Texte : Partir - Dom Helder Camara

Partir est avant tout sortir de soi,
briser la croute d'égoïsme qui essaie
de nous emprisonner dans notre propre "moi".

Partir, c'est cesser de tourner autour de soi-même
comme si on était le centre du monde et de la vie.

Partir, c'est ne pas se laisser enfermer
dans le cercle des problèmes du petit monde
auquel nous appartenons :
quelle que soit son importance,
l'humanité est plus grande,
et c'est elle que nous devons servir.

Partir, ce n'est pas dévorer des kilomètres,
traverser les mers
ou atteindre des vitesses supersoniques,
c'est avant tout s'ouvrir aux autres,
les découvrir, aller à leur rencontre.

S'ouvrir aux idées,
y compris celles qui sont contraires aux nôtres,
c'est avoir le souffle d'un bon marcheur.

Cri de pauvre : Home - Warsan Shire

Personne ne quitte sa maison à moins
Que sa maison ne soit devenue la gueule d'un requin
Tu ne cours vers la frontière
Que lorsque toute la ville court également
Avec tes voisins qui courent plus vite que toi
Le garçon avec qui tu es allée à l'école
Qui t'a embrassée, éblouie, une fois derrière la vieille usine
Porte une arme plus grande que son corps
Tu pars de chez toi
Quand ta maison ne te permet plus de rester.
Tu ne quittes pas ta maison si ta maison ne te chasse pas
Du feu sous tes pieds
Du sang chaud dans ton ventre
C'est quelque chose que tu n'aurais jamais pensé faire
Jusqu'à ce que la lame ne soit
Sur ton cou
Et même alors tu portes encore I'hymne national
Dans ta voix
Quand tu déchires ton passeport dans les toilettes d'un aéroport
En sanglotant à chaque bouchée de papier
Pour bien comprendre que tu ne reviendras jamais en arrière
Il faut que tu comprennes
Que personne ne pousse ses enfants sur un bateau
A moins que I'eau ne soit plus sûre que la terre-ferme
Personne ne se brûle le bout des doigts
Sous des trains
Entre des wagons
Personne ne passe des jours et des nuits dans l'estomac d'un camion
En se nourrissant de papier-joumal à moins que les kilomètres parcourus
Soient plus qu'un voyage
Personne ne rampe sous un grillage
Personne ne veut être battu
Pris en pitié
Personne ne choisit les camps de réfugiés
Ou la prison
Parce que la prison est plus sûre
Qu'une ville en feu
Et qu'un maton
Dans la nuit
Vaut mieux que toute une cargaison
D'hommes qui ressemblent à ton père
Personne ne vivrait ça
Personne ne le supporterait
Personne n'a la peau assez tannée
Rentrez chez vous
Les noirs
Les réfugiés
Les sales immigrés
Les demandeurs d'asile
Qui sucent le sang de notre pays
Ils sentent bizarre
Sauvages
Ils ont fait n'importe quoi chez eux et maintenant
Ils veulent faire pareil ici
Comment les mots
Les sales regards
Peuvent te glisser sur le dos
Peut-être parce leur souffle est plus doux
Qu'un membre arraché
Ou parce que ces mots sont plus tendres
Que quatorze hommes entre
Tes jambes
Ou ces insultes sont plus faciles
A digérer
Qu'un os
Que ton corps d'enfant
En miettes
Je veux rentrer chez moi
Mais ma maison est comme la gueule d'un requin
Ma maison, c'est le baril d'un pistolet
Et personne ne quitte sa maison
A moins que ta maison ne te chasse vers le rivage
A moins que ta maison ne dise
A tes jambes de courir plus vite
De laisser tes habits derrière toi
De ramper à travers le désert
de traverser les océans
Noyé
Sauvé
Avoir faim
Mendier
Oublier sa fierté
Ta survie est plus importante
Personne ne quitte sa maison,
jusqu'à ce que ta maison soit cette petite voix dans ton oreille
Qui te dit
Pars
Pars d'ici tout de suite
Je ne sais pas ce que je suis devenue
Mais je sais que n'importe où
Ce sera plus sûr qu'ici.



Texte : La terre nourricière - une bénévole

- Photo "Luxuriance -

Nous disons souvent : "Protégeons notre planète !",
avec sagesse, condescendance
et un brin de sentiment de toute puissance,
comme si nous étions capables d'ébranler son harmonie...
La terre sait bien se "ré-harmoniser" toute seule !

Nous devrions plutôt dire avec un peu plus d'humilité :
"Protégeons notre humanité sur cette terre !"
car c'est la survie de l'homme qui est en danger
à cause des abus que nous faisons chaque jour,
sur notre bonne vieille planète  !

La terre continuera à tourner, quoi qu'on y fasse,
mais elle ne sera plus pour nous
ni nourricière, ni protectrice, ni bienveillante,
ni hospitalière, ni belle, ni... ni... (la liste est si longue !)

Texte : Dis-moi quelque chose - Maxime Piolot

Dis-moi quelque chose
Ne sois pas si fier
On se ressemble
On est sur terre
En même temps
Le temps d'un instant

Dis-moi quelque chose
Ne reste pas seul
Dans ton silence
Dans ton passé
Laisse-toi parler
Le temps d'un café

Nous avons la même inquiétude
Tout au fond des yeux
La même incertitude
Je voudrais savoir
Tes chagrins tes rêves
Je voudrais savoir
Qui tu es

On est à côté
L'un de l'autre
Je te parle et tu t'enfermes
Dans ta cage
N'aies pa peur de moi
Je suis de passage
Le temps d'un échange
Avec toi

Le temps d'espérer
Que tu changes
Le temps de te dire
Comment je t'imagine
Libre de chanter
Toi qui n'oses pas
Encore te regarder
Sans trembler.

- Site du chanteur - 


Citation : La vie - Anonyme

La vie n'est pas d'attendre que passe l'orage,
c'est d'apprendre comment danser sous la pluie.
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Citation : Recette du bonheur - Jean Rodhain

- Photo "Enfant cueillant des fleurs sauvages" -

Allez dans une prairie,
cueillez les fleurs des champs.
Respirez l'air des montagnes.
Essayez de regarder les lézards
et d'écouter votre chien.
Fréquentez des enfants,
entre 5 et 10 ans de préférence,
et surtout ne pensez pas à vous-même.
La recette est infaillible.
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Prière : Prière pour le monde - Pape François

Dieu d’amour,
montre-nous notre place dans ce monde
comme instruments de ton affection
pour tous les êtres de cette terre,
parce qu’aucun n’est oublié de toi.

Illumine les détenteurs du pouvoir et de l’argent
pour qu’ils se gardent du péché de l’indifférence,
aiment le bien commun, promeuvent les faibles,
et prennent soin de ce monde que nous habitons.

Les pauvres et la terre implorent :
Seigneur, saisis-nous par ta puissance et ta lumière
pour protéger toute vie, pour préparer un avenir meilleur,
pour que vienne ton règne de justice,
de paix, d’amour et de beauté. »

Loué sois-tu, Seigneur !
Laudato Si !
Amen.

Citation : Mesquineries - Jean Rodhain

Des centaines de millions d’enfants
qui ont faim de pain.
Les centaines de millions d’hommes
qui ont faim de vérité.
Devant ces évidences
nos mesquines divisions sont puériles.
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Texte : Posséder - Etty Hillesum

- Photo "Le trésor englouti de Rommel" d'un photographe anonyme -

Cette peur de ne pas tout avoir dans la vie,
c’est elle justement qui vous fait tout manquer.
Elle vous empêche d’atteindre l’essentiel. ...

Cette rage de possession vient de me quitter....
désormais libre, je ne veux plus rien posséder,
désormais tout m’appartient
et ma richesse intérieure est immense.


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