandes choses,
il ne faut pas être un si grand génie,
il ne faut pas être au dessus des hommes,
il faut être avec eux.
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Texte : "La paix soit avec vous" - Jeanne Signard

Il y a des paix qui agacent parce qu’elles manquent de vérité :
tout le monde se tait pour éviter les « histoires ».

Il y a des paix qui sentent la démission généralisée :
pour être tranquille il vaut mieux dire et faire comme tout le monde.

Il y a des paix bâties sur un consensus mou, trop vite obtenu :
cela m’est égal. Je suis d’accord et on n’en parle plus !

Il y a des paix qui étouffent les désirs d’être soi :
il est plus confortable de se couler dans le moule commun.

Il y a des paix qui masquent la peur des autres :
surtout pas de vagues… Ne contrarier personne.

La paix véritable aborde sans peur les questions qui fâchent.
La paix véritable déteste les non-dits.
La paix véritable ne craint pas le conflit, elle le rend fécond.
La paix véritable s’habille de respect et d’écoute.
La paix véritable marie avec bonheur des points de vue différents.
La paix véritable a horreur du même et de la répétition.
La paix véritable invite les plus forts à baisser le ton.
La paix véritable permet d’entendre le chant des humbles.

La paix véritable se nourrit d’attention, de prévenance, de présence.
La paix véritable brise le silence têtu.
La paix véritable fait sa demeure en toute parole qui a goût de fraternité.
La paix véritable s’invite dès qu’on parle de réconciliation.
La paix véritable n’est pas celle des installés mais celle des dérangés.
La paix véritable est l’amie de la vie qui va, entre légèreté et gravité.
L'amie de la vie qui défie la mort !

Cri de pauvre : Solitude - Jacques Prévert

Il a mis le café dans la tasse.
Il a mis du lait dans la tasse à café.
Il a mis du sucre dans le café au lait.
Avec une cuillère il l'a tourné.
Il a bu du café.
Il a remis la tasse sans rien me dire.

Il a allumé une cigarette.
Il a fait des ronds avec la fumée.
Il a mis les cendres dans le cendrier
sans me parler, sans me regarder.

Il s'est levé.
Il a mis son chapeau sur la tête.
Il a mis son imperméable
parce qu'il pleuvait.
Et il est parti sans rien me dire
sans me regarder

Et moi, j'ai mis ma tête
entre mes mains
et j'ai pleuré.

Citation : Inexplicable ? - Karl Jaspers

En un temps
de superstition scientifique,
on se sert de la science
pour dissimuler l'inexplicable.
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Texte : Espace public, lieu de rencontre ? - Etienne Grieu

Comme l'a exprimé Hannah Arendt, l'espace public est le lieu par excellence où les humains se rencontrent, se confrontent, entrent en compétition, se distinguent, se révèlent les uns aux autres et, de cette manière, communiquent un peu de ce qu'ils sont - sans pour autant perdre la part de mystère qui les enveloppe chacun. Ce qui pousse les acteurs à s'affronter ainsi, c'est un désir d'immortalité, "laisser quelque chose qui me survivra". ...

Personne, en tant qu'être unique, n'est substituable par un autre, et on comprend que tous tiennent à honorer ce qui, en eux, est absolument incomparable. ... Ce désir peut être considéré comme parfaitement légitime, dans la mesure où il participe de la mise en valeur de l'extraordinaire et foisonnante beauté de l'oeuvre de Dieu.

Les problèmes viennent lorsque les rencontres et les échanges, seuls lieux possibles pour exprimer cette singularité, tournent en compétitions qui disqualifient certains. ...  Or l'aspiration fondamentale qui nous meut ... est un radical désir d'être reconnu dans sa singularité et sa valeur incomparable. Aucune justice rétributive ne peut parvenir à étancher de telles soifs.

A partir de là, la vie dans l'espace public semble se réduire à l'alternative du cynisme ou du retrait : soit j'entre en compétition au prix d'une distorsion entre ce que je veux pour moi et pour les autres, soit je renonce et je reste en retrait. ...

D'autres formes de reconnaissance sont possibles, non pas uniquement sur un mode conflictuel, mais comme le fruit d'un appel. ... Cette singularité est moins à conquérir dans une lutte contre les autres qu'un don qui lui est fait au fil des rencontres et des liens tissés. Ce sont eux qui lui révèlent l'être unique qu'il est...

- Lu dans "Un lien si fort" - 

Citation : La liberté - d'après Louis Lavelle

Notre liberté n’est jamais
une liberté sans condition.
Elle est nécessairement limitée,
ne  serait-ce que par le respect
de la liberté des autres.
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Texte : L'unité en tout - Khalil Gibran

Au fil de l'eau
- Photo "Au fil de l'eau" par Kevin Talec -

Tout ce qui est dans la création
existe en vous,
et tout ce qui existe en vous
est dans la création.

Il n'est pas de frontière
entre vous et les choses les plus proches,
et il n'y a pas de distance
entre vous et les choses les plus éloignées.

Et toutes les choses,
de la plus basse à la plus élevée,
de la plus petite à la plus grande,
sont en vous dans une complète égalité.

Dans un atome,
on trouve tous les éléments de la terre :
dans un mouvement de l'esprit
se trouvent toutes les lois de l'existence ;

dans une goutte d'eau,
se trouvent tous les secrets
des océans sans fin :
dans un aspect de vous,
il y a tous les aspects de l'existence.

Texte : Partir ! - Jean Debruynne

Toutes les raisons sont bonnes
pour ne pas partir :
le cœur a ses habitudes,
l'âme ses tranquillités,
le corps ses fatigues,
les yeux leur horizon
et le visage son cercle.

Il n'existe donc pas de départ
sans séparation.
Le départ est donc toujours
un acte créateur.
Il rend possible.
Il ouvre un espace.

Accepter de partir,
c'est accepter qu'il soit un avenir.
C'est reconnaître
que tout n'a pas été dit.
C'est affirmer que notre monde
n'est pas notre prison,
et que notre temps
n'est pas sans issue.

Partir c’est toujours
aller au bout de soi-même
pour en reculer la frontière.

Citation : Justesse et facilité - Chang Tseu

'f' as in 'violin'
- Photo "f as in violin" de Gisela Giardino -

Ce qui est facile  est juste.
Commencez juste
et vous avancerez facilement.
Continuez facilement
et vous êtes dans le juste.

La meilleure façon
d'avancer facilement,
c'est d'oublier ce qui est juste
et d'oublier qu'il est facile d'avancer.
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Texte : Dieu est, ou il n'est pas ? - Blaise Pascal

Vous avez deux choses à perdre :
le vrai et le bien,
et deux choses à engager :
votre raison et votre bonne volonté,
votre connaissance et votre béatitude.

Et votre nature a deux choses à fuir :
l'erreur et la misère.
Votre raison n'est pas plus blessée
en choisissant l'une que l'autre,
puisqu'il faut nécessairement choisir.
Voilà un point vidé.

Mais votre béatitude ?
Pesons le gain et la perte
en prenant foi que Dieu est.
Estimons ces deux cas :
si vous gagnez, vous gagnez tout ;
si vous perdez, vous ne perdez rien.
Gagez donc qu'il est, sans hésiter !

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