Texte : Un sourire - Khalil Gibran


 - Photo sur le site "Made in Shoreditch -

Il ne coûte rien et produit beaucoup.
Il enrichit celui qui le reçoit, sans appauvrir celui qui le donne.
Il ne dure qu'un instant, mais son souvenir est parfois immortel.

Un sourire, c'est du repos pour l'être fatigué,
du courage pour l'âme abattue,
de la consolation pour le cœur endeuillé.

C'est un véritable antidote
que la nature tient en réserve pour toutes les peines.
Et si l'on refuse le sourire que vous méritez,
soyez généreux, donnez le vôtre.

Nul en effet n'a autant besoin d'un sourire
que celui qui ne sait pas en donner aux autres.
Chacun d'entre nous recèle une part de beauté,
il suffit de la faire rayonner de l'intérieur vers l'extérieur.


Texte : Bonheur au quotidien - Soeur Emmanuelle

Au bidonville, j'ai vécu dans le bonheur.
C'est au bidonville que j'ai passé les années les plus heureuses de ma vie.
J'ai eu vingt-deux ans de justice !
Vingt-deux ans de partage.

Ce fut difficile au plan matériel.
J'aurais voulu aider tout le monde à avoir une bonne santé.
Je n'y suis pas parvenue.
On meurt beaucoup dans un bidonville.
Vie et mort se côtoient au quotidien.

Mon bonheur au bidonville a été mêlé de profonde souffrance.
J'ai touché mes limites dans une conversation avec l'abbé Pierre.
Je m'étais réjouie de lui annoncer
que notre programme de scolarisation avançait bien,
que le lycée pour filles était en bonne voie,
qu'une usine allait voir le jour
pour transformer les détritus en un compost fertilisant. 
Ces ordures qui étaient un poison
se métamorphoseraient en source de richesse !

Comme j'avais fini de parler, l'abbé Pierre se tut.
Un voile de tristesse passa dans ses yeux quand il demanda :
"Et les autres, sœur Emmanuelle ? Les autres ?
Ceux que vous n'avez pas pu sauver ?"

C'est là que je touchai mes limites.
Les limites de ce qu'il est possible de faire
pour créer du bonheur sur terre.
C'est le point douloureux de l'enseignement de Jésus.
Toute la vie du Christ nous dit que le bonheur n'est pas pour ce monde.
Si l'on n'accepte pas cet enseignement, on se révolte.
Il n'y a pas d'alternative.


Cri de pauvre : Entends-moi - Anonyme indien

Quand je te demande de m'écouter
et que tu commences à me donner des conseils,
tu n'as pas fait ce que je te demandais.

Quand je te demande de m'écouter
et que tu commences à me dire pourquoi je ne devais pas ressentir cela,
tu bafoues mes sentiments.

Quand je te demande de m'écouter
et que tu sens que tu dois faire quelque chose pour résoudre mon problème,
tu m'as fait défaut, aussi étrange que cela puisse paraître.

Écoute, tout ce que je te demande, c'est que tu m'écoutes.
Non que tu parles ou que tu fasses quelque chose :
je te demande simplement de m'écouter.

Les conseils sont bon marché,
pour cinq sous j'aurai, dans le même journal, l'horoscope et le journal du cœur.
Je peux agir par moi-même, je ne suis pas impuissant,
peut-être un peu découragé, ou hésitant, mais non impotent.

Quand tu fais quelque chose pour moi,
que je peux et ai besoin de faire moi-même,
tu contribues à ma peur, tu accentues mon inadéquation.

Mais quand tu acceptes comme un simple fait
que je ressens ce que je ressens (peu importe la rationalité),
je peux enfin arrêter de te convaincre,
et je peux essayer de commencer à comprendre
ce qu'il y a derrière ces sentiments irrationnels.

Lorsque c'est clair, les réponses deviennent évidentes
et je n'ai pas besoin de conseils.
Les sentiments irrationnels deviennent intelligibles
quand nous comprenons ce qu'il y a derrière.

Peut-être est-ce pour cela que la prière marche parfois,
pour quelques personnes, car Dieu est muet.
Il ne donne pas de conseils. il n'essaie pas d'arranger les choses.
Il t'écoute simplement et te laisse résoudre le problème toi-même.

Alors, s'il te plait, écoute et entends moi.
Et si tu veux parler,
attends juste un instant et je t'écouterai.

Citation : Vocation -Abraham Maslow

S'il veut être en paix avec lui même,
un musicien doit faire le la musique,
un peintre de la peinture,
un poète de la poésie.
__________________________

Texte : Peur - Maxime Piolot


- Photo "The scream" sur le site Corbières Matin -

Peur d'être jugé
Peur d'être volé
Peur du ridicule
Peur des chiens qui hurlent

Peur de trop donner
Peur de trop aimer
Peur de ne rien faire
Quand tout reste à faire

Peur de ce qui vient
Et qui tend la main
Peur de la misère
Qui fait les frontière

Peur des grandes villes
Aux guerres inutiles
Faut-il entreprendre
Quand le cœur est tendre ?

Peur d'être exilé
Après tant d'années
Peur de vivre à l'heure
Des métiers qui meurent

Peur de mal vieillir
A quoi bon souffrir
Peur d'être poussière
Au bout du calvaire

Rassure-toi !
Rassure-moi !
Ouvrons les yeux vraiment
Sur la réalité.

- Site du chanteur - 


Texte : Repartir - Jean Debruynne


- Photo du site "Barcelone Croisière" - 

Repartir, ce n'est surtout pas revenir sur ses pas,
Repartir, ce n'est pas faire marche arrière.
Ce n'est pas revenir à son point de départ.
Repartir, ce n'est pas faire demi-tour
en effaçant les traces de ses propres pas.

Jamais tu ne repars comme tu es arrivé.
Jamais tu ne reviens comme tu es parti.
Jamais tu ne rentres comme tu es sorti.

Le voyage te change
Le voyage n'a pas été seulement celui des kilomètres et des semaines.
Celui qui repart se remet en cause,
il se remet en histoire et en route.
Il renonce à rentrer dans ses pantoufles et ses habitudes.

Repartir, c'est affirmer que l'avenir existe, puisqu'on y va.
C'est croire qu'il existe un possible, puisqu'on y part.
Repartir, c'est prouver que tout n'a pas été dit.
Repartir, c'est croire qu'il existe encore un chemin, il est celui du cœur.

Repartir, ce n'est pas rapporter des souvenirs, mais des projets.
Repartir, ce n'est pas retrouver ses habitudes
et remettre les choses à leur place.
Repartir, ce n'est pas déclarer que tout est fini
et qu'il ne reste plus que des nostalgies.
Repartir, c'est, au contraire, vouloir que tout commence.

Celui qui repart a le cœur neuf.Celui qui repart suit le chemin d'un nouveau regard.
Celui qui repart ne sera plus jamais comme avant.
Celui qui repart se remet en mouvement.


Cri de pauvre : Nécessité - Pierre Rabhi

Comment se fait-il que l’humanité,
en dépit de ressources planétaires suffisantes
et de prouesses technologiques sans précédent,
ne parvienne pas à faire en sorte
que chaque être humain puisse se nourrir,
se vêtir, s’abriter, se soigner
et développer les potentialités nécessaires
à son accomplissement ?
______________________________

Prière : Rêves et réalité - Etty Hillesum

On a parfois du mal à concevoir et à admettre,
mon Dieu,
tout ce que tes créatures terrestres
s'infligent les unes aux autres en ces temps déchaînés.

Mais je ne m'enferme pas pour autant dans ma chambre,
mon Dieu,
je continue à tout regarder en face,
je ne me sauve devant rien,
je cherche à comprendre et à disséquer les pires exactions,
j'essaie toujours de retrouver la trace de l'homme
dans sa nudité, sa fragilité, de cet homme bien souvent introuvable.

Enseveli parmi les ruines monstrueuses de ses actes absurdes ...
Je regarde ton monde au fond des yeux,
mon Dieu,
je ne fuis pas la réalité pour me réfugier dans de beaux rêves
- je veux dire qu'il y a place pour de beaux rêves
à côté de la plus cruelle réalité -
et je m'entête à louer ta création,
mon Dieu,
en dépit de tout !

 - écrit en 1943 du camp de Westerbork -

Citation : Education - Martin Gray



- Ets Croisiera -

Si on gonfle les jeunes voiles d’un enfant
au souffle de la force, du courage et de la droiture,
alors il vogue et sait affronter les tempêtes.
____________________________


Texte : Fait-il beau aujourd'hui ? - Douglas Malloch

Bien sûr,que la vie est remplie de misères,
Je n'ai jamais dit le contraire.
Je sais que j'en ai eu ma part à éteindre
Et que j'ai mille raisons de me plaindre.
Contre moi vents et orages se sont unis ;
Et combien de fois le ciel a été gris !
Les épines et les ronces m'ont piqué,
À gauche, à droite, et ailleurs aussi.
Mais, pour dire toute la vérité,
Fait-il assez beau aujourd'hui !

À quoi sert de toujours brailler
Et de rabâcher les soucis d'hier ?
À quoi sert de ressasser le passé
Et, au printemps, de parler de l'hiver ?
Un chacun doit avoir ses tribulations
Et mettre de l'eau dans son vin.
La vie n'est certes constante célébration.
Des soucis ? Bien sûr, j'ai eu les miens.
Mais il faut bien le voir aussi :
Il fait diablement beau aujourd'hui !

C'est aujourd'hui que je vis,
Et non pas il y a un mois.
T'en as, t'en as pas, tu donnes et tu prends
Selon qu'en décide le moment.
Hier, un nuage de chagrin
A bien assombri mon chemin.
Demain, il pleuvra peut-être
À casser les carreaux des fenêtres,
Mais faut le dire, puisque c'est ainsi :
Fait-il assez beau aujourd'hui !


blogger