Texte : L'autre - Jeanne Signard

- Photo "Portrait 51" de Hervé Germain -

L’autre, pronom indéfini, qu'il est donc vain de vouloir définir...
N’est-il pas cet étranger qui vient à nous à l’improviste,
qui nous dérange peut-être ?
Ou celui que nous fréquentons et appelons par son nom
mais qui garde sa part d’étrangeté et d’indéterminé.

Supportons-nous « l’autre » dans notre vie ?
Impossible si nous avons une vision de la vie bien cadrée,
bien programmée, bien cloisonnée,
si nous pensons que chacun a une place marquée, fixée à jamais,
et un comportement prévisible en toute circonstance.

Pour supporter l’autre, il faut vivre moins serrés,
mettre du "jeu" entre nous afin de rendre la vie "jouable".
Laisser de la place à l’autre, dans nos têtes, dans nos cœurs,
dans le coffre-fort de nos idées arrêtées, bien pliées, bien rangées.
Cela ne peut se faire sans une capacité à se déplacer,
à se pousser un peu pour faire de la place.

Donner de la place à l’autre questionne notre propre place.
Si nous nous surprenons à dire ou simplement à penser :
"Je tiens à ma place - Ici je n’ai pas ma place - Il veut prendre ma place"...
cela veut dire que nous nous identifions à notre place.
Obsédés par cette peur de la perdre,
nous voilà réduits à être une place, et peut-être rien d’autre !
Mais si nous acceptons de nous déplacer
pour laisser un peu de place à l’autre,
un autre point de vue s’offre à nous !

L’irruption de l’autre est un appel à sortir de nos coquilles.
L’autre, même s'il nous dérange,
remet du mouvement dans la monotonie de nos vies.
L’autre est toujours une histoire à accueillir,
non seulement parce qu’il nous arrive avec son histoire à lui,
mais parce qu’il va marquer aussi notre histoire.

Quelle histoire commune allons-nous écrire à partir de notre rencontre ?
"Moi, je ne veux pas d’histoires !" dites-vous.
Mais pouvons-nous écrire notre histoire
sans y mêler quelques « histoires » communes ?
"Moi je suis très clair ! personne ne pourra me faire changer d’avis !"
Celui qui se vante d’avoir la pureté et la transparence du cristal
en possède aussi la dureté et la fragilité.
La rencontre de l’autre risque de le briser par le choc de sa différence,
à moins que, pour éviter la casse, il préfère quitter la place.

Adoptons plutôt la souplesse et la capacité d’adaptation
de la cellule vivante qui se nourrit de ce qui lui vient de l’extérieur,
d’une autre vision des choses.
Ah ! bien sûr cela suppose de renoncer à la luxueuse cage de cristal
pour jouer le beau jeu de la vie en n’ayant comme unique protection
que la confiance faite à l’autre.

Faisons place à l’autre dans le jardin trop bien rangé de nos certitudes.
Il apportera à nos fleurs l’ombre dont elles ont besoin pour ne pas se faner
sous les projecteurs de l’aveuglante clarté du "je suis sûr".
Résistons à la tentation de construire un barrage
pour retenir le ruisseau qui nous déconcerte
par ses imprévisibles bondissements

Texte : Découvrir la splendeur de la Création - Emmanuelle Hutin

Les jeunes générations ont compris
l'importance d'agir ensemble,
aller vers l'intériorité,
être attentif à la création.
Il est temps que chrétiens,
juifs, bouddhistes, musulmans et athées
se retrouvent pour favoriser l'unité du monde.

A leurs manières, les différentes traditions religieuses
invitent les êtres humains à l'humilité.
Elles espèrent réveiller en l'homme le veilleur endormi,
déciller ses yeux pour qu'il découvre
la splendeur de la Création.

Qui sait si, armé d'humilité et de douceur,
il ne découvrira pas de nouveaux chemins
là où le matérialisme montre ses limites
et où la violence s'avère une impasse.

- lu dans Ouest-France - 



Texte : Vous avez dit "Espérance" ? - Adrien Candiard

Quand le monde qui nous entoure nous fait peur,
l’espérance chrétienne ne nous dit pas
de rester là à pleurnicher parce que tout va mal,
ni de sourire bêtement parce que tout irait bien.

Elle ne nous invite pas à attendre
que Dieu détruise ce monde-là
pour en construire un autre ;
elle nous pose une question très simple :
comment faire de tout cela
une occasion d’aimer davantage ?


Citation : S'arrêter le matin - André-Marie

S’arrêter, le matin une minute pour regarder le temps venir. Toute sa journée en sera transformée. Chaque minute en sera décalée. Si cette minute est d’amour et de bonté, tout le reste en sera teinté. Arrête-toi et détricote ton temps pour le retisser d’un fil d’or.

Texte : Mourir vivant ! - Gustave Thibon

- Photo "Old Thai woman" de Eric Montfort -

Être de son temps, pour un vieillard,
c'est vivre déjà au-delà du temps :
c'est se détacher de tout ce qui meurt
pour s'ouvrir à la lumière et à l'amour
qui ne meurent pas.

Par là, quelles que soient les épreuves de la vieillesse,
l'homme âgé reste présent et accueillant
à tous les êtres et à tous les âges
et, quand sonne sa dernière heure,
il meurt vivant. 


Texte : L'amour est... - Martin Gray

L’amour est emportement.
L’amour est enthousiasme.
L’amour est risque.
N’aiment pas et ne sont pas aimés
ceux qui veulent épargner,
économiser leurs sentiments.

L’amour est générosité.
L’amour est prodigalité.
Mais l’amour est échange.
Qui donne beaucoup
reçoit beaucoup en fin de compte.
Car nous possédons ce que nous donnons.


Citation : Respect - Jeanne Signard

Pas de respect sans bienveillance.
Pas de respect sans confiance.
Pas de respect sans une certaine distance.
Pas de respect sans silence.
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Texte : Qui prie ? - Guy Gilbert


- Photo "Aube" de Steluma -


Qui prie ?
L’athée qui admire un paysage, une fleur, un ciel…
Il contemple, la beauté l'interroge : il prie.
L’agnostique, qui croit et doute à la fois, prie lui aussi.

Qu'il le fasse seulement aux heures où tout est clair,
le matin de préférence où tout paraît lumineux !
Il aura assez du soir pour se poser des questions
sur l'existence de Dieu.

Quant au croyant, comment peut-il ne pas prier ?
Comme l'oiseau vole, ou comme le poisson nage,
l'homme de tout temps prie à sa façon,
à son moment. Invincible cet élan qui porte vers l'Invisible...
Recherche de toute une vie vers l'inconnu,
vers ce qui nous porte au-delà de nous-mêmes…
Ainsi-soit-il.

Prière : Contre le terrorisme - Jorge Bergoglio

Notre Père, nous venons vers toi, aujourd’hui
pour te demander de garder en paix le monde et ses habitants,
de les garder loin des vagues dévastatrices du terrorisme,
de restaurer l’amitié et d’instiller dans les cœurs de tes créatures
le don de la confiance et de la disposition au pardon.

Donneur de vie, nous te prions aussi pour tous ceux
qui sont morts victimes des brutales attaques terroristes.
Donne-leur la récompense éternelle.
Puissent-ils intercéder pour le monde
déchiré par les conflits et les divisions.

Jésus, Prince de la Paix, nous te prions aussi
pour tous ceux qui ont été blessés
dans ces actes de violence inhumaine :
enfants et jeunes, personnes âgées et innocents
accidentellement touchés par le mal.
Guéris leurs corps et leurs cœurs ;
console-les de ta force et, en même temps,
enlève leur tout désir de haine et de vengeance.

Saint-Esprit consolateur, visite les familles des victimes du terrorisme,
familles qui souffrent sans aucune faute de leur part.
Enveloppe-les du manteau de ta divine miséricorde.
Fait-leur trouver à nouveau en toi et en eux-mêmes
la force et le courage de continuer
à être des frères et sœurs pour les autres,
surtout pour les immigrants,
en témoignant de ton amour par leur vie. T

Touche les cœurs des terroristes
afin qu’ils puissent reconnaître le mal de leurs actions
et puissent se tourner vers le chemin de la bonté et de la paix,
du respect de la vie et de la dignité de chaque être humain,
indépendamment de la religion,
de l’origine, de la richesse ou de la pauvreté.

Ô Dieu, Père éternel, dans ta miséricorde,
entends notre prière que nous élevons vers toi
au milieu du bruit assourdissant et du désespoir du monde. ...
Nous demandons le don de la paix
et de l’élimination de notre milieu de l’épaisseur du terrorisme.
Amen.

Tous des fils ! - Charles de Foucault


- Photo "Little newborn hand" de Yves Merckx -

Nous sommes tous des fils du Très-Haut !
Tous...
Le plus pauvre, le plus répugnant,
un enfant nouveau-né, un vieillard décrépi,
l'être humain le moins intelligent...
un idiot, un fou, un pécheur...
celui qui nous répugne le plus
au physique et au moral...
est un enfant de Dieu.
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Citation : Vraie civilisation - Jorge Bergoglio

Voici le signe de la vraie civilisation,
humaine et chrétienne :
mettre au centre de l’attention
sociale et politique
les personnes les plus défavorisées.
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Texte : Heureux ceux... - St Vincent de Paul


Heureux ceux qui respectent
mes mains décharnées
et mes pieds déformés.

Heureux ceux qui conversent avec moi
bien que j'aie désormais quelque peine
à bien entendre leurs paroles.

Heureux ceux qui comprennent
que mes yeux commencent à s'embrumer
et mes idées à s'embrouiller.

Heureux ceux qui m'assurent qu'ils m'aiment
et que je suis encore
bonne ou bon à quelque chose.

Heureux ceux qui m'aident à vivre
l'automne de ma vie...



Texte : Science et Religion - Martin Luther King


- Photo "PhotonQ-fusion" de PhOtOnQuAnTiQuE -

Il peut y avoir conflit
entre hommes de religion à l'esprit fragile
et hommes de science à l'esprit ferme,
mais non point entre science et religion.
Leurs mondes respectifs sont distincts
et leurs méthodes différentes.

La science recherche,
la religion interprète.
La science donne à l'homme
une connaissance qui est puissance,
la religion donne à l'homme
une sagesse qui est contrôle.
La science s'occupe des faits,
la religion s'occupe des valeurs.

Ce ne sont pas deux rivales.
Elles sont complémentaires.
La science empêche la religion de sombrer
dans l'irrationalisme impotent
et l'obscurantisme paralysant.
La religion retient la science de s'embourber
dans le matérialisme suranné
et le nihilisme moral.

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