Prière : Saints et Saintes de Dieu - Anonyme

Saints et Saintes de Dieu,
vitraux de la lumière divine,
parlez-nous de lui.

Vous qui n’avez pas trouvé de date dans nos calendriers,
mais qui avez reçu de Dieu une place éternelle,
priez pour nous.

Vous les humbles laboureurs de la Terre
qui avez accueilli les fruits de la création,
priez pour nous.

Vous, les femmes de ménage, couturières
et repasseuses, cuisinières et bonnes d’enfants
qui, jour après jour, avez semé la tendresse,
priez pour nous.

Vous, moines et moniales du silence,
de la prière et de la vie fraternelle,
qui avez gardé au cœur la joie de Dieu,
priez pour nous.

Vous, les savants, philosophes et hommes de science,
qui avez poursuivi sans relâche la vérité
et y avez découvert le mystère de Dieu,
priez pour nous.

Vous, les artistes et vous, les gens du spectacle
qui avez apporté un peu de la beauté
et de la joie de Dieu sur notre Terre,
priez pour nous.

Vous tous, Saints et Saintes,
bienheureux enfants de Dieu,
faites monter notre louange vers le Père,
par le Fils, dans l’Esprit Saint.

Amen


Texte : Lorsqu'on s'abandonne - François Garagnon

Lorsque l'on s'abandonne, on libère le meilleur de soi. 
Tout ce qui était contraint s'élance harmonieusement, 
on s'ouvre à la vie, on se sent délivré. 

C'est la puissance du dedans qui va forcer tous les obstacles, 
comme un torrent qui jaillit, que rien ne peut arrêter 
et qui se nourrit de son abondance... 
L'abandon amène l'abondance, abondance perpétuelle.

Si tu comptes sur ta petite volonté, 
c'est comme si tu tournais de manière calculée 
un robinet qui va libérer un petit ruisselet d'énergie : 
à force d'économiser, ton cœur est menacé de sécheresse : 
plus rien n'y pousse, ni le succès, ni les projets, 
ni la tendresse, ni rien qui vaille de vivre. 

Moi, j'ai compris un grand secret... 
je vais te le glisser dans le creux de l'oreille... 
là où il y a de l'abandon, il y a de l'amour, il y a Dieu.

Il faut savoir choisir, et puis tout donner, sans se retenir, 
s'abandonner au courant, se laisser porter par son propre élan, 
sentir le rythme, l'équilibre et l'harmonie, 
savourer le goût de la vie, 
et dans un grand soleil de tendresse, 
dire merci à Dieu, 
merci de nous guider vers des mondes inconnus 
et de nous porter sans se lasser, sans se fatiguer, 
sans ralentir sa course, loin, loin, loin... 

Laisser Dieu couler en nous comme une source. 
Tout simplement. 
Quand tu auras compris ça, tu verras : 
la vie, ça coule de source...


Texte : Celui qui attend - Christian Bobin


Photo "le hêtre du Ponthus"

Celui qui attend est comme un arbre
avec ses deux oiseaux, Solitude et Silence.
Il ne commande pas à son attente.
Il bouge au gré du vent,
docile à ce qui s'approche,
souriant à ce qui s'éloigne.

Celui qui attend,
nous l'appelons le "tout comblé"
car dans l'attente,
le commencement est comme la fin,
la fleur est comme le fruit,
le temps comme l'éternel.


Texte : Pauvreté cachée - Jean Rodhain

Mettre un seul égoïste en contact avec la misère.
Faire découvrir au sceptique
que ce vieillard aux trois repas par semaine
n'est pas un fait divers de journal,
mais un fait réel à deux pas de mon logement.

Conduire un timide au seuil de l'hôpital d'enfants malades
où sa visite sera une joie pour eux
 et une illumination pour lui-même...

Citation : La joie – Thérèse Martin

Ah ! je l'ai bien senti,
la joie ne se trouve pas
dans les objets qui nous entourent,
elle se trouve au plus intime de l'âme.
On peut aussi bien la posséder
dans une prison que dans un palais.
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Texte : Bonheur et canapé - Jorge Bergoglio


- Photo "affalé sur mon canapé" - 

Dans la vie, il y a une paralysie dangereuse et souvent difficile à identifier, et qu’il nous coûte beaucoup de reconnaître. J’aime l’appeler la paralysie qui naît lorsqu’on confond le bonheur avec un canapé !

Oui, croire que pour être heureux, nous avons besoin d’un bon canapé. Un canapé qui nous aide à nous sentir à l’aise, tranquilles, bien en sécurité. Un canapé ... qui nous garantissent des heures de tranquillité pour nous transférer dans le monde des jeux vidéo et passer des heures devant l’ordinateur. Un canapé contre toute espèce de douleur et de crainte. Un canapé qui nous maintiendra enfermés à la maison sans nous fatiguer ni sans nous préoccuper.

Le canapé-bonheur est probablement la paralysie silencieuse qui peut nous nuire davantage ; parce que peu à peu, sans nous en rendre compte, nous nous endormons, nous nous retrouvons étourdis et abrutis tandis que d’autres – peut-être plus éveillés, mais pas les meilleurs – décident de l’avenir pour nous.

Sûrement, pour beaucoup il est plus facile et avantageux d’avoir des jeunes étourdis et abrutis qui confondent le bonheur avec un canapé ; pour beaucoup, cela est plus convenable que d’avoir des jeunes éveillés, désireux de répondre au rêve de Dieu et à toutes les aspirations du cœur. …

Jésus est le Seigneur du risque, du toujours “au-delà”. Jésus n’est pas le Seigneur du confort, de la sécurité et de la commodité. Pour suivre Jésus, il faut avoir une dose de courage, il faut se décider à changer le canapé contre une paire de chaussures qui t’aideront à marcher, sur des routes jamais rêvées et même pas imaginées, sur des routes qui peuvent ouvrir de nouveaux horizons, capables de propager la joie, cette joie qui naît de l’amour de Dieu, la joie que laissent dans ton cœur chaque geste, chaque attitude de miséricorde.

Aller par les routes en suivant la “folie” de notre Dieu qui nous enseigne à le rencontrer en celui qui a faim, en celui qui a soif, en celui qui est nu, dans le malade, dans l’ami qui a mal tourné, dans le détenu, dans le réfugié et dans le migrant, dans le voisin qui est seul.

Aller par les routes de notre Dieu qui nous invite à être des acteurs politiques, des personnes qui pensent, des animateurs sociaux. Il nous incite à penser à une économie plus solidaire. Le temps qu’aujourd’hui nous vivons n’a pas besoin de "Jeunes-canapés", mais de Jeunes avec des chaussures, mieux encore, chaussant des crampons.

Devenons des protagonistes dans le service. Proposons une réponse concrète aux besoins et à la souffrance de l’humanité. L’humanité a besoin d’hommes et de femmes, et de manière particulière de jeunes comme vous, qui ne veulent pas vivre leur vie “à moitié".

Citation : Savoir - Maurice Bellet

Il y a deux sortes de gens sur qui l’on ne peut pas compter :
Ceux qui ne savent pas : ils ne savent pas !
Ceux qui savent : ils n’apprendront rien.
Sur qui donc peut-on compter ?
Sur ceux qui savent qu’ils ne savent pas.
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Texte : L'homme augmenté - Hannah Arendt

Depuis quelques temps,
un grand nombre de recherches scientifiques
s'efforcent de rendre la vie « artificielle » elle aussi,
et de couper le lien qui maintient encore
l'homme parmi les enfants de la nature.

C'est le même désir d'échapper à l'emprisonnement terrestre
qui se manifeste dans les essais de création en éprouvette,
dans le vœu de combiner « au microscope
le plasma germinal provenant de personnes aux qualités garanties,
afin de produire des êtres supérieurs »
et de « modifier leurs tailles, formes et fonction » ;
et je soupçonne que l'envie d'échapper à la condition humaine
expliquerait aussi l'espoir de prolonger la durée de l'existence
fort au-delà de cent ans, limite jusqu'ici admise.

Cet homme futur, que les savants produiront,
nous disent-ils, en un siècle pas davantage,
paraît en proie à la révolte contre l'existence humaine
telle qu'elle est donnée en cadeau venu de "nulle part"
(laïquement parlant)
et qu'il veut pour ainsi dire
« l'échanger contre un ouvrage de ses propres mains ».

- Ecrit en 1943 dans un camp de concentration 
  à propos des expériences nazies -



Texte : Le Miroir - Maurice Zundel

Jamais vous ne pourrez vous voir vous-même dans un miroir.
Un miroir peut être utile à votre toilette, voire indispensable,
mais ce n'est pas dans un miroir que vous trouverez la révélation de vous-même.
Vous ne pouvez pas vous regarder priant dans un miroir,
vous ne pouvez pas vous voir comprenant dans un miroir.

Votre vie profonde, celle par laquelle vous vous transformez vous-même,
c'est une vie qui s'accomplit dans un regard vers l'autre.
Dès que le regard revient vers soi,
tout l'émerveillement reflue et devient impossible.

Quand on s'émerveille, c'est qu'on ne se regarde pas.
Quand on prie, c'est qu'on est tourné vers un autre ;
quand on aime vraiment, c'est qu'on est enraciné dans l'intimité d'un être aimé.
Il est donc absolument impossible de se voir dans un miroir
autrement que comme une caricature si l'on prétendait y trouver son secret.

La vie profonde échappe à la réflexion du miroir ;
elle ne peut se connaître que dans un autre et pour lui.
Quand vous vous oubliez parce que vous êtes devant un paysage qui vous ravit,
ou devant une œuvre d'art qui vous coupe le souffle,
ou devant une pensée qui vous illumine,
ou devant un sourire d'enfant qui vous émeut,
vous sentez bien que vous existez,
et c'est même à ces moments-là que votre existence prend tout son relief,
mais vous le sentez d'autant plus fort que justement
l'événement vous détourne de vous-même.

C'est parce que vous ne vous regardez pas
que vous vous voyez réellement et spirituellement,
en regardant l'autre et en vous perdant en lui.

C'est cela le miracle de la connaissance authentique.
Dans le mouvement de libération où nous sortons de nous-mêmes,
où nous sommes suspendus à un autre,
nous éprouvons toute la valeur et toute la puissance de notre existence...
Dans ce regard vers l'autre, nous naissons à nous-mêmes.

Citation : Education - Benjamin Franklin


Tu me dis…
J'oublie ! 

Tu m'enseignes… 
Je me souviens !

Tu m'impliques…  
J'apprends !
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Citation : Ce qui compte - Albert Einstein

Ce qui compte
ne peut pas toujours être compté,
et ce qui peut être compté
ne compte pas forcément.
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Cri de pauvre : Pauvreté de notre société - Dominique Loreau


- Photo sur le site http://www.maudboutique.fr -

C'est notre société qui est pauvre.
Pauvreté de croire qu'être heureux, c'est posséder.
Pauvre de se laisser influencer par la publicité.
Pauvre d'accepter de se laisser perdre
dans l'engrenage de la compétitivité.
Pauvre de n'être pas libre de vivre plus simplement.
Pauvre de mettre une étiquette sur tout,
même sur la générosité.

La pauvreté ne se résume pas à un manque d'argent.
Elle signifie aussi manquer de qualités humaines,
spirituelles, intellectuelles.

Aider les autres,
c'est ne pas faire montre de ses richesses,
c'est vivre simplement
et respecter chaque être humain sans le juger.
C'est aussi faire en sorte
qu'il ne soit pas jaloux, amer ou envieux.


Prière : Seigneur, si tu passes par là - Jean Debruynne

Seigneur, si Tu passes par-là,
viens chez moi, entre donc.
Mais il vaut mieux que tu saches :
tu trouveras sûrement ma porte fermée.
J'ai toujours peur, alors je mets le verrou.
Mais Toi Tu sais bien comment entrer,
surtout quand ma porte est fermée.
Tu arrives à passer
même quand il n'y a pas de porte.

J'aime mieux Te dire, Seigneur,
si Tu viens chez moi,
Tu ne trouveras pas grand-chose.
Si Tu veux de l'amour,
il vaudrait mieux que Tu en amènes.
Tu sais, mon amour à moi,
il est plutôt rassis, ce serait mieux
que tu en apportes du frais.
Emballe-le bien en le transportant,
c'est si fragile l'amour !

Si tu avais aussi un peu d'espérance,
de la vivace, de celle de ton jardin,
ce serait bien d'en prendre un bouquet.
J'en ai tant besoin pour fleurir mon regard.

Et si encore tu avais un peu de foi pour moi,
rien qu'un peu,
pas plus gros qu'un grain de moutarde,
alors je déplacerais les montagnes.
Amen. 

Citation : Le progrès technique - Gustave Thibon

Le progrès technique doit nous apparaître
comme une question posée par la science à la conscience.
Et la réponse n'est ni dans la lune
ni dans les prodigieuses machines qui nous y conduisent :
elle est en nous.
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