Texte : Au bout de la route – Joseph Folliet

Au bout de la route,
il n’y a pas la route,
mais le terme du pèlerinage.

Au bout de l’ascension,
il n’y a pas l’ascension,
 mais le sommet.

Au bout de la nuit
il n’y a pas la nuit,
mais l’aurore.

Au bout de l’hiver,
il n’y a pas l’hiver
mais le printemps

Au bout de la mort,
il n’y a pas la mort
mais la vie.

Au bout du désespoir,
il n’y a pas le désespoir
mais l’espérance.

Au bout de l’humanité,
il n’y a pas l’homme,
mais l’homme-Dieu.

Au bout de l’avent
il n’y a pas l’avent
mais Noël

Texte : Comment prier ? - Anonyme

Si tu enfermes Dieu
dans tes murs étroits,
Dieu blotti cajolé,
bouclé, cadenassé,
objet de piété et de dévotion,
ton cors est un ciboire,
et Dieu ton prisonnier.

Que ton corps se déploie,
qu'il s'étire, qu'il se tende
qu'il prenne sa mesure
et marche d'un bon pas.

Ton corps est sa demeure,
son lieu d'incarnation
et si tu y consens
il t'investit entier
et tu deviens son corps
son geste, sa parole
et son souffle et son pas.


Texte : "Va te laver !" - Paul Baudiquey


- Photo 77606 de Wallhere -

- A partir de l' Evangile de Jean, 9, 1-11 -

L'homme était aveugle
et Jésus commence par lui en mettre plein la vue :
un plâtras de salive et de boue sur les yeux.
Et la Parole, la seule, l'unique, celle qui sauve :

" Va te laver ! "
Décrasse-toi les yeux,
décrasse-les de la gangue qui les englue,
lave-toi des salissures d'autres regards
autant que du tien,
des alluvions du mépris et du dégoût de soi
que celui-ci impose.

Va te laver à la fontaine de mon regard.
C'est le regard qui lave.
C'est le regard qui sauve,
s'il est regard d'amour.
Il t'espère, te réengendre
et descelle en toi des sources encore captives.

Demande à ceux et celles que j'ai regardés
qui m'ont laissé poser les yeux
sur leurs détresses et leur misère
longuement, amoureusement.
Tu as rendez-vous avec chacune d'elles, avec chacun  d'eux
... au bord de la fontaine !


Citation : Le pardon - Paul Eluard


 - Photo "Pardonner Amitié de Idée Texte -


Et si le pardon était une manière
d'aborder l'autre
sans le soumettre à soi-même
sans se l'annexer
une manière d'être si petit
que l'autre devient si grand
et si c'était donner,
encore donner.
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Texte : Oppressions - Pierre Rabhi

Nous croyons profondément
qu'un changement de société adviendra
par le changement des individus qui la composent.
C'est la raison pour laquelle
nous n'aurons pas recours au réflexe du bouc émissaire, .
vieux comme le monde,
qui nous dédouanerait de notre propre responsabilité.

Le poing levé et les barricades
ne garantissent pas des tyrannies qui, trop souvent,
ont fleuri sur le terreau des révoltes,
comme l'histoire nous l'a jusqu'à aujourd'hui
abondamment démontré.

Certaines dictatures parmi les plus féroces
ont pris prétexte, pour s'installer,
d'une révolte tout à fait légitime contre l'oppression.
Malheureusement, les opprimés
sont des oppresseurs en devenir,
et il en sera toujours ainsi
tant que chaque individu n'aura pas éradiqué
en lui même les germes de l'oppression...


Prière : La prière de l'âne - Anonyme

Donne-nous, Seigneur, de garder les pieds sur terre,
et les oreilles dressées vers le ciel
pour ne rien perdre de ta parole.

Donne-nous, Seigneur, un dos courageux,
pour supporter les hommes les plus insupportables.

Donne-nous, Seigneur, d’avancer tout droit,
en méprisant les caresses flatteuses
autant que les coups de bâton.

Donne-nous, Seigneur, d’être sourds aux injures,
à l’ingratitude,
c’est la seule surdité que nous ambitionnons.

Ne nous donne pas d’éviter toutes les sottises,
car un âne fera toujours des âneries.

Donne-nous simplement, Seigneur,
de ne pas désespérer de ta miséricorde si gratuite
pour ces ânes si disgracieux que nous sommes,
à ce que disent les pauvres humains.

Lesquels n’ont rien compris ni aux ânes ni à Toi,
qui as fui en Égypte avec un de nos frères
et qui as fait ton entrée prophétique à Jérusalem
sur le dos d’un des nôtres.

Amen.

Texte : L'étrangère - Anonyme

Quelques années avant ma naissance, mon père connut une étrangère récemment arrivée dans notre village. Depuis le début, mon père fut subjugué par cette personne, si bien que nous en arrivâmes à l'inviter à demeurer chez nous. L'étrangère accepta et depuis lors elle fit partie de la famille.

Moi je grandissais, je n'ai jamais demandé d'où elle venait, tout me paraissait évident. Mes parents étaient enseignants : ma maman m'apprit ce qu'était le bien et ce qu'était le mal et mon père m'apprit l'obéissance. Mais l'étrangère c'était une conteuse, une enjôleuse. Elle nous maintenait, pendant des heures, fascinés par ses histoires mystérieuses ou rigolotes.

Elle avait la réponse à tout ce qui concernait la politique, l'histoire ou les sciences. Elle connaissait tout du passé, du présent, elle aurait presque pu parler du futur ! Elle fit même assister ma famille à une partie de football pour la première fois. Elle me faisait rire et elle me faisait pleurer.

 L'étrangère n'arrêtait jamais de parler, ça ne dérangeait pas ma Maman. Parfois maman se levait, sans prévenir, pendant que nous continuions à boire ses paroles. Je pense qu'en réalité, elle était partie à la cuisine pour avoir un peu de tranquillité (Maintenant je me demande si elle n'espérait pas avec impatience qu'elle s'en aille).

Mon père avait ses convictions morales, mais l'étrangère ne semblait pas en être concernée. Les blasphèmes, les mauvaises paroles, par exemple, personne chez nous, ni voisins, ni amis, ne s'en seraient permis. Ce n'était pas le cas de l'étrangère qui se permettait tout, offusquant mon père et faisant rougir ma maman.

Mon père nous avait totalement interdit l'alcool. Elle, l'étrangère, nous incitait à en boire souvent. Elle nous affirmait que les cigarettes étaient fraîches et inoffensives, et que pipes et cigares faisaient distingué. Elle parlait librement (peut-être trop) du sexe. Ses commentaires étaient évidents, suggestifs, et souvent dévergondés.

Maintenant je sais que mes relations ont été grandement influencées par cette étrangère pendant mon adolescence. Nous la critiquions, elle ne faisait aucun cas de la valeur de mes parents, et malgré cela, elle était toujours là !

Cinquante ans sont passés depuis notre départ du foyer paternel. Et depuis lors beaucoup de choses ont changé : nous n'avons plus cette fascination. Il n'empêche que, si vous pouviez pénétrer chez mes parents, vous la retrouveriez quand même dans un coin, attendant que quelqu'un vienne écouter ses parlotes ou lui consacrer son temps libre…

Voulez-vous connaître son nom ? Nous, nous l'appelons… Télévision...     Mais attention, ùaintenant, elle a un époux qui s'appelle Ordinateur, un fils qui s'appelle Portable,. une fille qui s'appelle Tablette, et un neveu pire que tous : lui c'est Smartphone ! Et ils se lient tous ensemble pour nous éloigner les uns des autres !!!

Citation : Faire de grandes choses - Montesquieu

Pour faire de grandes choses,
il ne faut pas être un si grand génie ;
il ne faut pas être au-dessus des hommes,
il faut être avec eux.
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Texte : Pouvoir encore rêver - Carla Pizzera

- Photo "Fleur de papillons" par Alsagarden - 

Pouvoir encore rêver, quand les jours sont trop sombres,
De joyeux papillons, de fleurs et de clarté !
Oublier les rancœurs, les chagrins et les ombres,
 Ne songer qu'à l'éclat d'un beau matin d'été!

Pouvoir encore prier quand le cœur en déroute,
A force de souffrir, semble prêt d'éclater,
Et quand on a trouvé tout le long de la route
Des peines et des deuils à porter !

Pouvoir encore aimer, malgré l'ingratitude,
L'égoïsme et l'oubli, sans penser blâmer.
Aimer de tout son cœur, avec béatitude.
Sans en rien espérer, simplement pour aimer !

Citation : Aimer - Arouna Lipschitz


Aimer, c'est prendre le risque de l'échec
parce qu'il vaut mieux avoir souffert d'amour
que n'avoir jamais aimé.
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