Tous enfants de Dieu - Jorge Bergoglio

On aime un enfant parce qu’il est un enfant:
non pas parce qu’il est beau,
ou parce qu’il est comme ci ou comme ça;
mais parce que c’est un enfant !
Non pas parce qu’il pense comme moi,
ou qu’il incarne mes désirs.
Un enfant est un enfant:
une vie générée par nous
mais qui lui est destinée à lui,
à son bien, au bien de la famille,
de la société, de l’humanité entière.

C’est de là que vient également la profondeur
de l’expérience humaine d’être fils ou fille,
qui nous permet de découvrir
la dimension la plus gratuite de l’amour,
qui ne cesse jamais de nous surprendre.

Les enfants sont aimés avant de venir au monde.
C’est cela la gratuité, c’est cela l’amour;
ils sont aimés avant la naissance,
comme l’amour de Dieu qui nous aime toujours avant.
Ils sont aimés avant d’avoir fait
quoi que ce soit pour le mériter,
avant de savoir parler ou penser,
et même avant de venir au monde !

Etre enfants est la condition fondamentale
pour connaître l’amour de Dieu,
qui est la source ultime de cet authentique miracle.
Dans l’âme de chaque enfant, tout vulnérable soit-il,
Dieu appose le sceau de cet amour,
qui est à la base de sa dignité personnelle,
une dignité que rien ni personne ne pourra détruire.

- Audience générale du 11 février 2015 -

 

Cri de pauvre : Toi qui me soignes - Anonyme


- Photo : International Business Times -

Que vois-tu, toi qui me soignes, 
Que vois-tu, quand tu me regardes, que penses-tu ?

Une vieille femme grincheuse, un peu folle, 
Le regard perdu, qui n'y est plus tout à fait, 
Qui bave quand elle mange et ne répond jamais, 
Qui, quand tu me dis d'une voix forte "essayez", 
Semble ne prêter aucune attention à ce que tu fais 
Et ne cesse de perdre ses chaussures et ses bas, 
Qui, docile ou non, te laisse faire à sa guise 
Le bain et les repas pour occuper la longue journée grise,
C'est ça que tu penses, c'est ça que tu vois ?

Alors ouvre les yeux, ce n'est pas moi ; 
Je vais te le dire qui je suis, assise là si tranquille, 
Me déplaçant à ton ordre, mangeant quand tu veux; 
Je suis la dernière de dix, avec un père et une mère, 
Des frères et des soeurs qui s'aiment entre eux.

Une jeune fille de dix ans, des ailes aux pieds, 
Rêvant que bientôt, elle rencontrera un fiancé. 
Mariée déjà à vingt ans, mon coeur bondit de joie 
Au souvenir des voeux que j'ai faits ce jour-là.

J'ai vingt-cinq ans maintenant et un enfant à moi 
Qui a besoin de moi pour lui construire une maison. 
Une femme de trente ans, mon enfant grandit vite, 
Nous sommes liés l'un à l'autre par des liens qui dureront. 

Quarante ans, bientôt il ne sera plus là. 
Mais mon homme est à mes côtés qui veille sur moi.
Cinquante ans, à nouveau jouent autour de moi des bébés; 
Me revoilà avec des enfants, moi et mon bien-aimé. 

Voici les jours noirs, mon mari meurt. 
Je regarde le futur en frémissant de peur, 
Car mes enfants sont tous occupés à élever les leurs 
Et je pense aux années et à l'amour que j'ai connus.

Je suis vieille maintenant, et la nature est cruelle 
Qui s'amuse à faire passer la vieillesse pour folle. 
Mon corps s 'en va, la grâce et la force m'abandonnent, 
Et il y a maintenant une pierre là où jadis j'eus un coeur.

Mais dans cette vieille carcasse, la jeune fille demeure 
Dont le vieux coeur se gonfle sans relâche. 
Je me souviens des joies, je me souviens des peines, 
Et, à nouveau, je sens ma vie et j'aime. 

Je repense aux années trop courtes et trop vite passées, 
Et accepte cette réalité implacable que rien ne peut durer.
Alors ouvre les yeux, toi qui me soignes, et regarde 
Non pas la vieille femme grincheuse. 
Regarde moi un peu, tu me verras enfin ! 


Citation : La publicité - Michel Piquemal

Les messages publicitaires quotidiens
formatent, mieux que toute propagande,
l'énergie du désir des hommes.
Elle leur désapprend la révolte,
le goût de la connaissance,
le sens critique et la gratuité.
Elle glorifie l'inutile, le jetable, la marque.
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Citation : Si tu veux être heureux - Paul Steinberg

Si tu veux être heureux une heure, fais une sieste
Si tu veux être heureux une journée, va à la pêche
Si tu veux être heureux un mois, fais le voyage de tes rêves
Si tu veux être heureux un an, gagne à la loterie
Si tu veux être heureux toute la vie, aime les autres
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Texte : Humanisation - François Varillon


- Photo de Esnoticia.co -

L'Homme n'est pas.
L'Homme est à faire.
"Nous sommes des commencements d'homme"
nous dit saint Jacques (Jc 1,18).
Nous sommes des ébauches d'homme.
Dieu ne crée pas l'homme tout-fait,
Dieu a horreur du tout-fait.
Dieu crée l'homme capable de se créer lui-même.

Notre tâche humaine est de créer l'homme,
c'est-à-dire de faire que l'homme soit.
Quel est celui qui oserait se lever pour dire :
moi, je suis un homme ? ...
Il y a des choses qui sont toutes faites
mais l'homme n'est pas une chose.
L'homme est à faire.

Nos relations et nos institutions
doivent devenir véritablement humaines,
elles sont en cours d'humanisation.
Nous sommes en devenir,
ce sont nos décisions qui contribuent à faire
que nous soyons des hommes.
 Et nos décisions ne sont vraiment humaines
que si elles sont humanisantes.

Notre humanité passe par l'humanité des autres,
notre liberté passe par la libération des autres.
On ne devient pas tout seul un homme libre,
On devient soi-même un homme libre
quand on travaille à libérer ses frères.
On devient plus "Homme"
en travaillant à ce que le monde soit plus humain.

Ces décisions humanisantes,
il est rare qu'elles ne soient pas des sacrifices,
des morts à l'égoïsme,
on ne peut pas à la fois se donner et se garder pour soi.
Tout le monde sait par expérience
qu'il n'y a pas de vie humaine humanisante authentique
sans sacrifice.


Citation : Recherche de Dieu – Madeleine Delbrêl


Si tu vas au bout du monde,
tu trouveras la trace de Dieu.
 Si tu vas au fond de toi,
tu trouveras Dieu lui-même.
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Texte : L'échelle de l'amour - Christophe Lebreton

Debout
Venez frères qui peinez
c’est l’échelle du repos
pour grimper là-haut
sur les genoux
de l’Éternel

Venez vous qui pleurez
c’est l’échelle où s’élève
le chant vertical
juste la voix
en présence du Père

Courage
c’est l’échelle dressée
à l’assaut des ténèbres
la joie est lumière
tout en haut de la souffrance

Parole d’ascension
sur la pierre adossée
et prière dans l’homme brisé
confidence du ciel

Debout ami écoute
la vie est heureuse
à l’échelle de l’Amour
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- Moine de Thibirine -


Citation : La connaissance véritable - Michel Perrinel


- Un artisan à l’œuvre -

La connaissance véritable est ce qui nous permet
de penser et d'agir dans le monde.
Elle n'est pas quelque chose d'abstrait,
mais ce qui relie l'abstrait et le concret,
l'idée et le vécu.
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Lu dans Ouest-France


Bible : Artisans de Paix - Saint Matthieu


- Photo de Yaminna -

Heureux les artisans de la paix,
car ils seront appelés fils de Dieu.
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- Evangile de Saint Matthieu Chapitre 5, Verset 9 -

Texte : Monsieur Gandhi - Maxime Piolot

Les chrétiens, les musulmans, il en faisait des frères
Cet hindou qui vénérait tous les dieux de ses pères
On peut dire merci à Monsieur Gandhi

Que les femmes soient des reines ou des prostituées
Il savait qu'elles ont le temps et la force d'aimer
On peut dire merci à Monsieur Gandhi

Intouchable mon ami ton ombre faisait peur
Mais ce maître du silence t'a pris contre son coeur
On peut dire merci à Monsieur Gandhi

Ce n'était pas un brahmane mais un simple mortel
Serviteur au quotidien de la terre et du ciel
On peut dire merci à Monsieur Gandhi

Quand il se laissait mourir de tristesse et de faim
Tout un peuple s'étonnait de vivre en assassin
On peut dire merci à Monsieur Gandhi

Il remplaça les fusils par l'imagination
Et délivra son pays sans haine et sans canon
On peut dire merci à Monsieur Gandhi

Est-ce lui qui, un matin, offrit des mots d'amour
Au tueur qui s'avançait pour lui prendre le jour ?
On peut dire merci à Monsieur Gandhi


Texte : Pauvreté et espérance - André-Marie


- Photo libre de droit -

Sur le plan économique, industriel et financier,
les pauvres n’ont plus rien à attendre de personne.
C’est la raison pour laquelle
il est absolument nécessaire de faire naître l’espérance.

La compassion, la beauté, la bienveillance
sont autant de mots féminins, comme la Sagesse,
qu’il faut mettre maternellement au monde en nous.

Et si nous nous greffions sur l’espérance,
sur une attente à inventer, à nourrir, à laisser grandir,
à abreuver de toutes les tendresses
que la bienveillance nous inspire...

Si notre vie intérieure était plus grande,
le monde déborderait d’amour.
Mais ce changement ne peut commencer
qu’avec soi-même, et en « soi-m’aime ».

Si l’on pouvait vivre avec soi et s’étonner d’exister,
s’émerveiller d’être et accepter l’inattendu...

Texte : Les deux joies - François Garagnon

II y a la joie qui vient du dehors et il y a celle qui vient du dedans.
Je voudrais que les deux soient tiennes
Qu'elles remplissent les heures de ton jour et les jours de ta vie ;

Car lorsque les deux se rencontrent et s'unissent,
II y a un tel chant d'allégresse que ni le chant de l'alouette
ni celui du rossignol ne  peuvent s'y comparer.

Mais si une seule devait t'appartenir, Si pour toi je devais choisir,
Je choisirais la joie qui vient du dedans.
Parce que la joie qui vient du dehors est comme le soleil
qui se lève le matin et qui, le soir, se couche.
Comme l'arc-en-ciel qui paraît et disparaît.
Comme la chaleur de l'été qui vient il se retire.
Comme le vent qui souffle et passe.
Comme le feu qui brûle puis s'éteint...
Trop éphémère, trop fugitive...

J'aime les joies du dehors. Je n'en renie aucune.
Toutes, elles sont venues dans ma vie quand il le fallait...
Mais j'ai besoin de quelque chose qui dure,
De quelque chose qui n'a pas de fin, qui ne peut pas finir.

Et la joie du dedans ne peut pas finir.
Elle est comme une rivière tranquille,
toujours la même, toujours présente.
Elle est comme le rocher,
comme le ciel et la terre qui ne peuvent ni changer ni passer.

Je la trouve aux heures de silence, aux heures d'abandon.
Son chant m'arrive au travers de ma tristesse et de ma fatigue ;
Elle ne m'a jamais quitté.
 C'est Dieu - c'est le chant de Dieu en moi, cette force tranquille
qui dirige les mondes et qui conduit les hommes
Et qui n'a pas de fin, qui ne peut pas finir.

II y a la joie qui vient du dehors et il y a celle qui vient du dedans.
Je voudrais que les deux soient tiennes
Qu'elles remplissent les heures de ton jour et les jours de ta vie ;
Mais si une seule devait t'appartenir, si pour toi je devais choisir,
Je choisirais la joie qui vient du dedans.

Citation : Je t'aime - Maurice Bellet

Je t'aime,
autrement dit je me réjouis que tu sois ce que tu es ;
et je ferai tout pour que tu le deviennes davantage.
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