Texte : L'Autre - Gilles Baudry

A quelques pas derrière la douleur
Debout dans sa stature d'homme
Dans sa détresse d'or
Quelqu'un se tient
A contre-jour
Comme pour dissimuler
L'éclat de sa trop grande pauvreté

Il y a tant d'égard
Dans son regard
Porté très loin devant
Au-delà de nos murs étroits
Des apparences

Qu'est-il cet étranger
Qu'il puisse dire l’indicible
Par sa seule présence ?

On voudrait tant le retenir
Il se retire

Au fur et à mesure qu'il s'éloigne
Croît notre battement de cœur.


Cri de paure : Le trou d'une aiguille - Anonyme

Il sera désormais aussi difficile aux pauvres
de passer nos frontières
qu'aux riches
de passer par le trou du aiguille...
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Texte : Chaque visage est un miracle - Tahar Ben Jelloun

- "L'enfant noir et l'enfant blanc ont tous deux le sang rouge" - Grisou -

Un enfant noir, à la peau noire, aux yeux noirs,
aux cheveux crépus ou frisés, est un enfant.
Un enfant blanc, à la peau rose, aux yeux bleus ou verts,
aux cheveux blonds ou raides est un enfant.

L'un et l'autre, le noir et le blanc, ont le même sourire
quand une main leur caresse le visage,
quand on les regarde avec amour et leur parle avec tendresse.
Ils verseront les mêmes larmes si on les contrarie, si on leur fait mal.

Il n'existe pas deux visages absolument identiques.
Chaque visage est un miracle.
Parce qu'il est unique.
Deux visages peuvent se ressembler, ils ne seront jamais tout à fait les mêmes.

La vie est justement ce miracle,
ce mouvement permanent et changeant qui ne reproduit jamais le même visage.
Vivre ensemble est une aventure
où l'amour, l'amitié est une belle rencontre avec ce qui n'est pas moi,
avec ce qui est toujours différent de moi et qui m'enrichit.

Prière du Pèlerin - François Plouidy

Il part, le pèlerin, c'est décidé !
Pour quelques jours,
il va laisser là son « chez lui » ,
son espace familier, ses sécurités,
peut-être aussi la routine et l'ennui.

Pourquoi s'en va-t-il, le pèlerin,
vers un paysage inconnu?
Il ne le sait pas vraiment.
Il sent seulement que tout au fond,
tout au fond de lui, un appel a surgi,
qui lui a dit : « Va, Va à la Source,
Va te purifier, Va te renouveler,
Va à la rencontre de tes frères,
de toi-même..., de ton Dieu. »

Que se passera-t-il là-bas ?
Il ne le sait pas vraiment.
Mais il sent très fort
que sur la montagne sainte,
en ce lieu de grâce où souffle l'Esprit,
il déposera son fardeau,
il trouvera paix et repos.

Il pressent
– et lorsqu'il y songe, la peur le prend -
qu'il sera bousculé, remué, secoué
par un regard... une parole... un cri... un chant.
Mais il est sûr qu'il croisera là-bas,
doucement posés sur lui,
des regards de pardon, des regards de tendresse,
des regards d'amour,
le regard du Seigneur et celui de Marie...
Des regards qui relèvent,
redonnent confiance et désir de vivre.

Citation - Toi qui vivras – Jean Malrieu

Toi qui vivras plus loin que moi,
sois fidèle au soleil...
Il est sous terre des printemps à naître
qui s’épient et te supplient :
responsable un instant de la totalité de la terre,
garde l’eau pure et le regard heureux.
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Aimer et servir - Anonyme

-Mère Teresa - My hero -

"L'hymne à l'amour" de Saint Paul, tu connais ?
Mais si ! On l'entend souvent aux célébrations de mariage :

"Quand je parlerais toutes les langues de la terre et du ciel...
"s'il me manque l'amour,
"je ne suis qu'un cuivre qui résonne, une cymbale retentissante ...
"L'amour prend patience, l'amour rend service, ne jalouse pas,
"ne se vante pas, ne se gonfle pas d'orgueil ... " (1Co 13)

En le lisant, je me disais : Aimer ainsi, aimer vraiment les autres,
les blessés de la vie...les servir en vérité ...
comme c'est difficile !
C'est difficile tant, dans notre service,
peuvent se glisser insidieusement, sournoisement ,
volonté de pouvoir, désir de se mettre en valeur,
recherche de gloriole... et tant d'autres mesquineries!

Et voilà que – par hasard !! - je tombe sur cette prière,
écrite par je ne sais qui  :

"Je veux de cet amour qui est serviable,
"plein de bonté et bienveillant,
"qui cherche à être constructif et se plaît à faire le bien..
"Je veux de cet amour qui n'est pas possessif,
"qui ne cherche pas à accaparer,
"qui me rend libre de toute envie et de toute jalousie.
"Je veux de cet amour qui ne cherche pas à se faire valoir
"et n'agit pas de manière présomptueuse.
"Je veux de cet amour qui prend des égards,
"qui évite de blesser.
"Je veux de cet amour qui ne cherche pas son intérêt,
"mais celui de l'autre ... »

En un mot, servir «  en humble place »
comme le Seul Vrai Serviteur.
Que vouloir d'autre ?

Je connais des bateaux - Mannick

Je connais des bateaux qui restent dans le port
de peur que les courants les entraînent trop fort
Je connais des bateaux qui rouillent dans le port
à ne jamais risquer une voile dehors.
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Va ! - d'après Marc Alain Ouaknin

- "Ribeyrolles" - Wikipedia -

Fils d'homme regarde !
Contemple les merveilles de la création
et la source de tout vivant
qui rythme chaque créature.
Apprends à te connaître,
à connaître le monde, ton monde.
Découvre la logique de ton cœur
et les sentiments de ta raison !

L'amour qui brûle en toi,
fais-le monter vers sa racine puissante,
étends-le à tous !
Ne te contente pas du bien !
cherche plutôt à exprimer la bonté.
Sois généreux, offre ta lumière.
Brise les chaînes d'une histoire
qui ne t'appartient pas
et qui ne doit pas t'alourdir ni te retenir.

Souviens-toi que les hommes,
bien qu'ils doivent mourir
ne sont pas nés pour mourir
mais pour innover,
pour s'ouvrir à la naissance et à la renaissance.
Parce que tu es né, tu es condamné,
condamné à être libre !
Ne l'oublie jamais !

Tu possèdes en toi la force
de dominer le mal, toujours.
Si tu tombes, relève-toi !
Ne désespère jamais.
Garde la force de l'espérance .
N'oublie pas les frères,
tu es pour eux, ils sont pour toi !

Maintenant va ! seul !
Va découvrir le monde.
Si un jour tu es dans la détresse,
invoque mon nom et je te viendrai en aide.
Va !

Citation : La joie - Paul Eluard

Et si la joie n'était qu'un regard porté vers les autres,
un regard positif, chargé de tendresse,
de refus de dénigrer, d'accabler, d'accuser
car il faut toujours un coupable.

Et si la joie était le fait de la liberté,
la seule vraie liberté,
celle qui nous rend disponible.
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Texte : Qui attends-tu ? - Michel Hubaut

Le nouveau-né attend les caresses de sa mère,
l'enfant attend, dans la cour de l'école, qu'on vienne le chercher ;
il attend le jour de sa fête ou la visite du père Noël.
L'adolescent attend ses copains,
l'étudiant attend les résultats de ses examens,
l'amoureux attend celle qu'il aime
sous la grande horloge de la gare où il lui a donné rendez-vous.

La femme attend la naissance de son enfant,
l'homme qui travaille attend sa paye et son avancement,
le joueur attend le tirage du loto,
les parents attendent leur fils parti dans un pays lointain.
Le prisonnier attend sa libération,
le malade qui ne dort pas attend la fin de la nuit,
le vieillard isolé attend la femme de ménage...

Nous attendons tous quelque chose ou quelqu'un,
une visite, un événement heureux, des vacances,
un voyage, une fête de famille, un ami.
Attendre n'est-ce pas une manière d'espérer ?
Celui qui n'attend plus rien ni personne, est déjà comme mort.

L'attente, c’est un peu ce qui donne du rythme à notre vie ;
elle rend déjà présent, par notre imagination,
ce que nous espérons et y prépare notre cœur.

Mais attendons-nous encore le Christ,
l'Epoux des noces de la Vie éternelle ?
Car le voici qui vient,
Celui qui donne sens à toutes nos attentes !


Prière : Prière des clés - François Séjourné

Nous vivons, Seigneur,
dans un monde fermé à double tour,
verrouillé par des milliers, des millions de clés.

Chacun a les siennes :
celles de la maison et celles de la voiture,
celles de son bureau et celles de son coffre.
Et comme si ce n’était rien que tout cet attirail,
nous cherchons sans cesse une autre clé :
clé de la réussite ou clé du bonheur,
clé du pouvoir ou clé des songes…

Toi, Seigneur, qui as ouvert
les yeux des aveugles et les oreilles des sourds,
donne-nous aujourd’hui la seule clé qui nous manque :
celle qui ne verrouille pas, mais libère ;

celle qui ne renferme pas nos trésors périssables,
mais livre passage à ton amour ;
celle que tu as confiée aux mains fragiles de ton Église :
La clé de ton Royaume.


Lorsque ton bateau, ancré depuis longtemps au port,
Te donnera l’illusion d’être une maison,
Lorsque, de ton bateau, commencera à pousser des racines
Dans l’immobilité du quai,
Prends le large ! Il faut sauver à tout prix
L’âme voyageuse de ton bateau, et ton âme de pèlerin.
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