Texte : Il ne dit pas - Albert Decourtray

Pour le Christ, l’autre est toujours plus et mieux
que ce à quoi les idées reçues,
même des sages et des docteurs de la Loi,
tendent à Le réduire.

Il voit toujours en celui ou celle qu’Il rencontre
un lieu d’espérance, une promesse vivante,
un extraordinaire possible, un être appelé,
par-delà ses limites, ses péchés, et parfois ses crimes,
à un avenir tout neuf.
Il Lui arrive même d’y discerner quelque merveille secrète
dont la contemplation le plonge dans l’action de grâce !

Il ne dit pas : « Cette femme est volage, légère, sotte,
elle est marquée par l’atavisme moral et religieux de son milieu,
ce n’est qu’une femme ! ».
Il lui demande un verre d’eau et Il engage la conversation.

Il ne dit pas : « Voilà une pécheresse publique,
une prostituée à tout jamais enlise dans son vice ! ».
Il dit : « Elle a plus de chance pour le Royaume des Cieux
que ceux qui tiennent à leurs richesses
ou se drapent dans leurs vertus et leur savoir ».

Il ne dit pas : « Celle-ci n’est qu’une adultère ! ».
Il dit : « Je ne te condamne pas. Va et ne pèche plus ».
Il ne dit pas : « Cette vieille qui met son obole dans le tronc
pour les œuvres du Temple est une superstitieuse ! ».
Il dit : « qu’elle est extraordinaire
et qu’on ferait bien d’imiter son désintéressement ! ».

Il ne dit pas : « Ces enfants ne sont que des gosses ! ».
Il dit : « Laissez-les venir à moi, et tâchez de leur ressembler ».
Il ne dit pas : « Cet homme n’est qu’un fonctionnaire véreux
qui s’enrichit en flattant le pouvoir et en saignant les pauvres ! ».
Il s’invite à sa table et assure que sa maison a reçu le salut.

Il ne dit pas, comme son entourage :
« Cet aveugle paie sûrement ses fautes ou celles de ses ancêtres ! ».
Il dit que l’on se trompe à son sujet
et Il stupéfie en montrant avec éclat
combien cet homme jouit de la faveur de Dieu :
« Il faut que l’action de Dieu soit manifestée en lui ».

Il ne dit pas : « Le centurion n’est qu’un occupant ! ».
Il dit : « Je n’ai jamais vu pareille foi en Israël ! ».
Il ne dit pas : « Ce savant n’est qu’un intellectuel ! ».
Il lui ouvre la voie vers la renaissance spirituelle.
Il ne dit pas : « Cet individu est un hors-la-loi ! ».
Il lui dit : « Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis ! ».

Il ne dit pas : « Ce Judas ne sera jamais qu’un traître ! ».
Il accepte son baiser et lui dit : « Mon ami ! ».
Jésus n’a jamais dit : « Il n’y a rien de bon
dans celui-ci, dans celle-là, dans ce milieu-ci… ».

De nos jours, Il n’aurait jamais dit :
« Ce n’est qu’un intégriste, un moderniste, un gauchiste,
un fasciste, un mécréant, un bigot ! ».
Pour Lui, les autres, quels qu’ils soient,
quels que soient leur statut, leur réputation,
sont toujours des êtres aimés de Dieu.

Jamais homme n’a respecté les autres comme Cet Homme !
Il est unique.
Il est le Fils unique de Celui qui fait briller le soleil
sur les bons et sur les méchants.

Texte : Ouvrir son coeur - Jean Vanier

Accueillir est un signe de véritable maturité humaine et chrétienne.
Ce n'est pas seulement ouvrir sa porte et sa maison à quelqu'un.
C'est lui donner de l'espace dans son coeur,
pour qu'il puisse exister et grandir.

un espace où il se sait accepté comme il est, avec ses blessures et ses dons.
Cela suppose qu'il existe dans notre coeur un lieu silencieux et paisible
où les autres peuvent trouver le repos.
Si le coeur n'est pas paisible, il ne peut pas accueillir.

Accueillir, c'est être ouvert à la réalité telle qu'elle est,
en la filtrant le moins possible.
J'ai découvert qu'il y a beaucoup de filtres en moi,
par lesquels je sélectionne et je modifie la réalité que je veux accueillir :
la réalité du monde, des personnes, de Dieu et de la Parole de Dieu.

Je choisis ce qui me plaît, ce qui flatte mon moi et me valorise.
Je rejette ce qui me fait souffrir, me dérange
et me donne un sentiment d'impuissance ;
ce qui peut faire remonter en moi des sentiments de culpabilité ou de colère,
ou une sexualité blessée.
Nous avons tous, depuis notre petite enfance,
des filtres qui protègent la vulnérabilité de notre coeur et de notre esprit.

Grandir, c'est enlever ces filtres et accueillir la réalité qui est donnée,
non plus à travers des idées préconçues,
des théories, des jugements préfabriqués, des préjugés,
ou à travers notre affectivité blessée, mais telle qu'elle est.
Ainsi, nous sommes dans la vérité, et non plus dans un monde d'illusions."

Citation : Le pouvoir - Anonyme

Le pouvoir, vécu comme une domination,
corrompt tout ce qu'il touche,
mais, vécu comme un service,
il libère l'humanité.
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Citation : Vivre libre - Henri-Frédéric Amiel


- Photo "Horizon" de Lino Gambella - 

Ne rien attendre et ne rien demander,
accepter ce qui restera comme une bonne chance,
non comme un dû ;
ne t'appuyer que sur toi-même,
ne compter que sur ta force,
et la fonder sur Dieu,
non sur les autres,
c'est le moyen de retrouver le calme
et de guérir ces langueurs de cœur
si énervantes.
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Texte : Matérialisme, compétition, etc. - Jorge Bergoglio

L’attrait du matérialisme
étouffe les authentiques valeurs
spirituelles et culturelles.

L’esprit de compétition
débridée génère égoïsme et conflits.

Certains modèles économiques sont inhumains
et créent de nouvelles formes de pauvreté
et marginalisent les travailleurs.

La culture de la mort dévalue l’image de Dieu,
le Dieu de la vie,
et viole la dignité de chaque personne.
...
Nous devons réaliser aujourd'hui
la nécessité d’une conversion
renouvelée à la Parole de Dieu
et une vive sollicitude pour les pauvres,
ceux qui sont dans le besoin,
et les personnes vulnérables
au milieu de nous.

Citation : De la déception - Gustave Thibon

La déception ne doit pas être
un mur qui nous renvoie à nous-mêmes,
mais un fleuve qu'il faut franchir
pour passer du côté temporel
au côté éternel des choses. 
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Bible : Moments de vie - Ecclesiaste 3,1-13

- Photo "Horloge Temps" de Daily Geek Show -

01 Il y a un moment pour tout,
et un temps pour chaque chose sous le ciel :
02 un temps pour donner la vie,
et un temps pour mourir ;
un temps pour planter,
et un temps pour arracher.

03 Un temps pour tuer,
et un temps pour guérir ;
un temps pour détruire
et un temps pour construire.
04 Un temps pour pleurer,
et un temps pour rire ;
un temps pour gémir,
et un temps pour danser.

05 Un temps pour jeter des pierres,
et un temps pour les amasser ;
un temps pour s’étreindre,
et un temps pour s’abstenir.
06 Un temps pour chercher,
et un temps pour perdre ;
un temps pour garder,
et un temps pour jeter.

07 Un temps pour déchirer,
et un temps pour coudre ;
un temps pour se taire,
et un temps pour parler.
08 Un temps pour aimer,
et un temps pour ne pas aimer ;
un temps pour la guerre,
et un temps pour la paix.

09 Quel profit le travailleur retire-t-il
de toute la peine qu’il prend ?
10 J’ai vu la besogne que Dieu impose
aux fils d’Adam pour les tenir en haleine.

11 Toutes les choses que Dieu a faites
sont bonnes en leur temps.
Dieu a mis toute la durée du temps
dans l’esprit de l’homme,
mais celui-ci est incapable d’embrasser
l’œuvre que Dieu a faite du début jusqu’à la fin.

12 J’ai compris qu’il n’y a rien de bon pour les humains,
sinon se réjouir et prendre du bon temps durant leur vie.
13 Bien plus, pour chacun, manger et boire
et trouver le bonheur dans son travail,
c’est un don de Dieu.

- Ecrit il y a plus de trois mille ans -

Citation : Solitude - Martin Gray

Il n’est pire solitude
que celle qui naît de l’indifférence des autres.
Alors, pourquoi ne pas tendre la main
à celui qui est seul ?
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Cri de pauvre - Le chant du réfugié - Slim Daouzli

Je suis parti le feu dans le dos, l’espoir devant moi,
Le cœur meurtri, les yeux enfumés.
Je suis parti les mains déchirées, les pieds dans la boue.

Je suis parti le feu dans le dos, l’espoir devant moi,
La rage dans la tête, le tonnerre dans les oreilles.
Je suis parti la peur dans le ventre, mes frères dans la peau,
La fièvre dans le sang, l’amertume dans la bouche.

Je suis parti le feu dans le dos, l’espoir devant moi.
Mon corps est parti mais mon âme est restée.
Par les mers et les terres sans arrêt j’ai erré,
Espéré, supplié, pour  un jour pouvoir arriver.
J’ai, des femmes et enfants sans cesse abordés,
Des vieillards et parents innocents rencontrés

Je suis parti le feu dans le dos, l’espoir devant moi.
Mon corps est parti, mais mon âme est restée.
J’ai couru,  marché,  sauté,  trébuché,
Pour un jour, la liberté pouvoir retrouver,
Pour un jour, aux miens, le goût de vivre redonner,
Et enfin le sourire et la joie pouvoir retrouver.

Je suis parti le feu dans le dos, l’espoir devant moi.
Mon corps est parti, mais mon âme est restée.
Grâce à Dieu, un matin le bateau accosté,
J’ai enfin la liberté  retrouvée,
Et l’espoir revenu, j’ai enfin savouré
Ce bonheur espéré, souhaité, mérité.

Je suis arrivé, mais mon cœur est blessé.
Avec des menaces et  menottes j’ai été hébergé.
Dans les murs de la liberté j’ai été enfermé.
Le froid du dehors et la glace dans les cœurs
Ont été les témoins de mes premières heures.

Je suis arrivé, mais mon cœur est blessé.
Tous ces gens me regardent étonnés, agacés.
Dérangeant, cet étrange étranger
Qui a oublié ce qu’est le verbe manger,
Et qui a pendant des mois voyagé.

Je suis arrivé, mais mon cœur est blessé.
Je ne sais plus qui je suis, où je suis; je suis dépassé.
J’écoute, je parle, je ne comprends pas, je pleure.
Papiers, dossiers, lois, fonctionnaires, questionnaires.

Mon Dieu, pourquoi tant de méfiance et de misère?
Un drôle de mélange  avec mes enfants, mes sœurs.
Mais où sont ma mère, mon soleil,  ma maison?
Pourquoi ces ruines, ces guerres, ces larmes, sans raison?

Je suis arrivé, mais mon cœur est blessé.
Ma tête est mélangée, mes os sont froids, mon sang glacé.
Me suis-je trompé de route ou m’a-t-on trompé?
M’est-il interdit de vivre enfin la paix?
La recherche de la terre promise n’est–elle qu’un mirage
Qui naît au milieu des ravages et carnages ?

Je suis arrivé et mon cœur est pansé.
Je suis arrivé et mon trouble a passé.
Ma vie ne s’arrêtera pas; finies mes souffrances.
Le monde me sourit, la vie recommence, ou commence.

Je suis arrivé, et si  ma chair est pansée,
Et que me viennent de plus belles pensées,
Mon cœur est auprès  ceux qui sont restés,
Qui se battent pour cette chère mais trop chère liberté.

Comme moi ils partiront remplis de colère
Pour enfin retrouver un être cher, une terre,
Un frère, une  mère, ou parfois un cimetière.
Comme moi ils feront ce chemin de souffrances
Pour ne plus vivre tant de maltraitance.
Comme moi ils vivront la peur et la douleur
Pour un rêve de bonheur et de douceur.

Citation : Paix et justice - Karol Vojtyla

"Coucher de soleil - 5" de "Objectif Photographe"
- Photo "Coucher de soleil" de objectif-photographe.fr -

Il n'y a pas de paix sans justice,
il n'y a pas de justice sans pardon :
voilà ce que je veux annoncer
dans ce mesage aux croyants et aux non-croyants,
aux hommes et aux femmes de bonne volonté
qui ont à coeur le bien de la famille humaine
et de son avenir.
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