Texte : La vie ordinaire - Jacques Le Goff

L'ordinaire... qui n'en a éprouvé le goût fade,
celui de la banalité, de l'insignifiance, de la médiocrité ?
 L'impression dominante est terne ...
Sentiment qu'il ne se passe rien dans l'écoulement des jours,
que demain le gris ajoutera un peu plus au gris d'aujourd'hui et d'hier ...

 La tentation est légitime de s'en arracher par la grâce des vacances
comme moment de mise à distance régénératrice.
Mais aussi la tentation de courir à grandes enjambées
pour passer de la grisaille à la griserie par le voyage,
 la fête, le sexe, l'alcool et autres euphorisants.

Avec probabilité, au retour,
d'une aggravation du mal-être au long de jours cotonneux.
Parce que cet "extra-ordinaire" de diversion
fane, hélas, en un rien de temps.

Et si la solution n'était pas de fuir le quotidien
par mise entre parenthèses,
mais de le regarder autrement pour découvrir,
sous sa morne écume, des richesses insoupçonnées.

Car le gris dont nous l'affublons est largement
l’œuvre de notre regard lui-même,
un regard qui participe à la construction de ce qui nous accable.
Combien nous nous plaignons du visage fermé "des autres" !
Mais sourions au monde !
et il finira par nous sourire malgré tout.

Citation : Du génie - Albert Einstein

Tout le monde est un génie.
Mais si vous jugez un poisson
sur ses capacités à grimper à un arbre,
il passera sa vie à croire qu'il est stupide.
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Texte : Pardon et promesse - Hannah Arendt

- Photo "Pardon" sur le site "Femmes d'influence" -

Ces deux facultés vont de pair : pardon et promesse.
Celle du pardon sert à supprimer les actes du passé,
dont les « fautes » sont suspendues comme l'épée de Damoclès
au-dessus de chaque génération nouvelle.

L'autre, qui constitue à se lier par des promesses, sert à disposer,
dans cet océan d'incertitude qu'est l'avenir par définition,
des îlots de sécurité sans lesquels aucune continuité
- sans même parler de durée -
ne serait possible dans les relations des hommes entre eux.

Citation : Existence de Dieu ? - Gustave Thibon

Il n'y a rien, rien, rien.
Mais s'il n'y a rien,
quelle est donc cette lumière
qui me révèle le rien ?
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Texte : Dialogue de foetus - Matthieu Boucart

Un fœtus parle à son jumeau, dans le ventre de la mère :

-  Et toi, tu crois en la vie après l'accouchement ?

-  Bien sûr, c'est évident !
   Nous sommes ici pour devenir plus grands
   et nous préparer à ce qui nous attend après !

-  Pfft... Tout ça est insensé.
   Il n'y a rien après l'accouchement !
   A quoi ressemblerait une vie hors du ventre ?

-  Eh bien, il y a beaucoup d'histoires
   à propos de l'autre côté.
   On dit que là bas, il y a beaucoup de joie et d'émotions,
   des milliards de choses à vivre.
   Par exemple, il paraît que là-bas, on va manger avec nos bouches...

-  Mais c'est n'importe quoi !
   Nous avons notre cordon ombilical et c'est ça qui nous nourrit !
   Tout le monde sait ça !
   D'ailleurs, il n'y a jamais eu personne qui en soit revenu,
   donc tout ça, c'est des trucs pour se rassurer !
   La vie se termine tout simplement à l'accouchement,
   c'est comme ça, il faut l'accepter !

-  Eh bien, permets-moi de penser autrement !
   C'est sûr, je ne sais pas exactement à quoi
   cette vie après l'accouchement va ressembler.
   Je ne peux rien te prouver !
   Mais j'aime croire que, dans la vie qui vient,
   nous verrons notre maman et elle prendra soin de nous !

-  "Maman" ? Tu veux dire que tu crois en "Maman" ???
   Ah ! Et où se trouve-t-elle ?

-  Mais partout, tu vois bien !
   Elle est partout autour de nous,
   nous sommes faits d'elle et c'est grâce à elle que nous vivons !

-  Ouh ! ah ! ah ! ah ! Impayable ! C'est absurde !
   Je n'ai jamais vu aucune maman, 
   donc c'est évident qu'elle n'existe pas !

 - Ca, c'est ton point de vue.
   Car parfois quand tout est calme,
   on peut entendre quand elle chante...
   Moi, je suis certain que notre vraie vie
   va commencer après l'accouchement !

Texte : D’autres faims – Mère Teresa

Le riz ou  le pain, que je donne
à l'affamé ramassé dans la rue
apaiseront sa faim.
Mais celui qui vit dans l'exclusion,
le manque d'amour et une grande peur,
combien il sera difficile de combler cette faim-là.

Vous qui habitez en Occident,
bien plus que la pauvreté matérielle,
vous connaissez la pauvreté spirituelle,
et c'est pour cela que vos pauvres
sont parmi les plus pauvres.

Parmi les riches, il y a souvent aussi
des personnes spirituellement très pauvres.
Je trouve qu'il est facile de nourrir un affamé
ou de fournir un lit à un sans-abri,
mais consoler, effacer l'amertume, la colère
et l'isolement qui viennent de l'indigence spirituelle,
cela demande beaucoup plus de temps.

Citation : Infériorité - Abraham Maslow

Si vous projetez délibérément d'être moins
que ce que vous êtes capable d'être,
alors je vous avertis
que vous serez profondément malheureux
pour le reste de votre vie.
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Texte : Avance au large - Fabienne


- Photo du Nataraja sur le site "De l'autre côté de" -

Toi qui as des mains, tends-les.
Toi qui as un cœur, partage-le.
Toi qui es couché, relève toi.
Toi qui es seul, rejoins les autres.
Toi qui es fatigué, repose-toi.
Toi qui pleures, reprends courage.

Toi qui es écrasé, crie-le.
Toi qui es exclu, refuse-le.
Toi qui es balayé par le vent des hommes, accroche-toi.
Toi qui es perdu au milieu d'une guerre, donne ton amour.
Toi qui as besoin d'amitié, propose-la.
Toi qui fermes les yeux, ouvre-les.

Toi qui ne fais que subir, bats-toi.
Toi qui es replié sur toi, avance au large.
Toi qui es anéanti, reprends vie.
Toi qui n'en peux plus, acceptes un sourire.
Toi qui as de la force, mets-la à disposition.

Vous qui êtes accablés, redressez-vous.
Vous qui recherchez l'espérance, ne désespérez pas.
Vous qui êtes paralysés par la peur, avancez.
Vous qui n'êtes pas écoutés, hurlez.
Vous qui êtes enchaînés, déchaînez-vous.

Source: Fabienne ...www.lespasseurs.com

Texte : Je clame ! - Martin Grey

Je clame...
Que la vie est indestructible,
Malgré la mort.

Que l'espoir est un vent vif
qui doit balayer le désespoir.

Que l'autre est un frère
avant d'être un ennemi.

Qu'il ne faut jamais désespérer
de soi-même et du monde.

Que les forces qui sont en nous,
les forces qui peuvent nous soulever
sont immenses.

Qu'il faut parler l'amour et non
les mots de la tempête et du désordre.

Que la vie commence aujourd'hui
et chaque jour,
et qu'elle est l'espoir.


Texte : Vacances de paix : - Pierre Talec


- Photo "Balade printanière" de Geo -

Allez, faites de vos vacances la béatitude de la paix !
Soyez des promeneurs d'infini.
Baladez votre âme au grand soleil d'été
Et que votre corps chante par tous ses pores !
Baladez votre corps sur les sommets des montagnes
Et que votre âme exulte de la joie de vivre !

Régalez-vous d'azur et de mer,
Attardez-vous à ces heures bénies du soir,
Quand le grand crépuscule des jours de solstice
N'en finit plus de s'étirer avant la nuit étoilée.

Laissez-vous bercer par la lumière
Qui se fait câline sur les prés d'herbe tendre,
Lumière rasante à fixer comme la vague
Qui vient et revient se tapir sur le sable de la plage...

Allez, faites de vos rencontres avec les villes
Des fiançailles de joie dont les lendemains seront
Un mariage de souvenirs.

Mettez votre âme au large en d'autres jardins
Que ceux de vos résidences secondaires.
Faites de vos voyages une célébration de la terre entière.

Embrassez le ciel pour mieux saisir la terre.
Humez les parfums d'horizon.
Vivez l'amitié avec tout et tous, le monde et vous.

Citation : Du bonheur - Tich Nhat Hanh

Pour jouir de ce bonheur
qu'on cherche tant
et qu'on trouve si peu,
la sagesse vaut mieux que le génie,
l'estime que l'admiration
et les douceurs du sentiment
que le bruit de la renommée.
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Texte : Les enfants affamés - François Devillet

Ils sont si bien élevés, les gosses qui meurent de faim :
Ils ne parlent pas la bouche pleine,
Ils ne gâchent pas leur pain,
Ils ne jouent pas avec la mie pour en faire des boulettes,
Ne font pas des petits tas au bord de leur assiette,
Ne font pas des caprices, ne disent pas : "J'aime pas ça !"
Ne font pas la grimace quand on enlève un plat.
Eux, ils ne trépignent pas pour avoir des bonbons,
Ils ne donnent pas aux chiens le gras de leur jambon,
Ne courent pas dans vos jambes, ne grimpent pas partout…

Ils ont le cœur si lourd, et le corps si faible, qu'ils vivent à genoux…
Pour avoir leur repas, ils attendent sagement…
Ils pleurent quelquefois, quand ça dure trop longtemps…
Non, non, rassurez-vous, ils ne vont pas crier :
Ces petits-là, ils sont si bien élevés…
Ils pleurent sans bruit, on ne les entend pas,

Ils sont si petits qu'on ne les voit même pas…
Ils savent qu'ils ne peuvent rien attendre de leur mère et de leur père.
Ils cherchent stoïquement leur riz dans la poussière,
Mais ils ferment les yeux quand l'estomac se tord,
Quand la douleur atroce irradie tout leur corps.

Non, non, soyez tranquilles, ils ne vont pas crier,
Ils n'en n'ont plus la force :
Seuls leurs yeux peuvent parler…
Ils vont croiser leurs bras sur leur ventre gonflé,
Ils vont prendre la pose pour faire un bon cliché…
Ils mourront doucement, sans bruit, sans déranger…
Ces petits enfants-là…
Ils sont si bien élevés,
Les gosses qui meurent de faim !

Citation : Enfance endormie - Pierre Rabhi


- Photo "Sédentarité des enfants" de Catherine Delahaye -

On voit s'ériger des générations d'enfants qui,
faute d'un éveil à la vie,
sont réduits à n'être
que des consommateurs insatiables,
blasés et tristes.
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Texte : Bonnes Vacances ! - Anonyme

Un bon moment, chaque année, tu choisiras,
Pour te reposer et te refaire sainement.

Les ami(e)s et les parents tu visiteras,
Pour retourner à tes origines respectueusement.

Sous le soleil, en silence, tu réfléchiras,
Pour mieux entendre ton cœur te parler chaleureusement.

Chaque matin, tout heureux tu te lèveras,
Pour accomplir tes œuvres bellement.

La terre, l'eau, le vent, tu toucheras,
Afin de dire merci pour la vie reçue abondamment.

Le ciel, les étoiles et les astres tu contempleras,
Pour te rappeler la création si joliment.

Tous les jours, tes exercices physiques tu feras,
Sans oublier le bon geste envers les autres fidèlement.

Les oiseaux du ciel et les bêtes de la terre tu écouteras,
Pour te rappeler à tes devoirs fidèlement.

Ton cœur, tes yeux, tes oreilles tu ouvriras,
Pour les remplir de beauté quotidiennement.

À la fin de ce repos, toutes les personnes tu remercieras,
Et ainsi tu apprécieras mieux les dons reçus gratuitement.

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