Texte : Folie d'une non-humanité - Père André-Marie

Toutes les formes de pauvreté sont un scandale
et un scandale insupportable
quand on découvre que ces situations,
ces pauvretés, sont les résultats
de la liberté d’individus et de nations pervertis
par l’égoïsme et le pouvoir dominateur…

Devant la folie que nous révèle
l’absurde réalité du monde dans sa non-humanité,
il nous faut une autre forme de folie :
va donc semer des fleurs dans ton jardin,
habille ton visage d’un sourire,
tu croiras, chaque jour, que l’amour est possible.

Alors, tu changeras le monde
et commenceras à laisser naître en toi
la notion de conscience planétaire qui, seule,
rendra à Dieu sa Paternité universelle.

Enfin, prends conscience que la douceur,
la tolérance et la bonté sont plus fortes
que la violence et la haine
et que le bonheur est un état
qu’on ne peut garder qu’en le partageant.

Citation : Productivisme - Jean Debruynne

- Photo "Cambodge" de Multimedia l'Echo -


- Photo "Enfants dans les mines" de Humanium - 

En choisissant la productivité,
notre société pratique la religion
des sacrifices humains.
Nous n'avons ni Baal, ni Moloch,
mais nous avons nos bénéfices.
Notre société ne peut vivre
qu'au prix d'énormes sacrifices humains
offerts sur l'autel du profit.


Texte : Faire la paix avec ceux qui nous entourent - Godfried Dannels

Voici quelques propositions pour faire la paix avec ceux qui nous entourent :
  • Nous accepter nous-mêmes, tels que nous sommes, et avec joie. 
  • Considérer ce que nous avons reçu plus que ce qui nous manque ;
  • remercier plutôt que de se plaindre. 
  • Accepter les autres tels qu’ils sont, à commencer par nos plus proches : notre conjoint, nos parents, nos frères et sœurs, nos voisins, notre famille. 
  • Dire du bien des autres, et le dire à haute voix. 
  • Ne jamais nous comparer aux autres, car une telle comparaison ne conduira qu’à l’orgueil ou à la désespérance, sans nous rendre heureux. 
  • Vivre dans la vérité, sans craindre d’appeler “bien” ce qui est bien, “mal” ce qui est mal. 
  • Résoudre les conflits par le dialogue, non par la force car garder en nous nos rancœurs ne peut que nous enfermer dans la tristesse et parler de l’autre en son absence conduit à casser du sucre sur son dos ou à se plaindre inutilement. Mieux vaut ouvrir notre cœur dans un vrai dialogue. 
  • Dans ce dialogue, commencer avec ce qui rassemble et n’aborder qu’ensuite ce qui divise. 
  • Faire le premier pas avant le soir : “Que le soleil ne se couche pas sur votre ressentiment” (Ep 4,26). 
  • Être persuadé que “pardonner” passe avant “d'avoir raison”. 


Texte : Agir avec et pour les pauvres - Madeleine Cinquin*

Portrait de Soeur Emmanuelle
- Photo "Soeur Emmanuelle" de Gauthier Fabri

Agir ? Oui, mais pour qui ? Et à quelle condition ?
Je voudrais résumer les critères majeurs d’une action efficace
avec et pour les pauvres :

Le coeur 
Quelle est la clef qui ouvre une relation vivante, d’homme à homme ?
Le cœur au sens pascalien du terme,
c’est à dire le centre le plus intime de la personne,
là où s’unissent les facultés d’intelligence, de sensibilité et de volonté.
C’est le cœur qui réchauffe et brûle.
Il donne chaleur et vie à notre approche de l’autre.
L’autre n’est pas appréhendé par un raisonnement froid,
ni par une émotivité pure, ni par une détermination rigoureuse,
mais par un élan spontané de l’être tout entier.
La démarche est difficile selon les tempéraments,
mais la une même flamme habite
ceux qu’anime une même passion caritative.

Le partenariat
Le succès tiens ensuite au travail en partenariat.
Ce partenariat est bien sûr celui du travail d’équipe
dans les associations et les organisations.
Il doit être aussi celui d’une collaboration avec les institutions locales.
Mais, avant toute chose, il s’agit d’être partenaire de ceux qui souffrent.
La première chose à faire est de les écouter ;
ils connaissent mieux que quiconque et les causes de leur détresse
et ce vers quoi ils aspirent pour en être délivrés.

Le respect
Sans le respect du pauvre, rien ne sera construit de valable.
L’attitude intérieure de celui qui vient apporter son aide affleure le regard,
le geste, le ton et elle sera immédiatement ressentie en bien ou en mal
par l’homme ou la femme que la vie a écrasé et écorché.
La supériorité tue le contact, la déférence le noue.
Quand un climat d’égalité s’installe,
la lutte avec et pour le pauvre acquiert sa force primordiale.
L’autonomie est l’objectif premier auquel toute personne aspire.
C’est sagesse que de savoir laisser les rênes
et se retirer dès qu’on n’est plus utile.
Tout acteur humanitaire digne de ce nom suit cette règle.

* Soeur Emmanuelle du Caire -

Texte : Estime - Charles de Foucault

Combien nous devons estimer tout être humain,
combien nous devons aimer tout être humain !
C'est l'enfant de Dieu.

Dieu veut que ses enfants s'aiment entre eux
comme un tendre père veut
que ses fils s'aiment entre eux.

Aimons tout homme parce qu'il est notre frère
et que Dieu veut que nous le regardions comme tel,
parce qu'il est l'enfant du Dieu bien aimé...


Texte : J'ai confiance en vous, Jeunesse ! - Raoul Follereau

C’est à vous que je m’adresse.
J’ai 73 ans.
Il y a 50 ans que je me bats contre la lèpre.
Et contre toutes ces autres « lèpres » que sont
l’égoïsme, le fanatisme, la lâcheté.
Au secours et au service
des plus douloureuses minorités opprimées au monde,
j’ai vu un univers inimaginable d’horreurs,
de douleurs et de désespoirs.
Et pourtant, je vous dis :
"bientôt un nouveau printemps fleurira.

J’ai confiance en vous, jeunesse".
Qu’importe quelques excentriques,
leurs excès et leur turbulences !
Je crois en votre cœur.
C’est vous qui précipiterez la débâcle
du mensonge et la faillite de l’argent.

Soyez intransigeants sur le devoir d’AIMER.
Ne cédez pas, ne composez pas. Ne reculez pas.
Riez au nez des égoïstes toujours gavés d’eux-mêmes,
des hypocrites tout bouffis de leurs vertus bien astiquées
ceux qui, dans la vie ne s’intéressent qu’à leur vie,
persuadés que le Bon Dieu leur offrira au paradis
des places numérotées.
Ceux qui pensaient déjà à leur retraite
alors qu’ils suçaient leur biberon.

Refusez de mettre votre avenir au garage.
Luttez, visage nu, dénoncez à haute voix,
ne permettez pas qu’on triche autour de vous.
Dites-vous bien que le plus grand malheur
qui puisse arriver,
c’est que votre vie ne serve à rien…

 De l’intelligence qui trahit,
de la machine qui asservit,
de l’argent qui pourrit,
SAUVEZ L’AMOUR.
Portez en vous le ferment
révolutionnaire et miséricordieux de l’Evangile.

Comprenez bien que l'important,
ce n'est pas ce que l'on récolte, mais ce qu'on sème.
Ce n'est pas ce qu'on est mais ce qu'on offre.
Faire chacun ce qu'on peut,
en sachant que c'est la Providence qui fait tout.
Et qu'elle nous aime d'un amour qui ne finira pas.
Soyez ces semeurs de cet amour.
Rendez-le contagieux, radioactif.
Et qu’il contamine le monde.
Demain l’aurore « Etes-vous prêts ? »

Texte : Accueillir notre humanité - Jean Vanier

La prise de conscience
que nous appartenons à une humanité commune,
et que cette appartenance est plus fondamentale
que tout autre appartenance,
a changé beaucoup de mes attitudes
et ma vision de l'être humain.

Elle m'a aidé à me libérer
de compulsions égocentriques
et de blessures intérieures,
m'a incité à mieux accueillir
ceux qui sont différents, les « étrangers »,
et même ceux qui nous agressent, les « ennemis ».

Passer de l'égoïsme à l'amour,
de l'esclavage à la liberté,
de l'enfermement sur soi
à l'ouverture aux autres, c'est grandir ;
c'est le chemin vers la pleine maturité humaine.

Nous sommes tous appelés à la libération du coeur,
à nous ouvrir aux autres
et à découvrir ce qui fait le fond de notre être,
notre humanité commune.

Mais cette libération est un long cheminement,
depuis l'angoisse et l'enfermement sur nous-mêmes,
où nous nous sentons coupés des autres,
jusqu'à un amour plénier qui nous transforme
et nous permet d'aider les autres à se transformer.

Ce cheminement, nous ne pouvons l'accomplir seuls.
Il implique que nous appartenions,
à un moment ou un autre, à
un groupe ouvert qui aide chacun
à vivre un dialogue harmonieux avec les autres,
à l'intérieur comme à l'extérieur du groupe. ...

On peut s'étonner que les faibles et les exclus
puissent être des maîtres en humanité,
mais c'est la vérité que je découvre
en vivant avec eux.

Citation : Croire qui ? - Gustave Thibon

- Photo "Illusion d'optique" de Igor Domsac -

Et les hommes ne demandent qu'à croire,
à condition qu'on leur mente.
Ils croient celui qui affirme
et non celui qui sait.
Car, précisément,
celui qui sait n'ose rien affirmer... 
______________________


Texte : Homme de couleur - Léopold Sedar Senghor

Cher frère blanc,
Quand je suis né, j'étais noir,
Quand j'ai grandi, j'étais noir,
Quand je suis au soleil, je suis noir,
Quand je suis malade, je suis noir,
Quand je mourrai, je serai noir.

Tandis que toi, homme blanc,
Quand tu es né, tu étais rose,
Quand tu as grandi, tu étais blanc,
Quand tu vas au soleil, tu es rouge,
Quand tu as froid, tu es bleu,
Quand tu as peur, tu es vert,
Quand tu es malade, tu es jaune,
Quand tu mourras, tu seras gris.

Alors, de nous deux,
Qui est l'homme de couleur ?

blogger