Texte : Paradoxes (5) – Bob Morrehead

Le paradoxe de notre temps
est que nous avons des autoroutes plus larges,
mais des points de vue plus étroits.

Nous dépensons plus
mais nous avons moins.
Nous achetons plus
mais apprécions moins.
Nous avons de plus grandes maisons,
mais de plus petites familles ;
plus de commodités
mais moins de temps.

Nous avons plus d’instruction
mais moins de bons sens,
plus de connaissances
mais moins de jugement,
plus de médicaments
mais moins de bien-être.
plus d’experts
mais encore plus de problèmes.

Texte : Aimer les enfants - Auguste Daguzan

Aimer les enfants avec bienveillance,
sans une excessive rigueur
où ils ne voient que haine et qui leur fait dire :
"Ce maître est méchant !"

Bienveillance,
c'est-à-dire leur voulant du bien à eux,
les aimant pour eux et non pour soi.
Ne pas les mortifier sans motif,
leur lançant des paroles empoisonnées
qui restent dans leur cœur pour toute la vie.

Moi qui sentais et sens encore
si douloureusement de tels propos,
qui me rappelle avoir tant souffert
d’une parole de mes professeurs,
voudrais-je infliger
le même supplice à ces petits ?

Aimer les enfants, comme Jésus les aimait :
les instruire et les élever avec la même patience,
la même persévérance, la même condescendance
avec laquelle il forma le collège
de ces grands enfants qu’étaient les Apôtres.

"De quoi parlez-vous ?", leur disait-il souvent.
"Avez-vous compris ce que je viens de dire ?"
Et s’ils disaient que non,
il reprenait sa parabole
et l’expliquait phrase par phrase.

Il les aimait avec clémence, avec miséricorde,
s’efforçant de sauver Judas
une heure encore avant son arrestation,
pardonnant si généreusement à Pierre...


Texte : Ne pleure pas - Pape François

Ne pleure pas sur ce que tu as perdu,
lutte pour ce que tu as.
Ne pleure pas sur celui qui est mort,
lutte pour ce qui est né en toi.

Ne pleure pas sur qui t’a abandonné,
lutte pour celui qui est avec toi.
Ne pleure pas sur celui qui te hait,
lutte pour celui qui t’aime.

Ne pleure pas sur ton passé,
lutte pour ton présent.
Ne pleure pas sur ta souffrance,
lutte pour ton bonheur.

Avec toutes les choses qui nous arrivent,
nous apprenons
que tout problème a sa solution,
il faut simplement aller de l’avant.

Citation : Deux amis : Claude Halmos

J’aime considérer la prière
comme étant une conversation
entre deux amis qui s’aiment
et qui se comprennent.
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Texte : Vivre avec soi-même - Etty Hillesum

Il faut apprendre à vivre avec soi-même
comme avec une foule de gens.
On découvre alors en soi
tous les bons et les mauvais côtés de l'humanité.
Il faut d'abord apprendre à se pardonner ses défauts
si l'on veut pardonner aux autres.

C'est peut-être l'un des apprentissages
les plus difficiles pour un être humain,
que celui du pardon de ses propres erreurs,
de ses propres fautes.
La condition première en est de pouvoir accepter,
et accepter généreusement,
le fait même de commettre des fautes et des erreurs.

Cri de pauvre : L'enfant du chômeur (2) - Claude Halmos

Des millions de chômeurs aujourd'hui
ne peuvent pas positiver leur vie
parce qu’elle n’est pas "positivable".

Prétendre positiver une situation n’a aucun sens.
Quand un enfant n’a pour tout goûter
qu’une tartine de pain sans beurre ni confiture,
quel sens cela peut-il avoir de lui demander
de chercher le meilleur côté de sa tartine ?
C'est absurde, violent et, de plus, culpabilisant.

Un enfant sur cinq vit aujourd'hui, en France,
sous le seuil de pauvreté.
Que vont-ils devenir ?
On ne peut pas positiver ça !

Prière : Tout de même – D’après Mère Teresa

Les gens sont déraisonnables,
illogiques et égocentriques
Aimez-les tout de même !

Si vous faites le bien, les gens vous prêtent
des motifs égoïstes ou calculateurs
Faites le bien tout de même !

Si vous réussissez, vous gagnerez
de faux amis et de vrais ennemis
Réussissez tout de même !

Le bien que vous faites
sera oublié demain
Faites le bien tout de même !

L'honnêteté et la franchise
vous rendent vulnérable
Soyez honnête et franc tout de même !

Ce que vous avez mis des années à construire
peut être détruit du jour au lendemain
Construisez tout de même !

Les pauvres ont vraiment besoin de votre secours
mais certains peuvent vous attaquer si vous les aidez
Aidez-les tout de même !

Si vous donnez au monde le meilleur de vous-même
vous risquez d'y laisser des plumes
Donnez ce que vous avez de mieux tout de même.

Citation : Science et faits - Henri Poincaré

Tas de pierre
- Photo "Tas de pierres" de Mickael Muller - 

On fait la science
avec des faits,
comme on fait une maison
avec des pierres :
mais une accumulation de faits
n'est pas plus une science
qu'un tas de pierres
n'est une maison.
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Texte : Confiance en l'homme - Maurice Bellet

J'enracinais une fois encore
mon indéfectible confiance en l'homme.
En chacun, quels que soient son origine,
sa culture, son comportement,
brille une petite braise rouge :
la vie, engendrée sous le souffle d'amour du Père.
Non, je ne m'étais pas trompé,
L'homme était né de l'amour,
pour l'amour.

Texte : Unité ou uniformité ? - Le Bret

Babel tower at night
- Photo "Babel Tower" de Mo -

L’aspiration des hommes à l’unité
est légitime mais celle-ci se réalisera,
non dans l’identité,
mais dans la relation et l'altérité,
celle qui existe entre les hommes,
et celle, radicale, avec le Tout Autre.

Refus de l’altérité sexuelle,
refus des frontières,
des cultures et des langues,
individualisme forcené
qui fait du caprice de chacun
la mesure de toute chose,
idéologie qui croit pouvoir
modeler à l’infini la nature humaine
et qui, voulant tout les pouvoirs,
est de facto totalitaire...

La tour de Babel est bien là sous nos yeux,
et c’est elle qu’il s’agit de déconstruire
pierre à pierre
avant qu’elle ne s’écroule sur nous.

Citation : La force de l’amour – Guy Gilbert

L'amour vainc tout.
Absolument tout.
Si tu sais ça,
tu sais tout.
Et tu fonces.
L'amour est la seule chose
qui te rend radieux,
pétant feu et flamme.
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Cri de pauvre : L'enfant du chômeur (1) - Claude Halmos

Le chômage est violence
et ses ravages psychologiques meurtrissent
à la fois les adultes concernés et les familles :

L’enfant construit en effet son image
en s’appuyant sur celle de ses parents.
C’est terrible d’avoir un père ou une mère
dévalorisés par la société.
Ces situations se compliquent
d’un sentiment de culpabilité mutuelle :

Sur le plan des achats quotidiens,
les parents se sentent coupables
de dire "non" aux enfants en permanence.

Les enfants se sentent coupables
de mettre leurs parents dans l’embarras
ou de les voir se priver pour eux.
Mais ils peuvent également en jouer,
ce qui est tout aussi dramatique.

Citation : Besoin de temps - Pape François

Encore la foule
- Photo "Encore la foule" de Théo -

L'amour fraternel
a besoin de temps
alors que notre monde,
harcelé par la hâte,
la frénésie de l’action
et de la production,
oublie la dimension
de la gratuité.
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Prière : Pour tous les pauvres du monde - Raoul Follereau

Seigneur, apprenez-nous
à ne plus n'aimer que nous-mêmes,
à ne plus nous contenter d’aimer les nôtres.
Apprenez-nous à ne penser qu’aux autres
et d’abord à aimer ceux qui ne sont pas aimés.
Faites-nous mal avec la souffrance des autres.

Seigneur, donnez-nous la grâce de réaliser
qu’à chaque minute de notre vie,
de notre vie heureuse et par Vous protégée,
il y a des millions d’êtres humains,
nos fils, nos frères, qui meurent de faim,
qui meurent de froid,
et qui n’ont pas mérité de mourir de froid.

Seigneur, ayez pitié
de tous les pauvres du monde,
pardonnez-nous de les avoir trop longtemps,
par peur honteuse, abandonnés.
Seigneur, ne permettez plus
que nous soyons heureux tout seuls,
donnez-nous l’angoisse
de la misère universelle
et délivrez-nous de nous-mêmes
si telle est Votre volonté. Amen.

Citation : Tu dis... - Jean Cocteau

Tu dis que tu aimes les fleurs
et tu leur coupes la queue,
Tu dis que tu aimes les chiens
et tu leur mets une laisse,
Tu dis que tu aimes les oiseaux
et tu les mets en cage,
Tu dis que tu m’aimes
alors moi j’ai peur.
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Texte : Nous, passants indifférents - Jean-Yves Ducourneau

Swan, homeless, on Mission St.
- Photo "Swan, homeless, on Mission St." de Franco Felini -

Nous sommes, plus qu'on pense,
ces passants indifférents.
Nous ne considérons pas du tout
les personnes en souffrance
comme des êtres humains,
ni même comme des animaux,
puisqu'il est vrai que notre regard trompé
se tourne plus facilement
vers un petit chien tout mignon
que vers quelqu'un qui sollicite justement,
et en premier lieu, notre regard.

Le pauvre,
assis près de son carton de misère
sur lequel est marquée sa faim,
nous fait peur
car il nous renvoie inconsciemment
à notre propre misère humaine
que nous rejetons d'un revers de la main.

Pire.
Il semble que nous ayons le sentiment
d'être agressés par sa main tendue,
par sa parole ou par son regard
qui peut paraître accusateur.

Donc, nous le fuyons !
Nous fuyons notre frère en humanité,
notre frère d'âme,
au nom du principe de précaution
que nous mettons en oeuvre
comme un bouclier d'indifférence.

Texte : Prendre la parole (1) - Jeanne Signard

Délions nos pensées prisonnières de nos peurs,
habillons-les avec des mots choisis,
aussi ajustés que possible,
elles se transformeront alors en paroles
qui ne demandent qu’à s’envoler
pour la belle aventure d’un dialogue,
d’une conversation ou d’un partage.

Prendre la parole est un acte de dé-maîtrise.
Laissons aller notre parole,
sans connaître l’accueil qui lui sera réservé.
Laissons-là cheminer à la rencontre d’autres paroles.
Elles vont s’apprivoiser,
se confronter, se conjuguer,
pour bâtir ensemble une fraternité.

Et pour qu’elles aient toutes les chances d’être reçues,
n’oublions pas de les accompagner du sourire,
qui ouvre les portes les plus verrouillées,
sans jamais les forcer !

Citation : Tyrannie - Montesquieu

Lady Justice
- Photo "Lady Justice" de Scott -

Il n'y a point de plus cruelle tyrannie
que celle que l'on exerce à l'ombre des lois
et avec les couleurs de la justice.
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Texte : La prière, un mouvement - Maurice Zundel

La prière est le mouvement de retour vers notre origine,
qui nous permettra de nous faire nous-même origine.
Dès qu'on s'approche de Dieu, on lui ressemble et,
au lieu de rien subir, on devient source de tout.
La prière est donc essentielle à la vie,
et c'est elle seule qui peut remonter le cours du mal
et établir dans le monde le règne du Bien,
s'il s'agit de retrouver ce Visage infini imprimé dans nos coeurs,
si le Bien est Quelqu'un et non pas quelque chose.

La prière de demande n'est pas nécessairement
une prière intéressée et égocentrique :
elle peut devenir une prière entièrement pénétrée d'amour.
Il arrive que des prières longues ne soient plus à la portée,
ni de notre organisme épuisé, ni de notre esprit vidé de lui-même.
Il arrive que nous ne puissions plus qu'être un cri vers Dieu ...

Il y a la prière de l'émerveillement, la prière de louange ...
la prière d'action de grâces, la prière d'adoration.
Ce qu'il faut, c'est retrouver la dimension mystique,
c'est retrouver la passion de Dieu,
c'est comprendre que c'est lui qui est la Vie de la vie,
que la substance de l'homme s'effrite,
que sa dignité vole en éclats
si elle ne repose pas sur la Présence infinie.

Il y a la prière de Bach, de Mozart, de Beethoven, de Michel-Ange.
Il y a la prière de tous les grands artistes,
de tous les géants qui ont suscité la beauté
et qui n'ont pu créer qu'en se dépassant, en se perdant de vue.
Il n'est donc pas nécessaire de passer par les prières rituelles,
tout admirables qu'elles soient.
Mais enfin, cette prière n'empêche pas la valeur immense
de cette prière de la profession, du métier
et de toutes les relations humaines.

Il y a une prière sur la vie,
une oraison sur la vie qui est infiniment précieuse,
parce que la vie tout entière est sacrée et que rien n'est profane.
Il y a la prière sur les autres
qui est indispensable à l'éclosion de la charité,
car Dieu sait que, limités comme nous le sommes,
il est inévitable que nos limites se heurtent réciproquement.

Il y a l'oraison sur la vie,
qui doit être constante et qui tient à la qualité du regard.
Nous regarder c'est nous perdre.
Regarder Dieu, c'est déjà entrer dans la Lumière.
Le sens de la prière, c'est de focaliser notre regard
sur Dieu en nous, dans les autres, dans l'univers,
dans l'art, dans l'amour, en toutes réalités,
car "toute réalité chantera" - comme dit Patmore -
et rien d'autre ne chantera.

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