Texte : Bonne Année ! - Jeanne Signard


- Photo : Jeanne Signard - 

Bercés par les vagues du passé,
Debout sur le radeau du présent,
Tendus vers un avenir incertain,
Apprivoisons nos inquiétudes.
Que la gravité et la légèreté
S’unissent pour un pas de danse,
Au rythme de l’amour.

Pour cet an neuf,
A chaque heure sa musique,
A chaque fleur son parfum,
A chaque rencontre sa couleur,
A chaque jour sa surprise,
A chaque instant son sourire.

Le temps qui passe ne peut user
ce qui toujours se crée.


Prière : Rends-nous inventifs - Anonyme

Seigneur notre Dieu, 
Pour nous, rien n'est pire que d'être laissé de côté,
alors que les autres se rassemblent pour parler et rire ;
d'être muni d'un billet d'entrée pour la salle
où les autres se réjouissent de nous voir  refuser la porte ;
d'être abandonné, après usage,
alors que la parole avait été donnée de ne jamais reprendre l'amour !

Rien n'est pire que d'être écarté
comme quelqu'un qui n'a plus de part à la fête commune
et comme quelqu'un  dont il n'y a plus rien à recevoir.
Il n'y a rien de pire, Seigneur Dieu, que les paroles et les regards absents,
par lesquels on déclare le délaissement !

C'est pourquoi nous te prions, toi qui ne pousses personne de côté
et qui déclares ta tendresse à tous ceux qui cherchent à vivre :
apprends-nous à déclarer de notre présence,
ceux qu'on a murés dans l'oubli.

Avec l'Évangile de Jésus de Nazareth,
fais-nous inventer les mots et les gestes
qui déclarent à tous ceux qui sont laissés dehors :
« Venez ! Entrez ! Nous sommes frères !
Allons ensemble à la fête : c'est la même pour tous,
préparée par le père pour les siècles des siècles !»

Citation : Cadeau de Noël - David Jeremiah

En réalité, Noël, c’est tous les jours de l’année.
C’est là le cadeau inestimable
que Dieu nous a fait en Jésus-Christ
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Texte : La bonne nouvelle de Noël - Jeanne Signard


- Reproduction de "La Nativité" du peintre Georges de la Tour -

Dans la froidure des hivers,
Dans la sécheresse des déserts,
Alors que  l’eau se tarit dans nos puits,
Dans le silence de nos longues nuits,
DIEU MET AU MONDE SON ENFANT.

On attendait le tout-puissant,
Mais ne naquit qu’un enfant.
Il était tout-petit et fragile ;
Sa vie ne tenait qu’à un fil.
DIEU NOUS CONFIAIT SON ENFANT

Aujourd’hui, affamé, nu et perdu,
Il tend la main dans nos rues.
Tous les  jours nous le croisons.
Jusque  dans nos maisons.
DIEU SE FAIT MENDIANT

Partout il recueille les pleurs
De ceux qui perdent cœur.
Avec tous ceux qui peinent,
Avec tous ceux qui trainent,
DIEU MARCHE AU PAS DE L’AMOUR

Préparons nos mains aux caresses,
Habillons nos yeux de tendresse.
Près de nous, un frère, une sœur,
Cache sa peur ou crie sa douleur,
DIEU MENDIE NOTRE AMOUR

Citation : But de l'homme - Martin Gray

Le but de l’homme,
c’est d’être soi.
Parce qu’être soi,
c’est aller vers les autres.
Comme la source
va à la mer.
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Texte : Contre l'insomnie - Etty Hillesum

Relâcher son emprise crispée sur la journée :
Je crois que jusque dans leurs nuits,
beaucoup de gens gardent serré
dans leurs griffes avides ou affamées
un morceau de la journée.

Ce devrait être chaque soir un geste d'abandon et de détente :
laisser aller la journée, avec tout ce qu'elle a comporté.
Et se résigner à laisser  tout ce qu'on n'a pas pu mener à bien,
en sachant qu'une nouvelle journée va venir.

Il faut aborder la nuit avec les mains vides, ouvertes,
dont on a laissé la journée glisser.
Alors seulement on peut vraiment se reposer.
Et dans ces mains vides et reposées, qui n'ont rien souhaité retenir
et où il n'y a plus un seul désir,
on reçoit en se réveillant, une nouvelle journée.


Citation : Vous avez dit Progrès ? - Gustave Thibon


Le monde, depuis un siècle, évolue à pas de géant.
Tout se précipite : le vent du progrès nous coupe la face.
Amer symptôme :
l'accélération continue est le propre des chutes
plutôt que des ascensions.
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Texte : Questions de temps – Amarik

« Vite ! » - « Pas l’temps ! » -«  Dépêche-toi ! » - « C’est pas l’moment »…
Suis-je esclave du temps ?  -- Non si je comprends tout ce qu’il est vraiment :
Non pas seulement une somme de minutes, d’heures ou d’années
Qu’on cherche constamment à compresser pour plus de rentabilité,
Mais tellement plus, tellement mieux, au point qu’il peut mener jusqu’à l’éternité.

Quand il m’arrive de lâcher prise, et de remettre le temps en perspective,
Alors je peux découvrir l’attente féconde qui aboutit au moment ajusté :
Comme ces neuf mois de présence inaccomplie en la mère,
Et son attente patiente, paisible et confiante du trésor annoncé, 
Jusqu’à l’incroyable arrivée, enfin, de la merveille du monde !

Le temps devient alors un début, une genèse, un projet, un avenir,
Une espérance, parfois déçue, mais toujours renouvelée,
Un don total, jusqu’à l’oubli de soi si léger à porter, un objectif unique :
L’avenir offert, inconnu car donné, jusqu’à l’accomplissement d’une autre réalité.

Qu’est-ce que le temps présent, alors ?
Pas du tout ce moment impossible à cerner, coincé entre passé et avenir,
Mais plutôt un quotidien intense et courageux, dans la simplicité ou la difficulté,
Ou peut-être une succession d’âges, de saisons, de moments,
Intenses ou bien futiles, réguliers tels les anniversaires, les fêtes de fin d’année,
Ou temps inattendus, quelle que soit la durée : cadeaux inespérés...

Le temps n’est pas que mesuré au nombre de minutes, de jours ou bien d’années,
On en retient bien mieux la forte intensité,
et ensuite on le date pour mieux se le rappeler.
Le temps de la mémoire est bâtisseur d’histoire,
de la civilisation, et de la transmission.
Mais aussi de conscience, d’intelligence et de sensibilité.
Et l’homme devient  ainsi capable de dépasser son animalité :
Instinct, envies, besoins, avoirs, passions…  sont rationalisés.

Le temps ainsi compris peut devenir « présence »,
Présence active et qui féconde, en soi-même ou en l’autre.
C’est l’heure de la fraternité, de la solidarité, de l’amour, de l’amitié.
Un moment du temps transformé, un temps qui peut durer…
Même quand l’être aimé n’est pas à nos côtés…
C’est une heure qui dure, parfois, toute une vie, et même bien au-delà.

Quand le Divin nous touche, nous transforme, nous retourne…
Alors, c’est le début de la grande mutation, c’est la métamorphose, 
L’éternité du temps touche alors tout notre être,
Et voici l'expérience de la présence divine, constante, et apaisée.
Voici l’heure du repos, du fardeau allégé, chemin vers l’infini à peine commencé,
Celle de la Grande Rencontre qui envahit le temps,
L’heure qui dure et dure encore, la « présence constante »,
Voici « l’heure d’éternité » que tant et tant de gens ont toujours recherché !

Texte : A toi, l'ami perfectionniste - Anonyme



Si tu veux pouvoir vivre en ce monde,
Accepte l'imperfection.
Accepte que les autres ne soient pas parfaits,
Accepte qu'avec les meilleures intentions du monde,
Tu es imparfait.

Car ce qui semble parfait pour l'un
Ne l'est pas pour son prochain
Et si l'imparfait se situe dans le passé,
Tant qu'il y aura le présent et le futur,
Le chemin sera ouvert pour tendre à la perfection,
Tout en te connaissant de mieux en mieux,
Toi et tes imperfections.

Avec humilité et sans fausse modestie,
Si tu peux regarder et aimer
Ce que te renvoie le miroir intérieur,
Ton côté face et ton côté pile,
Et avec ton âme être en harmonie,
Alors tu es sur le chemin de la Vérité.

Prière : La prière du malade - Anonyme

Quand rien ne va plus
Et que je dis : "à quoi ça sert de se battre ?"
Je peux encore me tourner vers Toi,
Te prier et Te demander de m'aider.
Tu as mis en moi la passion de vivre et d'avancer,
Tu m'as choisi pour faire triompher la vie,
Tu ne peux pas me laisser tomber.

Seigneur, sois mon réconfort,
Apporte-moi cette bouffée d'espérance
Qui me soutiendra toute la journée.
Tu es mon compagnon d'attente des jours meilleurs.
Avec Toi je reprendrai la route de la vie
Et sans fin, je proclamerai Ton amour.



Texte : Regarde - d'après François d'Assise


Je sais que tu as mille et une raisons de désespérer,
Mais je voudrais te crier qu'il y a aussi mille et une autres raisons d'espérer !
Ne laisse pas gagner ton cœur par les marées noires des mauvaises nouvelles,
Pour changer le monde, il faut d'abord changer ton regard.

Regarde et cueille chaque jour, autour de toi, au creux du quotidien,
Ces mille et une fleurs d'espérance :
Celles qui poussent au milieu des plus sinistres tours de béton,
Des plus monotones lieux de transport ou de travail,
De la plus froide chambre d'hôpital,
De la plus humble décision, personnelle ou collective, pour la justice.

Regarde et vois tous ces hommes et toutes ces femmes
Qui ne font pas " la une " des journaux, mais qui inventent, jour après jour,
De nouvelles manières de vivre, de partager, d'espérer,
Et qui manifestent que le Royaume de Dieu est à la portée de la main.

Regarde et vois tous ces hommes et toutes ces femmes
Qui, au lieu de crier que Dieu est aveugle, lui prêtent leurs yeux ;
Qui, au lieu de crier que Dieu est manchot, lui prêtent leurs mains ;
Qui, au lieu de crier que Dieu est muet, lui prêtent leurs voix.

Regarde et entends,
Car le monde actuel a besoin de retrouver ce " regard du coeur ",
Et de cueillir ces fleurs de l'espérance
Pour mieux respirer et pour mieux vivre.

Texte : Les baguettes - Conte oriental

Un jour, on demanda à un sage de donner sa vision du paradis et de l'enfer.
En enfer, dit-il, je vois des hommes qui sont attablés
devant de grands plats de riz,
mais ils meurent de faim, car les baguettes
à leur disposition pour se nourrir
sont longues de deux mètres !

"Au paradis par contre, je vois les mêmes hommes
assis à la même table et tenant les mêmes baguettes !
Mais ceux-là sont heureux et en bonne santé.
Car chacun se sert de ses baguettes
pour nourrir celui qui est en face de lui...


Citation : Tristesse - Proverbe chinois

Nid dans un arbre en automne
- Photo "Nid dans un arbre en automne" de Frédéric Bisson -

Vous ne pouvez pas empêcher  
les oiseaux de la tristesse
de voler au-dessus de vos têtes,
mais vous pouvez les empêcher
de faire leurs nids dans vos cheveux.
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Texte : Existence de Dieu - Albert Einstein


Photo pixabay de Didgeman

Je n’ai jamais nié l’existence de Dieu.
Je crois la théorie de l’évolution
parfaitement conciliable avec la foi en Dieu.

Il est impossible de concevoir et de prouver
que le splendide et infiniment merveilleux univers,
de même que l’homme,
soit le résultat du hasard ;
et cette impossibilité me semble la meilleure preuve
de l’existence de Dieu.
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Texte : Education - Edgar Morin

On n'enseigne nulle part ce que nous sommes,
nous, êtres humains.
C'est un énorme trou noir dans nos système éducatifs.

L'unité complexe de la nature humaine
a été désintégrée dans l'enseignement
à travers différentes disciplines.

Enseigner la complexité,
c'est notamment restaurer l'unité de la nature humaine
de façon à ce que chacun, où qu'il soit,
prenne connaissance et conscience
à la fois de son identité complexe
et de son identité commune
avec tous les autres humains.

(Lu sur Ouest-France)

Citation : Visage - Tahar Ben Jelloun


"Mona Lisa" ou "La Joconde"

Il n'existe pas deux visages absolument identiques.
Chaque visage est un miracle.
Parce qu'il est unique.
Deux visages peuvent se ressembler ;
ils ne seront jamais tout à fait les mêmes.
La vie est justement ce miracle,
ce mouvement permanent et changeant
qui ne reproduit jamais le même visage.

Citation : L'orgueil - Robert Guelluy

L'orgueil est le grand facteur
d'obscurcissement de nos âmes,
le principal écran entre Dieu et nous :
nous n'entendons pas les invitations de Dieu,
trop occupés de nous-mêmes,
trop indisponibles à Dieu.
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Texte : Nos racines - Simone Weil

L'enracinement reste peut-être
le besoin le plus important de l'âme humaine.
Un être humain a une racine
par sa participation réelle, active et naturelle
à l'existence d'une collectivité
qui conserve vivants certains trésors du passé
et certains pressentiments d'avenir.

Participation naturelle,
c'est-à-dire amenée automatiquement par le lieu,
la naissance, la profession, l'entourage.


Chaque être humain a besoin
d'avoir de multiples racines.
Il a besoin de recevoir la presque totalité
de sa vie morale, intellectuelle, spirituelle
par l'intermédiaire des milieux
dont il fait naturellement partie.

Citation : Dualité - Khalil Gibran

Deux êtres habitent tout homme :
l'un, éveillé, est dans les ténèbres
et l'autre, endormi, est dans la lumière.
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Citation : Connaissance de soi - Maître Eckhart

La connaissance de soi
est une naissance à sa propre lumière,
à son propre soleil.
L'homme qui se connaît
est un homme vivant.
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Texte : Comme un papillon - Père André-Marie


Photo "Prends ton envol beau papillon" de MarieYelahiah 

Chaque fois que j’essaie de me libérer des ombres
pour me laisser envahir par ta lumière,
c’est ta Résurrection qui m’envahit.

Une folle espérance, alors, me donne envie de vivre,
me met « en vie » de vivre
et bouscule l’ombre des tombes (...).
Parce qu’en toi, un jour, libéré de ma gangue,
je m’éveillerai « papillon ».

Chaque fois que j’accepte, au lieu de les subir,
les petits renoncements quotidiens,
mes petites morts quotidiennes ;
chaque fois que je m’efforce
de transformer ma mauvaise humeur en sourire,
c’est la Résurrection qui entre dans ma vie.
Alors, comme un papillon, je meurs et je deviens...

Prière : Saints et Saintes de Dieu - Anonyme

Saints et Saintes de Dieu,
vitraux de la lumière divine,
parlez-nous de lui.

Vous qui n’avez pas trouvé de date dans nos calendriers,
mais qui avez reçu de Dieu une place éternelle,
priez pour nous.

Vous les humbles laboureurs de la Terre
qui avez accueilli les fruits de la création,
priez pour nous.

Vous, les femmes de ménage, couturières
et repasseuses, cuisinières et bonnes d’enfants
qui, jour après jour, avez semé la tendresse,
priez pour nous.

Vous, moines et moniales du silence,
de la prière et de la vie fraternelle,
qui avez gardé au cœur la joie de Dieu,
priez pour nous.

Vous, les savants, philosophes et hommes de science,
qui avez poursuivi sans relâche la vérité
et y avez découvert le mystère de Dieu,
priez pour nous.

Vous, les artistes et vous, les gens du spectacle
qui avez apporté un peu de la beauté
et de la joie de Dieu sur notre Terre,
priez pour nous.

Vous tous, Saints et Saintes,
bienheureux enfants de Dieu,
faites monter notre louange vers le Père,
par le Fils, dans l’Esprit Saint.

Amen


Texte : Lorsqu'on s'abandonne - François Garagnon

Lorsque l'on s'abandonne, on libère le meilleur de soi. 
Tout ce qui était contraint s'élance harmonieusement, 
on s'ouvre à la vie, on se sent délivré. 

C'est la puissance du dedans qui va forcer tous les obstacles, 
comme un torrent qui jaillit, que rien ne peut arrêter 
et qui se nourrit de son abondance... 
L'abandon amène l'abondance, abondance perpétuelle.

Si tu comptes sur ta petite volonté, 
c'est comme si tu tournais de manière calculée 
un robinet qui va libérer un petit ruisselet d'énergie : 
à force d'économiser, ton cœur est menacé de sécheresse : 
plus rien n'y pousse, ni le succès, ni les projets, 
ni la tendresse, ni rien qui vaille de vivre. 

Moi, j'ai compris un grand secret... 
je vais te le glisser dans le creux de l'oreille... 
là où il y a de l'abandon, il y a de l'amour, il y a Dieu.

Il faut savoir choisir, et puis tout donner, sans se retenir, 
s'abandonner au courant, se laisser porter par son propre élan, 
sentir le rythme, l'équilibre et l'harmonie, 
savourer le goût de la vie, 
et dans un grand soleil de tendresse, 
dire merci à Dieu, 
merci de nous guider vers des mondes inconnus 
et de nous porter sans se lasser, sans se fatiguer, 
sans ralentir sa course, loin, loin, loin... 

Laisser Dieu couler en nous comme une source. 
Tout simplement. 
Quand tu auras compris ça, tu verras : 
la vie, ça coule de source...


Texte : Celui qui attend - Christian Bobin


Photo "le hêtre du Ponthus"

Celui qui attend est comme un arbre
avec ses deux oiseaux, Solitude et Silence.
Il ne commande pas à son attente.
Il bouge au gré du vent,
docile à ce qui s'approche,
souriant à ce qui s'éloigne.

Celui qui attend,
nous l'appelons le "tout comblé"
car dans l'attente,
le commencement est comme la fin,
la fleur est comme le fruit,
le temps comme l'éternel.


Texte : Pauvreté cachée - Jean Rodhain

Mettre un seul égoïste en contact avec la misère.
Faire découvrir au sceptique
que ce vieillard aux trois repas par semaine
n'est pas un fait divers de journal,
mais un fait réel à deux pas de mon logement.

Conduire un timide au seuil de l'hôpital d'enfants malades
où sa visite sera une joie pour eux
 et une illumination pour lui-même...

Citation : La joie – Thérèse Martin

Ah ! je l'ai bien senti,
la joie ne se trouve pas
dans les objets qui nous entourent,
elle se trouve au plus intime de l'âme.
On peut aussi bien la posséder
dans une prison que dans un palais.
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Texte : Bonheur et canapé - Jorge Bergoglio


- Photo "affalé sur mon canapé" - 

Dans la vie, il y a une paralysie dangereuse et souvent difficile à identifier, et qu’il nous coûte beaucoup de reconnaître. J’aime l’appeler la paralysie qui naît lorsqu’on confond le bonheur avec un canapé !

Oui, croire que pour être heureux, nous avons besoin d’un bon canapé. Un canapé qui nous aide à nous sentir à l’aise, tranquilles, bien en sécurité. Un canapé ... qui nous garantissent des heures de tranquillité pour nous transférer dans le monde des jeux vidéo et passer des heures devant l’ordinateur. Un canapé contre toute espèce de douleur et de crainte. Un canapé qui nous maintiendra enfermés à la maison sans nous fatiguer ni sans nous préoccuper.

Le canapé-bonheur est probablement la paralysie silencieuse qui peut nous nuire davantage ; parce que peu à peu, sans nous en rendre compte, nous nous endormons, nous nous retrouvons étourdis et abrutis tandis que d’autres – peut-être plus éveillés, mais pas les meilleurs – décident de l’avenir pour nous.

Sûrement, pour beaucoup il est plus facile et avantageux d’avoir des jeunes étourdis et abrutis qui confondent le bonheur avec un canapé ; pour beaucoup, cela est plus convenable que d’avoir des jeunes éveillés, désireux de répondre au rêve de Dieu et à toutes les aspirations du cœur. …

Jésus est le Seigneur du risque, du toujours “au-delà”. Jésus n’est pas le Seigneur du confort, de la sécurité et de la commodité. Pour suivre Jésus, il faut avoir une dose de courage, il faut se décider à changer le canapé contre une paire de chaussures qui t’aideront à marcher, sur des routes jamais rêvées et même pas imaginées, sur des routes qui peuvent ouvrir de nouveaux horizons, capables de propager la joie, cette joie qui naît de l’amour de Dieu, la joie que laissent dans ton cœur chaque geste, chaque attitude de miséricorde.

Aller par les routes en suivant la “folie” de notre Dieu qui nous enseigne à le rencontrer en celui qui a faim, en celui qui a soif, en celui qui est nu, dans le malade, dans l’ami qui a mal tourné, dans le détenu, dans le réfugié et dans le migrant, dans le voisin qui est seul.

Aller par les routes de notre Dieu qui nous invite à être des acteurs politiques, des personnes qui pensent, des animateurs sociaux. Il nous incite à penser à une économie plus solidaire. Le temps qu’aujourd’hui nous vivons n’a pas besoin de "Jeunes-canapés", mais de Jeunes avec des chaussures, mieux encore, chaussant des crampons.

Devenons des protagonistes dans le service. Proposons une réponse concrète aux besoins et à la souffrance de l’humanité. L’humanité a besoin d’hommes et de femmes, et de manière particulière de jeunes comme vous, qui ne veulent pas vivre leur vie “à moitié".

Citation : Savoir - Maurice Bellet

Il y a deux sortes de gens sur qui l’on ne peut pas compter :
Ceux qui ne savent pas : ils ne savent pas !
Ceux qui savent : ils n’apprendront rien.
Sur qui donc peut-on compter ?
Sur ceux qui savent qu’ils ne savent pas.
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Texte : L'homme augmenté - Hannah Arendt

Depuis quelques temps,
un grand nombre de recherches scientifiques
s'efforcent de rendre la vie « artificielle » elle aussi,
et de couper le lien qui maintient encore
l'homme parmi les enfants de la nature.

C'est le même désir d'échapper à l'emprisonnement terrestre
qui se manifeste dans les essais de création en éprouvette,
dans le vœu de combiner « au microscope
le plasma germinal provenant de personnes aux qualités garanties,
afin de produire des êtres supérieurs »
et de « modifier leurs tailles, formes et fonction » ;
et je soupçonne que l'envie d'échapper à la condition humaine
expliquerait aussi l'espoir de prolonger la durée de l'existence
fort au-delà de cent ans, limite jusqu'ici admise.

Cet homme futur, que les savants produiront,
nous disent-ils, en un siècle pas davantage,
paraît en proie à la révolte contre l'existence humaine
telle qu'elle est donnée en cadeau venu de "nulle part"
(laïquement parlant)
et qu'il veut pour ainsi dire
« l'échanger contre un ouvrage de ses propres mains ».

- Ecrit en 1943 dans un camp de concentration 
  à propos des expériences nazies -



Texte : Le Miroir - Maurice Zundel

Jamais vous ne pourrez vous voir vous-même dans un miroir.
Un miroir peut être utile à votre toilette, voire indispensable,
mais ce n'est pas dans un miroir que vous trouverez la révélation de vous-même.
Vous ne pouvez pas vous regarder priant dans un miroir,
vous ne pouvez pas vous voir comprenant dans un miroir.

Votre vie profonde, celle par laquelle vous vous transformez vous-même,
c'est une vie qui s'accomplit dans un regard vers l'autre.
Dès que le regard revient vers soi,
tout l'émerveillement reflue et devient impossible.

Quand on s'émerveille, c'est qu'on ne se regarde pas.
Quand on prie, c'est qu'on est tourné vers un autre ;
quand on aime vraiment, c'est qu'on est enraciné dans l'intimité d'un être aimé.
Il est donc absolument impossible de se voir dans un miroir
autrement que comme une caricature si l'on prétendait y trouver son secret.

La vie profonde échappe à la réflexion du miroir ;
elle ne peut se connaître que dans un autre et pour lui.
Quand vous vous oubliez parce que vous êtes devant un paysage qui vous ravit,
ou devant une œuvre d'art qui vous coupe le souffle,
ou devant une pensée qui vous illumine,
ou devant un sourire d'enfant qui vous émeut,
vous sentez bien que vous existez,
et c'est même à ces moments-là que votre existence prend tout son relief,
mais vous le sentez d'autant plus fort que justement
l'événement vous détourne de vous-même.

C'est parce que vous ne vous regardez pas
que vous vous voyez réellement et spirituellement,
en regardant l'autre et en vous perdant en lui.

C'est cela le miracle de la connaissance authentique.
Dans le mouvement de libération où nous sortons de nous-mêmes,
où nous sommes suspendus à un autre,
nous éprouvons toute la valeur et toute la puissance de notre existence...
Dans ce regard vers l'autre, nous naissons à nous-mêmes.

Citation : Education - Benjamin Franklin


Tu me dis…
J'oublie ! 

Tu m'enseignes… 
Je me souviens !

Tu m'impliques…  
J'apprends !
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Citation : Ce qui compte - Albert Einstein

Ce qui compte
ne peut pas toujours être compté,
et ce qui peut être compté
ne compte pas forcément.
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Cri de pauvre : Pauvreté de notre société - Dominique Loreau


- Photo sur le site http://www.maudboutique.fr -

C'est notre société qui est pauvre.
Pauvreté de croire qu'être heureux, c'est posséder.
Pauvre de se laisser influencer par la publicité.
Pauvre d'accepter de se laisser perdre
dans l'engrenage de la compétitivité.
Pauvre de n'être pas libre de vivre plus simplement.
Pauvre de mettre une étiquette sur tout,
même sur la générosité.

La pauvreté ne se résume pas à un manque d'argent.
Elle signifie aussi manquer de qualités humaines,
spirituelles, intellectuelles.

Aider les autres,
c'est ne pas faire montre de ses richesses,
c'est vivre simplement
et respecter chaque être humain sans le juger.
C'est aussi faire en sorte
qu'il ne soit pas jaloux, amer ou envieux.


Prière : Seigneur, si tu passes par là - Jean Debruynne

Seigneur, si Tu passes par-là,
viens chez moi, entre donc.
Mais il vaut mieux que tu saches :
tu trouveras sûrement ma porte fermée.
J'ai toujours peur, alors je mets le verrou.
Mais Toi Tu sais bien comment entrer,
surtout quand ma porte est fermée.
Tu arrives à passer
même quand il n'y a pas de porte.

J'aime mieux Te dire, Seigneur,
si Tu viens chez moi,
Tu ne trouveras pas grand-chose.
Si Tu veux de l'amour,
il vaudrait mieux que Tu en amènes.
Tu sais, mon amour à moi,
il est plutôt rassis, ce serait mieux
que tu en apportes du frais.
Emballe-le bien en le transportant,
c'est si fragile l'amour !

Si tu avais aussi un peu d'espérance,
de la vivace, de celle de ton jardin,
ce serait bien d'en prendre un bouquet.
J'en ai tant besoin pour fleurir mon regard.

Et si encore tu avais un peu de foi pour moi,
rien qu'un peu,
pas plus gros qu'un grain de moutarde,
alors je déplacerais les montagnes.
Amen. 

Citation : Le progrès technique - Gustave Thibon

Le progrès technique doit nous apparaître
comme une question posée par la science à la conscience.
Et la réponse n'est ni dans la lune
ni dans les prodigieuses machines qui nous y conduisent :
elle est en nous.
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Texte : Un sourire - Khalil Gibran


 - Photo sur le site "Made in Shoreditch -

Il ne coûte rien et produit beaucoup.
Il enrichit celui qui le reçoit, sans appauvrir celui qui le donne.
Il ne dure qu'un instant, mais son souvenir est parfois immortel.

Un sourire, c'est du repos pour l'être fatigué,
du courage pour l'âme abattue,
de la consolation pour le cœur endeuillé.

C'est un véritable antidote
que la nature tient en réserve pour toutes les peines.
Et si l'on refuse le sourire que vous méritez,
soyez généreux, donnez le vôtre.

Nul en effet n'a autant besoin d'un sourire
que celui qui ne sait pas en donner aux autres.
Chacun d'entre nous recèle une part de beauté,
il suffit de la faire rayonner de l'intérieur vers l'extérieur.


Texte : Bonheur au quotidien - Soeur Emmanuelle

Au bidonville, j'ai vécu dans le bonheur.
C'est au bidonville que j'ai passé les années les plus heureuses de ma vie.
J'ai eu vingt-deux ans de justice !
Vingt-deux ans de partage.

Ce fut difficile au plan matériel.
J'aurais voulu aider tout le monde à avoir une bonne santé.
Je n'y suis pas parvenue.
On meurt beaucoup dans un bidonville.
Vie et mort se côtoient au quotidien.

Mon bonheur au bidonville a été mêlé de profonde souffrance.
J'ai touché mes limites dans une conversation avec l'abbé Pierre.
Je m'étais réjouie de lui annoncer
que notre programme de scolarisation avançait bien,
que le lycée pour filles était en bonne voie,
qu'une usine allait voir le jour
pour transformer les détritus en un compost fertilisant. 
Ces ordures qui étaient un poison
se métamorphoseraient en source de richesse !

Comme j'avais fini de parler, l'abbé Pierre se tut.
Un voile de tristesse passa dans ses yeux quand il demanda :
"Et les autres, sœur Emmanuelle ? Les autres ?
Ceux que vous n'avez pas pu sauver ?"

C'est là que je touchai mes limites.
Les limites de ce qu'il est possible de faire
pour créer du bonheur sur terre.
C'est le point douloureux de l'enseignement de Jésus.
Toute la vie du Christ nous dit que le bonheur n'est pas pour ce monde.
Si l'on n'accepte pas cet enseignement, on se révolte.
Il n'y a pas d'alternative.


Cri de pauvre : Entends-moi - Anonyme indien

Quand je te demande de m'écouter
et que tu commences à me donner des conseils,
tu n'as pas fait ce que je te demandais.

Quand je te demande de m'écouter
et que tu commences à me dire pourquoi je ne devais pas ressentir cela,
tu bafoues mes sentiments.

Quand je te demande de m'écouter
et que tu sens que tu dois faire quelque chose pour résoudre mon problème,
tu m'as fait défaut, aussi étrange que cela puisse paraître.

Écoute, tout ce que je te demande, c'est que tu m'écoutes.
Non que tu parles ou que tu fasses quelque chose :
je te demande simplement de m'écouter.

Les conseils sont bon marché,
pour cinq sous j'aurai, dans le même journal, l'horoscope et le journal du cœur.
Je peux agir par moi-même, je ne suis pas impuissant,
peut-être un peu découragé, ou hésitant, mais non impotent.

Quand tu fais quelque chose pour moi,
que je peux et ai besoin de faire moi-même,
tu contribues à ma peur, tu accentues mon inadéquation.

Mais quand tu acceptes comme un simple fait
que je ressens ce que je ressens (peu importe la rationalité),
je peux enfin arrêter de te convaincre,
et je peux essayer de commencer à comprendre
ce qu'il y a derrière ces sentiments irrationnels.

Lorsque c'est clair, les réponses deviennent évidentes
et je n'ai pas besoin de conseils.
Les sentiments irrationnels deviennent intelligibles
quand nous comprenons ce qu'il y a derrière.

Peut-être est-ce pour cela que la prière marche parfois,
pour quelques personnes, car Dieu est muet.
Il ne donne pas de conseils. il n'essaie pas d'arranger les choses.
Il t'écoute simplement et te laisse résoudre le problème toi-même.

Alors, s'il te plait, écoute et entends moi.
Et si tu veux parler,
attends juste un instant et je t'écouterai.

Citation : Vocation -Abraham Maslow

S'il veut être en paix avec lui même,
un musicien doit faire le la musique,
un peintre de la peinture,
un poète de la poésie.
__________________________

Texte : Peur - Maxime Piolot


- Photo "The scream" sur le site Corbières Matin -

Peur d'être jugé
Peur d'être volé
Peur du ridicule
Peur des chiens qui hurlent

Peur de trop donner
Peur de trop aimer
Peur de ne rien faire
Quand tout reste à faire

Peur de ce qui vient
Et qui tend la main
Peur de la misère
Qui fait les frontière

Peur des grandes villes
Aux guerres inutiles
Faut-il entreprendre
Quand le cœur est tendre ?

Peur d'être exilé
Après tant d'années
Peur de vivre à l'heure
Des métiers qui meurent

Peur de mal vieillir
A quoi bon souffrir
Peur d'être poussière
Au bout du calvaire

Rassure-toi !
Rassure-moi !
Ouvrons les yeux vraiment
Sur la réalité.

- Site du chanteur - 


Texte : Repartir - Jean Debruynne


- Photo du site "Barcelone Croisière" - 

Repartir, ce n'est surtout pas revenir sur ses pas,
Repartir, ce n'est pas faire marche arrière.
Ce n'est pas revenir à son point de départ.
Repartir, ce n'est pas faire demi-tour
en effaçant les traces de ses propres pas.

Jamais tu ne repars comme tu es arrivé.
Jamais tu ne reviens comme tu es parti.
Jamais tu ne rentres comme tu es sorti.

Le voyage te change
Le voyage n'a pas été seulement celui des kilomètres et des semaines.
Celui qui repart se remet en cause,
il se remet en histoire et en route.
Il renonce à rentrer dans ses pantoufles et ses habitudes.

Repartir, c'est affirmer que l'avenir existe, puisqu'on y va.
C'est croire qu'il existe un possible, puisqu'on y part.
Repartir, c'est prouver que tout n'a pas été dit.
Repartir, c'est croire qu'il existe encore un chemin, il est celui du cœur.

Repartir, ce n'est pas rapporter des souvenirs, mais des projets.
Repartir, ce n'est pas retrouver ses habitudes
et remettre les choses à leur place.
Repartir, ce n'est pas déclarer que tout est fini
et qu'il ne reste plus que des nostalgies.
Repartir, c'est, au contraire, vouloir que tout commence.

Celui qui repart a le cœur neuf.Celui qui repart suit le chemin d'un nouveau regard.
Celui qui repart ne sera plus jamais comme avant.
Celui qui repart se remet en mouvement.


Cri de pauvre : Nécessité - Pierre Rabhi

Comment se fait-il que l’humanité,
en dépit de ressources planétaires suffisantes
et de prouesses technologiques sans précédent,
ne parvienne pas à faire en sorte
que chaque être humain puisse se nourrir,
se vêtir, s’abriter, se soigner
et développer les potentialités nécessaires
à son accomplissement ?
______________________________

Prière : Rêves et réalité - Etty Hillesum

On a parfois du mal à concevoir et à admettre,
mon Dieu,
tout ce que tes créatures terrestres
s'infligent les unes aux autres en ces temps déchaînés.

Mais je ne m'enferme pas pour autant dans ma chambre,
mon Dieu,
je continue à tout regarder en face,
je ne me sauve devant rien,
je cherche à comprendre et à disséquer les pires exactions,
j'essaie toujours de retrouver la trace de l'homme
dans sa nudité, sa fragilité, de cet homme bien souvent introuvable.

Enseveli parmi les ruines monstrueuses de ses actes absurdes ...
Je regarde ton monde au fond des yeux,
mon Dieu,
je ne fuis pas la réalité pour me réfugier dans de beaux rêves
- je veux dire qu'il y a place pour de beaux rêves
à côté de la plus cruelle réalité -
et je m'entête à louer ta création,
mon Dieu,
en dépit de tout !

 - écrit en 1943 du camp de Westerbork -

Citation : Education - Martin Gray



- Ets Croisiera -

Si on gonfle les jeunes voiles d’un enfant
au souffle de la force, du courage et de la droiture,
alors il vogue et sait affronter les tempêtes.
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Texte : Fait-il beau aujourd'hui ? - Douglas Malloch

Bien sûr,que la vie est remplie de misères,
Je n'ai jamais dit le contraire.
Je sais que j'en ai eu ma part à éteindre
Et que j'ai mille raisons de me plaindre.
Contre moi vents et orages se sont unis ;
Et combien de fois le ciel a été gris !
Les épines et les ronces m'ont piqué,
À gauche, à droite, et ailleurs aussi.
Mais, pour dire toute la vérité,
Fait-il assez beau aujourd'hui !

À quoi sert de toujours brailler
Et de rabâcher les soucis d'hier ?
À quoi sert de ressasser le passé
Et, au printemps, de parler de l'hiver ?
Un chacun doit avoir ses tribulations
Et mettre de l'eau dans son vin.
La vie n'est certes constante célébration.
Des soucis ? Bien sûr, j'ai eu les miens.
Mais il faut bien le voir aussi :
Il fait diablement beau aujourd'hui !

C'est aujourd'hui que je vis,
Et non pas il y a un mois.
T'en as, t'en as pas, tu donnes et tu prends
Selon qu'en décide le moment.
Hier, un nuage de chagrin
A bien assombri mon chemin.
Demain, il pleuvra peut-être
À casser les carreaux des fenêtres,
Mais faut le dire, puisque c'est ainsi :
Fait-il assez beau aujourd'hui !


Citation : La joie - Anonyme



La joie n'est pas un objet
que nous pouvons cacher dans un coffre-fort,
tel un bijou précieux,
il faut l'offrir aux autres
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Texte : Optimisme volontaire - Claude, bénévole

L’homme peut être pessimiste de nature,
et optimiste de volonté.
Bien sûr, il existe l’optimiste béat, du moment présent,
fait de bonne santé, de beau temps ou de beau soleil…
Mais fugitive est son humeur…

Je préfère l’optimiste volontaire,
pas à tous crins, mais conscient,
qui dans chaque être, chaque événement,
cherche le bon côté,
celui qui peut relativiser toutes menaces…
Solide est son humeur…

Il a cette liberté, de l’intérieur,
qui le tire des sables mouvants
pour envisager l’au-delà du moment présent,
sans être aspiré par le rêve de sa situation précaire.
Il est celui qui espère, et qui sait, par expérience,
que même le mal peut être transformé.

Il est agissant, pour rassembler et pacifier,
donner l’harmonie, apporter l’espoir au présent ,
comme neuf et nouveau chaque matin,
Il recommence avec le jour, avec la pesanteur,
mais avec toute l’expérience de passé.
Ni très exubérant, ni nécessairement drôle,
il est simple, discret, souriant.
Il passe comme un sourire.

C’est si bon, quelqu’un qui sait être heureux !
Crois-tu le devenir ?

D’autres aimeraient tant venir s’y réchauffer !
Ce n’est pas une simple question de tempérament,
c’est une action consciente et réfléchie.
Veux-tu le devenir ?


Prière : C'est à moi que vous le ferez - Mère Teresa


- "La miséricorde" de l'Ile Bouchard -

"Quand j'avais faim, tu m'as donné à manger.
Quand j'avais soif, tu m'as donné à boire.
Quand j'étais sans logis, tu as ouvert tes portes.
Quand j'étais nu, tu m'as donné ton manteau.
Quand j'étais las, tu m'as offert le repos.

Quand j'étais inquiet, tu as calmé mes tourments.
Quand j'étais petit, tu m'as appris à lire.
Quand j'étais seul, tu m'as apporté l'amour.
Quand j'étais en prison, tu es venu dans ma cellule.
Quand j'étais alité, tu m'as donné des soins.

En pays étranger, tu m'as fait bon accueil.
Chômeur, tu m'as trouvé un emploi.
Blessé au combat, tu as pansé mes plaies.
Cherchant la bonté, tu m'as tendu la main.

Quand j'étais noir ou jaune ou blanc,
Insulté et bafoué, tu as porté ma croix.
Quand j'étais âgé, tu m'as offert un sourire.
Quand j'étais soucieux, tu as partagé ma peine.

Tu m'as vu couvert de crachats et de sang.
Tu m'as reconnu sous mes traits en sueur.
Quand on se moquait, tu étais près de moi,
Et quand j'étais heureux, tu partageais ma joie.

Ce que vous ferez au plus petit des miens,
C'est à moi que vous le ferez, a dit Jésus.
Maintenant, entrez dans la maison de mon Père."

Rends-nous dignes, Seigneur, de servir nos frères
Qui, à travers le monde, vivent et meurent dans la misère.
Donne-leur par nos mains leur pain quotidien,
Et par notre amour, la paix et la joie.
 

Citation : Main fermée - Lanza Del Vasto


Si tu ferme la main,
le monde te restera fermé comme un poing.
Si tu veux que le monde s'ouvre à toi,
ouvre d'abord la main !
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Texte : Les belles âmes - Yves Duteil


Les belles âmes, qui vous inspirent une confiance à toute épreuve, un mélange d'estime, d'admiration et d'amitié profonde, au-delà de l'affinité, laissent une impression de clarté et de bienveillance qui ne vous quitte plus. Même loin de la perfection, pétries de défauts, de faiblesses ou de cicatrices, leur lumière filtre au travers des blessures.

Ces être-là ne sont pas légion. Notre instinct, souvent, les reconnaît au premier regard. Elles nous marquent orientent notre route et nous en font parfois changer. Un vrai regard en dit plus long qu'un beau discours. La justesse ne s'invente pas. Elle transparaît entre les mots, les expressions inconscientes, les gestes.

Un bon comédien pourra donner le change à nos esprits, mais nos cœurs resteront à quai. La confiance ne se décrète pas et les coachs les plus habiles ne peuvent lifter une âme pour en gommer la noirceur. A l'issue d'une rencontre, on se reproche souvent ce qu'on a mal exprimé, oublié, raté. Mais si l'on a touché, ému, attendri, ouvert la porte, alors les âmes aussi se sont parlées, même si leurs mots délicats, leur langage discret, ont été souvent imperceptibles à nos oreilles sous le tintamarre du quotidien.

Lorsqu'une belle âme croise notre existence, sa bienveillance laisse un sillage d'humanité différent, une intuition persistante que l'on n'oublie pas. On n'en rencontre que quelques-unes sur la durée d'une vie. Inlassablement, au-delà des apparences, leur nature profonde rejaillit sur leurs actes et leurs paroles sonnent juste. Veilleuses, éveilleuses, elles restent fidèles à leur éthique personnelle, face aux excès d'une société d'adversité où la lumière a du mal à se frayer un sentier entre la malveillance et la rumeur.

Pourfendeuses des intérêts obscurs, elles sont en butte à des attaques frontales, à des coups tordus. Leurs combats posent des jalons sur la route de l'humanité, et si l'empreinte de leur vie n'est pas toujours écrite dans le livre de notre Histoire, leur lumière reste visible comme celle des étoiles lointaines, longtemps après que leur flamme s'est éteinte.

Les belles âmes nous entourent, célèbres ou anonymes, et leurs visages sont sans doute ceux auxquels on pense au moment de quitter ce monde... 


Cri de pauvre : Tais-toi ! - Entendu par un bénévole

Ne me coupe plus par un : « Oui, mais… » dès que j’ouvre la bouche pour m’exprimer !
Laisse-toi le temps qu’il faut pour comprendre ma pensée avant de me cataloguer,
Me coller une étiquette à partir des trois mots que tu m’as laissé prononcer…

Toute ma vie on m’a dit « Tais-toi ! » :
« Tais-toi » dans ma famille où les filles ne pouvaient parler que pour assurer l’intendance,
« Tais-toi » à l’école où les cinquante élèves de ma classe voulaient aussi parler,
« Tais-toi » au lycée où, même en Anglais, je n’ai dit que quelques mots durant toutes ces années !
« Tais-toi » au travail car « on te paie pour travailler, pas pour causer… »
« Tais-toi » avec mes amis, puisqu’on arrivait toujours à me couper le sifflet…

A 25 ans seulement, une copine m’a vraiment écoutée ! Merci Françoise !
Je n’ai pourtant bredouillé que des banalités par manque d’habitude de m’exprimer
mais ces banalités, et tout ce qu’il y avait derrière, ont été reçues, entendues, comprises, répondues…

Avec Françoise, ce jour-là, on a exploré des champs inconnus de discussion, où la parole de l’une édifiait l’autre. Chaque marche ainsi gravie nous révélait des espaces insoupçonnés, des horizons infinis… L’une a découvert chez l’autre un monde surprenant et inédit, au-delà de tous préjugés !

Ne me dis plus : « oui, mais… », mais respecte ma pensée, et quand tu m’écouteras enfin, nous pourrons grandir ensemble !



Citation : La gentillesse - Albert Schweitzer

La gentillesse constante peut accomplir beaucoup.
Comme le soleil fait fondre la glace,
la gentillesse fait s'évaporer l'incompréhension,
la méfiance et l'hostilité.
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Texte : La tête à clic - Eric Jacquinet

 - Crisis Magazine -

Un ado assis sur le canapé à côté de sa mère
était pensif et grave, et dit un jour à sa mère :
 
"Maman, si j'avais un problème
surtout, ne me laisse jamais vivre
dans un état végétatif
où on dépend de machines
et de bouteilles...
Si tu me vois dans cet état, s'il te plaît,
débranche toutes les machines
qui me maintiendraient en vie,
car, vraiment, je préfère mourir
que d'être dans cet état là !!!"

Alors, sa mère se leva,
elle le regarda longuement
avec beaucoup d'amour et de gravité
puis elle se leva lentement, lui dit :
"Je te comprends, mon fils !"
Puis elle alla débrancher la télévision,
le câble d'internet, de l'ordinateur,
du smartphone, du lecteur DVD,
de la mp3, de la playbox, de la ps3,
de la wii, du nintendo, etc. etc. etc...


Texte : Où est Dieu, face au mal ? - Jorge Bergoglio

Où est Dieu, si dans le monde il y a le mal,
s’il y a des hommes qui ont faim, qui ont soif,
sans toit, des déplacés, des réfugiés ?

Où est Dieu, lorsque des personnes innocentes
meurent à cause de la violence, du terrorisme, des guerres ?

Où est Dieu, lorsque des maladies impitoyables
rompent des liens de vie et d’affection ?
Ou bien lorsque les enfants sont exploités, humiliés,
et qu’eux aussi souffrent à cause de graves pathologies ?

Où est Dieu, face à l’inquiétude de ceux qui doutent
et de ceux qui sont affligés dans l’âme ?

Il existe des interrogations
auxquelles il n’y a pas de réponses humaines.
Nous ne pouvons que regarder Jésus, et l’interroger lui.

 Et voici la réponse de Jésus : “Dieu est en eux”,
Jésus est en eux, il souffre en eux,
profondément identifié à chacun.
Il est si uni à eux, presque au point de former “un seul corps”.

Jésus a choisi lui-même de s’identifier
à ces frères et sœurs éprouvés par la douleur et par les angoisses,
en acceptant de parcourir le chemin douloureux vers le calvaire.

Texte : La vie ordinaire - Jacques Le Goff

L'ordinaire... qui n'en a éprouvé le goût fade,
celui de la banalité, de l'insignifiance, de la médiocrité ?
 L'impression dominante est terne ...
Sentiment qu'il ne se passe rien dans l'écoulement des jours,
que demain le gris ajoutera un peu plus au gris d'aujourd'hui et d'hier ...

 La tentation est légitime de s'en arracher par la grâce des vacances
comme moment de mise à distance régénératrice.
Mais aussi la tentation de courir à grandes enjambées
pour passer de la grisaille à la griserie par le voyage,
 la fête, le sexe, l'alcool et autres euphorisants.

Avec probabilité, au retour,
d'une aggravation du mal-être au long de jours cotonneux.
Parce que cet "extra-ordinaire" de diversion
fane, hélas, en un rien de temps.

Et si la solution n'était pas de fuir le quotidien
par mise entre parenthèses,
mais de le regarder autrement pour découvrir,
sous sa morne écume, des richesses insoupçonnées.

Car le gris dont nous l'affublons est largement
l’œuvre de notre regard lui-même,
un regard qui participe à la construction de ce qui nous accable.
Combien nous nous plaignons du visage fermé "des autres" !
Mais sourions au monde !
et il finira par nous sourire malgré tout.

Citation : Du génie - Albert Einstein

Tout le monde est un génie.
Mais si vous jugez un poisson
sur ses capacités à grimper à un arbre,
il passera sa vie à croire qu'il est stupide.
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Texte : Pardon et promesse - Hannah Arendt

- Photo "Pardon" sur le site "Femmes d'influence" -

Ces deux facultés vont de pair : pardon et promesse.
Celle du pardon sert à supprimer les actes du passé,
dont les « fautes » sont suspendues comme l'épée de Damoclès
au-dessus de chaque génération nouvelle.

L'autre, qui constitue à se lier par des promesses, sert à disposer,
dans cet océan d'incertitude qu'est l'avenir par définition,
des îlots de sécurité sans lesquels aucune continuité
- sans même parler de durée -
ne serait possible dans les relations des hommes entre eux.

Citation : Existence de Dieu ? - Gustave Thibon

Il n'y a rien, rien, rien.
Mais s'il n'y a rien,
quelle est donc cette lumière
qui me révèle le rien ?
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Texte : Dialogue de foetus - Matthieu Boucart

Un fœtus parle à son jumeau, dans le ventre de la mère :

-  Et toi, tu crois en la vie après l'accouchement ?

-  Bien sûr, c'est évident !
   Nous sommes ici pour devenir plus grands
   et nous préparer à ce qui nous attend après !

-  Pfft... Tout ça est insensé.
   Il n'y a rien après l'accouchement !
   A quoi ressemblerait une vie hors du ventre ?

-  Eh bien, il y a beaucoup d'histoires
   à propos de l'autre côté.
   On dit que là bas, il y a beaucoup de joie et d'émotions,
   des milliards de choses à vivre.
   Par exemple, il paraît que là-bas, on va manger avec nos bouches...

-  Mais c'est n'importe quoi !
   Nous avons notre cordon ombilical et c'est ça qui nous nourrit !
   Tout le monde sait ça !
   D'ailleurs, il n'y a jamais eu personne qui en soit revenu,
   donc tout ça, c'est des trucs pour se rassurer !
   La vie se termine tout simplement à l'accouchement,
   c'est comme ça, il faut l'accepter !

-  Eh bien, permets-moi de penser autrement !
   C'est sûr, je ne sais pas exactement à quoi
   cette vie après l'accouchement va ressembler.
   Je ne peux rien te prouver !
   Mais j'aime croire que, dans la vie qui vient,
   nous verrons notre maman et elle prendra soin de nous !

-  "Maman" ? Tu veux dire que tu crois en "Maman" ???
   Ah ! Et où se trouve-t-elle ?

-  Mais partout, tu vois bien !
   Elle est partout autour de nous,
   nous sommes faits d'elle et c'est grâce à elle que nous vivons !

-  Ouh ! ah ! ah ! ah ! Impayable ! C'est absurde !
   Je n'ai jamais vu aucune maman, 
   donc c'est évident qu'elle n'existe pas !

 - Ca, c'est ton point de vue.
   Car parfois quand tout est calme,
   on peut entendre quand elle chante...
   Moi, je suis certain que notre vraie vie
   va commencer après l'accouchement !

Texte : D’autres faims – Mère Teresa

Le riz ou  le pain, que je donne
à l'affamé ramassé dans la rue
apaiseront sa faim.
Mais celui qui vit dans l'exclusion,
le manque d'amour et une grande peur,
combien il sera difficile de combler cette faim-là.

Vous qui habitez en Occident,
bien plus que la pauvreté matérielle,
vous connaissez la pauvreté spirituelle,
et c'est pour cela que vos pauvres
sont parmi les plus pauvres.

Parmi les riches, il y a souvent aussi
des personnes spirituellement très pauvres.
Je trouve qu'il est facile de nourrir un affamé
ou de fournir un lit à un sans-abri,
mais consoler, effacer l'amertume, la colère
et l'isolement qui viennent de l'indigence spirituelle,
cela demande beaucoup plus de temps.

Citation : Infériorité - Abraham Maslow

Si vous projetez délibérément d'être moins
que ce que vous êtes capable d'être,
alors je vous avertis
que vous serez profondément malheureux
pour le reste de votre vie.
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Texte : Avance au large - Fabienne


- Photo du Nataraja sur le site "De l'autre côté de" -

Toi qui as des mains, tends-les.
Toi qui as un cœur, partage-le.
Toi qui es couché, relève toi.
Toi qui es seul, rejoins les autres.
Toi qui es fatigué, repose-toi.
Toi qui pleures, reprends courage.

Toi qui es écrasé, crie-le.
Toi qui es exclu, refuse-le.
Toi qui es balayé par le vent des hommes, accroche-toi.
Toi qui es perdu au milieu d'une guerre, donne ton amour.
Toi qui as besoin d'amitié, propose-la.
Toi qui fermes les yeux, ouvre-les.

Toi qui ne fais que subir, bats-toi.
Toi qui es replié sur toi, avance au large.
Toi qui es anéanti, reprends vie.
Toi qui n'en peux plus, acceptes un sourire.
Toi qui as de la force, mets-la à disposition.

Vous qui êtes accablés, redressez-vous.
Vous qui recherchez l'espérance, ne désespérez pas.
Vous qui êtes paralysés par la peur, avancez.
Vous qui n'êtes pas écoutés, hurlez.
Vous qui êtes enchaînés, déchaînez-vous.

Source: Fabienne ...www.lespasseurs.com

Texte : Je clame ! - Martin Grey

Je clame...
Que la vie est indestructible,
Malgré la mort.

Que l'espoir est un vent vif
qui doit balayer le désespoir.

Que l'autre est un frère
avant d'être un ennemi.

Qu'il ne faut jamais désespérer
de soi-même et du monde.

Que les forces qui sont en nous,
les forces qui peuvent nous soulever
sont immenses.

Qu'il faut parler l'amour et non
les mots de la tempête et du désordre.

Que la vie commence aujourd'hui
et chaque jour,
et qu'elle est l'espoir.


Texte : Vacances de paix : - Pierre Talec


- Photo "Balade printanière" de Geo -

Allez, faites de vos vacances la béatitude de la paix !
Soyez des promeneurs d'infini.
Baladez votre âme au grand soleil d'été
Et que votre corps chante par tous ses pores !
Baladez votre corps sur les sommets des montagnes
Et que votre âme exulte de la joie de vivre !

Régalez-vous d'azur et de mer,
Attardez-vous à ces heures bénies du soir,
Quand le grand crépuscule des jours de solstice
N'en finit plus de s'étirer avant la nuit étoilée.

Laissez-vous bercer par la lumière
Qui se fait câline sur les prés d'herbe tendre,
Lumière rasante à fixer comme la vague
Qui vient et revient se tapir sur le sable de la plage...

Allez, faites de vos rencontres avec les villes
Des fiançailles de joie dont les lendemains seront
Un mariage de souvenirs.

Mettez votre âme au large en d'autres jardins
Que ceux de vos résidences secondaires.
Faites de vos voyages une célébration de la terre entière.

Embrassez le ciel pour mieux saisir la terre.
Humez les parfums d'horizon.
Vivez l'amitié avec tout et tous, le monde et vous.

Citation : Du bonheur - Tich Nhat Hanh

Pour jouir de ce bonheur
qu'on cherche tant
et qu'on trouve si peu,
la sagesse vaut mieux que le génie,
l'estime que l'admiration
et les douceurs du sentiment
que le bruit de la renommée.
________________________


Texte : Les enfants affamés - François Devillet

Ils sont si bien élevés, les gosses qui meurent de faim :
Ils ne parlent pas la bouche pleine,
Ils ne gâchent pas leur pain,
Ils ne jouent pas avec la mie pour en faire des boulettes,
Ne font pas des petits tas au bord de leur assiette,
Ne font pas des caprices, ne disent pas : "J'aime pas ça !"
Ne font pas la grimace quand on enlève un plat.
Eux, ils ne trépignent pas pour avoir des bonbons,
Ils ne donnent pas aux chiens le gras de leur jambon,
Ne courent pas dans vos jambes, ne grimpent pas partout…

Ils ont le cœur si lourd, et le corps si faible, qu'ils vivent à genoux…
Pour avoir leur repas, ils attendent sagement…
Ils pleurent quelquefois, quand ça dure trop longtemps…
Non, non, rassurez-vous, ils ne vont pas crier :
Ces petits-là, ils sont si bien élevés…
Ils pleurent sans bruit, on ne les entend pas,

Ils sont si petits qu'on ne les voit même pas…
Ils savent qu'ils ne peuvent rien attendre de leur mère et de leur père.
Ils cherchent stoïquement leur riz dans la poussière,
Mais ils ferment les yeux quand l'estomac se tord,
Quand la douleur atroce irradie tout leur corps.

Non, non, soyez tranquilles, ils ne vont pas crier,
Ils n'en n'ont plus la force :
Seuls leurs yeux peuvent parler…
Ils vont croiser leurs bras sur leur ventre gonflé,
Ils vont prendre la pose pour faire un bon cliché…
Ils mourront doucement, sans bruit, sans déranger…
Ces petits enfants-là…
Ils sont si bien élevés,
Les gosses qui meurent de faim !

Citation : Enfance endormie - Pierre Rabhi


- Photo "Sédentarité des enfants" de Catherine Delahaye -

On voit s'ériger des générations d'enfants qui,
faute d'un éveil à la vie,
sont réduits à n'être
que des consommateurs insatiables,
blasés et tristes.
___________________________


Texte : Bonnes Vacances ! - Anonyme

Un bon moment, chaque année, tu choisiras,
Pour te reposer et te refaire sainement.

Les ami(e)s et les parents tu visiteras,
Pour retourner à tes origines respectueusement.

Sous le soleil, en silence, tu réfléchiras,
Pour mieux entendre ton cœur te parler chaleureusement.

Chaque matin, tout heureux tu te lèveras,
Pour accomplir tes œuvres bellement.

La terre, l'eau, le vent, tu toucheras,
Afin de dire merci pour la vie reçue abondamment.

Le ciel, les étoiles et les astres tu contempleras,
Pour te rappeler la création si joliment.

Tous les jours, tes exercices physiques tu feras,
Sans oublier le bon geste envers les autres fidèlement.

Les oiseaux du ciel et les bêtes de la terre tu écouteras,
Pour te rappeler à tes devoirs fidèlement.

Ton cœur, tes yeux, tes oreilles tu ouvriras,
Pour les remplir de beauté quotidiennement.

À la fin de ce repos, toutes les personnes tu remercieras,
Et ainsi tu apprécieras mieux les dons reçus gratuitement.

Texte : Chercher Dieu - Maurice Bellet

Si quelqu'un se trouve alors sans Dieu,
sans pensée, sans images, sans mots,
reste du moins pour lui
ce lieu de vérité :
aimer son frère qu'il voit.

S'il ne parvient pas à aimer
parce qu'il est noué dans sa détresse,
seul, amer, affolé,
reste du moins ceci :
de désirer l'amour.

Et si ce même désir
lui est inaccessible,
à cause de la tristesse et de la cruauté
où il est comme englouti,
reste encore qu'il peut désirer
de désirer l'amour.

Et il se peut que ce désir humilié,
justement parce qu'il a perdu toute prétention,
touche le cœur du cœur
de la divine tendresse.

Citation : La charité - Jean Rodhain

- Allison Pidgen -

La charité* d'aujourd'hui
prépare la justice sociale de demain.
Et demain,
la charité subsistera
pour préparer après-demain.
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* "La charité" dans le sens traditionnel, c'est-à-dire "l'amour-amitié-compassion-bienveillance-solidarité"



Texte - La télévision - Michel Piquemal

En vérité je vous le dis,
la télévision n'est que le porte-parole du Marché.
Elle est là pour persuader petits et grands
que la quantité des biens et la qualité de la vie
sont une seule et même chose.

Vos émissions ont pour vocation
de rendre le cerveau humain perméable aux publicités.
Vous devez le divertir entre deux messages.
Car ce que vous vendez aux annonceurs,
c'est du temps de cerveau humain disponible.

Citation : Intelligence de l'univers - Albert Einstein

Tout homme de science doit éprouver
une sorte de sentiment religieux,
parce qu’il ne peut s’imaginer
qu’il est le premier à concevoir les faits
incroyablement délicats qu’il observe.
Dans l’univers inimaginable,
se révèle une intelligence infiniment supérieure  !
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Texte : Un enfant - Tahar Ben Jelloun



Un enfant noir,
à la peau noire,
aux yeux noirs,
aux cheveux crépus ou frisés,
est un enfant.

Un enfant blanc,
à la peau rose,
aux yeux bleus ou verts,
aux cheveux blonds et raides,
est un enfant.


L'un et l'autre, le noir et le blanc,
ont le même sourire
quand une main leur caresse le visage,
quand on les regarde avec amour
et leur parle avec tendresse.
Ils verseront les mêmes larmes
si on les contrarie, si on leur fait mal.

Citation : De la souffrance - Maître Eckhart

Pour qui ne souffre pas par amour,
la souffrance est vraiment souffrance
et elle lui est lourde.
Mais celui qui souffre par amour,
ne souffre pas vraiment
et sa souffrance est féconde devant Dieu.
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Texte : Au pied du mur - d'après Jean Debruynne

Il y a des murs partout, des, des murailles,
des remparts, des forteresses.
On dit que c'est pour se protéger
mais c'est pour s'enfermer.

Qui est le prisonnier ?
Celui qui est derrière les murs
avec son coeur libre,
ou celui qui est dehors
le coeur enchaîné aux affaires ?

Il y a des murs de mépris...
Il y a des murs de la honte...
il y a des murs qui écrasent...
Il y a le mur de l'argent...
Le mur écrit de cris...

Le mur où il est défendu de déposer les ordures
mais où les hommes sont bien obligés de se poser
parce qu'ils n'ont nulle part ailleurs pour dormir...

Les murs tristes qui font le tour des banlieues,
le béton sans visage qui dresse des tours et des barres,
longues, si longues que de loin,
elles ressemblent à des cercueils...

les murs où les chiens aboient
pour cause de propriété privée, de chien méchant...

Le mur du savoir
avec tous ceux qui n'ont jamais eu le droit d'y entrer
et qui n'ont appris ce qu'ils savent
qu'à l'école du malheur
et à l'université de la misère...

Les murs de la faim...
Les murs d'injustice...
Les murs de soupçon...
les murs de colère...

Et toujours ces murs qui déchirent :
L'Est et l'Ouest, le Nord et le Sud,
Le tiers-monde et le quart-monde,
et le monde tout entier
qui a cessé d'être celui des hommes.


Citation : La machine et l'homme - Gandhi


La machine a gagné l’homme;
l’homme s’est fait machine.
Il fonctionne...
Il ne vit plus !
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Bible : Comment ressuscite-t-on ? - Paul de Tarse

Tu demandes : "Comment les morts ressuscitent-ils ?
avec quelle sorte de corps reviennent-ils ? »

Réfléchis donc !
Ce que tu sèmes ne peut reprendre vie sans mourir d’abord ;
et tu ne sèmes pas le corps de la plante qui va pousser,
tu sèmes une simple graine toute nue : du blé, ou autre chose.
Et Dieu lui donne un corps comme il le veut :
à chaque semence un corps particulier.

Il y a des corps célestes et des corps terrestres,
mais autre est l’éclat des célestes, autre celui des terrestres ;
il y a l’éclat du soleil, celui de la lune, celui des étoiles ;
et chaque étoile a un éclat différent.
Il en sera de même quand les morts ressusciteront.

Ce qui est semé dans la terre est périssable,
ce qui ressuscite est impérissable ;
ce qui est semé n'a plus de valeur,
ce qui ressuscite est puissant ;
ce qui est semé est un corps humain,
ce qui ressuscite est un corps spirituel.

- Première lettre de Saint Paul aux Corinthiens, 15, 35-44 -


Citation : Vivre - Jean Debruynne

Vivre n'est pas un capital que l'on possède,
c'est une naissance qui nous habite.
Il faut accoucher de sa propre vie.
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Texte : Se libérer des représentations - Etty Hillesum


- Photo "Je n'ai pas peur" du Théâtre Massalia -

Je sais comment libérer peu à peu mes forces créatrices
des contingences matérielles,
de la représentation de la faim, du froid et des périls.
Car le grand obstacle,
c’est toujours la représentation et non la réalité.

La réalité, on la prend en charge avec toute la souffrance,
toutes les difficultés qui s’y attachent.
On la prend en charge, on la hisse sur ses épaules
et c’est en la portant que l’on accroît son endurance.

Mais la représentation de la souffrance
   – qui n’est pas la souffrance, car celle-ci est féconde
      et peut vous rendre la vie précieuse –
il faut la briser. Et en brisant ces représentations
qui emprisonnent la vie derrière leurs grilles,
on libère en soi-même la vie réelle avec toutes ses forces,
et l’on devient capable de supporter la souffrance réelle,
dans sa propre vie et dans celle de l’humanité.

Citation : La vie en société - Christian Bobin

La vie en société,
c'est quand tout le monde est là
et qu'il n'y a personne.
C'est aussi quand tous obéissent
à ce que personne ne veut.
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Prière : Esprit consolateur - Jeanne Signard

    « Votre corps est le sanctuaire de l’Esprit-Saint,
       Lui qui est en vous » (I Cor 6, 19)


Larmes de Dieu dans nos chagrins, 
Tendresse de Dieu, dans nos regards

Caresse de Dieu dans nos mains
Pour corps broyés et vies blessées

Sourire de Dieu sur nos lèvres
Pour ceux qui cherchent et qui peinent

Réconfort de Dieu dans nos paroles
Pour ceux qui tiennent à peine debout

Respiration  de Dieu dans notre écoute
Pour ceux qui sont à bout de souffle

Les pas de Dieu  dans nos chemins creux
A la rencontre des égarés et des épuisés

Présence de Dieu dans nos fissures
D’où jaillit la force d’aimer.

Citation : Jardin de l'existence Gustave Thibon

- Photo "Montriou potager" de Guest-Garden.com -

Chaque journée, chaque année est comme un jardin
dont la culture nous est confiée :
ne pouvant en élargir la surface,
notre tâche est de choisir les bonnes semences
et de sarcler les herbes parasites.
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Texte : L'homme et l'évolution - Pierre Teilhard de Chardin

En vérité, je doute qu'il y ait pour l'être pensant
de minute plus décisive que celle où,
les écailles tombant de ses yeux,
il découvre qu'il n'est pas un élément
perdu dans les solitudes cosmiques,
mais que c'est une volonté universelle de vivre
qui converge et "s'hominise" en lui.

Homme, non pas centre statique du Monde
- comme il s'est cru longtemps -,
mais axe et flèche de l’Évolution,
ce qui est bien plus beau.

Citation : Liberté d'opinion - Hannah Arendt

La liberté d'opinion est une farce
si l'information sur les faits n'est pas garantie
et si ce ne sont pas les faits eux-mêmes
qui font l'objet du débat.
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Cri de pauvre : Aime-moi ! - Jeanne Signard

Les plus fragiles n’ont qu’un seul cri :
« Aime-moi ».
Aime-moi tel que je suis
et pas tel qu’on voudrait que je sois !

Aime-moi
jusqu’au plus profond de mes peines,
celles que je tiens cachées
dans mes terres secrètes,
celles que je tais
parce que je n’en peux plus de les dire,
celles que je dis
parce que je n’en peux plus de les taire.

Aime-moi dans mes colères et mes passions
Au sommet de mes générosités,
comme aux lisières de mes mesquineries.
Parce que, tu vois, si jamais tu m’aimais ainsi,
Alors je serais capable de changer.

C’est fou ce qu’on peut changer
quand on est aimé !
Car au feu du regard de l’autre,
tout est possible :
L’anéantissement ou la résurrection….
Aime-moi et je serai un vivant.   

Texte : Le bonheur, c’est tout petit ! - Mère Teresa


Le bonheur, c’est tout petit,
Si petit que parfois on ne le voit pas !
Alors on cherche, on cherche partout.
Il est là, dans l’arbre qui chante dans le vent,
L’oiseau le crie dans le ciel,
La rivière le murmure,
Le ruisseau le chuchote,
Le soleil, la goutte de pluie le disent.
Tu peux le voir là, dans le regard de l’enfant,
Le pain que l’on rompt et que l’on partage,
La main que l’on tend…

Le bonheur, c’est tout petit,
Si petit que parfois on ne le voit pas,
Et on le cherche dans le béton, l’acier, la fortune,
Mais le bonheur n’y est pas,
Ni dans l’aisance ni dans le confort…
On veut se le construire mais il est là,
À côté de nous, et on passe sans le voir,
Car le bonheur est tout petit.
Il ne se cache pas,
C’est là son secret.
Il est là, près de nous
Et parfois en nous...


Citation : Choix de vie - William Shakespeare

La vie en elle-même est une toile vide.
Elle devient ce que vous peignez dessus.
Vous pouvez peindre la misère
ou vous pouvez peindre la joie.
Cette liberté est votre splendeur.
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Texte : Interview - Jean Rodhain

- Au salon des artisans d'art - 

Quelle est votre qualité préférée chez l'homme ?
- Le travail.

Quel est pour vous le comble de la misère ?
- Celui qui se croit riche et qui s'y complait,
   est parvenu au fond de la misère.

Pour quelle faute avez-vous le plus d'indulgence ?
- Pour toutes celles de mes amis.

Comment aimeriez-vous mourir ?
- Très éveillé.

Votre devise ?
- Recommencer.


Citation : La Création - Nicolas Copernic

Qui ne s’exalterait au spectacle de ce qu’il voit
dirigé dans l’ordre le plus parfait
avec une sagesse divine,
qui n’admirerait le Maître de toutes choses ?
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Prière : Prends ton sourire - Gandhi

Prends ton sourire
Et donne-le à celui qui n'en a jamais eu

Prend un rayon de soleil
Et fais-lui percer les ténèbres

Découvre une source
Et purifie celui qui est dans la boue

Prends une larme
Et dépose-la sur le visage de celui qui ne sait pas pleurer

Prends le courage
Et mets-le au coeur de celui qui ne peut plus lutter

Découvre un sens à la vie
Et partage-le avec celui qui ne sais plus où il va

Prends dans tes mains l'Éspérance
Et vis dans la lumière de ses rayons

Prends la bonté
Et donne-la à celui qui ne sait pas donner

Découvre l'amour
Et fais-le connaître à tous


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